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Cerveau, biais cognitifs et manipulation : effets explosifs garantis

Cerveau, biais cognitifs et manipulation : effets explosifs garantis

Notre cerveau : un allié...imparfait

Introduction : les biais cognitifs de notre cerveau en font un proie facile des manipulations

Comme je l’ai déjà partagé dans mon article sur l’effet Barnum, notre cerveau aime être flatté et conforté. Une vraie aubaine pour ceux qui savent comment s’y prendre ! Plus qu’un simple “préféré”, être influencé peut même sembler naturel à notre cerveau, tant il est structuré pour rechercher des indices, des validations  et des raccourcis. Voilà pourquoi nos biais cognitifs facilitent souvent la manipulation des perceptions et décisions. Ils exploitent ces failles subtiles de notre esprit.

À partir d’aujourd’hui, il vous faudra toujours vous poser cette question : “Puis-je faire confiance à mon cerveau ?”  Pour la question : “Puis-je faire confiance aux autres ?” Je vous laisse juge 😂 Personnellement, j’ai ma petite idée mais je me soigne 😉

La manipulation, qu’elle soit douce ou insidieuse, tire parti de failles naturelles de notre cerveau et de nos biais cognitifs. Pourquoi certaines informations paraissent plus vraies, juste parce que quelqu’un les répète ? Ou pourquoi nous prêtons facilement attention à certains discours ? La réponse réside souvent dans nos biais et le conditionnement subtil auquel notre cerveau est sensible.

Avec une question bonus : Et si votre cerveau, au-delà d’être influençable, aimait ça ?

Partie 1 : La toute puissance des mots

Les mots que nous recevons au quotidien façonnent notre perception du monde, influençant nos croyances et nos comportements. La manière dont des figures d’autorité formulent, répètent et présentent peut orienter nos jugements sans que nous en soyons conscients. Explorons comment ces biais peuvent devenir des outils de manipulation et comment les surmonter.

1.1. Comment sont-ils employés ?

Rappelons-nous que l’humain, par nature, préfère réfléchir le moins possible pour économiser son énergie. Cette économie mentale rend notre cerveau particulièrement vulnérable aux biais cognitifs qui facilitent la manipulation des informations. 

Biais de cadrage

  • Définition : Le biais de cadrage signifie que la manière de présenter une information change notre perception, même si le contenu reste identique. Le cadrage offre un moyen simple et rapide de traiter de l’information.
  • Exemple : Présenter un risque médical en disant “10 % des patients décèdent” suscite plus de crainte que “90 % des patients survivent”.
  • Astuce : Questionnez les formulations, reformulez l’information différemment pour voir si la perception change, et recherchez des données complètes pour avoir une vue plus globale.

Effet Boomerang

“Certains humains feraient n’importe quoi juste pour voir s’il est possible de le faire. Si vous placiez un gros bouton dans une grotte quelque part avec un panneau “FIN DU MONDE – VEUILLEZ NE PAS TOUCHER”, la peinture n’aurait pas le temps de sécher.” Terry Pratchet

  • Définition : L’effet Boomerang nous pousse à renforcer nos convictions quand on nous présente une information contraire à nos croyances comme menaçante ou rigide. Utiliser la technique de la psychologie inversée pour faire agir selon votre souhait les personnes qui présentent un fort esprit de contraction ! 
  • Exemple : Face à des arguments radicaux sur la réduction de viande, certains consommateurs augmentent même leur consommation.
  • Astuce : Adoptez une approche d’ouverture en vous demandant : “Quelles preuves me feraient changer d’avis ?” Cela aide à tempérer le renforcement de vos convictions.

Effet de choix par défaut

  • Définition : Nous avons tendance à accepter les options présélectionnées sans les remettre en question, car elles apparaissent comme les plus pratiques.
  • Exemple : Lors de l’inscription en ligne, laisser la case cochée pour une newsletter par défaut incite de nombreuses personnes à s’abonner sans vraiment le vouloir. C’est d’ailleurs pour ça que des lois existent, pour que la case soit décochée par défaut et non l’inverse.
  • Astuce : Avant de suivre une option par défaut, demandez-vous quel choix vous feriez sans la présélection. Cela vous encourage à prendre des décisions plus réfléchies.
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La théorie Nudge (ceci n’est pas un jeu !)

Nous avons vu fleurir dans les lieux publics ces dernières années des initiatives ludiques – empreintes de pas au sol, marches musicales dans les escaliers ou mouche dans les urinoirs. Et bien, c’est l’application de la théorie du NUDGE.
Incroyable mais vrai ! La mouche dans les urinoirs c’est 80% d’économie sur le ménage des sanitaires de l’aéroport d’Amsterdam ! 

1.2. Combien de fois vous sont-ils répétés ?

La mémoire est une machinerie complexe. Il y a un stock de surface et un stock en profondeur 😉 Les techniques de répétition s’appuient directement sur les biais cognitifs de notre cerveau, créant une illusion de vérité et renforçant ainsi le potentiel de manipulation

La vérité illusoire

  • Définition : Ce biais consiste à croire qu’une information est vraie simplement parce qu’on vous la répète. La familiarité peut l’emporter sur la rationalité. 
  • Exemple : Un slogan publicitaire, répété fréquemment, peut « devenir » vrai, même sans fondement solide. 

“Renforce les défenses immunitaires grâce à notre formule enrichie en vitamines et minéraux.”

C’est aussi le cas de nombreuses idées reçues, comme

  • “On utilise que 10% de notre cerveau” 

Faux ! On utilise toutes les zones de notre cerveau mais chaque zone pour des fonctions différentes ! 

  • “Le rouge énerve les taureaux.”

Faux ! Ils voient en noir et blanc. C’est le mouvement de la cape qui les excite. Si la cape du torero est rouge, c’est pour cacher le sang.

  • Astuce : Diversifiez vos sources d’information et vérifiez les faits. Si une affirmation vous paraît “trop belle pour être vraie”, creusez davantage avant d’y adhérer.

L’effet d’influence continue

  • Définition : L’effet d’influence continue, c’est la tendance à croire une information même après que la démonstration de sa fausseté. 
  • Exemple : Olivier Besancenot, plusieurs fois candidat à la présidence de la république française, se faisait passer pour un facteur. Il était certes facteur mais occupé à 100% sur des activités syndicales et pas sur un vélo. On l’a vu à plusieurs reprises et de campagne en campagne, faisant des tournées. À chaque campagne son marketing, à chaque campagne son mea-culpa et ça recommençait….
  • Astuce : Cherchez la source initiale d’une information. Si elle provient d’une source douteuse ou difficile à confirmer, la crédibilité de l’information est probablement surévaluée.

1.3. Et surtout, … par qui ?

Je l’ai déjà abordé dans l’article “Comprendre les biais inconscients dans le monde du travail”, Stanley Milgram a mis au jour l’importance du donneur d’ordre sur la puissance de la demande à laquelle nous obtempérons. L’influence d’une figure d’autorité utilise à plein les failles de notre cerveau et ses biais cognitifs, facilitant une manipulation parfois inconsciente.

Biais d’autorité

  • Définition : Les figures d’autorité inspirent davantage confiance même si leur expertise dans le domaine est limitée.
  • Exemple : Une personnalité médiatique sans formation scientifique qui parle de nutrition peut convaincre des foules. Elle véhicule une image de fiabilité. Et votre chef bien sûr ! 😉
  • Astuce : Évaluez l’expertise spécifique de la source en vous demandant : “Cette autorité a-t-elle la légitimité nécessaire pour parler de ce sujet particulier ?”

Mais le biais d’autorité s’étend aux vêtements de votre interlocuteur. Des études le prouvent, vous obéirez plus spontanément à une personne qui porte un uniforme.  Nous en arrivons même à nous soumettre à l’autorité des machines ! J’en vois déjà certains qui s’offusquent 😁 N’avez-vous jamais suivi votre GPS alors qu’il vous semblait évident qu’il vous proposait une option “idiote” ?!

Dans son livre “Intelligence relationnelle et inclusion” que je vous ai résumé dans cet article, Laurent Depond confirmait que la majorité des gens est d’accord avec l’idée que pour maintenir une société fonctionnelle et éviter l’anarchie, un certain degré de choix individuel doit être abandonné à des figures d’autorités. Nous l’avons tous expérimenté pendant la pandémie de 2020. 

1.4. Les effets de groupe et l’influence sociale

La présence des autres et la dynamique de groupe influencent également nos décisions et nos comportements. La présence d’un groupe exerce une forte influence sur notre cerveau, car ses biais cognitifs tendent à accepter la majorité. Cette manipulation collective guide souvent nos décisions sans véritable analyse personnelle. Souvent, nous adoptons des comportements sans même en être conscients, que ce soit pour éviter les responsabilités ou pour maintenir l’harmonie. Ces effets de groupe montrent comment notre cerveau, loin d’être indépendant, est réceptif à la pression sociale.

