Auteur/autrice : morth.sophie

Comparaison, silence et dépendance sociale

Comparaison, silence et dépendance sociale

Comparaison et dépendance sociale

De la comparaison à la dépendance sociale, une suite naturelle

Il y a quelques semaines, je vous parlais du biais de comparaison sociale. Ce réflexe qui nous pousse à nous jauger en permanence : est-ce que je fais aussi bien ? est-ce que je suis “au niveau” ? Mais il existe un cran au-dessus. Une forme plus insidieuse, plus ancrée, presque invisible et c’est la dépendance sociale.

C’est ce moment où vous ne bougez pas, non pas parce que vous vous comparez, mais parce que vous attendez qu’on vous dise que c’est bon. Que c’est juste. Suffisant. Valide.

Vous connaissez ce sentiment ?

  • Quand vous avez une idée, mais que vous ne la partagez qu’après l’avoir testée sur trois collègues, juste pour “avoir leur retour”.
  • Quand vous dites “oui”, mais que ce n’est pas vraiment vous qui parlez.
  • Quand vous attendez un message, un sourire, un signal, comme un feu vert imaginaire, pour enfin y aller.

Ce n’est plus de la comparaison. C’est de la désirabilité ou de la dépendance sociale.
Un biais cognitif puissant, archaïque, intégré. Qui murmure à l’oreille de notre confiance : “Tu es sûre que tu peux y aller toute seule ?”

Aujourd’hui, j’ai envie d’explorer avec vous ce réflexe si humain. Pourquoi est-il est difficile – presque biologiquement – de s’en détacher ? Comment repérer quand il s’infiltre dans nos décisions, nos silences, nos attentes ? Et surtout, comment poser les bases d’une autonomie profonde, lucide, libératrice ? 

1. Pourquoi notre cerveau réclame la validation des autres ?

On rêve tous d’être libres. Autonomes. Maîtres de nos choix.

Mais notre cerveau, lui, a une autre priorité : notre sécurité individuelle et collective.
Et il est prêt à tout pour la préserver.

Un vieux programme dans un monde moderne

Revenons quelques milliers d’années en arrière.

À l’époque, être exclu du groupe, c’était mourir. Littéralement. Pas d’abri, pas de feu, pas de protection. L’humain isolé ne survivait pas. Alors notre cerveau s’est adapté : il a codé, dans ses circuits les plus profonds, que l’acceptation du groupe = survie.

Et ce réflexe est toujours là.

  • Quand vous ressentez une pointe d’anxiété à l’idée de dire non.
  • Quand vous relisez trois fois votre mail pour être sûr.e qu’il ne “heurte pas”.
  • Quand vous attendez inconsciemment un “tu fais bien” pour avancer.

Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de l’héritage neurologique.

« Notre cerveau fonctionne encore comme si chaque désapprobation était un risque d’exclusion du clan. Sauf qu’aujourd’hui, le clan, c’est souvent LinkedIn. »

La désirabilité ou la dépendance sociale, c’est quoi exactement ?

C’est un biais cognitif qui nous pousse à accorder une valeur démesurée au jugement ou à l’approbation des autres dans nos prises de décision. Dit autrement, c’est la tendance à se présenter de façon favorable devant d’autres en fonction de certaines normes sociales établies La simple comparaison n’est pas aussi forte que la dépendance sociale. C’est sa première expression. Il faut la mettre sous contrôle.

Et le problème, c’est que ce biais ne fait pas dans la nuance. Il ne vous demande pas : “Est-ce que cet avis t’aide à avancer ?” Il vous souffle : “Si tu n’es pas validé.e, tu n’existes pas.” Subtile différence. Profonde conséquence.

Quand la recherche d’approbation devient frein à l’action

Ce biais devient toxique quand :

  • On ne sait plus si une envie vient de nous ou d’un besoin d’être reconnu.e.
  • On n’ose plus poser une limite sans se justifier.
  • On abandonne une idée juste parce qu’elle ne “plaît pas”.

Et surtout, quand on se débranche de soi pour rester “connecté” aux autres.

2. Comment repérer qu’on attend (trop) la validation ?

La comparaison et la dépendance sociale sont rarement frontales. Elles ne se manifestent pas avec un panneau clignotant « ATTENTION, TU N’ES PAS LIBRE ».
Elles opèrent en douce. Par en dessous. En laissant dans son sillage un flou intérieur : est-ce que je choisis vraiment ? Ou est-ce que je m’ajuste pour être bien vu.e, entendu.e, validé.e ?

Les deux visages de l’attente

🔹 L’attente active

Elle est facile à repérer :

  • Vous demandez souvent l’avis des autres avant d’agir.
  • Vous cherchez des « ok » explicites, même sur des décisions mineures.
  • Vous ressentez de l’inconfort si vous n’avez pas de retour immédiat.
  • Vous adaptez spontanément votre discours à la personne en face, jusqu’à en perdre votre voix.

🔹 L’attente passive

Celle-là est plus subtile, mais souvent plus ancrée :

  • Vous hésitez à partager vos idées spontanément.
  • Vous attendez inconsciemment qu’on vous tende la main… avant même de faire un pas.
  • Vous vous censurez à l’avance pour éviter d’éventuelles réactions.
  • Vous vous demandez : « Est-ce que ça va déranger ? » avant de vous demander : « Est-ce que moi je suis alignée ? »
Comparaison et dépendance sociale_diagnostic

🔍 Mini auto-diagnostic

Répondez spontanément, sans trop réfléchir :

  1. Est-ce qu’il vous arrive de remettre à plus tard une décision tant que quelqu’un ne vous a pas donné son avis ?
  2. Avez-vous déjà regretté d’avoir dit “oui”, alors qu’une petite voix intérieure criait “non” ?
  3. Êtes-vous soulagé.e quand quelqu’un vous rassure que “vous avez bien fait” ?
  4. Avez-vous du mal à célébrer une réussite si personne ne la remarque ?
  5. Avez-vous déjà changé d’avis en fonction de la réaction (ou du silence) d’un proche ou collègue ?

Si vous avez répondu “oui” à 3 ou plus, il est probable que le biais de dépendance sociale joue un rôle régulier dans vos décisions. 

Pas de panique. On est tous passés par là. 

Même ou surtout moi ! Souvent. Encore aujourd’hui, parfois…

Une histoire vraie (et un peu douloureuse)

Je me souviens d’une réunion où j’aurais dû parler.
Une de ces réunions où tout le monde acquiesce avec assurance… alors que ce qui se dit est une énormité.
Tout en moi hurlait : « Mais enfin, vous entendez ce que vous dites ? »
Mais j’ai gardé le silence. J’ai regardé la table. J’ai feint l’accord.

Pourquoi ?

  • Ils avaient l’air tellement sûrs.
  • Je n’avais pas d’allié visible dans la pièce.
  • J’ai eu peur d’être « la pénible », celle qui complique, qui freine, qui dénote.

Alors j’ai ravalé ma voix.
Et avec elle, un peu de mon respect pour moi-même.
Je suis sortie de cette réunion avec un goût amer. Pas à cause d’eux. À cause de moi.
Je savais que je m’étais désavouée.

Ce jour-là, j’ai compris que le silence peut être aussi violent qu’un non-dit.
Et que parfois, on s’abandonne soi-même pour ne pas froisser la surface tranquille du groupe.

Et vous ? À quel moment vous êtes-vous trahi·e, juste pour rester dans le cadre ?

3. Vers une autonomie saine : sortir de la dépendance sans tomber dans l’indifférence

Rechercher l’approbation des autres n’est pas une faute. C’est profondément humain.
Mais construire sa vie autour de cette attente, c’est risquer de s’éloigner de soi, jusqu’à ne plus entendre sa propre voix.

