Biais de confirmation, définition, exemples et dangers au travail
Le biais de confirmation, c’est ce mécanisme mental sournois qui nous pousse à ne voir que ce qui confirme nos croyances.
“Je le savais !”
Vous connaissez cette petite phrase que vous vous dites quand vous tombez sur un article qui valide exactement ce que vous pensiez ? Pas forcément parce qu’il est vrai. Mais parce qu’il conforte votre opinion.
Ce réflexe a un nom : le biais de confirmation. Et c’est l’un des plus puissants (et des plus vicieux) de tous les biais cognitifs.
Le problème ? Il ne se contente pas de fausser votre vision de la réalité. Il sabote vos décisions stratégiques, détruit vos équipes (si vous êtes manager), et peut même freiner votre évolution de carrière, sans que vous vous en rendiez compte. Vous comprenez mieux pourquoi j’emploie les mots “sournois” et “vicieux” ?
Pendant des années, j’en ai été victime. Mon biais de confirmation me faisait croire :
- Que je n’étais pas à ma place en réunion de direction
- Que mes idées étaient moins pertinentes
- Que j’avais “eu de la chance” dans mes succès
- Que seules mes erreurs comptaient, jamais mes réussites
Jusqu’à ce que je comprenne le mécanisme. Et que je décide d’en sortir.
Dans cet article, vous allez découvrir :
- Ce qu’est vraiment le biais de confirmation (et pourquoi votre cerveau vous joue ce tour)
- Comment il se manifeste au travail (recrutement, management, prise de décision)
- Pourquoi il est particulièrement toxique pour les femmes leaders (le double piège externe et interne)
- Comment le reconnaître chez vous (auto-diagnostic en 5 questions)
- Les solutions concrètes pour le déjouer (techniques d’avocat du diable, pensée critique, outils de décision)
Parce que comprendre le biais de confirmation, c’est reprendre le contrôle sur vos choix. Sur votre leadership. Sur votre carrière.
Alors, prêt à découvrir ce que votre cerveau vous cache ?
Qu’est-ce que le biais de confirmation ?
Avant de comprendre comment s’en protéger, il faut d’abord savoir de quoi on parle précisément.
Le biais de confirmation désigne notre tendance naturelle à chercher, sélectionner et interpréter les informations de manière à valider nos croyances existantes. En d’autres termes : notre cerveau préfère avoir raison plutôt que de découvrir la vérité.
Ce biais cognitif a été étudié dès les années 1960 par le psychologue britannique Peter Wason, dont je vous parlerai un peu plus loin.
Sa découverte a marqué un tournant dans la psychologie cognitive : notre cerveau n’est pas une machine objective. Il filtre la réalité pour la rendre cohérente avec ce que nous pensons déjà.
Le biais de confirmation veut que vous ne voyez que ce qui arrange votre vision du monde. Le reste ? Ignoré, minimisé, ou carrément oublié.
Et ce n’est pas le seul biais cognitif qui nous joue des tours. Le biais de confirmation travaille souvent main dans la main avec d’autres mécanismes mentaux :
- Le biais d’ancrage, qui nous fait accorder trop d’importance à la première information reçue
- Le biais de disponibilité, qui nous fait surévaluer ce qui nous vient facilement à l’esprit.
Ensemble, ces biais créent une bulle mentale solide. Et difficile à percer.
Maintenant, oublions le jargon psychologique. Voyons concrètement ce que ça donne dans votre quotidien.
Biais de confirmation : définition simple
Alors concrètement, comment le biais de confirmation impacte votre quotidien ?
Imaginez que vous êtes convaincue qu’un collaborateur (qu’il soit homme ou femme) manque de rigueur. À partir de ce moment-là, vous allez remarquer chaque petite erreur qu’il fait. Chaque e-mail mal relu. Chaque retard de deux minutes. Et vous allez vous dire : “J’avais raison.”
Mais en parallèle, vous ne verrez pas :
- Les dix tâches qu’il a bouclées impeccablement cette semaine
- Le projet qu’il a sauvé in extremis le mois dernier
- Les heures supplémentaires qu’il fait sans jamais se plaindre
Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est le biais de confirmation en action.
Votre cerveau a décidé que cette personne manquait de rigueur. Alors il filtre tout ce qui ne correspond pas à cette idée. Et il amplifie tout ce qui la confirme.
C’est exactement ce qui se passe quand vous cherchez des informations sur un sujet qui vous tient à cœur : vous ne lisez pas pour apprendre. Vous lisez pour valider ce que vous pensez déjà. Et tout ce qui contredit votre opinion ? Vous le balayez d’un revers de main.
Le problème, c’est que ce réflexe se fait en pilote automatique. Vous ne le voyez même pas venir.
L’expérience qui a tout révélé : Peter Wason (1960)
Si vous voulez comprendre à quel point le biais de confirmation est ancré dans notre cerveau, il faut remonter à une expérience menée en 1960 par Peter Wason, psychologue britannique et pionnier de la psychologie cognitive.
Wason voulait prouver une chose : nous ne cherchons pas la vérité. Nous cherchons à avoir raison.
Le test des cartes 2-4-6
Le protocole était simple. Wason donnait aux participants une séquence de trois chiffres : 2-4-6. Il leur disait : “Cette séquence suit une règle précise. À vous de la découvrir.”
Les participants devaient alors proposer d’autres séquences (par exemple : 8-10-12 ou 20-22-24) et Wason leur répondait simplement “oui” ou “non” selon que leur séquence respectait la règle ou pas.
La plupart des gens ont immédiatement formulé une hypothèse : “La règle, c’est des nombres pairs qui augmentent de 2.” Et à partir de là, ils ont testé des séquences qui confirmaient leur hypothèse : 10-12-14 (oui), 100-102-104 (oui), etc.