Biais de groupe

  • Définition : Le biais de groupe, ou effet de dilution de responsabilité, se manifeste lorsqu’on se repose sur les autres pour agir, pensant que quelqu’un d’autre prendra la responsabilité.
  • Exemple : Lors d’une urgence, chacun peut attendre qu’un autre passe à l’action, ce qui ralentit la prise de décision.
  • Astuce : Engagez-vous activement en situation de groupe pour éviter cette dilution de responsabilité et encourager les autres à faire de même.

Pensée de groupe

  • Définition : La pensée de groupe pousse les membres à éviter les désaccords pour préserver la cohésion du groupe, ce qui peut nuire à la qualité des décisions.
  • Exemple : Les membres d’un groupe peuvent accepter une idée sans discuter pour éviter des tensions, même s’ils ont des objections.
  • Astuce : Créez un environnement propice à l’expression des avis divers, en incitant chaque membre à partager des opinions opposées.

Biais de conformité

  • Définition : Ce biais nous pousse à aligner nos opinions ou comportements sur ceux du groupe, souvent pour éviter de se démarquer.
  • Exemple : Lorsqu’une idée obtient l’adhésion dans une réunion, les autres peuvent acquiescer sans partager leur point de vue réel.
  • Astuce : Exercez votre esprit critique et évaluez les idées indépendamment de la majorité.
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Le biais de futilité de Parkinson

Si dans une réunion budgétaire vous passez plus de temps à parler de la ligne café mais très peu sur votre projet le plus complexe et qui nécessitera le plus gros investissement c’est normal ! Votre organisation est, comme beaucoup d’autres, victime du biais de futilité de Parkinson, ou « loi de la trivialité ». Il est tellement plus simple d’accorder plus d’attention aux détails simples ou moins importants qu’à des sujets complexes ou essentiels. Pourquoi ? parce qu’une majorité de personnes aura un avis sur les sujets simples et qu’une minorité pourra s’exprimer sur les sujets techniques ! 

Effet de faux consensus

  • Définition : Ce biais nous fait croire que nos opinions sont partagées par la majorité, ce qui nous pousse à les renforcer.
  • Exemple : Une personne convaincue que “tout le monde pense pareil” est souvent surprise par des avis différents dans un groupe plus large.
  • Astuce : Variez vos interactions et soyez ouvert aux perspectives différentes pour éviter cet effet de consensus erroné.

Ces biais de groupe influencent nos choix en nous poussant vers des décisions collectives sans réelle évaluation individuelle. En prenant conscience de ces mécanismes, vous pouvez renforcer votre capacité de jugement en restant vigilant face à l’influence sociale.

Partie 2 : Le conditionnement par les biais

Nos biais cognitifs ne façonnent pas seulement notre perception de la réalité, ils conditionnent également nos réactions et interprétations de manière quasi-automatique. Cette activation peut être exploitée, pour le meilleur comme pour le pire. D’un côté, nos biais peuvent fausser notre jugement et nous pousser vers des erreurs d’interprétation. De l’autre, certains biais peuvent être des leviers puissants qui, bien utilisés, nous aident à nous dépasser et à tirer le meilleur de nous-mêmes. Explorons ensemble ce double potentiel.

2.1. Pour le pire

Biais de croyance

  • Définition : Ce biais consiste à privilégier les informations qui confirment nos croyances et à ignorer celles qui les contredisent.
  • Exemple : Une personne croyant fermement en une théorie va filtrer les données pour ne retenir que celles qui la renforcent.
  • Astuce : Exercez votre esprit critique en recherchant des informations contradictoires et posez-vous la question : “Qu’est-ce qui pourrait prouver que j’ai tort ?”

L’effet expérimentateur

  • Définition : L’effet expérimentateur survient lorsqu’un chercheur ou expérimentateur influence involontairement les résultats d’une étude ou interprète les données en fonction de ses attentes. Cela peut fausser les conclusions en orientant subtilement l’expérience ou la collecte de données.
  • Exemple : Dans une étude sur l’efficacité d’un médicament, un expérimentateur qui croit fortement en son efficacité pourrait inconsciemment encourager certains comportements chez les participants, modifiant ainsi les résultats.
  • Astuce : Adopter des méthodes d’objectivation rigoureuses, comme le double aveugle, pour réduire l’influence des attentes de l’expérimentateur.

Biais de disponibilité et Fake News

  • Définition : Ce biais nous pousse à juger la fréquence ou la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle nous nous en souvenons. Les biais cognitifs influencent notre cerveau en le rendant plus réceptif à la désinformation. Cette manipulation subtile par les fake news et les informations alarmantes affecte nos croyances et décisions
  • Exemple : Puisque les attaques de requins sont plus médiatisées que les attaques de chiens, les requins sont devenus dans l’imaginaire collectif nos plus redoutables prédateurs.  

Les fake news sur des sujets alarmants semblent crédibles et marquent davantage notre mémoire, influençant notre jugement.

  • Astuce : (Je sais je l’ai déjà écrite plus haut mais celle-là est importante 😀) Rappelez-vous que la visibilité d’une information ne prouve pas sa véracité. Diversifiez vos sources d’information pour éviter les pièges de la désinformation.

2.2. Pour le meilleur

Utilisés de façon positive, les biais cognitifs de notre cerveau peuvent devenir des outils pour renforcer notre confiance et développer notre potentiel, prouvant que la manipulation mentale n’est pas toujours négative.

Effet Pygmalion

  • Définition : Les attentes que l’on a vis-à-vis de quelqu’un influencent ses performances, de manière positive ou négative.
  • Exemple : Un enseignant qui croit en les capacités d’un élève peut encourager celui-ci à exceller.
  • Astuce : Adoptez des attentes positives vis-à-vis de vous-même et des autres ; cela peut influencer favorablement les résultats.

Biais d’attention

  • Définition : Ce biais nous amène à porter attention aux éléments qui correspondent à nos intérêts, souvent au détriment des autres informations.
  • Exemple : si notre esprit est concentré sur une consigne, il peut passer à côté d’un fait pourtant majeur. Des cobayes devant compter le nombre de passe entre basketteurs n’ont pas vu un clown passé dans le champ de la caméra.
  • Astuce : Nous pouvons donc utiliser ce biais à notre avantage : pensez positif et vous ne verrez plus que le positif !
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L’effet Benjamin Franklin

Imaginez un collègue avec qui les relations sont froides. Et si vous lui demandiez un petit service ? L’effet Benjamin Franklin montre que cela pourrait renforcer votre lien ! Étonnamment, nous avons tendance à mieux apprécier une personne après lui avoir rendu un service. Pourquoi ? Parce que notre cerveau cherche à justifier nos actes : « si j’ai aidé cette personne, elle doit finalement me plaire ». En demandant un petit coup de main, vous pourriez voir des relations s’améliorer subtilement.

Pour conclure, nos biais cognitifs sont des moteurs ou des freins selon la manière dont ils sont activés. D’un côté, ils renforcent certaines croyances et nous poussent parfois à mal interpréter la réalité. De l’autre, ils peuvent nous aider à développer notre potentiel. Prendre conscience de ce double rôle est essentiel pour les gérer avec discernement et maximiser leur impact positif au quotidien.

Conclusion : De la manipulation à la maîtrise de soi

Notre cerveau, loin d’être une forteresse de rationalité, est en réalité friand d’influences et de manipulations. Il peut être influencé subtilement à chaque instant, pour le meilleur comme pour le pire. 

Tout au long de cet article, nous avons exploré comment les mots, les influences et nos biais peuvent subtilement orienter nos choix et perceptions. Nos biais cognitifs, parfois des freins, peuvent devenir des moteurs d’amélioration si nous apprenons à les repérer. En appliquant les astuces partagées ici, vous disposez d’outils pour détecter ces influences dans votre quotidien.

Challenge final : Essayez de repérer un biais aujourd’hui, que ce soit au travail, dans vos lectures ou interactions. Qui sait ? Vous pourriez découvrir combien votre cerveau aime être manipulé ! 😉 J’attends vos résultats en commentaire ! 

Biais cognitifs : Notre cerveau est fainéant… pour notre bien !

Biais cognitifs : Notre cerveau est fainéant… pour notre bien !

Introduction : Un cerveau en mode économie d’énergie – nos biais cognitifs font de lui un fainéant.

Notre cerveau ne cherche qu'à économiser de l'énergie

Je vous le partageais dans mon article “Les biais cognitifs, ou comment notre cerveau joue d’abord pour lui” : les études prouvent que le cerveau humain est conçu pour la survie. En conséquence, les biais cognitifs font de notre cerveau : un bon fainéant.

Pour fonctionner efficacement, il minimise l’effort. L’usage qu’il fait des biais cognitifs vise d’abord à éviter la surcharge cognitive. Ces biais nous permettent de prendre des décisions rapidement, mais souvent de manière imparfaite. Ce système économique en énergie rend notre cerveau « fainéant ». Il préfère les solutions simples plutôt que de traiter en profondeur chaque situation. C’est pourquoi nous devons être conscients de ces biais pour ne pas tomber dans leurs pièges au quotidien.

