La confiance en soi, si le biais d’optimisme n’était pas votre ami
La confiance en soi est souvent associée à l’optimisme : croire en ses forces, imaginer le succès, se dire que tout va bien se passer. Cette posture est nourrissante. Mais est-elle suffisante ? En vérité, notre cerveau a une fâcheuse tendance à surestimer notre chance. C’est une illusion appelée biais d’optimisme.
Dans cet article, je vous propose un contre-pied : et si cette douce illusion nous éloignait parfois de nos objectifs ? Je vous partage comment, allier optimisme mature, lucidité statistique et action concrète peut réellement faire fleurir la confiance en soi. Comment faire pour que le positif attire le positif ? Vraiment ?
1. Le biais d’optimisme : entre booster et piège déguisé
Le biais d’optimisme nous convainc que nous serons mieux lotis que les autres : moins de maladies, plus de succès, plus de bonheur. Sharot & Garrett (2007) ont montré que plus de 80 % des personnes estiment vivre un avenir plus favorable que la moyenne. Pour autant, si nous étions tous au-dessus de la moyenne, la moyenne remonterait 😉
Ce biais est naturel, motivant même, mais aussi trompeur. Il peut générer une forme de confiance aveugle, déconnectée des réalités.
Exemple vécu
Lors de ma randonnée sur une arête étroite, j’ai supposé que tout irait bien parce que je suis plutôt jeune et bien préparée. Cela m’a détendue… jusqu’à ce que la fatigue et le vertige montrent que la lucidité était indispensable. Plutôt, jusqu’à ce que mes pieds me rappellent à l’ordre. Résultat : quelques larmes dans la dernière ligne droite mais, heureusement, mon fils pour me booster 🥰
2. Pourquoi le biais d’optimisme existe et en quoi, trop lui faire confiance, peut tromper la confiance en soi
Trois fonctions expliquent ce biais :
- Survie : oser malgré les risques est une stratégie efficace — les pionniers et bâtisseurs l’ont toujours employée.
- Motivation : croire que ça peut marcher nous pousse à faire le premier pas.
- Protection psychologique : se dire qu’un entretien s’est bien passé évite l’écueil de la rumination.
Mais, sans prise en compte des probabilités et des obstacles réels, l’optimisme ressemble à une illusion confortable, pas à une stratégie performante. Le mouvement est important pour le succès mais admettre la réalité des difficultés qui seront rencontrées est crucial pour le succès.
3. Quand l’optimisme devient un frein à la confiance durable
Le biais d’optimisme devient problématique lorsque trop de foi se combine à peu de préparation.
Professionnellement
- Sous-estimation des risques : croire que tout ira bien sans comprendre les obstacles.
- Préparation superficielle : laisser de côté une phase essentielle par excès de confiance.
- Promesses intenables : annoncer un succès trop rapidement peut réduire la crédibilité.
Dans la vie privée
- Invincibilité illusoire : ignorer un mal-être ou une tension en se disant que “tout passera”.
- Signaux faibles ignorés : reports répétés de rendez-vous avec un(e) thérapeute peuvent précipiter un burnout.
- Écarts douloureux : plus on mise sur une solution de contournement magique, plus la réalité devient brutale.
Cela signifie que l’optimisme, s’il est mal calibré, mine la confiance en soi solide, fondée sur la maîtrise et l’efficacité, pas sur l’illusion.
4. Confiance éclairée : allier optimisme, lucidité et action
Voici les clés d’une confiance durable :
1. Adopter un optimisme lucide
Se motiver en sachant que le chemin sera difficile, mais pas impossible. C’est penser : “ça va demander de l’effort… et je suis prêt(e) à les fournir.”
2. Intégrer les données réelles
Consulter les statistiques (taux de réussite, retours d’expérience, etc.) pour ancrer l’optimisme dans du concret. La connaissance des obstacles permet de mieux les contourner.
3. Transformer l’optimisme en actions
Le simple “Je crois en mon projet” ne suffit pas. Planifiez, testez, ajustez. L’action est le carburant de la confiance en soi et de la réussite mais la préparation est la clé d’une maîtrise de la dépense d’énergie.
4. Prévoir des plans B réalistes
Être prêt à rebondir fait partie de la confiance éclairée : “Je mise tout sur ce plan, mais si ça dérape, j’ai déjà un plan B.” Peut-être pas déjà prêt mais pensé.
5. Diffuser un optimisme actif
Un optimisme équilibré motive les autres. Dans une équipe, une vision, claire et réaliste, inspire plus qu’une lune de miel illusoire.
5. La confiance en soi authentique : simplicité, persévérance, alignement
La confiance en soi durable repose sur trois piliers :
- Optimisme nourrissant, pas aveugle.
- Lucidité des choix, en regard des réalités.
- Actions concrètes, pas seulement intentions.
C’est cette triangulation qui transforme une croyance en pouvoir d’agir réel — ce mix est la vraie énergie pour avancer, même quand ça brûle.
Je reste convaincue de l’importance d’avoir une approche constante dans la construction de la confiance lente, à petites doses. C’est un peu comme l’article sur la procrastination, qui explique comment passer à l’action malgré les peurs (→ Passer à l’action sans procrastiner – le guide ultime).
La confiance en soi ne naît pas du vide mais se bâtit en déjouant ou en jouant des biais cognitifs. Reconnaître ses victoires est un antidote puissant. Je développe cette idée dans un autre article : Pourquoi est-il si difficile de reconnaître ses victoires ? Vous pouvez aussi utiliser certains leviers contre-intuitifs. Je l’explique ainsi dans cet article : Confiance en soi, et si le biais de négativité était votre meilleur allié ?
Retrouvez l’épisode 39 du podcast Les Biais Dans Le Plat, intitulé “Le biais d’optimisme – Et si le positif attirait le positif ?”, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Amazon et Deezer.
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