Sauf que la vraie règle était beaucoup plus simple : trois nombres croissants. Peu importe l’écart entre eux. 1-2-3 fonctionnait. 5-17-84 aussi. Même 1-2-1000.
Mais presque personne n’a trouvé. Pourquoi ? Parce qu’ils cherchaient uniquement à confirmer leur croyance initiale, jamais à la réfuter.
Ils auraient pu tester : 1-3-5 (nombres impairs). Ou 10-5-2 (nombres décroissants). Ou 2-4-4 (avec répétition). Ces tests auraient révélé la vraie règle. Mais non. Ils préféraient avoir raison tout de suite.
Ce que cette expérience nous apprend sur le biais de confirmation
L’expérience de Wason a révélé quelque chose de profond : notre cerveau économise de l’énergie en évitant la dissonance cognitive. En d’autre termes, notre cerveau est fainéant. S’il peut économiser de l’énergie, il va tenter de le faire.
Chercher à prouver qu’on a tort demande un effort mental considérable. Et surtout, ça menace notre image de nous-même. Alors on préfère chercher ce qui nous donne raison. C’est plus confortable. C’est plus rapide. C’est rassurant.
Et c’est exactement ce qui se passe avec le biais de confirmation au travail.
- Lors d’un recrutement, quand quelqu’un qui vous fait bonne impression ? Vous allez retenir toutes les réponses brillantes qu’il donne en entretien et minimiser ses hésitations
- Si vous avez un doute sur la viabilité d’un projet ? Il vous sera plus facile de collecter uniquement les données qui confirment votre inquiétude et ignorer les signaux positifs
- Vous pensez qu’un membre de votre équipe n’est pas fait pour un poste à responsabilité ? Vous allez guetter chaque petite erreur et oublier toutes ses réussites
Le biais de confirmation ne nous rend pas malhonnête. Il nous rend aveugle. Et ça, c’est bien plus dangereux.

Crédit photo : Ryoji Iwata sur unsplash.com
Comment fonctionne le biais de confirmation ?
Maintenant qu’on a vu d’où vient ce biais cognitif, passons aux mécanismes concrets. Comment le biais de confirmation opère-t-il dans notre cerveau au quotidien ? Il agit en trois étapes bien précises.
1. La sélection de l’information : vous ne voyez que ce qui vous arrange
Première étape : votre cerveau filtre. Il ne traite pas toutes les informations de la même manière. Il fait un tri sélectif. Vous aussi vous avez cette vision avec votre recyclage ? le carton, avec le carton, le plastique, avec le plastique ? C’est un peu ce que fait le cerveau avec le biais de confirmation : il classe les informations pour les mettre dans des boîtes. Ces mêmes boîtes qu’il choisira de rouvrir, ou pas du tout.
En matière de “boîtes” je vous invite à aller lire mon article sur les biais de genre, vous comprendrez en lisant 😉.
Vous pensez que le travail hybride est plus efficace que le 100% présentiel ? Vous allez tomber “par hasard” sur tous les articles qui vantent les bénéfices du télétravail. Les études qui montrent une baisse de productivité ? Vous ne les verrez même pas passer. Ou alors, vous les ouvrirez pour les refermer aussitôt en pensant “encore un article sponsorisé”
Ce mécanisme de sélection ne se fait pas consciemment. Votre cerveau scanne l’environnement et ne retient que ce qui valide vos croyances préexistantes. Le reste est considéré comme du bruit. Inutile. Non pertinent.
C’est particulièrement visible dans la prise de décision managériale. Vous êtes convaincue qu’un nouveau process va améliorer la productivité ? Vous allez collecter uniquement les retours positifs de vos équipes. Les signaux d’alerte, les frustrations, les difficultés d’adaptation ? Votre cerveau les classe automatiquement comme “résistance au changement normale” plutôt que comme des informations pertinentes à prendre en compte.
2. L’interprétation biaisée : vous déformez les faits
Deuxième étape : même quand une information contradictoire arrive jusqu’à vous, votre cerveau la déforme pour qu’elle colle à votre vision.
Un exemple concret : vous êtes persuadé qu’un membre de votre équipe est excellent. Il arrive en retard à une réunion importante ? Vous vous dites : “Il devait gérer une urgence, c’est normal.” Maintenant, imaginez que ce soit quelqu’un dont vous doutez des compétences. Même retard, même réunion. Votre interprétation sera radicalement différente : “Vous voyez, il n’est pas fiable.”
Mêmes faits. Deux lectures opposées. C’est le biais de confirmation qui travaille.
Cette distorsion cognitive peut devenir dangereuse dans le leadership. Vous avez pris une décision stratégique ? Votre cerveau va automatiquement interpréter chaque signal comme une validation de votre choix. Les résultats mitigés deviennent “encourageants compte tenu du contexte.” Les échecs partiels deviennent “des ajustements normaux dans tout projet d’envergure.”
Et pendant ce temps, les vraies alertes passent à travers les mailles du filet.
3. La mémorisation sélective : vous ne retenez que ce qui vous conforte
Troisième étape : même si vous avez été exposée à des informations variées, votre mémoire ne retient que ce qui confirme vos opinions initiales.
C’est le piège le plus sournois du biais de confirmation : vous avez l’impression d’avoir fait un travail objectif de recherche. Vous vous souvenez avoir lu “plein d’articles différents.” Mais en réalité, votre mémoire a fait un tri sélectif après coup.
