Catégorie : Biais au travail

Démasquer, comprendre, identifier les biais, le meilleur moyen de les déjouer

Quand le syndrome de l’imposteur s’invite au cinéma !

Vous souvenez-vous du film Working Girl ? 

J’avais envie de vous partager aujourd’hui ce souvenir qu’il me reste de ce film des années 80. Ce portrait fait à l’époque de la belle et gentille Tess face à une Katherine, hystérique et carriériste me revient régulièrement en mémoire. Cette comédie mettait en lumière comment le syndrome de l’imposteur pouvait faire barrage à une jeune femme, si brillante soit elle.

De Working Girl à la réalité : le syndrome de l’imposteur s’invite au bureau

Tess McGill, secrétaire ambitieuse et rêveuse, se retrouve propulsée dans le monde impitoyable des affaires new-yorkaises. Après s’être fait volé une idée par sa patronne, Katherine Parker, elle décide de se faire passer pour elle. Elle gravira les échelons et découvrira les rouages du pouvoir et de l’ambition. Mais derrière cette ascension fulgurante se cache un secret : Tess est rongée par le doute et la peur de l’échec, victime du syndrome de l’imposteur.

Le film Working Girl, sorti en 1988, a marqué toute une génération par son message, finalement assez daté, d’émancipation féminine et son portrait réaliste du monde du travail. Mais au-delà de son intrigue captivante et de ses personnages attachants, le film explore un thème souvent négligé : le syndrome de l’imposteur.

Tess McGill, l’incarnation du syndrome de l’imposteur

Malgré ses compétences et son intelligence, Tess doute constamment de ses capacités et craint d’être découverte. Elle se compare défavorablement aux autres femmes d’affaires et se sent inférieure à elles. La peur de l’échec la paralyse et l’empêche de prendre des risques.

Le film aborde, tour à tour, les principaux symptômes du syndrome de l’imposteur :

  • Doute de soi et manque de confiance en soi

Tess doute constamment de ses capacités et craint d’être découverte. Elle se compare défavorablement à Katherine et aux autres femmes d’affaires plus expérimentées.

  • Peur de l’échec :

La peur de l’échec est un facteur important du syndrome de l’imposteur. Tess a peur de ne pas être à la hauteur des attentes et d’échouer dans ses projets.

  • Besoin d’approbation et de validation :

Tess recherche constamment l’approbation des autres, en particulier de Katherine. Elle a besoin que les autres lui confirment sa valeur et ses compétences.

  • Perfectionnisme et autocritique :

Tess est perfectionniste et se critique constamment. Elle se concentre sur ses erreurs et ses échecs plutôt que sur ses réussites.

  • Comparaison sociale

Tess se compare souvent aux autres femmes d’affaires et se sent inférieure à elles. Elle pense qu’elles sont plus compétentes et plus méritantes qu’elle.

  • Imposture et mensonge :

Tess se fait passer pour Katherine afin de gagner en confiance et en crédibilité. Ce mensonge reflète son sentiment d’in-authenticité et son manque de confiance en soi.

  • Découverte et transformation

Lorsque la vérité sur l’identité de Tess est révélée, elle est confrontée à sa peur de l’échec et de la honte. Cependant, elle finit par accepter ses compétences et sa valeur, et elle embrasse son identité authentique.

Le film met le syndrome de l’imposteur de Tess au cœur de l’intrigue puisque ses qualités intellectuelles objectives passent au second plan dans la lutte pour le pouvoir menée non pas par un homme mais par une femme. Il pointe aussi les stéréotypes sociaux qui rendent l’expression des compétences encore plus compliquées.

Working Girl : une source d’inspiration et d’espoir

Le film Working Girl est une source d’inspiration et d’espoir pour tous ceux qui souffrent du syndrome de l’imposteur. L’histoire de Tess McGill nous montre qu’il est possible de surmonter ses doutes et de réaliser ses rêves. En acceptant finalement ses compétences et sa valeur, Tess McGill nous montre qu’il est possible de s’affranchir du syndrome de l’imposteur et de briller de mille feux. Son parcours est un message d’encouragement pour toutes les femmes qui doutent d’elles-mêmes et qui ont peur de prendre leur place dans le monde.

Syndrome de l'imposteur _ working girl _ Tess

Le film Working Girl nous rappelle que le succès n’est pas une question de chance ou de talent inné, mais plutôt de travail acharné, de persévérance et de confiance en soi. Il nous montre qu’il est possible de réaliser de grandes choses, même si l’on a l’impression de ne pas être à la hauteur.