Dans son ouvrage : Notre cerveau nous mène en bateau, Chris Pavone recense les 190 biais cognitifs auxquels on ne peut échapper. Je me permets de rassembler sous trois catégories, les raccourcis mentaux utilisés par notre cerveau pour simplifier son travail de mémoire.

Partie 1 : les biais liés à notre “auto-centrisme”

Biais autocentré et égocentrique de notre cerveau

je ne sais pas si comme moi vous avez connu la collection : Les livres dont vous êtes le héros 😉 Je viens peut-être seulement de comprendre pourquoi ce titre de collection me faisait autant d’effet. 

Pour notre cerveau, il y aura toujours une grande différence entre vous, son héros, et les autres ! Et, si vous pensez que cela joue majoritairement contre vous, dans une lutte sans fin de comparaison, détrompez-vous. C’est même souvent le contraire. Je vous en dis plus !

1. Le biais égocentrique :

Nous avons tendance à surestimer notre importance dans les événements. Par exemple, lorsque quelque chose se passe mal, nous pensons souvent que c’est de notre faute, même lorsque d’autres facteurs entrent en jeu. Ce biais nous pousse à nous voir comme le centre de l’univers et à ignorer le rôle des autres ou des circonstances.

En fait, c’est bien un moyen qu’à trouver notre cerveau pour simplifier son travail de mémoire. Stocker des données de façon égocentrique, c’est se donner plus de place dans une histoire. Au fond, c’est une organisation “rationnelle” que notre cerveau utilise pour cataloguer nos souvenirs. Et notre cerveau va plus loin. Il va jusqu’à nous convaincre que nous savons ce que pense les autres – biais de faux consensus et bais de projection. “Nous” sommes dans le vrai et rationnels, “eux” sont victimes de leur environnement.

2. L’illusion de transparence :

Nous pensons souvent que nos pensées et émotions sont évidentes pour les autres. Pourtant, en réalité, ils sont bien moins conscients de ce que nous ressentons que nous ne le croyons. Cette illusion peut entraîner des malentendus, car nous présumons que nos émotions sont visibles et comprises.

Un exemple idiot mais tellement parlant pour comprendre ce biais. Vous devez faire deviner une chanson en la fredonnant. Quelle frustration lorsque personne ne reconnaît la mélodie pourtant si simple que vous entendez à l’intérieur de vous. Vous ne comprenez pas pourquoi personne ne le retrouve ! 

Breaking news : vous êtes seul(e) à l’intérieur de votre tête ! 😁

Vous êtes donc seule à savoir à quoi vous pensez, ce que vous ressentez et ce qu’une situation vous fait ressentir. Le seul moyen de briser cette chaîne : parler ! 

3. L’effet acteur / observateur :

Nous avons tendance à attribuer nos propres comportements à des circonstances extérieures (« j’étais stressé »), tandis que nous expliquons les actions des autres par des traits de personnalité (« il est simplement paresseux »). Cela reflète notre biais à nous excuser nous-mêmes tout en jugeant les autres plus sévèrement.

Pas très éloigné du biais égocentrique mais tellement symptomatique. Mon exemple préféré tant je m’y suis retrouvée. Vous tombez dans la rue ! Au-delà de ce sentiment de honte et de l’impression que tout le monde vous a vu et à profiter d’un spectacle gratuit 😂 Si vous êtes tombé, c’est bien de la faute du trottoir qui glissait ou du fait que vous étiez pressé. Si vous observez quelqu’un tomber. D’abord, pas sûr que ça vous fasse rire… Mais aussi, dans votre tête, c’est “sûrement” quelqu’un de maladroit

4. L’erreur fondamentale d’attribution

Dans le même esprit, nous avons tendance à ignorer les facteurs contextuels dans les actions des autres et à surestimer les traits de caractère. Nous blâmons facilement les autres pour leurs échecs, mais minimisons l’impact de leur environnement ou de la situation dans laquelle ils se trouvent.

Notre cerveau est par nature plus complaisant avec nous-même qu’avec l’autre. 

Piste d’amélioration #1 : Il faut apprendre à se détacher de son histoire individuelle et à observer les situations en y intégrant un ensemble plus large de preuves. Ne plus croire tout ce qu’on pense naturellement. 

Partie 2 : Notre mémoire exploite nos émotions

Gestion des émotions par notre cerveau - biais cognitifs

Aux impacts moins “négatifs” mais tout aussi réels, notre cerveau est très perméable à nos émotions. Il les utilise aussi pour simplifier son travail. 

Notre cerveau exploite nos émotions pour choisir quelles informations mémoriser en se basant sur leur intensité émotionnelle. Les événements qui génèrent des émotions fortes, positives ou négatives, sont plus susceptibles d’être mémorisés que les événements neutres. Des études ont prouvé que ce phénomène est lié à l’activation de l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans le traitement des émotions, qui renforce la consolidation des souvenirs en fonction de leur charge émotionnelle. De plus, des expériences émotionnellement marquantes sont souvent associées à une meilleure rétention en raison de la règle du PIC/FIN, qui privilégie les moments d’intensité et la conclusion d’une expérience.

1. La règle PIC / FIN :

Nous ne retenons pas toute une expérience de manière égale. Nous nous souvenons principalement des moments forts (pic émotionnel) et de la fin de l’expérience. Cela explique pourquoi certaines expériences médiocres avec une bonne fin sont mieux perçues rétrospectivement que celles globalement positives avec une fin décevante.

Une grosse journée de pluie le dernier jour des vacances et c’est l’impression qui pourra l’emporter malgré les 14 autres jours 🙁 

Dorénavant, en organisant, un événement pensez toujours à organiser un moment de Pic et à faire de la fin un moment privilégié si vous voulez marquer les esprits de vos convives à tout jamais 😇

2. Le biais mnésique congruent à l’humeur :

Aussi puissant que le sentiment vécu au moment de l’événement, votre cerveau utilise aussi votre état d’esprit au moment où vous vous remémorez quelque chose. 

Si nous sommes tristes, nous avons tendance à nous souvenir d’événements passés tristes. Notre mémoire n’est donc pas objective, mais fortement liée à l’émotion ressentie au moment de la remémoration.

Nous sommes des créatures profondément émotionnelles. Pour retrouver un souvenir, notre cerveau le code en l’associant à une émotion. Plus l’émotion est forte, plus le souvenir sera vivace. C’est la grande force des biais cognitifs sur un cerveau fainéant.

3. L’écart d’empathie chaud / froid :

Ce biais illustre la difficulté que nous avons à maîtriser les impacts de facteurs physiques sur nos réactions émotionnelles. La faim et la soif sont les deux principales causes de fluctuation d’humeur dans la journée

Lorsqu’on est en colère, il est difficile de se rappeler à quoi ressemble le calme, et inversement. Notre capacité à prévoir nos émotions dans d’autres contextes (froid vs chaud) est souvent faussée. Notre capacité à nous mettre à la place des autres dans ce contexte est, elle aussi, très altérée. 

Des études ont montré que c’étaient rarement les personnes qui avaient vécu des difficultés comparables qui étaient le plus empathiques. Une personne qui s’est sortie d’une situation difficile aura spontanément cherché à “oublier”. Elle jugera plus durement les personnes qui sont dans la même situation. Considérant que, si elle a réussi à s’en sortir, les autres le pourrait également. C’est souvent le cas des anciens fumeurs par exemple. 

Piste d’amélioration #2 : Prenez l’habitude de vous poser la question de votre réaction. Si vous le pouvez, ne réagissez pas à chaud et ne jugez pas la situation par le prisme de vos émotions. 

Partie 3 : Gestion de la temporalité

1. Effet de récence

Vu déjà dans “Votre cerveau ne sait pas compter”, l’effet de récence désigne notre tendance à mieux mémoriser les dernières informations d’une séquence. Ce sont les plus fraîches dans notre esprit. 

Lorsqu’une expérience ou une liste d’événements se termine, les éléments récents sont encore en mémoire à court terme, ce qui leur permet d’être facilement accessibles et mieux mémorisés que ceux du milieu. Dans des situations comme une réunion ou une présentation, cet effet peut influencer la manière dont les informations finales sont perçues et retenues, souvent au détriment des premières informations.

2. Effet de télescopage :

Gestion du temps par notre cerveau

Nous avons tendance à confondre la temporalité des événements. Nous croyons parfois que des événements lointains se sont produits plus récemment ou, inversement, que des événements récents sont plus éloignés dans le temps. Cela est dû à la manière dont notre mémoire code le temps. Cela est dû aussi à la manière dont notre mémoire est sollicitée ou exposée à des informations. 

Les médias contribuent pour beaucoup à cette fabrication télescopée de nos souvenirs. Saurez-vous dire si Mère Teresa est morte avant ou après Lady Diana ?… Si je vous dis que Mère Teresa est morte une semaine après Lady Diana… La nouvelle de sa mort est passée tellement inaperçue malheureusement que nous ne sommes pas capables de la positionner dans le temps alors que nous savons plus, plus ou moins, ce que nous faisions le 31 août 1997.