Alors, comment sortir de ce besoin de comparaison et de cette dépendance sociale sans devenir une version rigide ou indifférente de soi ?
Comment poser les bases d’une autonomie vivante, connectée mais non asservie ?

L’autonomie, ce n’est pas faire tout tout seul

Souvent, on confond autonomie et isolement. Comme si être autonome, c’était dire : “Je n’ai besoin de personne.”

Mais l’autonomie dont je parle est tout autre. C’est une autonomie relationnelle, ancrée dans une écoute fine :

  • de soi,
  • de ses valeurs,
  • et des signaux extérieurs… sans que ces signaux deviennent des injonctions.

“Je t’écoute, mais je ne me perds pas en chemin.”

C’est savoir qu’un retour peut être utile — sans être nécessaire. C’est sentir qu’on peut intégrer une critique — sans qu’elle vienne briser quelque chose.

Autrement dit : on passe de la dépendance à la résonance.
Ce que les autres pensent ne me définit pas, mais ça peut m’enrichir… si je suis déjà au clair avec moi-même.

Et parfois même, l’effet inverse existe. J’ai toujours été d’une nature plutôt autonome, à ne pas demander d’aide et j’ai pu observer au moins une fois que ce comportement m’a valu un rejet total du groupe. J’étais passée pour une personne imbue d’elle-même alors que j’étais trop timide pour déranger ! 

Comparaison et dépendance sociale_exercices

Trois gestes simples pour réapprendre à décider sans attendre d’être validé·e

Pas de carnet magique, pas d’incantation à la pleine lune. Juste des gestes simples à tester dans la vraie vie. Parce que l’autonomie se construit dans les micro-choix du quotidien.

1. La micro-décision en solo

Objectif : reprendre l’habitude de trancher sans sondage.

Dans votre journée, choisissez une décision que vous prenez habituellement en consultant quelqu’un, même par réflexe.

Exemples :

  • Envoyer un message professionnel sans demander à quelqu’un « Tu en penses quoi ? »
  • Choisir le visuel ou le titre d’un support sans le faire valider.
  • Prendre une position claire en réunion, sans attendre un regard complice ou un hochement de tête.

Faites-le. C’est tout. Et passez à la suite. Pas d’analyse post-mortem. Juste la satisfaction discrète d’avoir agi selon vous.

2. Le « J’en parle pas (et je survis très bien) »

Objectif : couper le réflexe de chercher un retour ou une approbation.

Choisissez une action ou une idée que vous auriez eu envie de partager immédiatement pour :

  • tester si “c’était bien”.
  • “avoir un retour”.
  • combler un vide ou valider un choix.

Et cette fois, gardez-la pour vous. Pas par secret, mais par expérience : celle de ne rien attendre, et voir que ça va quand même.

Ce silence volontaire est un révélateur. Il vous montre que votre propre regard peut suffire — au moins pour aujourd’hui.

3. Le “non” qui n’appelle pas d’excuse

Objectif : poser une limite sans se justifier.

Testez une situation où vous auriez dit « oui » à contrecœur, ou un « non » immédiatement contrebalancé par une justification.

Et cette fois, dites simplement :

  • « Non, je ne peux pas. »
  • « Non, ce n’est pas une priorité pour moi. »
  • « Non, je choisis de ne pas m’en occuper. »

Sans rallonge, “désolée”, sur-explication. C’est un “non” sobre, net, respectueux. Pas contre l’autre. Juste pour vous.

Conclusion : sortir du conditionnement, pas du lien

La comparaison et le dépendance sociale ne se combat pas avec dureté. Il se déjoue avec conscience, douceur, courage.

Vous ne devez pas devenir imperméable. Votre super-pouvoir c’est d’être perméable avec filtre.

Apprenez à créer un filtre intérieur construit à partir de qui vous êtes, de ce qui compte vraiment, et de votre capacité à vous écouter… même quand les autres ne valident pas.

Alors la question que je vous laisse est simple, mais puissante : Et si, pour une fois, vous décidiez que votre approbation suffisait ?
(Spoiler : elle suffit.)

Biais des coûts irrécupérables, source de notre acharnement

Retrouvez l’épisode 22 du podcast Les Biais Dans Le Plat sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Bienvenue dans Les Biais Dans Le Plat, le podcast qui vous aide à décoder les biais cachés qui influencent notre perception, nos choix et nos interactions.

Et si notre acharnement n’était pas toujours notre souhait ?

Nous avons tous, un jour, persisté dans une voie malgré des signaux indiquant que cela n’était plus judicieux. Que ce soit dans une relation, un projet professionnel ou même en regardant un film ennuyeux jusqu’à la fin, cette tendance est influencée par ce que l’on appelle le biais des coûts irrécupérables.​

Qu’est-ce que le biais des coûts irrécupérables ?

Le biais des coûts irrécupérables est également connu sous le nom de Sunk Cost Fallacy. C’est notre inclination à continuer un engagement en raison des ressources déjà investies (temps, argent, énergie). Et ce, même si on ne peut récupérer ces ressources et que la poursuite de cet engagement n’est pas rationnelle. Ce biais est étroitement lié à l’escalade d’engagement, où l’on continue à investir dans une décision initiale malgré des échecs évidents.​

Pourquoi persistons-nous malgré tout ?

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :

  1. Aversion à la perte : Nous ressentons plus intensément la douleur de perdre quelque chose que le plaisir de gagner son équivalent. Ainsi, on perçoit l’idée d’abandonner un investissement déjà réalisé comme une perte significative.​
  2. Peur de reconnaître une erreur : Admettre que nous nous sommes trompés active des zones de douleur sociale dans notre cerveau. Pour éviter cette souffrance, nous préférons souvent rationaliser notre persistance.​
  3. Recherche de cohérence : Nous aimons que notre histoire personnelle soit cohérente. Si nous avons investi dans quelque chose, nous voulons croire que c’était une bonne décision, même si les preuves actuelles suggèrent le contraire.​

Exemples concrets

  • Projet professionnel : Continuer à investir malgré des résultats décevants. Simplement parce que beaucoup de ressources y ont déjà été consacrées.​
  • Relations personnelles : Rester dans une relation insatisfaisante parce que beaucoup de temps et d’émotions y ont été investis.​
  • Divertissement : Regarder un film ennuyeux jusqu’à la fin parce que l’on a déjà payé la place.​

Comment surmonter ce biais ?

  1. Reformuler la question : Au lieu de se demander ce qui a déjà été investi, il est plus utile de se demander si, en repartant de zéro, nous ferions le même choix aujourd’hui.​
  2. Établir des points d’arrêt préalables : Avant de commencer un projet ou une relation, définir des moments clés pour évaluer objectivement la situation et décider si cela vaut la peine de continuer.​
  3. Valoriser la capacité à dire stop : Reconnaître et apprécier la lucidité de ceux qui savent arrêter un projet ou une relation qui ne fonctionne plus, plutôt que de percevoir cela comme un échec.​
  4. Accepter le changement : Comprendre que changer d’avis ou de direction est une preuve d’intelligence et d’adaptabilité, et non une faiblesse.​

En prenant conscience du biais des coûts irrécupérables et en adoptant des stratégies pour le contrer, nous pouvons faire des choix plus éclairés. Il devient possible d’éviter de nous enliser dans des engagements non productifs.

En savoir plus : 

Leadership au féminin : entre falaise et plafond de verre

Leadership au féminin : entre falaise et plafond de verre

Quand le talent ne suffit pas et se heurte aux biais cognitifs et aux préjugés de genre

Leadership au féminin : entre plafond et falaise de verre

Leadership au féminin, Plafond de verre, Falaise de verre… Oh, arrêtez ! Il n’y a pas de préjugés de genre ! Il n’y a pas de discrimination systémique ! Les inégalités salariales sont un mythe ! Les femmes ont les mêmes opportunités que les hommes, elles n’ont qu’à mieux négocier leur salaire, mieux réseauter, mieux s’imposer. C’est une question de volonté, non ?