Vous avez lu dix études sur un sujet ? Vous ne retiendrez que les deux qui allaient dans votre sens. Les huit autres ? Votre cerveau les classe dans la catégorie “méthodologie douteuse” ou “contexte pas comparable” et les efface progressivement de votre mémoire à long terme.
C’est exactement ce qui se passe dans les réunions de décision. Vous ressortez en ayant le sentiment que “tout le monde était globalement d’accord.” Alors qu’en réalité, trois personnes ont émis des réserves importantes. Mais votre cerveau a retenu uniquement les validations. Les objections ? Oubliées. Minimisées. Transformées en “questions de détail.”
Le rôle de la dissonance cognitive
Mais pourquoi notre cerveau fait-il tout ça ? Pourquoi cet acharnement à vouloir avoir raison ?
La réponse tient en deux mots : dissonance cognitive.
Ce concept, théorisé par le psychologue Leon Festinger dans les années 1950, désigne l’inconfort mental que nous ressentons quand nos croyances entrent en contradiction avec la réalité ou avec d’autres croyances.
Et notre cerveau déteste cet inconfort. Il fera tout pour l’éviter.
Résultat : plutôt que de remettre en question nos certitudes, nous préférons déformer la réalité. C’est moins douloureux. C’est moins coûteux en énergie mentale et surtout, ça préserve notre estime de soi.
Le biais de confirmation est donc un mécanisme de protection. Votre cerveau vous protège de la remise en question, du doute, de l’inconfort de vous dire “j’avais peut-être tort”.
Le problème ? Cette protection devient une prison qui vous empêche d’avoir une vision objective de la situation.
Pourquoi notre cerveau fait ça ?
Si le biais de confirmation est si puissant, c’est parce qu’il remplit trois fonctions essentielles dans notre fonctionnement cognitif.
1. Économie cognitive : c’est moins fatiguant
Votre cerveau consomme environ 20% de l’énergie de votre corps. C’est énorme pour un organe qui ne représente que 2% de votre masse corporelle. Alors il cherche constamment à économiser ses ressources.
Remettre en question une croyance établie demande un effort mental considérable. Il faut analyser de nouvelles informations, réévaluer des décisions passées, accepter d’avoir potentiellement eu tort. C’est épuisant.
Le biais de confirmation permet de court-circuiter tout ce travail. Vous gardez vos opinions, vous ne changez rien à votre vision du monde et votre cerveau peut se concentrer sur autre chose. C’est un raccourci mental ultra-efficace.
2. Protection de l’ego et de l’estime de soi
Admettre qu’on s’est trompée, c’est dur. Surtout quand on est manager ou chef(fe) d’entreprise. Votre légitimité repose en partie sur votre capacité à prendre les bonnes décisions.
Le biais de confirmation vous protège de cette remise en question douloureuse. Il vous permet de maintenir une image positive de vous-même. “Je ne me suis pas trompé(e). J’avais raison. Regardez, tous les signes étaient là.”
C’est particulièrement vrai pour les femmes en position de leadership, qui doivent souvent en faire deux fois plus pour prouver leur légitimité. Reconnaître une erreur peut être vécu comme “donner raison” à ceux qui doutaient de vos compétences dès le départ. Pire, cela peut donner du grain à moudre à un homme qui vous a fait du mansplaining.
3. Besoin de cohérence interne
Nous avons tous besoin de nous sentir cohérents. De pouvoir nous raconter une histoire sur nous-même qui tient la route. “Je suis quelqu’un de rationnel.” “Je prends des décisions réfléchies.” “Je sais analyser une situation objectivement.”
Si vous admettez que vous êtes régulièrement victime de biais cognitifs, cette histoire s’effondre et avec elle, une partie de votre identité.
Alors votre cerveau préfère maintenir la cohérence. Même si ça signifie :
- Déformer la réalité
- Ignorer des informations cruciales
Pourquoi ? Parce que la cohérence interne est plus importante que la vérité objective.
Et c’est là que le biais de confirmation devient vraiment dangereux : il ne vous empêche pas seulement de voir la réalité. Il vous empêche de voir que vous ne la voyez pas.
Biais de confirmation au travail : exemples concrets
Maintenant qu’on a compris le mécanisme, passons aux situations concrètes. Parce que le biais de confirmation ne reste jamais dans les livres de psychologie. Il s’invite dans vos réunions, vos décisions stratégiques, vos évaluations d’équipe. Et il sabote vos résultats sans que vous vous en rendiez compte.
En recrutement et évaluation d’équipe
Le recrutement est l’un des terrains de jeu préférés du biais de confirmation. Et les dégâts peuvent être considérables.
Scénario classique : vous recevez un CV qui vous plaît. Formation prestigieuse, parcours cohérent, expériences dans de belles entreprises, etc. Vous vous faites immédiatement une première impression positive. Et à partir de là, tout va se jouer.
En entretien, voici ce qui se passe :
- Vous retenez uniquement les bonnes réponses : chaque argument pertinent devient “la preuve qu’il/elle est parfait(e) pour le poste”
- Vous minimisez les signaux d’alerte : une hésitation sur une question technique ? “C’est le stress de l’entretien, c’est normal”
- Vous surinterprétez les points positifs : un hobby en commun devient un atout majeur
- Vous reformulez les faiblesses en forces : “Il manque d’expérience sur ce logiciel” devient “Il sera très motivé pour apprendre rapidement”
Résultat : vous recrutez quelqu’un qui correspond à votre première intuition, pas nécessairement à la réalité du poste.
L’inverse est tout aussi vrai. Un CV moins prestigieux, une faute d’orthographe dans la lettre de motivation, et votre biais de confirmation s’active dans l’autre sens :
- Vous cherchez les failles dans le discours
- Vous sur-pondérez chaque petite hésitation
- Vous interprétez la nervosité comme un manque de compétence
- Vous comparez systématiquement à “ce que les autres candidats ont dit de mieux”
Et dans l’évaluation d’équipe ? C’est encore pire, parce que ça s’inscrit dans la durée.