3. Biais rétrospectif :

Finalement, notre cerveau a vite fait d’oublier qu’il connaissait la réponse avant de se faire un avis. C’est l’effet : “Je le savais”. Une distorsion des souvenirs de ce que l’on savait ou croyait savoir avant qu’un événement ne se produise.

Après qu’un événement se soit produit, nous avons tendance à croire qu’il était prévisible. Ce biais nous fait penser qu’avec le recul, nous « savions » que quelque chose allait arriver, ce qui fausse notre évaluation de nos capacités à prévoir les événements.

Nous sommes tous sujets à l’effet de fausse mémoire autobiographique. À force de nous raconter des anecdotes sur notre enfance, nos parents nous ont permis de reconstruire dans notre tête des souvenirs. Mais, la caractéristique de l’immense majorité des enfants c’est qu’ils ne naissent pas égocentriques 😂 et c’est ce qui fait que nous n’avons que très peu de “vrais” souvenirs de notre petite enfance 😉

Piste d’amélioration #3 : Remettez en cause vos impressions de “je le savais” ou vos souvenirs flous concernant la temporalité des événements. Revenez sur des faits objectifs. Se fier à des sources externes peut vous aider à vérifier ce que vous saviez vraiment et quand

Conclusion : Comprendre ses biais cognitifs et reconnaître un cerveau “fainéant” pour mieux s’en servir

En prenant conscience de ces différents biais cognitifs et de leur impact sur un cerveau fainéant, nous pouvons mieux comprendre les mécanismes par lesquels notre cerveau simplifie la réalité. Cela nous permet de reprendre le contrôle sur nos décisions, nos jugements et nos souvenirs. L’objectif n’est pas de lutter contre tous ces biais, mais de les connaître pour mieux naviguer dans notre quotidien et éviter de tomber dans leurs pièges, souvent invisibles mais influents.

Notre cerveau, en quête perpétuelle d’efficacité, nous conduit à adopter des raccourcis qui simplifient la complexité du monde, mais qui peuvent aussi fausser nos perceptions et nos décisions. En comprenant mieux ces biais cognitifs, liés à l’auto-centrisme, aux émotions et à la temporalité, nous sommes mieux armés pour ne pas tomber dans leurs pièges. Cela demande un effort de conscience, mais c’est une clé essentielle pour améliorer nos interactions, nos choix et, en fin de compte, notre qualité de vie.

Prenez le temps d’identifier vos propres biais. Comment influencent-ils vos décisions quotidiennes ? Quels biais avez-vous le plus remarqué dans votre propre expérience ? Testez-vous, remettez en question vos premières impressions et partagez vos réflexions avec moi dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux pour continuer la conversation ! 🙂

Pourquoi votre cerveau ne sait pas compter ?

Pourquoi votre cerveau ne sait pas compter ?

Introduction : notre cerveau « buggé » par ses biais cognitifs ne sait pas gérer les probabilités

Notre cerveau nous trompe par manque de capacité

Nous pensons souvent que notre cerveau est une machine bien huilée. Il peut analyser des données complexes et de prendre des décisions éclairées. Pourtant, lorsque nous nous retrouvons confrontés à des situations qui impliquent des chiffres notre cerveau montre rapidement ses limites. Nos biais cognitifs embarqués rendent les probabilités peu lisibles pour notre cerveau. Que ce soit pour évaluer les chances de gagner à la loterie ou prendre une décision d’investissement, nous sommes sujets à des erreurs récurrentes.

Ces erreurs ne sont pas seulement le fruit d’une mauvaise compréhension des chiffres. Elles sont profondément ancrées dans la manière dont notre cerveau est câblé. Conçu pour survivre dans des environnements simples, il est mal adapté à la complexité des probabilités. C’est ainsi que des biais cognitifs s’immiscent dans nos jugements et nous poussent à faire des erreurs de calcul.

Il est important de comprendre que c’est un phénomène en deux temps auquel nous devons faire face :

  1. Notre cerveau ne sait pas “vraiment” compter
  2. mais, en plus, il cherche constamment des axes de rationalisation quitte à nous tromper malgré nous. 

Dans cet article, je vous propose d’explorer plusieurs de ces biais. Ils illustrent à quel point notre cerveau « ne sait pas compter ». Comprenez ces mécanismes. Vous serez mieux armés pour identifier les pièges que ces biais tendent dans vos prises de décisions, personnelles ou professionnelles.

Partie 1. Les biais d’analyse des probabilités

1. Le biais d’évaluation des probabilités

Biais d'évaluation des probabilités

Notre cerveau, contrôlé par ses biais cognitifs, ne sait pas bien évaluer les probabilités des événements. C’est encore plus vrai pour ceux qui déclenchent des émotions fortes comme les accidents ou les événements rares. Ce biais est renforcé par les médias et notre perception intuitive des risques.

1.1. Le meilleur exemple : la probabilité d’un accident d’avion

La probabilité d’être impliqué dans un accident mortel en avion est d’environ 1 sur 12 millions de vols. Cependant, de nombreuses personnes surestiment ce risque. Cela s’explique en partie par la couverture médiatique disproportionnée des accidents d’avion. Celle-ci renforce l’impression que ces événements sont plus fréquents qu’ils ne le sont réellement.

Cette distorsion est un exemple classique de biais d’évaluation des probabilités, où l’émotion prend le pas sur la rationalité.

1.2. La loi de Weber-Fechner et la perception des risques

Notre difficulté à estimer correctement les risques est aussi due à la loi de Weber-Fechner. Celle-ci décrit comment la perception humaine des variations d’intensité n’est pas linéaire. Nous ne percevons pas une augmentation de probabilité de manière proportionnelle.

Par exemple, si vous augmentez le risque de 1 sur 10 à 1 sur 5, cela semble énorme pour notre cerveau. Mais si on passe de 1 sur 10 millions à 1 sur 5 millions, bien que la différence soit proportionnellement identique, notre cerveau ne perçoit pas une telle augmentation comme étant aussi significative. Cette loi psychophysique explique pourquoi nous avons tendance à sous-estimer des événements très improbables (comme une panne d’avion) tout en surestimant des risques émotionnellement marquants (comme les accidents d’avion après un crash médiatisé).

1.3. Biais connexes : Effet d’ancrage et probabilité conditionnelle

L’effet d’ancrage influence également nos jugements probabilistes. Si nous sommes exposés à un premier chiffre erroné, cela influence nos futures estimations. Par exemple, si on vous dit d’abord que le risque d’un crash aérien est de 1 sur 1 000 (ce qui est incorrect), votre évaluation future sera biaisée même après avoir reçu les vraies statistiques.

Nous avons aussi des difficultés à comprendre les probabilités conditionnelles. Par exemple, imaginons un test pour une maladie qui touche 1 % de la population, avec une précision de 90 %. Si le test est positif, la plupart des gens pensent qu’ils ont 90 % de chances d’être malades. La probabilité réelle est bien plus faible car il faut combiner la rareté de la maladie avec la fiabilité du test.

2. La négligence de la taille de l’échantillon

Nous avons tendance à tirer des conclusions hâtives à partir de petits échantillons. Il faudrait pourtant tenir compte de l’importance de la taille « nécessaire » pour obtenir des résultats statistiquement fiables. Ce biais se produit lorsque nous extrapolons des résultats d’un petit groupe à une population plus large. Il conduit à des erreurs de jugement significatives.

Biais de la taille de l'échantillon

2.1. Un exemple significatif : Interpréter les résultats de petites études

Prenons un exemple dans le domaine de la santé publique. Imaginons qu’une petite étude de 30 patients montre qu’un nouveau médicament semble avoir un effet positif. Les médias et le public pourraient sauter à la conclusion que le médicament est efficace. En réalité, un échantillon aussi réduit ne permet pas de tirer des conclusions solides. 

La fiabilité des résultats dépend de la taille de l’échantillon. Une petite taille accroît le risque que les résultats soient dus à la chance plutôt qu’à une véritable corrélation.

De manière similaire, les performances d’une équipe de football sur trois matchs ne suffisent pas à prédire leur performance sur une saison complète. Ce biais est particulièrement dangereux lorsqu’il est appliqué dans des contextes professionnels où des décisions importantes sont prises sur la base de peu de données.

2.2. Les principaux biais connexes à la négligence de la taille de l’échantillon :

  • Le biais de conjonction est l’idée fausse selon laquelle la combinaison de deux événements est plus probable que l’un des deux événements pris séparément. Un exemple classique est de penser qu’une personne est plus susceptible d’être une « banquière féministe » qu’une « banquière ». Or, statistiquement, la probabilité d’un seul événement est toujours plus élevée que celle de la combinaison des deux.
  • L’erreur de la main chaude, souvent observée dans le sport, est la croyance que si une personne réussit plusieurs fois de suite, elle a plus de chances de continuer à réussir. Par exemple, si un joueur de basket marque plusieurs paniers d’affilée, on croit souvent qu’il a plus de chances de réussir son prochain tir, alors que statistiquement, chaque tir est un événement indépendant. Des études ont montré que cette perception est fausse et que les séries sont souvent dues au hasard.
  • L’erreur du parieur (ou illusion des séries) est une autre manifestation du biais de négligence de la taille de l’échantillon. Ce biais se produit lorsque nous croyons que des événements indépendants influencent les résultats futurs. Par exemple, après plusieurs pertes successives au casino, un joueur pourrait croire qu’il est « dû pour gagner », alors qu’en réalité, chaque tour de roulette est indépendant et la probabilité de gagner reste la même à chaque tour.