Alors, si vous vous sentez parfois comme un imposteur, n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul(e). De nombreuses personnes talentueuses et intelligentes souffrent du syndrome de l’imposteur. Mais il est possible de surmonter ce sentiment et de réaliser votre plein potentiel.

Inspirez-vous de l’histoire de Tess McGill et laissez-vous guider par votre ambition et votre courage. Le monde a besoin de votre talent et de votre voix. N’ayez pas peur de prendre votre place et de briller !

En plus de l’inspiration qu’il procure, le film Working Girl offre également des conseils pratiques pour gérer le syndrome de l’imposteur :

  • Tess apprend à se faire confiance en ses intuitions et à prendre des décisions par elle-même.
  • Elle apprend à s’affirmer et à défendre ses idées.
  • Elle apprend à ne pas avoir peur de l’échec et à rebondir après les revers.
  • Elle apprend à s’entourer de personnes positives et encourageantes.

Ces conseils peuvent être utiles à tous ceux qui souffrent du syndrome de l’imposteur. En les mettant en pratique, vous pouvez apprendre à surmonter vos doutes et à réaliser vos rêves.

J’espère que cette proposition vous a plu. N’hésitez pas à me contacter si vous avez d’autres questions.

En savoir plus

5 astuces et 1 bonus pour combattre le syndrome de l’imposteur

Combattre le syndrome de l’imposteur : remettons les choses dans leur contexte. 

Nous l’avons vu ensemble dans l’article “Femmes et syndrome de l’imposteur : guide vers le succès”, il faut commencer par comprendre les causes, les manifestations et les conséquences du phénomène. 

Dans l’article suivant “Syndrome de l’imposteur : des biais cognitifs et des stéréotypes”, je vous propose d’appréhender les mécanismes profonds qui nous impactent. 

Je vous propose désormais de passer aux choses sérieuses : résoudre le problème et vous apprendre à combattre le syndrome de l’imposteur ! 

l. Pourquoi : ½ compréhension = interprétation 2 ?

Je m’inspire d’une expression d’Olivier BAS (Vice Président Havas Paris, auteur, conférencier à Paris lll) qui lui écrit : “½ décision = bordel 2“, pour vous permettre de mémoriser simplement la théorie que j’illustre ici. 

Lorsque vous mettez deux personnes dans une pièce, elles y entrent chacune avec leur patrimoine personnel. On considère toutefois qu’elles se rejoignent dans une vision sociétale à peu près équivalente, à condition qu’elles soient de même nationalité. 

Pour autant, il est faux et limitant de penser que ce seul point commun leur permet de se comprendre. Pour chacune, le poids de ses bagages : éducation, famille et expériences – personnelles et professionnelles -, vient influer directement sur son interprétation de la situation qu’elle partage avec l’autre. 

Nous l’avons vu précédemment, les biais cognitifs et les stéréotypes se glissent dans chacun de ses environnements également. Il est donc, quasiment impossible, de ne pas être influencé d’une manière ou d’une autre. 

C’est la fatalité me direz-vous ! et quel rapport avec le syndrome de l’imposteur surtout ? 

Et bien, ça a tout à voir ! Ce syndrome n’est que l’expression d’une interprétation partiellement erronée. Il est amplifié par le sentiment que si quelqu’un dit le contraire, c’est que nous devons avoir tort.  

Alors, je n’ai pas de recette miracle. Mais ce schéma vous précise tous les sujets vous devez être imbattables. Pour combattre le syndrome de l’imposteur, vous devez comprendre :

  • Comment votre éducation vous influence au quotidien ?
  • Ce que votre cercle familial vous conditionne à croire ?
  • Ce qui, dans vos expériences personnelles et professionnelles, fait de vous ce que vous êtes ?
  • Quels sont les principaux biais et stéréotypes visibles dans l’organisation à laquelle vous appartenez ?

OK ! C’est bien beau tout ça. Mais par où commencer ? C’est tellement vaste ! 

Je vous propose, comme base de départ, la méthode que j’ai commencé à m’appliquer. 

ll. Mes 5 astuces  pour combattre le syndrome de l’imposteur

Je vous les livre en vrac puis je vous les détaille mais mon approche est assez simple. Il faut partir de soi pour mieux comprendre l’autre. 