Vous avez décidé qu’un collaborateur est “performant” ? Votre cerveau va enregistrer :
- Chaque projet réussi comme une confirmation
- Chaque retard comme “une exception compréhensible”
- Chaque feedback positif de collègues comme une validation
- Chaque erreur comme “un apprentissage nécessaire”
Un collaborateur vous parait ne pas être “au niveau” ? Votre cerveau va enregistrer :
- Chaque erreur comme une confirmation
- Chaque réussite comme “de la chance” ou “parce qu’elle a été aidée”
- Chaque initiative comme “elle veut se faire bien voir”
- Chaque feedback positif comme “ils sont trop gentils”
Le biais de confirmation transforme vos évaluations de performance en prophéties autoréalisatrices. Vous ne voyez plus la personne réelle. Vous voyez votre croyance sur cette personne.
Dans la prise de décision managériale
Une mauvaise décision stratégique ne touche pas qu’une personne. Elle peut impacter toute une équipe, tout un projet, toute une entreprise. Vous comprenez donc tout l’enjeu d’être conscient du biais de confirmation.
Exemple typique : vous lancez un nouveau produit. Vous y croyez dur comme fer. Vous avez investi du temps, de l’énergie, de l’argent. Et surtout, vous avez défendu ce projet en interne. Votre crédibilité est en jeu.
Les premiers retours clients arrivent. Ils sont mitigés. Certains adorent. D’autres sont déçus. Quelques-uns signalent des bugs importants.
Voici comment le biais de confirmation va opérer dans votre analyse :
Ce que vous allez voir :
- Les 3 avis 5 étoiles → “Les clients adorent !”
- Les retours positifs sur le design → “On a tapé dans le mille”
- Les ventes du premier jour → “C’est parti pour cartonner”
- Les quelques bugs → “C’est normal en phase de lancement”
Ce que vous allez minimiser ou ignorer :
- Les 15 avis 2 étoiles → “Ce sont des râleurs professionnels”
- Les retours négatifs sur les fonctionnalités → “Ils n’ont pas compris le concept”
- Le taux de désabonnement après 1 semaine → “Il faut du temps pour adopter un nouveau produit”.
- Les bugs qui reviennent systématiquement → “L’équipe tech va régler ça rapidement”.
Vous continuez d’investir. Vous doublez la mise marketing. Vous défendez votre projet en comité de direction. Et six mois plus tard, vous êtes face à un échec cuisant. Avec le recul, tous les signaux étaient là. Mais votre biais de confirmation vous a rendue aveugle et il s’est même transformé en biais des coûts irrécupérables.
Autre situation classique : la réorganisation d’équipe.
Vous décidez de restructurer votre service. Sur le papier, ça tient la route :
- Moins de silos
- Plus de transversalité
- Meilleure répartition de la charge
Vous annoncez le changement. Et là, plusieurs signaux d’alerte apparaissent :
- Trois personnes clés expriment leurs réserves
- Le turnover augmente dans les semaines qui suivent
- Les réunions prennent deux fois plus de temps qu’avant
- Les tensions entre services s’accentuent
Mais votre biais de confirmation va vous faire lire la situation autrement :
- Les réserves deviennent “une résistance normale au changement”
- Le turnover devient “un nettoyage nécessaire des éléments pas assez flexibles”
- Les réunions longues deviennent “un temps d’ajustement indispensable”
- Les tensions deviennent “l’expression saine des différences avant de trouver un nouvel équilibre”
Vous maintenez le cap. Parce qu’admettre que vous vous êtes trompé reviendrait à remettre en question votre légitimité managériale. Alors vous continuez e. Et le biais de confirmation vous aide à justifier chaque signal négatif comme une étape nécessaire vers le succès.
Face au syndrome de l’imposteur
Le biais de confirmation et le syndrome de l’imposteur forment un duo particulièrement toxique.
Quand vous souffrez du syndrome de l’imposteur, vous êtes convaincue que vous n’êtes pas à votre place. Que vous n’avez pas les compétences requises. Que vous allez être “démasquée” tôt ou tard.
Et devinez quoi ? Le biais de confirmation va s’empresser de valider cette croyance limitante.
Voici comment ça se manifeste concrètement :
Vous réussissez un projet important ?
- Votre cerveau l’attribue à : “J’ai eu de la chance”, “Mon équipe m’a portée”, “Le contexte était favorable”
- Vous ne retenez pas : vos compétences, votre travail, votre leadership
Vous faites une petite erreur ?
- Votre cerveau l’interprète comme : “Vous voyez, je ne suis pas à la hauteur”, “C’est la preuve que je suis une imposture”
- Vous oubliez : les 50 choses que vous avez bien faites cette semaine
Un collègue vous fait un compliment ?
- Votre cerveau traduit : “Il est gentil”, “Il ne veut pas me vexer”, “Il dit ça à tout le monde”
- Vous n’entendez pas : la reconnaissance sincère de votre travail
Quelqu’un émet une critique constructive ?
- Votre cerveau amplifie : “J’ai tout faux”, “Je ne suis vraiment pas compétente”, “Ils vont finir par me virer”
- Vous ne voyez pas : l’opportunité d’amélioration, le feedback comme signe de confiance.
Le biais de confirmation devient votre pire ennemi. Il valide en permanence votre croyance que vous êtes une imposture. Il filtre systématiquement toutes les preuves du contraire.