Ah, si seulement c’était aussi simple.

L’égalité « théorique »

Sur le papier, tout va bien. Les femmes peuvent travailler, diriger, innover. Elles peuvent grimper les échelons, décider, influencer. Légalement, rien ne les empêche d’accéder aux postes de pouvoir. Pourtant, dans les faits, c’est une autre histoire.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • À l’entrée sur le marché du travail, les femmes représentent environ 50 % de la main-d’œuvre.
  • Au niveau managérial intermédiaire, elles ne sont plus que 37 %.
  • seules 12 % dirigent une PME ou une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire).

Et ce n’est pas une question de compétences ou d’ambition, mais bien d’un système qui freine leur ascension.

Parallèlement, le partage des responsabilités domestiques reste inégal :

  • 68 % des femmes réalisent la cuisine ou le ménage quotidiennement, contre 43 % des hommes.
  • En cas d’enfant malade, ce sont majoritairement les femmes qui s’absentent du travail, ce qui impacte leur carrière et renforce leur assignation aux responsabilités familiales.

Le plafond de verre ? Une illusion ! C’est juste qu’elles ne veulent pas trop de responsabilités, préfèrent leur équilibre de vie, ne prennent pas assez de risques. C’est d’ailleurs pour ça que pullulent les formations de leadership au féminin ! Le biais de confirmation nous souffle que, si elles ne sont pas là-haut, c’est qu’elles n’en ont pas vraiment envie.

Le double standard, ce grand classique

Un homme ambitieux est un leader. Une femme ambitieuse est une carriériste froide. Un homme direct est un stratège efficace. Une femme directe est autoritaire, voire hystérique. Un homme qui plaisante est charismatique. Une femme qui plaisante, surtout avec un brin d’humour salace ? Inappropriée.

D’ailleurs, parlons-en, de cette « hystérie« . Le mot vient du grec « hystera », qui signifie « utérus ». Pendant des siècles, on a expliqué que les femmes étaient instables à cause de leur biologie. Hippocrate décrivait l’hystérie comme une maladie liée à l’errance de l’utérus dans le corps. Plus tard, Freud associait cette soi-disant pathologie à des frustrations sexuelles. Autrement dit, depuis des millénaires, le moindre signe d’émotion féminine a été pathologisé. Pas étonnant que le mot « hystérique » soit encore jeté à la figure des femmes qui osent s’affirmer.

Et ce contrôle des femmes qui dérangent ne date pas d’hier. Les femmes indépendantes, trop libres, trop influentes, ont souvent été perçues comme une menace. On les a traitées de sorcières, poursuivies, brûlées. La chasse aux sorcières n’était pas seulement une vague de superstition, mais une manière de réprimer celles qui échappaient aux normes patriarcales. Une femme qui vivait seule, gérait ses affaires sans homme, soignait avec des remèdes naturels ? Dangereuse. Il fallait l’éliminer. Aujourd’hui, les bûchers ne flambent plus, mais les mécanismes d’exclusion et de marginalisation persistent.

« Il faut plus de modèles féminins »

Mileva Marić-Einstein, Physicienne (1875-1948)

On entend souvent qu’il faudrait « plus de rôles modèles » pour inciter les femmes à aspirer à des postes de leadership. Comme si le problème du leadership au féminin venait d’un manque d’inspiration et non d’un système structurellement inégalitaire.

L’effet Matilda démontre que les contributions des femmes sont historiquement minimisées, voire attribuées à leurs collègues masculins. Nombre de femmes scientifiques, penseuses ou inventrices ont vu leur travail passé sous silence ou volé. Rosalind Franklin a été éclipsée dans la découverte de l’ADN au profit de Watson et Crick. Lise Meitner, qui a contribué à la découverte de la fission nucléaire, a été oubliée au profit d’Otto Hahn. De fait, les hommes primés étaient souvent accompagnés de femmes brillantes. C’était le cas d’Albert Einstein, dont l’épouse Mileva a contribué bien plus à la théorie de la relativité qu’à la vie du ménage…

Alors non, ce n’est pas un manque de modèles, c’est un effacement quasi systématique de leurs contributions qui s’est répercuté dans les manuels scolaires. 

« Elles n’ont qu’à s’imposer ! »

Certaines le font. Elles prennent la parole, osent, dépassent les freins. Elles se forcent à « penser comme des hommes », à adopter leurs codes. Mais à quel prix ? Celui du syndrome de l’imposteur qui les ronge, du stress de l’hyper-performance, de l’usure d’une lutte permanente ?

D’ailleurs, ce fameux syndrome de l’imposteur, qui touche particulièrement les femmes, est fortement nourri par des biais cognitifs et des stéréotypes intériorisés. Comme je l’explique dans ces articles :

Il ne s’agit pas d’un simple manque de confiance, mais d’un phénomène renforcé par des attentes sociales différenciées.

Et même avant d’en arriver là, elles doivent passer les filtres du recrutement. Une enquête de l’Observatoire des discriminations a révélé qu’une femme de 32 ans mariée et ayant trois enfants a 37 % de chances en moins d’être convoquée à un entretien d’embauche (1). De plus, 20 % des femmes rapportent avoir déjà fait l’objet d’une discrimination lors d’un entretien d’embauche, contre 15 % des hommes (2).

Gare à la falaise de verre !

Et si elles finissent par accéder à un poste de leadership, elles se retrouvent souvent en haut… d’une falaise de verre. Theresa May et Liz Truss, anciennes première ministre du Royaume-Uni, ou Marissa Mayer, ex-PDG de Yahoo ou plus récemment Kamala Harris. Ces noms de femmes vous disent quelque chose ? Ces femmes ont pour point commun d’avoir été nommées à la tête de leur pays ou de leur entreprise en pleine période de crise. 

Ce phénomène de “Falaise de verre” décrit comment les femmes sont plus souvent promues à des postes de direction lorsque une entreprise ou un pays est en crise ou en difficulté. On leur confie la barre d’un navire en train de couler, puis on leur reproche de ne pas avoir su le sauver. Et lorsqu’elles échouent ? C’est la preuve, bien sûr, qu’elles n’étaient pas faites pour ces responsabilités…

Et pourquoi ce serait à elles seules de faire cet effort ? Pourquoi la norme serait-elle encore et toujours définie par un modèle masculin ?

Modèle Féminin_leadership
Millicent fawcett, Femme politique, Écrivaine et Militante féministe britannique (1847-1929)

La solution : bouger les lignes, ensemble

Connaître l’existence des biais ne doit pas simplement servir à constater une injustice. Cela doit nous permettre à la fois de déculpabiliser (ce n’est pas un problème individuel mais systémique) et d’agir concrètement. L’idée n’est pas d’opposer les genres, mais de neutraliser les effets des biais à toutes les étapes de la vie en entreprise : du recrutement aux promotions, en passant par les relations quotidiennes et les opportunités de carrière. Parce que, oui, le leadership au féminin est entravé par le plafond de verre et mis en péril par la falaise de verre !

Parmi les biais qui influencent ces processus, on retrouve :

  • L’effet de halo, qui nous pousse à juger une personne sur un seul critère (exemple : une femme perçue comme « sympathique » pourra être considérée comme moins compétente).
  • Le biais de conformité, qui favorise les candidats et candidates correspondant au modèle dominant, souvent masculin.
  • Le biais de double contrainte, où les femmes doivent être à la fois compétentes et chaleureuses sous peine d’être perçues comme trop dures ou trop effacées.