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  1. Se focaliser sur ses réalisations
  2. S’appuyer sur ses forces et ses compétences
  3. S’encourager entre femme
  4. Oser prendre la parole
  5. Assumer qu’on a besoin d’aide

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1. Se focaliser sur ses réalisations : 

Au lieu de se focaliser sur ses erreurs et ses imperfections, il est important de se rappeler ses réalisations et ses succès. Cela permet de renforcer la confiance en soi et de se concentrer sur ses points forts. 

Le meilleur moyen de pouvoir se focaliser sur ses réalisations est de les connaître. Commencez par vos réalisations professionnelles, c’est souvent plus simple et plus factuel.

Prenez une feuille (ouvrez un document Word ou un fichier Excel) et listez vos réalisations.  Décrivez-les en suivant ce modèle de principe : 

  • Date
  • Entreprise
  • Poste
  • Titre de la réalisation
  • Durée
  • Contexte  (Ce qui ne dépendait pas de moi/hors de mon contrôle)
  • Mission (Objectifs) 
  • Enjeux / Difficultés / Contraintes à surmonter 
  • Réalisations (Actions conduites : « je ») 
  • Résultats et/ou valeur(s) ajoutée(s) (Impact pour l’entreprise, contribution personnelle…)

2. S’appuyer sur ses forces et ses compétences : 

Il est important de se concentrer sur ses forces et ses talents uniques plutôt que de se comparer aux autres. 

Là aussi, pas de mystère, vous connaître est la clé. 

La bonne nouvelle, c’est que si vous avez commencé à lister vos réalisations, vous avez déjà sous les yeux les éléments. 

Reste à compléter la liste avec : 

  • Les compétences et caractéristiques mises en évidence
  • Les forces (celles que vous accorderiez aux autres à la lecture de ces éléments si c’est plus simple pour vous !)
  • Les compétences sectorielles associées

3. S’encourager entre femmes

Je précise ici, comme je le ferai sans doute souvent, que mon propos ne sera jamais d’opposer les femmes aux hommes. Quand je dis “s’encourager entre femmes”, je pense d’abord à s’appliquer immédiatement à nous-mêmes les découvertes que nous ferons. 

Ne vous êtes-vous jamais sentie honteuse d’avoir pensé à une collègue en vous disant “Sa promotion ! Elle ne l’a pas obtenue sur ses simples compétences…” ? 

Nous, les femmes, portons une importante part de responsabilité dans la persévérance de ces pensées stéréotypées. 

Je me souviens avoir assisté il n’y a pas si longtemps à une séance d’un Club de Femmes d’une grande entreprise. J’y ai observé des femmes de 45 à 50 ans faire la leçon à des plus jeunes en leur expliquant qu’elles n’avaient pas à demander la permission pour avoir une vie personnelle équilibrée. 

Hourra à la culpabilisation ! Si une jeune femme ose demander à ses “mentors” si elle a “le droit” de tomber enceinte quand elle veut, c’est qu’elle se sent contraint par son environnement ! Si la réponse est : “ta question est idiote” de la part de femmes qui sont passées par là mais en sont loin. Quel service apportons-nous à cette jeune femme ? 

4. Oser prendre la parole

Dans la continuité de l’idée précédente, nous avons un devoir de transmission que nous faisons taire derrière notre syndrome de l’imposteur. Je vous invite à y réfléchir. 

Mettez-vous dans les chaussures de l’autre. Osez avouer vos pensées les plus divergentes.

Je fais partie de cette toute petite frange de femmes qui a osé dire qu’elle n’avait pas l’instinct maternel. Il m’est arrivé de dire haut et fort : 

  • “J’aime mes enfants mais je n’aime pas les enfants des autres !”
  • “J’ai particulièrement mal vécue mon premier congé maternité”

Je ne compte plus les regards soulagés observés lorsque j’avoue ces pensées si peu politiquement correctes !

Il faut également oser expliquer pourquoi nous ressentons certaines situations comme dégradantes ou potentiellement limitantes. Il est de notre devoir au quotidien de porter une parole qui explique simplement pourquoi “Non. Ça n’est pas une bonne idée d’offrir à toutes les femmes de l’entreprise une plante verte le 8 mars pour la journée de la femme !” Situation réelle vécue et pas il y a 15 ans… 

Il y aurait tant de choses à dire à ce propos, je vais garder ça pour plus tard 🙂

5. Assumer qu’on a besoin d’aide

Finalement, le plus dur pour l’imposteur c’est de prendre le risque d’être démasqué. Demander de l’aide n’est donc pas une option. 