Résultat : vous accumulez les succès objectifs, mais vous ne vous sentez jamais légitime. Parce que votre cerveau a décidé que vous ne l’étiez pas. Et il va chercher toutes les informations qui confirment cette conviction.
C’est exactement ce qui m’est arrivé pendant des années. J’avais beau avoir 20 ans d’expérience en management de grands projets informatiques. J’’avais beau piloter de grandes équipes et des gros budgets pour des directions générales. Une partie de moi restait convaincue que j’avais “eu de la chance”. Alors je ne voyais que mes erreurs, jamais mes réussites et je n’osais pas prendre ma place auprès de mes homologues (masculins) qui me semblaient, eux, avoir tellement mérité leur place et leur reconnaissance.
Le biais de confirmation m’empêchait de voir la réalité : j’étais compétente. J’avais les compétences. J’avais ma place.
Dans le leadership féminin
Et maintenant, parlons de l’éléphant dans la pièce : le biais de confirmation appliqué aux femmes en position de leadership.
Parce que oui, ce biais cognitif ne frappe pas de manière égale. Il s’appuie sur des stéréotypes de genre profondément ancrés. Et il les renforce. Encore et encore.
Le double piège du biais de confirmation pour les femmes leaders
Quand vous êtes une femme manager ou cheffe d’entreprise, vous subissez le biais de confirmation de deux côtés :
1. Le biais de confirmation externe : celui des autres
Certains de vos collègues, collaborateurs, ou partenaires ont intégré (consciemment ou non) l’idée que les femmes sont “moins faites” pour les postes de direction. Moins stratégiques. Moins décisives. Trop émotionnelles. Pas assez autoritaires.
Et leur biais de confirmation va filtrer toutes vos actions à travers ce prisme :
Vous prenez une décision ferme ?
- Ils voient : “Elle est autoritaire”, “Elle ne sait pas gérer son stress”
- Ils ne voient pas : votre capacité à trancher, votre leadership assumé
Vous consultez votre équipe avant de décider ?
- Ils voient : “Elle ne sait pas prendre de décisions seule”, “Elle manque de confiance”
- Ils ne voient pas : votre management participatif, votre intelligence collective
Vous exprimez une émotion en réunion ?
- Ils voient : “Elle est trop émotionnelle pour ce poste”
- Ils ne voient pas : votre intelligence émotionnelle, votre authenticité
Un projet échoue sous votre responsabilité ?
- Ils pensent : “On aurait dû mettre un homme sur ce dossier”
- Ils oublient les 10 projets que vous avez menés à bien avant
Le biais de confirmation transforme chacune de vos actions en “preuve” que vous n’êtes pas à votre place. Même comportement chez un homme ? Il sera interprété positivement.
2. Le biais de confirmation interne : celui que vous vous infligez
Et puis il y a le biais de confirmation que vous vous appliquez à vous-même. Celui qui valide votre propre doute.
Vous avez grandi dans un monde qui vous a répété, de mille façons subtiles, que le leadership, c’est pour les hommes. Que les femmes doivent être douces, consensuelles, discrètes. Que l’ambition, c’est “pas féminin”. Que l’autorité, ça vous rend “antipathique”.
Alors une partie de vous y croit. Pas consciemment. Mais ça s’est installé, couche après couche.
Et votre biais de confirmation va chercher toutes les preuves que vous n’êtes effectivement pas faite pour ça :
- Votre voix a tremblé pendant une présentation → “Je ne suis pas faite pour parler en public”
- Vous avez hésité sur une décision stratégique → “Je n’ai pas l’instinct des vrais leaders”
- Votre équipe a contesté un choix → “Je n’ai pas suffisamment d’autorité naturelle”
- Un collègue masculin vous a coupé la parole en réunion → “Je ne sais pas m’imposer”
Vous redoublez d’efforts pour compenser. Vous travaillez plus. Vous préparez davantage. Vous vous mettez une pression énorme. Et malgré ça, le biais de confirmation continue de vous susurrer : “Ce n’est pas suffisant. Tu n’es pas légitime.”
Le cercle vicieux
Le pire ? Ces deux biais s’alimentent mutuellement.
Le biais de confirmation externe crée des situations où vous êtes jugée plus sévèrement. Ces situations génèrent du stress, du doute, parfois des erreurs. Et votre biais de confirmation interne s’empresse de les interpréter comme la preuve que vous n’êtes pas à la hauteur.
Ce qui renforce votre manque de confiance en vous. Ce qui crée des comportements d’auto-sabotage et confirme les préjugés de ceux qui doutaient de vous au départ.
Et le cycle continue.
Exemple concret que j’ai vécu
En réunion de direction, j’étais souvent la seule femme. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai proposé une idée qui semblait passer totalement inaperçue.Dix minutes ou dix jours plus tard, un collègue masculin reprenait exactement la même idée. Et là, tout le monde trouvait ça brillant.
Pas plus tard que le mois dernier, j’ai appris qu’une de mes idées avait été reprise pour déployer un grand projet stratégique chez l’un de mes anciens employeurs. Quand je l’avais présentée, elle avait été fustigée et plusieurs semaines après elle est devenue la solution dont j’avais vu l’évidence initialement. C’est assez savoureux quand on arrive à passer le cap de la légère frustration que cela provoque.
Sur le moment mon biais de confirmation interne me faisait penser : “C’est normal, je ne l’ai probablement pas présentée correctement. Je ne suis pas assez claire. Pas assez convaincante.”
Et peut-être que le biais de confirmation externe faisait penser à mes Acollègues : “Les idées des femmes sont moins pertinentes. C’est mieux quand c’est reformulé par quelqu’un de plus expérimenté.”