Ces biais sont inconscients, mais leurs effets sont bien réels. Mettre en place des processus objectifs et transparents (grilles d’évaluation en recrutement, critères de promotion standardisés, feedbacks réguliers) permet de réduire leur impact.

Mais au fond, n’est-il pas idiot de lutter contre les inégalité alors qu’on peut chercher à accroître la performance ?

Finalement, bouger les lignes, c’est comprendre que les inégalités ne sont pas une fatalité, mais le résultat de mécanismes sur lesquels nous avons un pouvoir d’action.

Attention, aussi à ne pas vous fier à toutes les études qui disent que les entreprises sont plus plus performantes à la seule condition qu’elles ont plus de femmes à leur tête. Pleines de bonnes intentions, de nombreuses études ont fini par confondre militantisme et éthique… Ce sont bien les différences, toutes les différences, qui sont source de richesse. 

Dans son ouvrage de référence “Intelligence relationnelle et inclusion”, Laurent Depont citait une étude de Cloverpop. L’analyse a posteriori de la pertinence d’un très gros volume de décisions sur la base de big data a montré que 66% des décisions prises s’avéraient judicieuses et que ce taux dépendait de la constitution des équipes. Une équipe 100% masculine ne prenait que 59% de bonnes décisions, une équipe mixte 73%, une équipe mixte avec diversité d’âge 80% et une équipe mixte diversifiée en âge et origine géographique 87%. Mais attention, plus l’équipe est diversifiée et plus la décision est difficile à mettre en pratique. L’enfer est pavé de bonnes intentions ! 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Avez-vous déjà vécu ou observé ces situations ? Partagez vos expériences en commentaires !

En savoir plus : 

L’effet Pygmalion, quand croire en soi change tout

Retrouvez l’épisode 21 du podcast Les Biais Dans Le Plat sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Bienvenue dans Les Biais Dans Le Plat, le podcast qui vous aide à décoder les biais cachés qui influencent notre perception, nos choix et nos interactions.

Et si le succès dépendait simplement… de ce que l’on croit possible ?

« Oui enfin… croire en soi, ça ne suffit pas, sinon tout le monde réussirait. » Ou encore : « Moi, j’ai toujours entendu qu’on réussit à force de travail, pas grâce à ce que pensent les autres. »

Aujourd’hui, on va parler d’un biais qui peut être un super pouvoir… ou un poison : l’effet Pygmalion ou que se passe-t-il quand on te voit plus grand que tu ne te crois ? Et inversement… que se passe-t-il quand on ne croit pas en toi ?

Le problème : Le poids des attentes – moteurs ou boulets ?

Notre cerveau fonctionne comme un miroir. Si quelqu’un croit en nous, on adopte (inconsciemment) des comportements qui confirment cette attente. Et si quelqu’un doute de nous, on finit souvent par douter aussi.

Et tout commence dès l’école.

Alors, la vraie question, c’est : comment cultive-t-on l’estime de soi ? C’est tout l’enjeu de l’effet Pygmalion.

La prise de conscience : Explication scientifique et risques cachés

En 1968, les psychologues Rosenthal et Jacobson ont mené une expérience fascinante. Ils ont annoncé à des enseignants que certains élèves avaient un potentiel exceptionnel. En réalité, ces élèves avaient été choisis au hasard.

Résultat ? À la fin de l’année, ces élèves avaient réellement progressé bien plus que les autres. Pourquoi ? Parce que les enseignants, convaincus de leur potentiel, leur avaient inconsciemment donné plus d’encouragements, de patience, d’attention.

La solution : Active ton propre effet Pygmalion !

Bonne nouvelle : cet effet fonctionne aussi si on le déclenche intentionnellement.

💡 Étape 1 : Identifier ses croyances limitantes

💡 Étape 2 : Changer son regard sur soi (et sur les autres)

💡 Étape 3 : Jouer le jeu du Pygmalion

Parce qu’au fond, notre cerveau est un peu comme un acteur : il joue le rôle qu’on lui donne.

Et maintenant ?

Vous voulez progresser ? Commencez par y croire

L’effet Pygmalion est une arme redoutable. Autant l’utiliser pour soi, plutôt que contre soi.

Alors quelle croyance allez-vous choisir de déconstruire aujourd’hui ? Dites-le moi en commentaire !

En savoir plus : 

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle : prenez le contrôle

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle : prenez le contrôle

Identifier ses biais cognitifs et développer son intelligence émotionnelle pour un management plus apaisé.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle

Introduction : Managers, pourquoi certains conflits dégénèrent-ils ?

Les conflits font partie de la vie professionnelle. Pourtant, certains s’enlisent, s’intensifient et laissent des traces durables, là où d’autres se désamorcent rapidement. Pourquoi ? Parce que notre manière d’y réagir est souvent biaisée par nos émotions et nos filtres cognitifs.

  • « Je suis objectif(ve), c’est l’autre qui exagère. »
  • « Si je lâche du terrain, je vais perdre en crédibilité. »
  • « Il ou elle a toujours été comme ça, ça ne changera pas. »

Ces pensées, influencées par nos biais cognitifs et émotionnels, rigidifient notre posture et nous enferment dans des schémas de confrontation. Mais en prenant conscience de ces mécanismes, il est possible d’adopter un management plus apaisé et constructif.

L’intelligence émotionnelle joue un rôle clé dans la gestion des tensions. Capacité à percevoir, comprendre et réguler ses émotions ainsi que celles des autres, elle permet de mieux communiquer, de prévenir les conflits et d’instaurer un climat de travail plus harmonieux. Pourtant, de nombreuses femmes managers peuvent se sentir piégées entre deux extrêmes :

  • D’un côté, la peur d’être perçue comme trop émotive.
  • De l’autre, la volonté de s’affirmer sans paraître autoritaire.

Objection courante : « Je préfère éviter les conflits pour maintenir une ambiance sereine. »

À titre personnel, j’ai toujours préféré faire face directement aux problèmes. J’ai d’ailleurs observé que mes collègues femmes avaient généralement plus cette tendance à accepter la confrontation saine et directe des avis plutôt qu’à les éviter. 

Pour autant, cette posture n’est pas facile à tenir tant l’image de la femme “hystérique” n’est jamais très loin… Je reste pourtant convaincue qu’un conflit non exprimé se transforme souvent en frustration latente et en tensions sourdes. Plutôt que d’éviter les désaccords, nous devons apprendre à les gérer avec intelligence émotionnelle.

Partie 1 : comment les biais cognitifs impactent notre intelligence émotionnelle ?

Nos réactions face aux conflits sont rarement purement rationnelles. Plusieurs biais cognitifs viennent fausser notre perception et alimenter les tensions en portant atteinte à notre intelligence émotionnelle. Voici les principaux à identifier pour mieux les neutraliser :

1. Le biais d’attribution hostile

Nous avons tendance à interpréter les actions des autres comme intentionnellement hostiles, même lorsque leurs intentions sont neutres ou bienveillantes. Par exemple, si un collaborateur ne répond pas immédiatement à un e-mail, nous pourrions penser qu’il nous ignore ou manque d’engagement, alors qu’il est peut-être simplement débordé.

« Si je ne suis pas vigilante, on risque de profiter de ma bienveillance. »

J’ai souvent mal interprété les actions des autres, les interprétant comme étant faites sciemment contre moi. Mais j’ai réalisé que présumer des intentions négatives pouvait me faire adopter une posture de défiance inutile. Poser des questions plutôt que d’interpréter est souvent une meilleure approche

2. Le biais de confirmation

Nous avons tendance à rechercher et à retenir les informations qui confirment nos croyances préexistantes. Dans un conflit, cela peut nous amener à voir l’autre à travers le prisme de nos jugements passés : « Il ne m’a jamais écoutée, donc il ne m’écoute pas aujourd’hui. »

« Je sais déjà comment cette personne réagit, inutile d’espérer un changement. »

 J’ai longtemps étiqueté certaines personnes comme « immuables ». Pourtant, en changeant ma manière d’aborder la conversation, j’ai souvent constaté des réactions inattendues et plus constructives.

