Nos biais cognitifs relationnels, ceux qui nous attachent ou nous enferment
Les relations humaines qu’elles soient amoureuses, amicales ou professionnelles ne sont jamais simplement une affaire de sentiments ou de logique. Elles sont profondément influencées par des biais cognitifs relationnels qui orientent nos perceptions, nos décisions et nos interprétations, souvent à notre insu.
Dans cet article, nous allons explorer comment nos biais cognitifs sont aussi relationnels ? Comment ils façonnent nos liens avec les autres, avant même qu’on en ait conscience ? Et pourquoi ils peuvent parfois nous empêcher d’ajuster ces relations, même quand elles ne fonctionnent plus ?
Pour écouter l’épisode 52 du podcast Biais cognitifs : l’amour, le travail, les autres, si on y voyait enfin clair ? C’est ici : Spotify, Deezer, Apple et Amazon Music
Avant tout, comment nos perceptions se forment ?
Dès les premières secondes d’une interaction, notre cerveau interprète, juge et catégorise. Cette opération presque instantanée est le fruit de nos biais. Notamment l’effet de halo, ce biais nous poussent à généraliser une première impression à une personne toute entière. Un sourire devient gentillesse. Une voix douce devient bienveillance, et ainsi de suite.
Ce mécanisme n’est pas réservé à la sphère personnelle. En contexte professionnel, il se manifeste par exemple dans les processus d’évaluation ou de recrutement. Ainsi, une première impression peut peser plus lourd que des données objectives. C’est précisément ce que décrit l’article Effet de halo, le biais cognitif qui pénalise les femmes leaders dès le recrutement. Ou comment ce biais influence les décisions au travail ?
Un autre biais, le biais de transfert illicite, nous fait attribuer à quelqu’un des qualités perçues dans un contexte différent. Et le biais égocentrique nous invite à juger la valeur d’une relation selon ce qu’elle nous fait ressentir. Ce qui est humain, mais qui n’est pas forcément lucide ni aide à voir l’autre tel qu’il est.
Pour approfondir la manière dont ces biais impactent nos décisions, tu peux consulter Biais cognitifs, les comprendre pour mieux… vivre, travailler, décider. Un article qui explore les fondements des biais cognitifs et leurs effets.
Penser que l’autre devine ce qu’on ressent : l’illusion relationnelle
Qui n’a jamais pensé : “Il ou elle devrait comprendre que je suis blessé(e)” ? Cette croyance repose sur l’illusion de transparence : l’idée que nos émotions ou intentions sont visibles sans être formulées.
Ce biais est particulièrement fréquent dans les relations intimes, mais il se retrouve aussi au travail. Par exemple, penser :
- qu’un(e) collègue “devine” notre surcharge
- qu’un(e) manager “voit” notre frustration
… sans qu’on l’ait exprimée est une forme de supposition non vérifiée et souvent source de malentendu.
Ces mécanismes sont amplifiés par le biais de confirmation, qui nous pousse à ne retenir que les indices qui confirment ce que nous pensons déjà. Même quand les faits sont ambigus. C’est un phénomène qui, lorsqu’il survient au travail, peut créer de conflits silencieux ou des perceptions erronées.
Si tu veux creuser ce sujet et comprendre comment des biais comme celui‑ci influencent nos interactions et décisions au quotidien, l’article Comprendre les biais cognitifs au travail et s’en libérer est une excellente ressource.
Quand on continue une relation simplement parce qu’on y a déjà investi
Une fois une relation installée, qu’elle soit affective ou professionnelle, elle peut devenir difficile à ajuster, même quand elle est insatisfaisante. Cela s’explique notamment par trois biais puissants :
- Le biais de statu quo : une tendance à préférer ce qui existe déjà à l’incertitude du changement.
- Le biais de cohérence : un besoin de rester fidèle à nos décisions passées.
- Le biais des coûts irrécupérables : la difficulté à lâcher quelque chose dans lequel on a déjà investi du temps et de l’énergie.
Ces biais nous poussent à maintenir des relations ou des dynamiques obsolètes, par peur de perdre l’investissement déjà consenti ou de modifier une histoire construite.
Cette dynamique est directement liée à des phénomènes que tu connais peut‑être déjà, comme le biais de statu quo discuté dans l’article La peur du changement : pourquoi on reste coincé malgré nous. Il explore pourquoi il est si difficile de sortir de schémas ancrés malgré des insatisfactions évidentes.
Vers des relations plus lucides
Comprendre ses biais n’est pas une invitation à analyser chaque geste ou à douter de chaque intention. C’est une manière de se donner plus de clarté pour :
- reconnaître quand nos perceptions sont influencées par un raccourci mental,
- exprimer nos attentes plutôt que de supposer qu’elles sont visibles,
- ajuster nos relations quand elles ont besoin d’évolution.
Des stratégies concrètes existent pour identifier et déjouer ces biais. Par exemple, consulter les pratiques et exercices proposés dans la section “Outils & Exercices Pratiques” du site peut offrir des points d’appui concrets pour passer de la prise de conscience à l’action.
En résumé
Les biais cognitifs impactent profondément la qualité de nos relations — intimes comme professionnelles. Ils influencent ce que nous voyons, ce que nous pensons que l’autre perçoit, et ce que nous acceptons de maintenir dans le temps. Les identifier est le premier pas vers des relations plus conscientes, plus ajustées et plus alignées avec notre réalité.
Pour aller plus loin
Sur Les Biais Dans Le Plat, plusieurs contenus explorent des thèmes connexes :
- Biais cognitifs et intelligence émotionnelle : prenez le contrôle ou comment détecter et réguler ses biais pour interagir mieux avec les autres.
- Gestion de conflit : nos biais cognitifs, des racines invisibles ou pourquoi nos biais nourrissent des malentendus non dits dans les relations.
Et bien sûr, écoute l’épisode du podcast qui complète cette réflexion avec des exemples concrets et des pistes d’action.
En savoir plus sur LES BIAIS DANS LE PLAT
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