Et personne ne voyait le vrai problème : ni l’idée ni la présentation n’avaient changé. C’était juste le genre de la personne qui la portait.
Comprendre le biais de confirmation dans le contexte du leadership féminin, c’est commencer à déconstruire ces mécanismes. À voir les stéréotypes pour ce qu’ils sont : des filtres mentaux. Pas la réalité.
Parce que non, vous n’êtes pas “trop émotionnelle”. Vous avez de l’intelligence émotionnelle.
Non, vous n’êtes pas “indécise”. Vous prenez le temps de décisions éclairées.
Non, vous n’êtes pas “pas faite pour ça”. Vous êtes juste confrontée à des biais cognitifs tenaces. Et maintenant que vous les connaissez, vous pouvez les combattre.
Quel est le danger du biais de confirmation ?

Crédit photo : Maëva Vigier sur unsplash.com
Maintenant qu’on a vu comment ce biais cognitif se manifeste au travail, parlons des conséquences réelles. Parce que le biais de confirmation ne reste jamais inoffensif. Il sabote vos décisions, vos relations professionnelles, et même votre évolution de carrière.
Des décisions stratégiques catastrophiques
Le premier danger, c’est la mauvaise décision stratégique. Et pas la petite erreur de parcours. La grosse erreur qui coûte cher.
Voici quelques exemples de biais de confirmation qui concernent des sociétés aujourd’hui disparues :
Vous vous rappelez de Nokia ? Leader mondial de la téléphonie mobile dans les années 2000. Leur biais de confirmation leur a fait croire que les écrans tactiles étaient “un gadget” et que les utilisateurs voulaient “de vrais boutons”. Résultat : passage de 40% de parts de marché à la quasi-disparition.
Pour les “non jeunes” comme moi, j’imagine que Kodak ça vous parle ? Mais savez-vous que c’est aussi l’inventeur du premier appareil photo numérique en 1975 !. Pour autant chez Kodak, ils sont restés convaincus que l’avenir restait dans la pellicule. Quid de Kodak aujourd’hui ? disparu du marché de la photo.
Plus récent, aux États-Unis, la chaîne de vidéo-club, Blockbuster a refusé d’acheter Netflix pour 50 millions en 2000, persuadé que “les gens voudront toujours se déplacer en magasin”. Netflix vaut aujourd’hui des milliards. Blockbuster n’existe plus. Encore un bel exemple de biais de confirmation en entrepreneuriat.
Et dans votre quotidien aussi le biais de confirmation ouvre grand la porte au biais de statu quo :
- Vous maintenez un process inefficace parce que “ça a toujours fonctionné comme ça”.
- Vous ignorez les retours clients négatifs en vous focalisant sur les 3 avis positifs.
- Vous persistez dans une stratégie qui ne fonctionne plus.
Chaque mauvaise décision coûte : en temps, en énergie, en argent, en opportunités.
Des conflits d’équipe qui s’enveniment
Quand tout le monde cherche uniquement à confirmer sa vision, les débats deviennent stériles. Ce ne sont plus des discussions pour trouver la meilleure solution. Ce sont des combats d’ego.
Les symptômes :
- Les avis divergents sont perçus comme des attaques
- On cherche à prouver qu’on a raison, pas à comprendre
- Les réunions deviennent toxiques
- Les meilleurs talents partent
J’ai vu des équipes brillantes se désagréger ainsi. Deux managers incapables d’écouter l’autre, validant uniquement leurs propres croyances. Résultat : plus de collaboration, plus de créativité.
Une stagnation professionnelle insidieuse
Le biais de confirmation vous empêche d’évoluer. Parce que progresser implique de remettre en question vos certitudes.
Vous pensez maîtriser votre domaine ? Votre cerveau filtre les nouvelles approches comme “inutiles”. Vous êtes convaincue que votre style de management est le bon ? Vous ne retenez que les retours qui le valident.
Résultat : vous stagnez pendant que le monde évolue, que vos concurrents innovent, que de nouvelles compétences deviennent indispensables.
Des opportunités invisibles
Les meilleures opportunités contredisent souvent ce que vous pensiez savoir. Mais votre biais de confirmation vous rend aveugle :
- Cette collaboration refusée parce que “ça ne correspond pas à votre positionnement
- Ce marché inexploré parce que “ce n’est pas votre cible”
- Cette formation ignorée parce que “vous connaissez déjà”
- Ce feedback balayé parce que “la personne ne vous comprend pas”.
- Derrière chacune, il y avait peut-être un tournant décisif pour votre carrière.
Le biais de confirmation peut créer un climat de travail toxique
Quand le biais de confirmation s’installe collectivement, il crée un climat toxique :
- Les bonnes idées ne remontent plus
- Les erreurs sont cachées
- Les décisions se prennent en vase clos
- La critique est perçue comme de la déloyauté
- Les profils différents sont évincés
L’organisation devient une bulle déconnectée du réel. Incapable de s’adapter. Condamnée à terme.
Comment reconnaître le biais de confirmation chez soi ?
Le biais de confirmation est sournois. Il travaille en coulisse. Et vous êtes persuadée d’avoir une objectivité sans faille.
Alors comment savoir si vous tombez dans le piège ?