3. Le biais égocentrique

Nous avons tendance à nous attribuer le mérite des succès et à rejeter la faute des échecs sur les autres. Dans un conflit, cela nous empêche d’assumer notre part de responsabilité et de comprendre ce que nous pouvons améliorer dans notre propre posture.

« Si les choses tournent mal, ce n’est pas de ma faute. »

J’ai souvent cru que ma position était la plus légitime. Pourtant, accepter ma part de responsabilité a changé la donne : en montrant l’exemple, j’ai incité mes interlocuteurs à faire de même.

Aller plus loin :

Pour approfondir la compréhension des biais cognitifs et de leur impact sur notre comportement, je vous invite à consulter l’article Biais cognitifs et scénarios intérieurs : comment s’en libérer ? sur notre site. Cet article explore en détail comment nos biais influencent nos interactions et propose des stratégies pour s’en affranchir.

En identifiant et en comprenant ces biais cognitifs émotionnels, nous pouvons désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent et améliorer notre intelligence émotionnelle. La clé ? Observer nos réactions, questionner nos premières interprétations et adopter une posture plus ouverte.

Dans la prochaine partie, nous verrons comment transformer cette prise de conscience en actions concrètes pour gérer les conflits avec plus de sérénité et d’assurance.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle - ego

Partie 2 : Transformer la prise de conscience de ces biais cognitifs en actions concrètes au service de notre intelligence émotionnelle. 

Une fois ces biais cognitifs identifiés, comment faire pour éviter qu’ils ne prennent le dessus dans la gestion des conflits et ainsi accroître notre intelligence émotionnelle ? Voici quelques stratégies pratiques pour développer une approche plus apaisée et constructive.

1. Remettre en question ses automatismes

  • Se poser la question : “Est-ce que ma perception de la situation est factuelle ou biaisée par mes émotions ?”
  • Prendre du recul avant de réagir, notamment en différant sa réponse.
  • Reformuler la situation avec des faits objectifs plutôt qu’avec des interprétations.

2. Pratiquer l’écoute active

  • Adopter une posture d’écoute sans interrompre.
  • Reformuler les propos de l’autre pour s’assurer de bien comprendre son point de vue.
  • Poser des questions ouvertes pour encourager le dialogue et éviter les malentendus.

3. Dépersonnaliser le conflit

  • Remplacer “Tu es toujours en retard” par “J’ai remarqué que les délais ne sont pas toujours respectés, comment pouvons-nous améliorer cela ?”
  • Dissocier la personne de son comportement pour éviter d’attaquer son identité.
  • Chercher un terrain d’entente en mettant l’accent sur la résolution plutôt que sur le reproche.

4. Réguler ses propres émotions

  • Pratiquer des techniques de respiration et de recentrage pour éviter une réaction impulsive.
  • Exprimer son ressenti sans agressivité, en utilisant la communication non violente (“Je me sens frustrée lorsque…” plutôt que “Tu me mets en colère”).
  • Ne pas hésiter à prendre une pause si la tension devient trop forte.

5. Instaurer une culture de gestion saine des conflits

  • Encourager les discussions ouvertes plutôt que les non-dits.
  • Créer un cadre clair sur la manière dont les désaccords doivent être abordés.
  • Montrer l’exemple en adoptant une posture constructive et bienveillante.

En mettant en pratique ces stratégies, nous passons d’un mode réactif à une gestion proactive des conflits. Nous agissons en matîtrise de nos biais cognitifs naturels pour développer notre intelligence émotionnelle. Dans la prochaine partie, nous verrons comment faire des situations de conflits des opportunités et ancrer une approche durable pour un management plus serein et efficace.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle - management des conflits

Partie 3 : Stratégies pour un management plus apaisé en situation de conflit

1. Prévenir plutôt que guérir

  • Instaurer un climat de confiance où chacun peut exprimer ses désaccords sans peur de représailles.
  • Définir des règles claires de communication dans l’équipe.

Aller plus loin :

Mon épisode de podcast Biais cognitifs et management défaillant en réunion illustre comment des malentendus nourris par des biais cognitifs peuvent miner la dynamique d’équipe.

2. Structurer la gestion du conflit

  • Distinguer le fond du problème de la forme (éviter de s’arrêter aux attaques personnelles).
  • Poser des faits plutôt que des jugements (« Il y a eu un retard sur ce projet », plutôt que « Tu es toujours en retard ! »).
  • Encourager des techniques de médiation pour recentrer la discussion sur des objectifs communs.

3. Transformer un conflit en opportunité

  • Voir le désaccord comme une source de progression et non comme une menace.
  • Impliquer les parties prenantes dans la recherche de solutions plutôt que d’imposer un arbitrage.
  • Adopter une approche inspirée de Difficult Conversations de Douglas Stone, qui propose des stratégies concrètes pour aborder les conflits en se concentrant sur la compréhension mutuelle et l’intention plutôt que sur la confrontation.

En adoptant ces stratégies, nous faisons des conflits une opportunité de croissance et d’amélioration, plutôt qu’une source de stress et de blocage. Développer son intelligence émotionnelle en acceptant nos biais cognitifs, c’est transformer sa posture en management pour créer un environnement de travail plus serein et productif.

Conclusion : Faire des conflits une opportunité de croissance

Gérer les conflits avec intelligence émotionnelle, ce n’est pas les éviter ou les redouter, mais apprendre à les aborder avec lucidité et bienveillance. En prenant conscience de nos biais cognitifs, en adoptant une posture ouverte et en instaurant un cadre propice à l’expression des désaccords, nous pouvons transformer chaque conflit en opportunité d’amélioration.

L’intelligence émotionnelle n’est pas une simple compétence, c’est une posture qui influence toute notre manière de manager. En cultivant cette approche, nous contribuons à un environnement de travail plus harmonieux, plus efficace et plus respectueux des dynamiques humaines.

Et vous, quels sont les biais qui influencent vos interactions en situation de conflit ? Comment les gérez-vous ? Dites-moi moi en commentaires

Biais égocentrique : sommes-nous si extraordinaires que ça ?

Retrouvez l’épisode 20 du podcast Les Biais Dans Le Plat sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Bienvenue dans Les Biais Dans Le Plat, le podcast qui vous aide à décoder les biais cachés qui influencent notre perception, nos choix et nos interactions.

Quand notre ego brouille les cartes !

Vous avez déjà pensé :

  • « Ils ne sont pas reconnaissants, c’est quand même moi qui ai tout fait dans ce projet ! »

ou

  • « Honnêtement, je ne vois pas pourquoi ce candidat a été choisi à ma place, je suis bien plus qualifié. »

Si ces pensées vous sont familières, ne vous inquiétez pas, vous êtes juste humain. Mais elles sont aussi le signe que notre cerveau nous joue des tours. Regardons de plus près pourquoi et comment !

Aujourd’hui, dans Les Biais dans Le Plat, on plonge dans un biais redoutable : le biais égocentrique. Vous savez, cette tendance naturelle à voir le monde à travers le prisme de notre propre expérience… et à croire qu’on est plus rationnel que les autres. Pourquoi est-ce un problème ? C’est ce que nous allons découvrir ! 

Qu’est-ce que le biais égocentrique et ses cousins ?

Le biais égocentrique, c’est la tendance à surestimer son propre rôle dans une situation. Dans un projet d’équipe, on pense souvent avoir fourni plus d’efforts que les autres. Dans un conflit, on est persuadé d’avoir été plus objectif que l’autre partie.