2.3. Impact du biais de négligence de l’échantillon sur la prise de décision

Dans un cadre professionnel, ce biais peut se manifester de plusieurs façons. Par exemple, une entreprise pourrait décider d’investir dans une stratégie basée sur quelques succès anecdotiques, sans prendre en compte un échantillon plus large et représentatif. Cela peut conduire à des décisions fondées sur des données insuffisantes et à des investissements mal orientés.

Il est essentiel de comprendre que les petits échantillons sont intrinsèquement plus sujets aux variations dues au hasard. En d’autres termes, les petites séries peuvent donner l’impression de tendances significatives alors qu’il ne s’agit que de bruit statistique.

Ces biais montrent combien il est difficile pour notre cerveau de traiter des échantillons de petite taille de manière correcte. D’autant plus lorsque des événements aléatoires ou indépendants entrent en jeu. Une meilleure compréhension de ces phénomènes peut nous aider à éviter les erreurs de jugement dans nos décisions.

Partie 2 : L’impact des biais dans la construction de fausses probabilité 

Pousser par un besoin irrépressible d’aller vite et d’économiser de l’énergie, notre cerveau ne sert souvent que ces intérêts. Pour cela il peut nous imposer des conclusions simplistes et trompeuses. 

1. Illustration de biais “probabilistes”

On recense un certain nombre de biais qui visent à donner à notre cerveau un sentiment de sécurité. Il lui propose des raccourcis mentaux qui lui permettent de ne pas “trop” se poser de question. Dans ces cas, le cerveau cherche à établir une probabilité sans prendre en considération l’ensemble. Je me permets d’appeler ces biais cognitifs « probabilistes » par extension de leur conséquence.

1.1. Le biais du survivant

survivant

Le biais du survivant est un biais cognitif qui consiste à se concentrer uniquement sur les exemples qui ont « survécu » à un processus quelconque. On néglige les autres cas : disparus ou échoués. Cela entraîne une distorsion dans la compréhension des probabilités de succès. Seules les réussites sont prises en compte, alors que les échecs, souvent plus nombreux, sont ignorés.

Exemple : Les startups et le mythe du succès

Prenons l’exemple des startups technologiques. Il est facile de penser que les entreprises qui réussissent, comme Google ou Facebook, sont des modèles que tout le monde peut suivre. Ce que nous oublions souvent, c’est que pour chaque startup qui atteint un succès phénoménal, des milliers d’autres échouent. Se concentrer uniquement sur les startups qui ont « survécu » fausse notre vision de la réalité. Cela nous conduit à surestimer les chances de succès. Ce biais se manifeste souvent lorsque les histoires de réussite sont sur-représentées dans les médias, tandis que les échecs passent sous silence.

Impact du biais du survivant

Le biais du survivant est particulièrement dangereux dans les décisions d’investissement, en stratégie d’entreprise ou en évaluation de performance. Par exemple, se concentrer uniquement sur les employés « survivants » peut conduire à des erreurs dans la gestion des talents. Si les entreprises sous-estiment les facteurs qui mènent à l’échec ou à la démission de certains employés, elles ne progresseront pas.

1.2. L’effet Baader-Meinhof (ou biais de fréquence)

L’effet Baader-Meinhof, également appelé illusion de fréquence, est un biais cognitif qui se manifeste lorsqu’un nouvel élément (idée, mot, concept) que vous venez de découvrir semble soudain apparaître partout autour de vous. Cette illusion résulte d’un mécanisme de sélection cognitive. Votre cerveau accorde plus d’attention à cet élément simplement parce que vous venez de le rencontrer.

Exemple : L’achat d’une nouvelle voiture

Un exemple classique de cet effet est lorsque vous achetez une nouvelle voiture. Immédiatement après l’achat, vous remarquez soudainement le même modèle de voiture partout sur la route. Bien sûr, ces voitures étaient déjà présentes avant. Mais, maintenant que vous y prêtez attention, elles semblent avoir « surgi » de nulle part. Cet effet repose sur la tendance de notre cerveau à repérer des schémas ou des répétitions, même lorsqu’ils ne sont que des coïncidences.

Impact de l’effet Baader-Meinhof

Cet effet peut influencer la prise de décision dans de nombreux domaines, notamment en marketing, en politique ou dans la vie professionnelle. Par exemple, lorsqu’une entreprise introduit une nouvelle marque ou un nouveau produit, les consommateurs qui en entendent parler pour la première fois peuvent avoir l’impression que ce produit est soudainement omniprésent, influençant ainsi leur perception de son succès ou de sa popularité. En politique, un candidat ou un sujet peut sembler dominer les médias après avoir attiré votre attention une première fois, créant une impression biaisée de son importance.

1.3. Le biais régressif (ou biais de régression vers la moyenne)

Le biais régressif ou biais de régression vers la moyenne est un phénomène statistique qui se produit lorsque des événements extrêmes (très positifs ou très négatifs) sont naturellement suivis par des événements plus proches de la moyenne, même si aucune autre variable n’a changé. Cependant, notre cerveau tend à attribuer ces variations naturelles à des facteurs extérieurs ou à nos propres actions, plutôt qu’à la simple fluctuation statistique.

Exemple : Performances sportives et fluctuations naturelles

Un exemple classique du biais régressif se produit dans le domaine du sport. Imaginons un joueur de football qui a marqué de façon exceptionnelle durant plusieurs matchs d’affilée, dépassant largement sa performance habituelle. Les supporters, les analystes ou même le joueur peuvent attribuer cette série de succès à des changements dans son entraînement ou dans sa stratégie. Toutefois, il est fort probable que ces performances exceptionnelles soient suivies par une série de matchs plus proches de sa moyenne habituelle. Cette régression vers la moyenne est un phénomène naturel dans tout système soumis à des variations aléatoires.

Le biais régressif pousse les observateurs à expliquer cette « chute » de performance par des facteurs comme la fatigue, le stress ou une baisse de motivation, alors qu’il s’agit simplement d’un retour vers la normale.

Impact du biais régressif

Ce biais est particulièrement dangereux dans les évaluations de performance, en gestion de crise ou en investissement. Par exemple, dans le monde des affaires, une entreprise qui connaît un succès exceptionnel peut s’attendre à une baisse de régime dans les périodes suivantes. Toutefois, les dirigeants peuvent attribuer ce ralentissement à des erreurs stratégiques, plutôt qu’à la simple régression vers la moyenne.

De même, dans le domaine médical, un traitement qui semble avoir des résultats spectaculaires pour un patient très malade peut être perçu comme un remède miracle, alors qu’il est simplement suivi d’une amélioration naturelle due à la régression vers la moyenne.

2. Les biais servis par les biais “probabilistes” :

Chacun des phénomènes ci-dessus peut être expliqués pour tout ou pour partie par notre besoin de traiter le plus vite et le mieux possible un maximum d’informations. Nos principaux biais sont les gardiens du temps. 

2.1. Le biais de confirmation

Ce biais pousse les individus à rechercher, interpréter et se souvenir des informations qui confirment leurs croyances préexistantes. Par exemple, une entreprise pourrait interpréter des événements récents comme un signe de réussite imminente simplement parce que cela correspond à ses attentes, en ignorant les signaux d’échec potentiels.

2.2. L’effet de récence 

Notre cerveau accorde plus de poids aux informations récentes, ce qui fait que nous remarquons plus facilement un concept que nous venons de rencontrer. C’est plus simple pour lui. C’est pourquoi, par exemple, un fait appris récemment semble réapparaître souvent, alors qu’il s’agit simplement de notre capacité à mieux nous souvenir des événements récents.

2.3. L’heuristique de disponibilité 

Il se réfère à notre tendance à estimer la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples nous viennent à l’esprit. Dans le contexte de l’effet Baader-Meinhof, le fait que nous venions de rencontrer un mot ou un concept rend cet exemple facilement disponible en mémoire, nous donnant l’illusion qu’il est plus commun qu’il ne l’est réellement.

2.4. L’illusion de contrôle 

Ce biais est nécessaire à notre besoin de sécurité. Il se produit lorsque les individus surestiment leur capacité à influencer des événements aléatoires ou des fluctuations naturelles. Par exemple, dans un contexte professionnel, un manager pourrait penser que ses décisions ont directement causé l’amélioration ou la baisse des performances d’une équipe, alors que celles-ci résultent en réalité de variations normales autour de la moyenne.