Si vous restez dans cette posture, vous prenez le risque de ne jamais comprendre votre environnement. Je ne le sais que trop. Je n’ai jamais osé le faire et j’ai donc systématiquement pris des murs et des claques que j’aurais pu éviter. 

Demander de l’aide a pour principal objectif de mieux comprendre comment l’autre pense. Dire qu’on ne sait pas et qu’on doit être accompagné(e) quand on arrive dans un nouvel environnement est donc la clé pour gagner plus vite en efficacité et économiser de l’énergie. 

On parle beaucoup des 100 jours en politique mais peu en entreprise. Or, ce droit aux 100 jours s’applique en tout premier lieu à l’entreprise. Quand vous arrivez vous avez tous les droits de poser toutes les questions qui vous passent par la tête ! Rien à voir avec de l’imposture, c’est normal de ne pas savoir si on ne pose pas la question. 

Cela vous semble idiot ! Tant mieux, ça l’est. Mais est-ce que vous vous êtes jamais autorisé(e) à le faire ? 

Bonus

Pour les plus motivé(e)s d’entre vous, le meilleur exercice qui soit est d’écrire sa biographie complète

Comment ne pas reprendre confiance en soi quand on a couché sur le papier tout ce qui nous constitue ? Il n’y a pas de petits ou de grands succès ou échecs. Il y a les vôtres et personne ne pourra vous les retirer. 

Personnellement, j’ai été amené à le faire à la suite d’un échec professionnel. Après avoir commencé en marmonnant contre cette perte de temps, j’ai poursuivi comme droguée par l’exercice. Le regard de mes proches a été la plus belle des récompenses après lecture. 

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Conclusion : partez de vous et vous surmonterez le syndrome de l’imposteur !

Combattre le syndrome de l’imposteur est un chemin parsemé de défis, mais aussi d’opportunités pour se redécouvrir et s’épanouir. En comprenant les mécanismes qui alimentent ce syndrome, en reconnaissant ses forces et en se soutenant mutuellement, vous pouvez progressivement construire une confiance solide en vos capacités. Les cinq astuces que je vous propose ne sont pas des solutions miracles, mais des pistes concrètes pour commencer ce travail.

Se focaliser sur ses réalisations, s’appuyer sur ses compétences, s’encourager entre femmes, oser prendre la parole et assumer qu’on a besoin d’aide sont autant de stratégies qui rapprochent d’un état d’esprit plus serein et affirmé. Et pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, l’écriture de sa biographie peut se révéler un exercice puissant pour ancrer cette confiance.

Rappelez-vous, chaque petit pas compte. Célébrez vos progrès, entourez-vous de personnes bienveillantes et persévérez. Le syndrome de l’imposteur peut être surmonté, et en travaillant sur vous-même, vous ouvrirez la voie à une vie professionnelle et personnelle plus épanouissante. C’est une aventure qui en vaut la peine, car au bout du chemin, vous découvrirez non seulement votre valeur, mais aussi la force de votre propre parcours. Ne laissez personne vous dire le contraire ! 

J’attends avec impatience vos commentaires et vos expériences sur ces sujet !

#syndromedelimposteur #inclusion #developpementpersonnel

Femmes et syndrome de l’imposteur : osez le succès

Femmes et syndrome de l’imposteur : osez le succès

Syndrome de l'imposteur - femme

Imaginez une femme brillante, compétente et accomplie dans son domaine. Son CV regorge de réalisations remarquables, ses collègues la respectent et ses supérieurs la félicitent. Pourtant, en dépit de ce succès apparent, elle est rongée par un doute lancinant : « Suis-je vraiment à la hauteur ? N’ai-je pas simplement eu de la chance ? Ne vont-ils pas bientôt découvrir que je suis une imposture ? »

Ce sentiment d’illégitimité, cette peur constante d’être démasquée, n’est pas une fiction mais une réalité. Je l’ai vécue et vous aussi sans doute. C’est une réalité pour de nombreuses femmes dans leur vie professionnelle. Il s’agit du syndrome de l’imposteur, un phénomène qui touche un nombre considérable de femmes, freinant leur progression.

De mon côté, j’ai compris qu’elle se manifestait de manière insidieuse. Ainsi, j’étais fière de pouvoir dire que je n’avais jamais obtenu de promotion avant d’avoir prouvé que j’occupais déjà le poste. Ce qui confère bien à confirmer que nous ne postulons pas à des postes sans remplir 100% de leurs critères contrairement à nos homologues masculins1.