Ses corollaires :

  • Effet de faux consensus 
  • Biais de complaisance 
  • Biais de fausse unicité
  • Ignorance pluraliste 
  • Biais de projection 

Pourquoi ces biais nous rendent aveugles dans notre vie pro ?

Les neurosciences ont montré que notre cerveau fonctionne sur un mode économe. Il cherche à simplifier les informations et à réduire la charge cognitive. Pour cela, il utilise des raccourcis mentaux, appelés heuristiques. Le biais égocentrique en fait partie :

  • Mémoire biaisée 
  • Besoins d’auto-préservation 
  • Construction sociale 

Mais ces raccourcis ne sont pas toujours en notre faveur, surtout quand ils nous empêchent de voir la réalité en face !

Quels sont leurs impacts directs dans nos vies professionnelles ? 

  • On surestime notre impact et nos compétences 
  • On minimise nos erreurs 
  • On juge mal les autres 
  • On ne demande pas d’aide 

Comment contrer ces biais ?

Il existe des stratégies pour remettre un peu de lucidité dans tout ça !

  1. Solliciter du feedback honnête
  2. Se comparer à soi-même et non aux autres 
  3. Se méfier des interprétations rapides 
  4. Prendre conscience de ses propres biais 

Conclusion : Une invitation à plus d’humilité (et d’opportunités)

Le biais égocentrique et ses corollaires nous donnent une illusion de clarté, alors qu’ils nous aveuglent. En prenant du recul, on devient meilleur dans nos jugements professionnels, on évite des erreurs stratégiques et on s’ouvre à plus d’opportunités.

Et vous, avez-vous déjà sous-estimé l’impact de vos biais ?

En savoir plus :

Managers, comment lâcher prise sans perdre en efficacité

Retrouvez l’épisode 19 du podcast Les Biais Dans Le Plat sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Bienvenue dans Les Biais Dans Le Plat, le podcast qui vous aide à décoder les biais cachés qui influencent notre perception, nos choix et nos interactions.

Trop de charge, trop de contrôle : l’impasse du manager sur-sollicité

« Si je ne prends pas les choses en main, rien n’avancera. »
« Un bon manager doit garder la maîtrise de tout. »
« Lâcher prise ? Je n’ai pas le luxe de le faire. »

Ces croyances, profondément ancrées, poussent de nombreux managers à s’épuiser sous le poids des responsabilités. Entre surcharge mentale, difficulté à déléguer et quête de perfection, la gestion quotidienne devient une source de tension permanente.

Pourquoi avons-nous tant de mal à relâcher la pression en management ? Quelles erreurs de perception nous enferment dans ce rôle de « leader omniscient » ? Et surtout, comment alléger sa charge mentale sans compromettre l’efficacité de son équipe ?

Le piège du contrôle total

Nos réflexes de sur-responsabilité ne sont pas anodins : ils sont renforcés par des biais cognitifs bien connus.

  • Le syndrome de l’imposteur : déléguer donnerait l’impression de ne pas être légitime.
  • Le biais d’autorité : un bon leader doit toujours avoir le dernier mot.
  • Le biais de confirmation : chaque erreur des autres renforce l’idée qu’on doit tout superviser.

Résultat ? Un management sous tension qui freine autant le bien-être du manager que la montée en autonomie des équipes.

Sortir du mode survie : vers un management plus équilibré

Reprendre la main sur son rôle sans tout porter sur ses épaules, c’est possible. Cela passe par :

  • Une clarification des priorités (se concentrer sur ce qui dépend réellement de soi).
  • Une délégation efficace (transmettre des responsabilités, pas juste des tâches).
  • Un rapport plus sain à la performance (valoriser la progression et non la perfection).
  • L’instauration de rituels pour prendre du recul (et ne pas sombrer dans le micro-contrôle).

💡 Dans cet épisode, nous déconstruisons les croyances limitantes autour du lâcher-prise en management et explorons des leviers concrets pour concilier engagement et sérénité.

📖 Envie d’aller plus loin ? Retrouvez l’article détaillé « Managers débordés : Les clés du lâcher-prise en management« .

🎙 Écoutez l’épisode et partagez votre expérience : Avez-vous déjà ressenti cette pression d’être un « manager infaillible » ?

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Et souvenez-vous : le meilleur antidote aux biais, c’est la curiosité. À très bientôt !

Échapper au biais de comparaison sociale : oser être soi

Échapper au biais de comparaison sociale : oser être soi

S’ancrer dans sa propre réalité plutôt que de se perdre dans les attentes extérieures et échapper au biais de comparaison sociale.   

échapper au biais de comparaison sociale

Introduction : Quand la comparaison façonne notre identité

Comment échapper au biais de comparaison sociale ? Dès l’enfance, nous sommes plongés dans un monde où tout semble être une question de comparaison. Qui court le plus vite ? A les meilleures notes ? Est le plus sociable ? Je l’ai vécu dans ma propre famille, partagée entre deux modèles opposés de réussite : un père incarnant le succès professionnel, une mère symbolisant l’accomplissement personnel et familial. Et puis, il y avait ma sœur. Elle semblait posséder tout ce que je n’avais pas : l’aisance sociale, la reconnaissance, les résultats académiques exemplaires. Moi, j’étais la timide, la solitaire, celle que l’on remarque à peine.

Longtemps, je me suis demandée où était ma place. Quelle identité pouvais-je me forger face à ces standards si différents ? Mes premiers succès, je les ai connus dans le monde professionnel. Comme une renaissance, je suis devenue extravertie, autonome, efficace. Mais en y regardant de plus près, cette transformation était aussi une réaction à ce besoin constant de me mesurer aux autres, de prouver que j’étais à la hauteur.

Ce n’est que récemment que j’ai mis des mots sur ce phénomène : la comparaison sociale. Un biais insidieux qui nous pousse à jauger notre valeur à travers le prisme des autres. Mais comment s’en libérer ? Comment ancrer son identité dans sa propre réalité plutôt que dans le regard extérieur ?

Partie 1 : Le piège du biais de comparaison sociale

1. Comprendre le biais de comparaison sociale

Le biais de comparaison sociale est un mécanisme cognitif qui nous pousse à nous évaluer en fonction des autres. Il repose sur une logique simple : en observant les succès et échecs de notre entourage, nous tentons de déterminer où nous nous situons sur l’échelle de la réussite.

Ce biais n’est pas nécessairement néfaste. Il peut nous motiver à progresser, à apprendre de ceux qui nous inspirent. Mais lorsqu’il devient omniprésent, il peut engendrer des sentiments d’insatisfaction chronique, d’anxiété et de dévalorisation.

D’autant plus que la comparaison sociale est souvent biaisée : nous avons tendance à ne comparer que les aspects les plus visibles et valorisants des autres à nos propres faiblesses. Nous voyons les réussites des autres sans percevoir leurs doutes, leurs peurs, leurs échecs. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène : nous scrollons des vies parfaitement mises en scène, oubliant que ce ne sont que des instantanés soigneusement choisis.

2. Les racines du biais de comparaison sociale

  • L’influence culturelle et sociétale Dès notre plus jeune âge, nous sommes conditionnés à nous comparer. L’école valorise les classements, la publicité vend des standards de beauté et de succès inatteignables, et les réseaux sociaux transforment nos vies en vitrines où chacun doit briller. Dans une société qui glorifie la performance, ne pas se sentir à la hauteur devient une norme.
  • Le rôle de l’éducation et de la famille La manière dont nous avons été élevés influe grandement sur notre tendance à nous comparer. Dans certaines familles, la compétition est implicite : « Regarde ton frère, il a eu 18 en maths ! » ou « Pourquoi tu ne peux pas être aussi disciplinée que ta cousine ? » Ce type de réflexions, souvent involontaires, imprime en nous l’idée que notre valeur est indexée sur la performance des autres.
  • L’impact des biais cognitifs Le biais de confirmation joue également un rôle clé : nous retenons surtout les comparaisons qui nous défavorisent. Si nous doutons de nous-mêmes, nous verrons toujours quelqu’un de plus compétent, plus beau, plus réussi, et nous en ferons une preuve de notre propre insuffisance.