Conclusion : Reprendre le contrôle de vos décisions

Comprendre et maitriser son cerveau

Nous venons de voir comment notre cerveau, bien qu’extraordinaire, n’est pas toujours le meilleur allié lorsqu’il s’agit de comprendre et manipuler les chiffres. Entre la difficulté d’évaluer les probabilités, l’oubli de la taille de l’échantillon, ou encore la tendance à ne voir que les succès, nous tombons dans de nombreux pièges cognitifs qui influencent nos décisions au quotidien.

Mais comprendre ces biais, c’est déjà commencer à les maîtriser. En étant conscient de la manière dont notre cerveau fonctionne, nous pouvons prendre du recul et réagir de façon plus rationnelle dans nos choix personnels et professionnels.

Je vous invite maintenant à appliquer ce que vous venez de découvrir ! La prochaine fois que vous prenez une décision importante – que ce soit au travail, dans vos finances ou même dans votre vie quotidienne – posez-vous ces questions :

  • Est-ce que je suis influencé par un biais de probabilité ?
  • Ai-je pris en compte suffisamment de données ?
  • Suis-je seulement concentré sur les « survivants » ?

Apprenez à maîtriser les mécanismes de votre cerveau pour ne plus subir ses erreurs, et devenez maître de vos décisions dès aujourd’hui !

J’attends vos commentaires avec impatience pour savoir si cet article vous a aidé. 

En savoir plus :

  • Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow (2011)
  • Amos Tversky – Daniel Kahneman, Judgment under Uncertainty: Heuristics and Biases, 1974
  • The Statistical Research Group Report, 1943
  • The Discovery of the Baader-Meinhof Phenomenon, 1994
  • Langer, E. J. (1975). The Illusion of Control

Les biais cognitifs ennemis de la prise de décision : agissons

Les biais cognitifs ennemis de la prise de décision : agissons

Introduction : Nous sommes nos propres saboteurs ! 

Biais Cognitifs et prise de décision : Avez-vous déjà eu l’impression de prendre une décision rationnelle, pour ensuite réaliser qu’elle était influencée par une émotion ou un facteur irrationnel ? 

Notre cerveau : un allié...imparfait

Dans notre vie quotidienne comme dans notre carrière, nos choix sont rarement aussi logiques que nous le pensons. Ils sont souvent façonnés par des biais cognitifs qui impacte la prise de décision. Ces raccourcis mentaux nous font économiser de l’énergie, mais nous trompent également. Comprendre et maîtriser les biais cognitifs de notre cerveau est la clé.

 Je démarre une série d’articles pour révéler la grande variété de ces pièges mentaux. Mon objectif : vous en rendre conscients et vous donner des outils pour les déjouer. Qui que vous soyez comprendre ces mécanismes est essentiel pour éviter de vous saboter vous-même.

Recentrons le débat. Je le présentais déjà dans le résumé du livre : Intelligence Relationnelle et Inclusion. Notre cerveau, ce super-ordinateur biologique, est souvent présenté comme un modèle d’efficacité. Pourtant, il se retrouve fréquemment victime de ses propres raccourcis mentaux. Pourquoi, malgré notre intelligence, faisons-nous des choix qui semblent parfois irrationnels ? La réponse réside dans nos biais cognitifs : ces distorsions mentales qui affectent nos jugements et décisions à notre insu.

Les biais cognitifs ne sont pas un accident, ils sont le produit de l’évolution. À travers cette série, nous explorerons comment notre cerveau est notre pire ennemi quand il s’agit de maîtriser nos décisions. Comprendre ces biais, c’est avancer vers une meilleure maîtrise de soi et de son environnement. Cela s’applique au travail ou dans notre vie personnelle.

Partie 1 : Pourquoi est-ce important de comprendre comment nous fabriquons nos décisions ? 

Pourquoi consacrer du temps à comprendre comment fonctionne votre cerveau ? Tout simplement parce que ces biais cognitifs vous affectent dans la prise de décision plus que vous ne le pensez. Les maîtriser est clés. Ils influencent vos décisions professionnelles – en tant que manager, employé, ou entrepreneur – ainsi que vos relations interpersonnelles. Nous croyons tous être rationnels, mais souvent, nous sommes simplement des automates, pilotés par des raccourcis mentaux invisibles. Il est temps de reprendre le contrôle.

Depuis des siècles, l’humanité a progressé grâce à la science, la technologie et l’accès à des quantités phénoménales d’informations. Avec ces avancées, nous pourrions croire que notre capacité de prise de décision est infaillible. Elle ne peut que se fonder que sur la logique et la raison. Pourtant, les erreurs de jugement persistent. 

Pourquoi, malgré notre intelligence et nos outils de plus en plus perfectionnés, sommes-nous encore aussi vulnérables face à des erreurs fondamentales de raisonnement ? La réponse réside dans la manière dont notre cerveau est câblé. Si nous comprenons assez bien le fonctionnement général de notre esprit, il demeure difficile à maîtriser au quotidien. Nos décisions sont souvent biaisées, influencées par des raccourcis mentaux que notre cerveau prend pour économiser de l’énergie cognitive. Ces biais ne sont pas des failles intellectuelles individuelles, mais des erreurs systématiques et collectives. Ils structurent nos processus de pensée.

1.1. Est-ce qu’il y a un problème ? 

  • Au travail : Avez-vous déjà embauché quelqu’un parce qu’il vous ressemblait, même si objectivement un autre candidat était plus qualifié ? Le biais de similarité pourrait en être la cause.
  • Dans vos relations : Avez-vous déjà rejeté une idée simplement parce qu’elle venait d’une personne que vous n’aimez pas, même si elle avait du sens ? C’est peut-être dû au biais de confirmation.
  • Dans vos finances : Combien de fois avez-vous acheté un produit en promotion sans en avoir réellement besoin ? Juste parce qu’il vous paraissait être une bonne affaire ? C’est le biais de cadrage en action.

Est-ce grave ? Non, heureusement, dans l’immense majorité des cas. 🙂 Pour autant, vous pouvez noter que ces biais ne sont pas des concepts abstraits. Ils sont bien des challenges quotidiens à une prise de décision lucide

1.2. Le cerveau : Un allié… imparfait ! 

Nous aimons penser que notre cerveau est notre meilleur allié, un outil puissant conçu pour résoudre les problèmes et naviguer dans la complexité du monde moderne. Mais en réalité, notre cerveau n’a pas été « conçu » pour la logique pure ou la précision parfaite. Il est, avant tout, programmé pour une chose : la survie. Ses mécanismes internes ont évolué pour répondre à des besoins urgents et immédiats dans des environnements souvent hostiles. Par conséquent, ses décisions sont souvent basées sur l’efficacité et la rapidité, plutôt que sur une analyse approfondie et logique.

Cette tendance à privilégier des réponses rapides et intuitives est ce qui nous rend vulnérables aux biais cognitifs. Les biais sont des distorsions systématiques dans notre manière de percevoir et d’interpréter l’information. Notre cerveau n’est pas programmé pour les comprendre et les maîtriser, au contraire. Prenez le biais d’ancrage. Il nous fait accorder une importance excessive à la première information que nous recevons, même si elle est erronée ou peu pertinente. De même, le biais de disponibilité nous amène à exagérer la probabilité d’événements dont les exemples sont plus facilement disponibles dans notre mémoire, comme les accidents d’avion, bien plus rares que les accidents de voiture.

Même les experts, qui possèdent pourtant des connaissances spécialisées et une expérience étendue, ne sont pas à l’abri de ces biais. Des études montrent que les médecins, les juges ou les traders – des professions où la prise de décision rationnelle est cruciale – tombent eux aussi dans ces pièges cognitifs. Cela souligne à quel point les biais sont universels et profondément ancrés dans notre façon de penser.

En somme, bien que notre cerveau soit un allié formidable dans de nombreuses situations, il est loin d’être parfait. Reconnaître ses limites est le premier pas vers une prise de décision plus éclairée.

1.3. Nos biais : une faille exploitable

Ces biais ne sont pas seulement des erreurs innocentes. Ils peuvent être utilisés contre nous, à notre insu, dans des contextes variés allant de la publicité à la politique en passant par notre vie professionnelle. Les manipulateurs de toutes sortes exploitent ces biais cognitifs pour influencer nos choix. Par exemple, le biais de cadrage consiste à présenter une information de manière à influencer notre perception. Une réduction de prix peut sembler bien plus attrayante lorsqu’elle est formulée comme « 50 % de réduction » plutôt que « prix réduit de moitié », alors que le résultat est le même.

Dans le domaine politique, le biais de confirmation est souvent exploité pour renforcer les croyances des électeurs en diffusant des informations qui confortent leurs opinions existantes. Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans ce phénomène, créant des bulles de filtres où les gens sont exposés à des informations qui confirment leurs points de vue et renforcent ainsi leurs préjugés.