Loin d’être une simple impression passagère, le syndrome de l’imposteur se manifeste par des comportements et des pensées bien précis. Il faut noter aussi que syndrome est aggravé par des facteurs externes qui l’amplifient.

La bonne nouvelle est que le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. Il est possible de le surmonter en identifiant ses causes, en comprenant ses manifestations et leurs conséquences. Apprenons à nous faire confiance !

I. Les causes du syndrome de l’imposteur au féminin : un terreau complexe et aggravé.

Le syndrome de l’imposteur ne naît pas du vide. Il trouve sa source dans un terreau complexe de facteurs socioculturels, familiaux et personnels qui contribuent à nourrir le doute de soi chez les femmes.

1. Les stéréotypes de genre : un carcan invisible

Dès leur plus jeune âge, les femmes sont confrontées à des stéréotypes de genre qui peut les conditionner à douter de leurs capacités. La société les encourage à être douces, conciliantes, à privilégier les relations aux ambitions et à exceller dans tous les domaines. Ces messages, implicites et explicites, sapent leur confiance en soi. Ils les éloignent des domaines traditionnellement associés à la réussite masculine. 

Le mythe de la femme parfaite nous impose un rythme effréné et de fait épuisant. Il est souvent bien plus difficile de briser les perceptions plutôt que les faits.

Plusieurs études ont démontré que, même si les performances des filles et des garçons étaient équivalentes en mathématiques, la perception qu’ils peuvent avoir de leur niveau est très différentes. Une étude de l’Université de Leeds au Royaume-Uni prouve que 60% des jeunes filles estiment que les garçons sont plus aptes à exceller en mathématiques et en sciences. Cette perception négative de leurs compétences limite leurs choix d’études et d’orientation professionnelle.

Et parfois des faits externes, conjugués à des perceptions profondes, peuvent accroître sensiblement et durablement les fossés. La réforme du baccalauréat de 2019, en faisant des mathématiques une option, a fait reculé de 20 ans le niveau de présence des lycéennes en terminal S

Syndrome de l'imposteur - jeunes filles en terminal scientifique

2. Le manque de modèles féminins inspirants : un miroir déformant

Le manque de modèles féminins inspirants peut également contribuer au syndrome de l’imposteur. Ne pas voir d’autres femmes réussir dans ces domaines peut les amener à douter de leurs propres chances de réussite.

Une étude de l’Université de Stanford a révélé que les femmes exposées à des modèles féminins étaient plus susceptibles d’avoir confiance en leurs capacités et de persévérer face aux obstacles.

Ajoutons à cela, l’amplification de ce phénomène causé par l’effet Matilda qui veut que la contribution des femmes scientifiques à la recherche soit souvent minimisée au profit des hommes. Qui a entendu parlé de Mileva, l’épouse d’Albert Einstein, qui a co-écrit certaines de ses plus célèbres publications ?

On comprend bien que le syndrome de l’imposteur chez les femmes n’est pas une simple question de personnalité. Il est le résultat d’un ensemble complexe de facteurs socioculturels, familiaux et personnels qui, progressivement, sapent la confiance en soi.

II. Les manifestations du syndrome de l’imposteur au féminin : un masque invisible sur le succès

Le syndrome de l’imposteur ne se manifeste pas de manière uniforme chez toutes les femmes. Cependant, certains comportements et pensées caractéristiques permettent de l’identifier. Réfléchissez à chacune de ses propositions, je suis sûre que vous pourrez trouver un moment où vous l’avez déjà fait ! 

Syndrome de l'imposteur - miroir déformant

1. La remise en question constante de ses compétences et l’honnêteté exacerbée

Remettre en question ses compétences, même après avoir obtenu des succès remarquables. Minimiser ses réalisations, les attribuer à la chance ou à des facteurs externes. 

Une femme qui reçoit une promotion au travail peut se sentir illégitime à ce nouveau poste. Elle va craindre de ne pas être à la hauteur des attentes. Elle peut douter de ses capacités et se convaincre qu’elle ne mérite pas cette promotion.

De mon côté, j’ai souvent pris le parti de placer toutes mes réalisations comme des succès du collectif avant tout. Cela me semblait tellement naturel ! Je ne mesurais pas les conséquences que cela pouvait avoir pour moi individuellement. 