3. Échapper au biais de comparaison sociale : un recentrage nécessaire

Nous avons vu comment la comparaison sociale s’immisce dans nos vies et brouille notre perception de nous-mêmes. Mais alors, comment en sortir ? La clé réside dans un recentrage sur soi : redéfinir nos critères de succès, reconnaître nos propres victoires et apprendre à mesurer notre valeur sur nos propres bases plutôt que celles dictées par l’extérieur.

biais de comparaison sociale

Partie 2 : S’ancrer dans sa propre réalité

1. Se focaliser sur ses réalisations

Pour vraiment échapper au biais de comparaison sociale, il faut prendre les choses en main ! Plutôt que de se concentrer sur nos erreurs et imperfections, il est essentiel de se rappeler nos succès et accomplissements. Cette pratique renforce la confiance en soi et permet de reconnaître notre valeur. Comme le suggère l’article 5 astuces et 1 bonus pour combattre le syndrome de l’imposteur, il est recommandé de :

  • Lister ses réalisations : Noter ses succès, en détaillant le contexte, les missions, les enjeux, les actions menées et les résultats obtenus.
  • Prendre du recul sur son évolution : Se replonger dans ses anciens projets et comparer son niveau d’avant et maintenant permet de constater sa progression.
  • Créer un dossier de réussites : Garder une trace de ses succès sous forme d’un carnet, d’une note sur son téléphone ou d’un fichier aide à y revenir lors des moments de doute.

« Mais mes succès ne sont pas si impressionnants »

Je pourrais me dire que mes réussites ne valent pas la peine d’être notées, qu’elles sont insignifiantes par rapport à celles des autres. Pourtant, chaque accomplissement, même petit, contribue à mon évolution. M’en souvenir me permet de mesurer mon chemin parcouru.

2. Reconnaître et célébrer ses victoires

Il est courant de minimiser ses succès ou de ne pas les reconnaître pleinement. Apprendre à célébrer chaque victoire, qu’elle soit grande ou petite, est essentiel pour maintenir une perception positive de soi. Dans l’article Pourquoi est-il si difficile de reconnaître ses victoires ?, il est souligné que :

  • Identifier les biais cognitifs : Reconnaître que des biais tels que l’adaptation hédonique ou la comparaison sociale peuvent nous empêcher de savourer nos réussites.
  • S’autoriser à ressentir de la fierté : Plutôt que de considérer une réussite comme normale, s’accorder un moment pour l’apprécier pleinement.
  • Partager ses victoires : Exprimer ses succès à son entourage ou les écrire noir sur blanc permet de mieux les intégrer.

« J’ai peur de paraître prétentieux(se) en célébrant mes victoires »

Se réjouir de ses succès n’a rien d’arrogant. Au contraire, reconnaître ses efforts et progrès permet d’entretenir une motivation saine. Il ne s’agit pas de se vanter, mais simplement de se donner le crédit mérité.

3. Adopter une mentalité de croissance

La psychologue Carol Dweck a introduit le concept de « mentalité de croissance », selon lequel les capacités et les talents peuvent être développés grâce à l’effort, la persévérance et l’apprentissage. Adopter cette perspective permet de voir les défis comme des opportunités de croissance plutôt que comme des menaces. Dans son ouvrage Mindset: The New Psychology of Success, Dweck explique comment cette approche favorise la résilience et l’accomplissement personnel.

En intégrant ces pratiques dans votre quotidien, vous renforcerez votre ancrage dans votre propre réalité, réduisant ainsi l’impact des attentes extérieures et des comparaisons sociales. Vous serez ainsi pleinement en capacité d’échapper au biais de comparaison sociale. 

Syndrome de l'imposteur - miroir déformant

Partie 3 : Se libérer des attentes extérieures

1. Identifier et déconstruire les attentes imposées

Les normes sociales, les injonctions familiales, les standards professionnels… Nous sommes en permanence soumis à des attentes extérieures qui façonnent nos choix et peuvent nous détourner de ce qui nous correspond vraiment.

  • Prendre conscience des influences extérieures : Identifier les sources des pressions que nous ressentons est un premier pas vers l’émancipation. Comme l’explique Mona Chollet dans Résister à la culpabilisation, nous internalisons souvent des standards irréalistes qui nous empêchent de nous épanouir pleinement.
  • Faire la distinction entre contraintes et désirs réels : Est-ce que je poursuis cette carrière pour moi, ou parce que c’est ce qu’on attend de moi ? Est-ce que je cherche cette reconnaissance sociale par choix ou par habitude ?

2. Redéfinir le succès selon ses propres termes

  • Construire une vision personnelle du succès : Dans Les Sept Habitudes des Gens Efficaces, Stephen Covey insiste sur l’importance de définir des objectifs alignés avec nos valeurs profondes, plutôt que de suivre des critères imposés par la société.
  • Sortir du schéma du « toujours plus » : Un bon salaire, une promotion, un mode de vie envié par les autres… Ces critères peuvent sembler synonymes de succès, mais le véritable accomplissement vient de l’adéquation entre nos aspirations profondes et nos actions.

3. Cultiver l’authenticité et l’estime de soi

  • Développer une identité fondée sur ses valeurs : Plutôt que de chercher à correspondre aux attentes, s’affirmer à travers ce qui nous tient à cœur et ce qui nous rend unique.
  • Carl Rogers et l’acceptation de soi : Le psychologue humaniste défend l’idée qu’une vie épanouie repose sur l’authenticité et la capacité à s’accepter pleinement.
  • S’entourer des bonnes personnes : Évoluer dans un environnement bienveillant et respectueux de notre singularité favorise un développement personnel harmonieux.

En appliquant ces principes, nous nous libérons des contraintes extérieures et nous nous autorisons à être pleinement nous-mêmes, en accord avec nos valeurs et nos aspirations profondes. Nous nous donnons pleinement les moyens d’échapper au biais de comparaison sociale. 

Conclusion : S’autoriser à exister pleinement

Sortir du piège de la comparaison sociale ne signifie pas ignorer totalement ce qui nous entoure, mais apprendre à ne plus en faire un baromètre de notre propre valeur. À force de se mesurer aux autres, on oublie que notre parcours est unique et que nos succès, aussi modestes soient-ils, méritent d’être reconnus.

S’ancrer dans sa propre réalité, c’est accepter que notre chemin ne ressemble à aucun autre, redéfinir nos critères de réussite et oser être pleinement soi-même. Ce n’est pas un processus instantané, mais une posture à cultiver jour après jour, en prenant conscience des influences extérieures, en célébrant nos victoires et en nous entourant des bonnes personnes.

Et si, à la place de nous demander « Suis-je à la hauteur ? », nous nous demandions plutôt : « Est-ce que ce que je fais me ressemble vraiment ? »

Et vous, quelles actions mettez-vous en place pour vous échapper au biais de  comparaison sociale ? Partagez votre expérience en commentaire !

La dévaluation réactive : « Si je ne t’aime pas, tu as tort »

Retrouvez l’épisode 18 du podcast Les Biais Dans Le Plat sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Bienvenue dans Les Biais Dans Le Plat, le podcast qui vous aide à décoder les biais cachés qui influencent notre perception, nos choix et nos interactions.