Les signaux d’alerte
Comment savoir quand votre biais de confirmation devient vraiment problématique ? Il n’est finalement pas si difficile de repérer ces signaux d’alerte :
- “Je le savais !” revient en boucle : Si vous avez TOUJOURS raison, si chaque information confirme ce que vous pensiez… vous ne cherchez plus à apprendre. Vous cherchez à avoir raison
- Vous évitez les sources contradictoires : Vous fermez immédiatement un article qui remet en question votre position. Vous cherchez aussitôt une faille méthodologique dans une étude qui vous dérange. C’est l’un des signaux du biais de confirmation
- Vous vous sentez menacée par les opinions divergentes : Un(e) collègue exprime un avis différent ? Vous le vivez comme une attaque. Un membre de l’équipe questionne votre décision ? Vous pensez qu’il mine votre autorité. Le biais est à l’œuvre
- Vous qualifiez vos opposants de “pas compétents” : Si TOUS ceux qui vous contredisent deviennent subitement incompétents… il faut creuser
- Vous reformulez les échecs en succès partiels : Apprendre de ses erreurs, c’est essentiel. Refuser de reconnaître l’erreur, c’est du biais de confirmation
Auto-diagnostic du biais de confirmation en 5 questions
Quand vous avez un doute sur l’une de vos décisions, posez-vous ces 5 questions :
- 1. Quand ai-je changé d’avis pour la dernière fois sur un sujet important ? Si vous ne vous en souvenez pas, c’est mauvais signe.
- 2. Combien de sources contradictoires ai-je consultées avant ma dernière grande décision ? Si la réponse est zéro, vous êtes en plein biais de confirmation.
- 3. Dans mes dernières réunions, ai-je vraiment écouté les objections ? Ou ai-je juste attendu mon tour pour contre-argumenter ?
- 4 . Qui me challenge régulièrement ? Si personne ne vous contredit jamais, ils ont peur de vous contredire.
- 5. Mes succès : stratégie ou chance ? Mes échecs : ma faute ou le contexte ? Si tous vos succès viennent de votre génie et tous vos échecs du contexte, j’ai une mauvaise nouvelle, vous êtes biaisé !
Si ces questions vous mettent mal à l’aise, c’est bon signe. Vous commencez à voir le biais.
Comment éviter le biais de confirmation ?
On ne peut pas l’éliminer. Mais on peut l’atténuer et reprendre le contrôle sur nos décisions et pour ça il n’y a qu’un seul moyen :
Chercher activement la contradiction pour casser le biais de confirmation
Inversez votre réflexe : au lieu de chercher ce qui confirme, cherchez ce qui contredit.
- Vous lancez un produit ? Listez les 5 arguments CONTRE.
- Un collaborateur ne convient pas ? Forcez-vous à lister 10 choses qu’il fait bien.
- Une stratégie va fonctionner ? Cherchez des cas similaires qui ont échoué.
Parmi les techniques les plus répandues et les plus efficaces, vous trouverez :
- La technique du “Devil’s Advocate” (avocat du diable en bon français, si besoin)
Désignez quelqu’un pour jouer l’avocat du diable en réunion. Son rôle : contredire systématiquement afin de challenger votre biais de confirmation. Faites tourner ce rôle. Et remerciez publiquement qui le fait.
- La question :”Et si j’avais tort ?”
Pas sur des détails. Fondamentalement tort. Avant une décision importante, prenez 15 minutes. Écrivez les réponses. Ne trichez pas.
- L’exposition aux sources contradictoires
Et c’est loin d’être facile tant les algorithmes nous montrent des contenus qui nous ressemblent. Forcez-vous de suivre des personnes qui pensent différemment. Lisez chaque semaine un article qui défend une position opposée. Participez à des événements où vous êtes minoritaire. Vous confronter à l’avis des autres est un bon moyen de challenger votre biais de confirmation.
Pratiquer la pensée critique
C’est une gymnastique de long terme que de pratique la pensée critique car cela nous oblige à sortir du mode automatique qui représente jusqu’à 95% de nos décisions si nous n’y prêtons pas attention. Et par, pratique la pensée critique, j’entends :
Séparez faits et interprétations
Mauvaise formulation : “Ce collaborateur n’est pas motivé.”
Bonne formulation :
- Fait : Il est arrivé en retard 3 fois cette semaine
- Interprétations possibles : manque de motivation / problèmes personnels / surcharge
La première ferme la porte. La seconde l’ouvre.
Validez vos sources
- Qui a produit cette étude ?
- Qui l’a financée ?
- Y a-t-il des sources vérifiables ?
- Un consensus scientifique ?
On voit énormément de vidéos sur les réseaux sociaux qui assènent des vérités avec un aplomb déconcertant, sans citer aucune source. C’est un des meilleurs exemples de biais de confirmation.
Questionnez vos certitudes
Une fois par trimestre, listez vos convictions fortes. Pour chacune :
- Sur quoi je base ça ?
- Quand ai-je vérifié ?
- Qu’est-ce qui me ferait changer d’avis ?
Créer un environnement de débat sain pour casser votre biais de confirmation
Lors de vos réunions d’équipes, osez le contre-pied !

Encouragez les avis divergents
Ne demandez pas “Vous êtes d’accord ?”. Demandez “Qui voit les choses différemment ?” ou “Quelles objections avez-vous ?”
Valorisez qui ose contredire
“Merci d’avoir soulevé ce point, c’est exactement ce dont j’ai besoin.” Vous créez un signal : le désaccord constructif est une force.
Instaurez des processus objectifs
- Réunion mensuelle “on challenge nos certitudes”
- Temps dédié aux objections avant chaque décision
- Document “Arguments pour / contre” rempli AVANT la réunion
Utiliser des outils de décision structurés pour contre votre biais de confirmation
Cette nouvelle gymnastique pour pratiquer l’esprit critique dispose de tout un arsenal d’outils puissants et faciles à mettre en place :
Matrice de décision
Listez tous les critères. Donnez-leur un poids. Évaluez chaque option. Calculez. Ça vous sort de l’intuition pure (terrain du biais) pour examiner objectivement.