Je trouvais également tellement normal d’assumer mes incompétences et mon objectif d’apprentissage. J’ai mis des années à comprendre les impacts de la première impression. Quand on arrive en terrain conquis, en expert, on ne souffre d’aucune remise en cause. La modestie ne paie pas. Alors, si vous l’avez, chevillée au corps, résistez !

2. La comparaison permanente aux autres et la banalisation des compétences

Se comparer constamment aux autres, en particulier à celles qui semblent plus accomplies que soi. Se focaliser sur les réussites des autres et minimiser ses propres réalisations alimente un sentiment d’inadéquation.

La vie peut apparaître comme une sorte de miroir déformant permanent. Une femme qui participe à une conférence professionnelle peut se sentir découragée par les présentations des autres intervenants. Elle se persuadera que ses propres idées ne sont pas aussi intéressantes ou pertinentes.

Chez moi, c’était le sentiment que, si je le savais, c’était que ce savoir était communément transmis. C’est confrontée à des expériences de formatrices que j’ai compris que mon savoir n’était peut-être pas si commun.

3. L’autocritique excessive et la peur de l’échec

Les femmes qui souffrent du syndrome de l’imposteur sont extrêmement critiques envers elles-mêmes. Elles focalisent sur leurs erreurs et imperfections, minimisant leurs points forts et leurs réalisations. Elles ont également une peur démesurée de l’échec, ce qui les freine dans la prise de risques et les empêche de saisir des opportunités.

Une femme qui envisage de postuler à un nouveau poste peut hésiter par peur de ne pas être sélectionnée ou de ne pas réussir à l’entretien. Elle peut se convaincre qu’elle n’a pas les compétences requises ou qu’elle ne sera pas à la hauteur des attentes.

Ajoutons à cela que les statistiques prouvent qu’il est plus difficile pour une femme d’obtenir une promotion même si elle l’a demande et vous confirmez à toutes les autres qu’elles ont raison de douter ! Moins de femmes postulent, moins de femmes témoignent de l’expérience nécessaire, moins de femmes obtiennent la promotion. C’est le serpent qui se mord la queue…

Le syndrome de l’imposteur peut se manifester chez les femmes par une variété de comportements et de pensées. Encouragé par des facteurs externes répétitifs, il sape leur confiance en soi et limitent leur potentiel. Il est important de reconnaître ces symptômes et de prendre des mesures pour les surmonter.

III. Les conséquences du syndrome de l’imposteur au féminin : un frein invisible à l’épanouissement

Le syndrome de l’imposteur n’est pas sans conséquences sur la vie des femmes, en particulier dans leur sphère professionnelle. Il agit comme un frein invisible qui les empêche de s’épanouir pleinement.

1. Un impact négatif sur la progression professionnelle

Le syndrome de l’imposteur peut avoir un impact considérable sur la progression professionnelle des femmes. Les femmes qui en souffrent ont tendance à :

  • Refuser des promotions ou des opportunités d’avancement par peur de ne pas être à la hauteur.
  • Se sous-estimer lors des négociations salariales, acceptant des rémunérations inférieures à leurs compétences et à leur expérience.
  • Manquer de confiance en leurs idées et hésiter à les partager, ce qui les prive de visibilité et de reconnaissance.
  • Se décourager facilement face aux obstacles et abandonner plus rapidement leurs projets.

Pour autant, on associe peut-être trop simplement le manque d’ambition au syndrome de l’imposteur. Cela incite les femmes à douter de leurs capacités et à se limiter dans leurs aspirations professionnelles mais il faut pouvoir observer ce phénomène dans sa globalité : 

  • Selon une étude du McKinsey Global Institute les femmes sont deux fois moins susceptibles que les hommes de postuler à une promotion. Ajoutons à cela que, même si elles sont tous les ans plus ambitieuses, elles ont encore 33% de chance en moins d’être promues qu’un homme. On peut aisément comprendre que cela les limite dans leurs aspirations professionnelles.
  • Il en va exactement de même pour les demandes d’augmentation de salaires. Il est beaucoup plus difficile pour une femme et de la demander et de l’obtenir. Une étude au Royaume-Uni a démontré que seules 33% des femmes ayant osé demandé une augmentation l’ont obtenu contre 43% des hommes.

Il faut donc adresser les deux phénomènes systématiquement pour garantir l’amélioration de la situation.

2. Des freins à la prise de parole et à la prise de risque

Le syndrome de l’imposteur peut également freiner les femmes dans des domaines clés tels que la prise de parole, la négociation et la prise de risque.