Introduction : Quand l’émetteur compte plus que le message

Vous est-il déjà arrivé de rejeter une idée uniquement parce qu’elle venait de quelqu’un que vous n’aimez pas ?

Aujourd’hui dans les biais dans le plat, je vais vous parler du biais de dévaluation réactive et de comment il nous affectent tous au risque de laisser filer la bonne idée

Qu’est-ce que la dévaluation réactive ?

La dévaluation réactive est ce mécanisme psychologique qui nous pousse à rejeter systématiquement une idée en fonction de la personne qui l’exprime plutôt que sur la valeur intrinsèque de l’idée elle-même.

Ce biais repose sur plusieurs phénomènes cognitifs :

  1. Le biais d’ancrage émotionnel 
  2. Le biais de confirmation 
  3. L’heuristique d’affect 

Comment la dévaluation réactive impacte notre quotidien ?

Dans le milieu professionnel :

  • Un collaborateur que l’on perçoit comme « arrogant » peut proposer une solution géniale, mais elle sera rejetée d’emblée.

En politique et en société :

  • Si une personnalité politique que nous n’aimons pas propose une réforme, nous aurons tendance à la rejeter sans même analyser son contenu.

Dans nos relations personnelles :

  • « Ah non, si c’est lui qui me donne un conseil, c’est que ça ne vaut rien ! »

Comment dépasser ce biais ?

Bonne nouvelle : nous ne sommes pas condamnés à fonctionner ainsi. Voici quelques astuces pour éviter la dévaluation réactive :

  1. Dissocier le message de l’émetteur
    • Si quelqu’un d’autre avait formulé cette idée, comment la jugerais-je ?
  2. Pratiquer la curiosité cognitive
    • Cherchez systématiquement un point positif dans ce que dit une personne que vous n’appréciez pas.
  3. Accepter l’inconfort intellectuel de la remise en question
  4. Encourager une culture du dialogue

Conclusion : L’ouverture d’esprit, un superpouvoir

La dévaluation réactive est un piège puissant, mais en prendre conscience, c’est déjà s’en libérer.

La prochaine fois que vous aurez envie de balayer une idée d’un revers de main juste parce qu’elle vient d’une personne que vous n’aimez pas… prenez une seconde pour réfléchir. Peut-être qu’elle mérite votre attention, après tout.

Et vous ? Vous êtes-vous déjà surpris à rejeter une idée juste à cause de son auteur ? 

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Et souvenez-vous : le meilleur antidote aux biais, c’est la curiosité. À très bientôt !

À lire aussi : 

Femmes et managers, stop au perfectionnisme paralysant

Femmes et managers, stop au perfectionnisme paralysant

Femmes et managers_stop au perfectionnisme

Lever le biais d’auto-critique pour passer à l’action

Le perfectionnisme passe pour une qualité. Mais, lorsqu’il devient un frein à l’action, il se transforme en véritable piège. Femmes managers vous devez dire stop au perfectionnisme. Ne restez pas paralysées par des exigences excessives envers vous-mêmes, alimentées par des biais d’auto-critique et des croyances limitantes. Résultat ? Elles hésitent, doutent et s’épuisent au lieu d’agir avec confiance.

Voici 5 objections que les femmes managers s’imposent trop souvent… et comment y répondre efficacement !

1. « Je ne suis pas encore prête, je dois être 100% compétente avant de me lancer »

➡️ Le biais déclencheur : Le perfectionnisme et le syndrome de l’imposteur.
Les femmes ont tendance à sous-estimer leurs compétences et à attendre d’avoir une maîtrise totale avant d’agir. Contrairement aux hommes qui eux postulent à un poste avec seulement 60 % des compétences requises. Les stéréotypes de genre qui valorisent prudence et rigueur féminines renforce ce biais. Il rendent l’audace impossible.

Passez en mode apprentissage : Personne ne maîtrise tout dès le départ. Lancez-vous et ajustez en cours de route.
Appliquez la règle des 70 % : Si vous avez 70 % des compétences requises, c’est suffisant pour commencer et progresser en action.
Rappelez-vous que les hommes postulent avec 60 % des compétences : Pourquoi pas vous ?

2. « Je vais échouer, et tout le monde s’en souviendra »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais de négativité et la peur du regard des autres
Nous avons tendance à donner plus de poids aux échecs qu’aux réussites. À croire que les autres feront de même. La culture du jugement amplifie ce phénomène. Elle pèse souvent plus lourd sur les femmes. Elles sont soumises à des attentes de perfection plus strictes.

Transformez vos erreurs en apprentissages : Chaque échec est une occasion d’apprendre et de progresser.
Relativisez l’impact : Dans 6 mois, cet échec aura-t-il encore de l’importance ? Probablement pas.
Inspirez-vous des parcours résilients : Oprah Winfrey, J.K. Rowling, Sheryl Sandberg… toutes ont surmonté des échecs avant de réussir.

3. « Si je demande de l’aide, on va penser que je ne suis pas à la hauteur »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais de conformité et l’injonction à la perfection.
Les femmes managers peuvent hésiter à demander de l’aide. Elles craignent d’être perçues comme incompétentes. Or, la croyance qu’un leader doit tout maîtriser seul est un mythe. Les hommes osent davantage s’appuyer sur leur réseau et demander des conseils. Tandis que les femmes managers peuvent avoir du mal à dire stop au perfectionnisme. Elles ont l’impression qu’elles doivent prouver leur valeur par elles-mêmes.

Voyez la demande d’aide comme une force : Les meilleurs leaders savent s’entourer et s’appuyer sur les autres.
Inversez la perspective : Si une collègue vous demandait de l’aide, la jugeriez-vous incompétente ? Non, alors appliquez ce raisonnement à vous-même.
Trouvez un mentor ou un réseau de soutien : S’entourer, c’est progresser plus vite et éviter l’isolement.

4. « Je dois tout gérer moi-même, sinon ça va mal tourner »

➡️ Le biais déclencheur : Le rôle de « protectrice » et la charge mentale.
Les femmes sont souvent socialisées dès l’enfance à prendre soin des autres et à gérer simultanément plusieurs responsabilités. Ce conditionnement se traduit en entreprise par une charge mentale accrue. Elles développent un sentiment d’obligation à tout gérer pour éviter que les choses ne s’effondrent.

Apprenez à faire confiance : Vous n’êtes pas seule, et votre équipe est capable de prendre des initiatives.
Déléguez de manière stratégique : Choisissez les tâches à fort impact. Laissez les autres gérer les responsabilités dont ils sont capable.
Ne confondez pas responsabilité et sur-engagement : Votre rôle est d’accompagner, pas de tout porter sur vos épaules.

5. « Mes réussites ne sont pas si impressionnantes, je ne mérite pas cette reconnaissance »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais d’auto-sabotage et la comparaison sociale.
Les femmes managers ont tendance à

minimiser leurs succès en les comparant aux accomplissements des autres. Elles attribuent leurs réussites à des facteurs externes (chance, circonstances favorables) plutôt qu’à leurs compétences et leurs efforts.

Notez vos accomplissements : Gardez une trace de vos succès, même les plus petits, pour prendre conscience de votre progression.
Accordez-vous du crédit : Prenez le temps de reconnaître et d’apprécier vos réussites sans les minimiser.
Focalisez-vous sur votre progression : Mesurez vos avancées par rapport à votre propre parcours, plutôt que de vous comparer aux autres.

🚀 Conclusion : Osez agir, même imparfaitement ! Femmes et managers vous devez dire stop au perfectionnisme. Chaque fois que le doute s’installe, revenez à cette checklist et choisissez l’action plutôt que l’auto-critique. Vous n’avez pas besoin d’être parfaite pour être une excellente manager. Vous avez déjà tout ce qu’il faut pour avancer et réussir !

📚 Pour aller plus loin :