En marketing, des techniques exploitent également l’effet Barnum, en proposant des descriptions suffisamment vagues pour que tout le monde puisse s’y identifier, comme dans les horoscopes ou les tests de personnalité en ligne. Cela conduit les individus à accepter ces descriptions comme étant spécifiquement conçues pour eux, renforçant ainsi leur engagement envers le produit ou le service proposé.

Nos biais cognitifs sont des failles dans notre système de pensée, et ces failles peuvent être exploitées pour manipuler nos comportements. En être conscient, c’est déjà se prémunir contre ces influences extérieures.

Partie 2 : Alors ? Curieux de comprendre comment notre cerveau joue contre nous ?…

Depuis que je m’intéresse à ce sujet, j’ai l’impression de voir le monde autrement et je suis intimement convaincue que cela contribue à une meilleure acceptation de mon quotidien. J’avais un problème, un sentiment flou de malaise : ne pas comprendre mon environnement contribuait à ma surcharge mentale. 

Je vous propose donc un voyage dans les méandres de notre esprit, à la recherche des mécanismes qui nous font trébucher et qui peuvent, si on les comprend mieux, nous permettre de reprendre le contrôle de nos décisions. Ce voyage me semble essentiel, non seulement pour mieux comprendre nos propres choix, mais aussi pour déjouer les manipulations auxquelles nous sommes exposés quotidiennement.

2.1. Breaking News #1: Notre cerveau ne sait pas compter 

Notre cerveau nous trompe par manque de capacité

Le saviez-vous ? Nous avons tous, à un moment donné, pris des décisions basées sur des probabilités mal évaluées. Notre cerveau, bien qu’équipé pour reconnaître des tendances, a du mal à interpréter correctement les statistiques. Le biais de négligence de la taille de l’échantillon en est un parfait exemple : il nous pousse à accorder trop de poids à de petits échantillons, créant des conclusions erronées.

Prenons un exemple simple : les loteries. Les gens dépensent des sommes conséquentes en sachant pertinemment que les chances de gagner sont infimes. Pourtant, notre cerveau préfère se focaliser sur des récits de succès plutôt que sur la probabilité réelle de remporter le gros lot. Cette erreur de jugement est aussi à l’origine du biais d’optimisme, qui nous fait penser que les bonnes choses nous arriveront, contre toute logique probabiliste.

Il ne s’agit pas d’un manque d’intelligence, mais plutôt d’un biais inné. Reconnaître cette limite est la première étape pour prendre des décisions plus éclairées.

2.2. Breaking News #2. Notre cerveau est fainéant 

L’efficacité cognitive est une bénédiction, mais elle peut aussi nous jouer des tours. Notre cerveau est conçu pour économiser de l’énergie, et pour cela, il prend des raccourcis mentaux appelés heuristiques. Si ces raccourcis nous aident souvent à prendre des décisions rapidement, ils sont aussi à l’origine de biais comme le biais de corrélation illusoire ou encore l’effet « pom-pom girl » (où nous attribuons des qualités aux personnes basées uniquement sur l’apparence de leur entourage).

Notre cerveau ne cherche qu'à économiser de l'énergie

Prenons l’exemple du biais de confirmation : notre cerveau préfère traiter des informations qui confortent nos croyances existantes, plutôt que de s’ouvrir à des idées contraires. C’est pourquoi nous avons tendance à rester dans nos « bulles d’information », lisant des contenus qui confirment ce que nous pensons déjà, et écartant ceux qui les remettent en question.

La fainéantise cognitive n’est pas un défaut, mais une stratégie de survie. Quand elle est mal gérée, elle peut limiter notre ouverture d’esprit et notre capacité à faire de meilleurs choix.

2.3. Breaking News #3. Notre cerveau aime être manipulé

Les techniques de manipulation exploitent habilement nos biais cognitifs. Le biais de cadrage en est un exemple frappant. La manière dont une information est présentée influence nos décisions bien plus que l’information elle-même. En marketing, ce biais est souvent exploité pour orienter nos choix en fonction de la façon dont une offre est formulée. Dire « 90% de chance de succès » ou « 10% de risque d’échec » déclenche des réactions différentes, alors que l’information est identique.

Un autre exemple est l’effet Barnum, où les gens se reconnaissent dans des descriptions vagues et générales, pensant qu’elles leur sont spécifiquement adressées. C’est le biais derrière l’efficacité des horoscopes et autres prédictions pseudo-scientifiques.

Enfin, l’effet de vérité illusoire fait que nous croyons qu’une information est vraie simplement parce qu’elle a été répétée plusieurs fois. Les fausses nouvelles exploitent souvent ce biais, rendant difficile pour notre cerveau de distinguer la vérité de la fiction.

Le cerveau est facilement manipulable, et comprendre ces mécanismes permet de se défendre contre des influences extérieures.

Conclusion : Plus de temps à perdre pour passer à l’action

Maintenant que vous avez un aperçu des pièges que nous tend notre esprit, il est temps de passer à l’action. Pour comprendre comment ces biais influencent tous vos choix, ne manquez pas les prochains articles de cette série.

Ils vous aideront à reconnaître ces pièges et à reprendre le contrôle sur vos décisions. Restez connecté(e) pour explorer comment nous pouvons tous, avec quelques outils simples, déjouer les biais cognitifs et maîtriser un peu mieux notre cerveau.

Je vous propose de passer dès aujourd’hui à l’action. Prenez le temps d’analyser vos trois dernières décisions. Nous en prenons des dizaines par jour, importantes ou pas. Notez les et réfléchissez tranquillement à ce qui les a guidé – pour de vrai ! Laissez moi un commentaire, je ferai, pour vous, une recherche pour enrichir votre analyse. 😉

En savoir plus (Mon livre de chevet en ce moment 🙂) Votre cerveau vous mène en bateau – Chris Pavone

 

Quiz Résilience : les biais cognitifs sont-ils aux manettes

Quiz Résilience : les biais cognitifs sont-ils aux manettes

Quel type de résilient êtes-vous ?

Bienvenue dans ce tout nouveau quiz dédié à la résilience !

Comme moi, vous vous demandez peut-être ce qu’est exactement la résilience ? Quel est son lien avec les biais cognitifs ?

Ce terme qui semble si souvent associé à la force mentale ou à la capacité de rebondir. Eh bien, la résilience est bien plus que cela. C’est la faculté que nous avons tous, à des degrés divers, de surmonter les défis. La faculté de nous adapter aux circonstances imprévues et de continuer à avancer, même quand tout semble aller de travers.

Il est important de se rappeler que, tout comme les biais cognitifs, la résilience est influencée par notre façon de percevoir le monde. Cela n’est rien d’autre qu’un schéma de pensée. À travers ce quiz, vous découvrirez non seulement si vous êtes un résilient aguerri, mais aussi comment vos réactions face aux situations difficiles peuvent parfois être dictées par des biais inconscients.

Mais où en êtes-vous vraiment ?

Êtes-vous un expert en résilience ou avez-vous encore des progrès à faire dans ce domaine ?

Chaque question de ce quiz a été pensée pour vous faire réfléchir sur vos réactions naturelles face aux difficultés, mais aussi pour vous amuser un peu. L’humour et la légèreté sont aussi des formes de résilience, n’est-ce pas ? Alors, préparez-vous à explorer différentes situations de la vie courante et à découvrir si vous êtes un résilient organisé, un créatif dans l’âme ou encore un expert en procrastination (car oui, procrastiner peut aussi être une forme de survie face au stress 😉).

Alors vous vous sentez prêt à en apprendre plus sur vous-même ?

Ce quiz est là pour vous aider à découvrir votre style de résilience tout en vous amusant ! 🙂

Et surtout, mémorisez si vous êtes plutôt 1, 2 ou 3 😉

1 / 10

1. Que faites-vous face à une situation imprévue ?

2 / 10

2. Comment gérez-vous le stress dans un projet avec une échéance serrée ?

3 / 10

3. Une difficulté persiste malgré vos efforts, comment réagissez-vous ?

4 / 10

4. Quel est votre état d'esprit face à l'incertitude ?

5 / 10

5. Vous recevez une critique constructive au travail. Comment réagissez-vous ?

6 / 10

6. Vous avez échoué à un projet important, que faites-vous ?

7 / 10

7. Quel est votre mantra personnel en période de crise ?

8 / 10

8. Face à une série de mauvaises nouvelles, quelle est votre première réaction ?

9 / 10

9. Vous avez trop de travail et pas assez de temps. Quelle est votre stratégie ?

10 / 10

10. Comment décririez-vous votre capacité à rebondir après une grande déception ?

0%

Bravo d’avoir terminé ce quiz sur la résilience et les biais cognitifs ! 

Vous êtes désormais un peu plus conscient(e) de votre manière de gérer les défis et les imprévus. Résilient exemplaire ou un résilient créatif, l’important est de prendre conscience de vos forces et de vos axes d’amélioration. 

La résilience n’est pas une qualité innée que seuls quelques privilégiés possèdent. Elle se cultive et se développe à travers nos expériences de vie. Vous pouvez toujours apprendre à mieux rebondir ou à rester calme sous pression. Apprenez aussi à voir les obstacles comme des opportunités de croissance.