Syndrome de l'imposteur - luttes internes
  • La peur de parler en public est fréquente chez les femmes qui souffrent du syndrome de l’imposteur. Elles craignent d’être jugées négativement ou de faire des erreurs, ce qui les empêche de partager leurs idées et de se faire entendre.
  • La prise de risque est essentielle pour progresser dans sa carrière, mais elle peut être paralysante pour les femmes qui souffrent du syndrome de l’imposteur. Elles craignent l’échec et hésitent à sortir de leur zone de confort, ce qui limite leurs opportunités de développement professionnel.

Alors attention, je ne ferai jamais de généralisation, mais on ne peut pas nier l’existence de phénomène de type “manterrupting« 2. Nous évoluons quotidiennement dans une société, individuellement équitable, mais souvent inéquitable collectivement. Mon expérience personnelle m’a souvent prouvé que la bienveillance individuelle de mes managers hommes ne pouvait pas s’affranchir d’une forme latente de sexisme collectif pour lequel j’étais d’ailleurs une actrice très active à mon insu.

Pour accepter de prendre des risques et oser prendre la parole, il faut déployer des efforts contre nature quand tu es femme ! 

Conclusion : briser le silence et s’épanouir

Vous l’aurez compris, le syndrome de l’imposteur n’est pas une simple question de personnalité. C’est un phénomène complexe aux racines profondes, nourri par des stéréotypes de genre, des pressions sociales et sociétales et des exigences professionnelles élevées. Il est temps de reconnaître et de nommer ce syndrome qui affecte des millions de femmes, les privant de leur confiance en soi et limitant leur potentiel.

Face à ce défi, une mobilisation collective est nécessaire. 

Le message d’espoir est pourtant tout aussi clair : le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. En identifiant ses manifestations, en déconstruisant les pensées négatives et en s’entourant d’un réseau de soutien, les femmes peuvent surmonter ce défi et s’épanouir pleinement.

La première force à développer ensemble : prendre du recul sur les situations, de les analyser a posteriori et a priori pour déterminer notre rôle et ses conséquences immédiates. 

#syndrome de l’imposteur #inclusion #femmes au travail

  1. Pour postuler, une femme estime qu’elle doit répondre à 100 % des critères, là où un homme se contentera de 60 % – Étude LinkedIn, « Différence hommes-femmes dans la recherche d’emploi : quelle influence sur le parcours des candidats ? », publiée le 14 mai 2019 ↩︎
  2. Néologisme féministe américain qui désigne le comportement consistant, pour un homme, à couper la parole à une femme lors de discussions ou de débats en raison du genre de son interlocutrice. ↩︎

Femmes au travail – Comment briser le plafond de verre au travail ?

Femmes au travail – Comment briser le plafond de verre au travail ?

2019, ma révélation sur les règles cachées du monde du travail

Femmes au travail_croisée des chemins

Cette année-là, octobre a été le mois charnière de ma vie. 

Je commence un nouveau job, une nouvelle fois sans feuille de route claire, quand je reçois une convocation à une formation “Women’s Leadership”. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais reçu cette invitation ni pourquoi je passais de poste décevant en poste décevant. J’étais donc sceptique et j’envisageais même de tout plaquer. Je vivais au contact quotidien de mon plafond de verre. Briser le plafond de verre au travail n’était pas une option mais encore fallait-il que j’en prenne conscience !

Mais ce que j’ai découvert a bouleversé ma vision du monde du travail et de la douzaine de femmes rassemblées pour l’occasion. La première journée, les deux formatrices nous serinent le concept de “règles du jeu” ! En fin d’après-midi, c’est l’explosion commune ! 

Nous nous rebellons d’une seule voix contre ce concept de “jeu” et elles nous révèlent donc le secret : L’entreprise est un univers conçu par et pour les hommes, où les femmes, invitées récentes, naviguent sans boussole.

On ne nous a jamais expliqué les règles du jeu ! C’est là que tout s’est éclairci.

J’ai compris mes frustrations et mon sentiment d’impuissance. Je pensais jouer selon les mêmes règles que les hommes, mais les résultats n’étaient pas au rendez-vous.

Femmes au travail secret révélé

Femme au travail, deux clés pour comprendre comment briser le plafond de verre au travail :

1. Le collectif versus l’individuel : dès l’école, les différences se creusent

Dès l’école, les garçons sont encouragés à s’affirmer et à prendre de la place. Ils jouent au football, s’expriment bruyamment et se disputent le leadership. Les filles, plus timides et socialisées dans la coopération, se cantonnent souvent à des jeux individuels comme la corde à sauter ou les poupées. Elles se mettent, naturellement, à l’écart dans un coin de la cour de récréation.