Analyse SWOT complète
Imposez-vous : autant de temps sur chaque quadrant. Si vous ne trouvez “aucune faiblesse”… vous ne cherchez pas assez.
Pré-mortem
Imaginez que dans 6 mois, le projet a échoué. Catastrophiquement. Maintenant : pourquoi ? Quels signaux aviez-vous manqués ? Cet exercice contourne le biais de confirmation en forçant à envisager l’échec comme un fait accompli.
S’entourer de personnes qui pensent différemment
Il est plus facile de sortir du cercle du biais de confirmation dans un environnement de travail où la sécurité psychologique des équipes est préservée. Dit autrement, où chacun à le droit mais surtout le devoir affiché de donner son avis qui sera respecté et valorisé alors ne vous ménagez pas pour favoriser :
La diversité cognitive dans vos équipes
Recrutez des profils différents. Pas juste techniquement. Sur les façons de penser, les expériences de vie, les références culturelles.
La présence de mentors qui challengent
Identifiez qui n’a pas peur de vous contredire, qui vous pousse dans vos retranchements. Consultez-les avant vos grandes décisions. Écoutez-les vraiment.
Et surtout, évitez l’entre-soi
Cherchez activement : mentors d’autres secteurs, collaborateurs atypiques, lectures qui challengent, conversations avec des opinions opposées. Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord. Mais obligée d’écouter.
FAQ – Questions fréquentes sur le biais de confirmation
Quelle est la différence entre biais de confirmation et effet Pygmalion ?
Le biais de confirmation filtre ce que vous voyez. L’effet Pygmalion influence les performances des autres par vos attentes. Les deux créent des prophéties autoréalisatrices, mais différemment.
Pour aller plus loin : l’effet Pygmalion au travail.
Le biais de confirmation est-il toujours négatif ?
Non. Il maintient la confiance en soi, donne de la cohérence identitaire, économise l’énergie mentale. MAIS ces bénéfices sont largement surpassés par les dangers. C’est un mécanisme cognitif neutre. Ce qui compte : savoir le déjouer quand il vous dessert.
Comment savoir si je suis victime du biais de confirmation ?
Signaux :
- “Je le savais !” plusieurs fois par jour
- Vous ne changez jamais d’avis
- Vous qualifiez vos opposants de “pas compétents”
- Vous reformulez chaque échec en “apprentissage”
- Vous évitez les sources contradictoires
Test simple : En ce qui concerne votre dernière grande décision, combien de sources contradictoires avez-vous consultées ? Si la réponse est zéro, vous étiez en plein biais.
Peut-on vraiment se débarrasser du biais de confirmation ?
Non. Ce biais (comme tous nos biais) fait partie intégrante du fonctionnement de notre cerveau. Mais on peut apprendre à :
- Le reconnaître ;
- mettre en place des systèmes pour le contourner ;
- cultiver l’humilité intellectuelle ;
- s’entourer de personnes qui le challengent.
Pensez-y comme à un biais visuel : vous savez que votre perception peut tromper, alors vous mesurez.
Pareil ici : vous continuez à avoir des intuitions biaisées, mais vous apprenez à ne plus vous y fier aveuglément.
Existe-t-il un lien entre biais de confirmation et syndrome de l’imposteur ?

Crédit photo : JJ Ying depuis unsplash.com
Oui, et ce lien est toxique. Vous êtes convaincue de ne pas être à votre place. Le biais valide systématiquement cette croyance :
- Succès = chance
- échec = preuve d’incompétence
- compliments = gentillesse
- critiques = confirmation
C’est ce que j’ai vécu pendant des années. Le biais de confirmation m’empêchait de voir mes réussites.
Pour finir : on croit ce qu’on veut croire, mais on peut choisir d’aller plus loin.
Le biais de confirmation n’est pas une tare, c’est un raccourci mental universel. Nous en sommes tous victimes.
Mais le savoir, c’est déjà la première étape pour s’en détacher.
Vous avez appris que :
- Le biais de confirmation vous pousse à chercher uniquement ce qui valide vos croyances
- Il sabote vos recrutements, vos décisions, votre leadership
- Il est toxique pour les femmes managers (double biais externe et interne)
- Vous pouvez l’atténuer en cherchant la contradiction, pratiquant la pensée critique, vous entourant différemment
La vraie question : qu’allez-vous faire de cette prise de conscience ?
Refermer cet article et continuer comme avant ? Votre biais de confirmation en sera ravi 😉.
Ou choisir l’inconfort. Celui du doute constructif. Celui d’accepter que vous pourriez avoir tort. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une force.
Alors la prochaine fois que vous direz “je le savais !”, arrêtez-vous :
“Est-ce que je le savais vraiment… ou ai-je juste arrêté de chercher ?”
Cette question peut changer votre façon de prendre des décisions, de manager, de faire évoluer votre carrière.
Je vous recommande d’aller lire l’article sur les 5 exercices pour gérer vos biais cognitifs
Pour aller plus loin, écoutez l’épisode 37 du podcast Les Biais Dans Le Plat, où je décrypte ce biais sous toutes ses coutures, exemples concrets et bonnes pratiques à l’appui. Spotify, Apple, Deezer, Amazon.
En savoir plus sur LES BIAIS DANS LE PLAT
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Bonjour Sophie, c’est toujours un peu la panique quand je reviens sur ton blog : tous les articles me font de l’oeil, tout me passionne ! Le biais de confirmation me fait penser aux réseaux sociaux et médias qui l’exacerbent pour nous maintenir captifs. Les dangers de ce phénomène sont connus mais ton article donne les outils pour s’en prémunir : chercher la contradiction, pratiquer la pensée critique et… savoir s’entourer !