Ces schémas comportementaux prennent donc racine dès l’enfance et se perpétuent inconsciemment dans le monde du travail. 

Les hommes, habitués à la compétition et à la prise de parole en public, n’hésitent pas à se mettre en avant et à négocier leur salaire et leurs promotions. Les femmes, plus modestes et habituées à la collaboration, attendent souvent qu’on leur propose des opportunités, se contentant de ce qu’on leur donne. C’est l’essence même du plafond de verre naturel au travail qu’il faut comprendre pour le briser.

La conséquence est immédiate, selon une étude du Boston Consulting Group, les femmes ont 25 % de chances en moins que les hommes d’être promues au poste supérieur. Et lorsqu’elles y arrivent, elles sont moins bien payées : à poste et expérience équivalents, les femmes gagnent en moyenne 15 % de moins que les hommes.

2. L’entreprise est une extension de la cour de récréation : les codes masculins dominent

L’entreprise n’est rien d’autre que le reflet de la société. Les hommes, habitués à s’imposer et à prendre des risques, monopolisent souvent les postes à responsabilité. Ils s’approprient l’espace public de l’entreprise, occupant les salles de réunion et coupant souvent la parole aux femmes. Ils nouent des réseaux masculins informels, où se discutent promotions et opportunités, auxquels les femmes n’ont pas accès.

Et même si les femmes consultent davantage d’offres d’emploi que les hommes, elles postulent beaucoup moins (-20 % en moyenne au niveau mondial) selon une étude LinkedIn1. Pour postuler, une femme estime qu’elle doit répondre à 100 % des critères, là où un homme se contentera de 60 %. 

Une autre étude de l’Université de Stanford a révélé que les femmes ont 33 % de chances en moins que les hommes d’être remarquées par leur manager pour une potentielle promotion. Il faut donc apprendre non seulement à faire comme les hommes mais à faire plus pour pouvoir briser l’autre plafond de verre. Celui que les hommes ajoutent à celui que les femmes se fabriquent…

Briser le plafond de verre au travail : pas un combat mais une action collective

Ces révélations, bien que frustrantes, ont été libératrices. Elles m’ont donné les clés pour comprendre mes difficultés et avancer dans ma vie et dans ma carrière. Alors que je me sentais souvent seule, j’ai pris conscience que nous étions des millions de femmes dans le monde à ressentir ces mêmes blocages.

Inclusion, vers l’évolution des mentalités

La prise de conscience de nos différences est un premier pas crucial vers le changement. Les entreprises commencent à comprendre l’importance de l’inclusion et de la diversité. Un rapport de McKinsey (Women in the Workplace 2023) indique que les entreprises avec une forte représentation des femmes à des postes de direction sont 21 % plus susceptibles de surperformer financièrement. 

Ensemble, nous pouvons changer les choses. En prenant conscience des biais inconscients qui nous limitent, en osant nous affirmer et en revendiquant notre place, nous pouvons créer un monde du travail plus juste et plus équitable.

Voici quelques conseils pour les femmes qui aspirent à réussir :

  • Soyons conscientes des biais et des jeux de pouvoir. Cherchons à comprendre les stéréotypes de genre et les stratégies de négociation.
  • Développons notre réseau. Participons à des événements professionnels. Rejoignons des groupes de femmes et n’hésitons pas à demander de l’aide. Faisons-nous expliquer les règles de nos entreprises par des mentors ou des sponsors.
  • Soyons affirmées et n’ayons pas peur de prendre des risques. Apprenons à exprimer nos idées clairement et ne laissons plus les autres nous interrompre.
  • Négocions notre salaire et nos avantages. Nous méritons aussi d’être payées à la hauteur de notre valeur.
  • Soutenons-nous les unes les autres. Encourageons les femmes qui nous entourent et partageons nos expériences.

Partagez vos expériences dans les commentaires ! Vous êtes-vous senties désavantagées dans le cadre du travail ? Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui aspirent à réussir ?

Ensemble, construisons un monde du travail plus juste et plus équitable !

En savoir plus :

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  1. Étude LinkedIn, « Différence hommes-femmes dans la recherche d’emploi : quelle influence sur le parcours des candidats ? », publiée le 14 mai 2019 ↩︎