Peu importe où vous vous situez sur l’échelle de la résilience, sachez que l’important est de continuer à progresser. 

Curieux d’en savoir plus sur ces liens entre résilience et biais cognitifs ? Je vous invite à lire cet article complet sur le sujet : La résilience : super-pouvoir ou malédiction ? Quel lien avec les biais cognitifs ?

Pour aller plus loin, pourquoi ne pas essayer d’identifier les biais cognitifs qui influencent votre résilience ? Je vous propose de découvrir ce quiz sur les biais inconscients au travail : Reconnaître vos biais inconscients au travail. Vous verrez, ces petits raccourcis mentaux que nous faisons tous peuvent parfois nous empêcher de réagir de façon optimale face aux difficultés.

Et surtout, souvenez-vous : la résilience n’est pas un état fixe, c’est un chemin que l’on parcourt chaque jour. Alors continuez à avancer, apprenez de vos échecs et de vos réussites, et gardez toujours en tête que vous avez en vous toutes les ressources nécessaires pour surmonter les obstacles, même les plus inattendus.

Merci de votre participation à ce quiz, et inscrivez-vous pour recevoir simplement mes articles, autres quiz et réflexions sur les biais cognitifs et la résilience !

En savoir plus :

Quand la résilience s’invite au cinéma !

Quand la résilience s’invite au cinéma !

Introduction : Un jour sans fin, la comédie qui magnifie la résilience ! 

Le cinéma est un miroir de nos expériences humaines, et la résilience, cette capacité à rebondir face aux épreuves, y est souvent magnifiée. Pourtant, derrière ce terme aux accents héroïques se cache une réalité plus nuancée. Comme je vous le partageais dans mon article : La résilience, super pouvoir ou malédiction ? Cette ambivalence mérite d’être explorée sous l’angle des biais cognitifs. 

Affiche du film Un Jour Sans Fin

Qu’en est-il donc lorsque la résilience s’invite dans une comédie ? Dans “Un jour sans fin” (Groundhog Day avec Bill Murray en 1993), la résilience devient le moteur d’une aventure où l’humour et l’absurde s’entrelacent pour illustrer les défis du quotidien.

À première vue, revivre la même journée semble un cauchemar sans issue, transformant cette capacité à persister en véritable malédiction. Le parcours du héros, Phil Connors, face à l’immuable, illustre les effets néfastes de la résilience lorsqu’elle conduit à l’apathie et au cynisme. Sa résilience, initiale, devient synonyme de renoncement. Au lieu d’une libération, elle piège l’individu dans une répétition sans fin, incapable de sortir de sa situation par un simple effort mental.

Mais, tout comme dans la réalité, l’aspect bénéfique de la résilience finit par émerger. Phil, après maintes tentatives infructueuses, apprend à réévaluer sa situation. Ce tournant montre que la résilience peut aussi être un moteur de transformation positive. En modifiant sa manière de vivre chaque journée, il découvre que la résilience peut devenir une force créatrice, capable de redonner sens à une existence apparemment dénuée d’espoir. 

Le film illustre de façon humoristique et exagérée comment la résilience, mal utilisée, peut enfermer dans une spirale destructrice, mais aussi comment, lorsqu’elle est bien intégrée, elle peut mener à la réinvention de soi et à une nouvelle approche du quotidien.

Partie 1 – Résumé du film

“Un jour sans fin” nous plonge dans la vie de Phil Connors, un présentateur météo sarcastique et désabusé, envoyé contre son gré pour couvrir la célébration annuelle du « Jour de la Marmotte » dans une petite ville. À sa grande surprise, il se retrouve prisonnier d’une boucle temporelle qui le condamne à revivre éternellement la même journée, sans fin ni explication. 

Au début, Phil tente de comprendre la situation, oscillant entre déni et amusement. Il exploite d’abord cette répétition pour satisfaire ses désirs égoïstes, se livrant à des comportements sans conséquences immédiates. En effet, chaque matin, tout est « réinitialisé » et il recommence sa journée exactement comme la veille.

Mais très vite, la lassitude et la frustration prennent le dessus. Ne voyant aucune issue à cette boucle, Phil plonge dans une phase dépressive, tentant même à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, seulement pour se réveiller chaque matin dans le même lit, avec la même chanson à la radio.

Finalement, après une longue période de désespoir, Phil commence à envisager sa situation autrement. Il décide d’utiliser ce temps infini pour améliorer ses compétences, redécouvrir les habitants de la ville et, surtout, repenser ses priorités dans la vie. Ce changement d’état d’esprit marque un tournant dans son parcours : il passe de l’abandon cynique à une résilience active.

Partie 2 – Résilience : Super Pouvoir ou Malédiction ?

Dans le film comme dans mon article, la résilience oscille entre deux pôles : malédiction et super pouvoir 😉

2.1. La résilience comme malédiction

Phil Connors incarne d’abord une résilience passive, prisonnier de cette boucle temporelle infernale. Son incapacité à briser le cycle renforce l’idée que la résilience peut être une malédiction lorsqu’elle nous maintient dans l’inertie et l’acceptation de situations toxiques. Au lieu de chercher à évoluer, Phil sombre dans un cynisme profond, perdant espoir et tentant vainement d’échapper à son sort par des actes destructeurs. Cette phase symbolise une forme de résilience mal orientée, où l’adaptation devient non pas une force, mais une prison qui empêche toute transformation véritable. 

Vue schématique des effets néfastes de la résilience

2.2. La résilience comme super pouvoir

Vue schématiques des effets bénéfiques de la résilience

Cependant, au fil du film, Phil opère un revirement. Plutôt que de subir cette répétition, il commence à exploiter chaque journée pour devenir une meilleure version de lui-même. Il apprend de nouvelles compétences, s’intéresse aux habitants de la ville, et revoit ses priorités. Sa résilience devient active, tournée vers l’amélioration de soi et des autres. Ce passage du renoncement à l’action montre que la résilience, bien utilisée, peut véritablement devenir un super pouvoir. Elle permet à Phil de transcender les limites de son quotidien pour atteindre une forme de libération intérieure. 

Cette dynamique est centrale au film et renvoie à votre réflexion sur la résilience comme un phénomène dual, capable de renforcer ou de piéger, selon la manière dont on l’embrasse.

Partie 3 – Les biais cognitifs représentés à l’écran

Plusieurs biais cognitifs jouent un rôle crucial dans la manière dont Phil perçoit et gère sa situation.

3.1. Biais de négativité

Dès le début, Phil se focalise sur l’aspect insupportable de sa répétition quotidienne, accentuant son mal-être. Ce biais l’empêche de voir les opportunités cachées dans cette expérience unique. En se concentrant uniquement sur les aspects négatifs, il tombe dans une spirale de désespoir et d’inertie.

3.2. Biais d’habitude 

La répétition des événements chaque jour pousse Phil à s’habituer à la situation, rendant ses actions au départ dénuées de sens. Il expérimente différentes approches sans véritable réflexion, entrant dans un cycle d’actions répétitives. C’est uniquement lorsqu’il dépasse cette phase d’habitude qu’il commence à véritablement tirer parti de sa situation.

3.3. Biais d’illusion du contrôle

Phil tente initialement de manipuler les événements de la journée, cherchant à forcer des résultats favorables, notamment dans ses interactions avec Rita. Ce biais révèle une croyance erronée qu’il peut maîtriser entièrement son environnement, alors que la résilience véritable consiste à accepter ce qui ne peut être changé et à ajuster ses actions en conséquence.

Le film démontre comment ces biais cognitifs freinent la progression du héros au début. Mais qu’une fois qu’il dépasse ces limitations, Phil parvient à embrasser pleinement le potentiel de sa situation, illustrant ainsi une résilience plus lucide et proactive.

Partie 4 – Humour et Résilience

L’une des forces d’Un Jour Sans Fin réside dans sa capacité à utiliser l’humour pour explorer les défis de la résilience. Phil Connors passe par des phases comiques de désespoir et d’expérimentation excessive. Qu’il s’agisse de ses tentatives absurdes d’échapper à la situation ou de manipuler les événements à son avantage, chaque situation est exacerbée par l’ironie de revivre la même journée, créant un décalage comique permanent.

Cependant, cet humour n’est pas gratuit. Il sert à montrer que la résilience, même dans des contextes absurdes, n’est pas une simple affaire de répétition ou de survie. Phil doit apprendre, parfois à travers des situations grotesques, que la véritable résilience ne consiste pas seulement à persévérer, mais à transformer et améliorer ce qui semble immuable.

Le comique permet également de rendre la thématique plus accessible, en allégeant des sujets graves comme la dépression, la frustration ou la solitude. Ce traitement humoristique fait de la résilience un processus humain, imparfait, fait d’erreurs et de petits progrès, ce qui permet aux spectateurs de s’identifier au personnage. Ainsi le film montre que la résilience, loin d’être linéaire ou héroïque, peut être ponctuée de moments d’humour, d’auto-dérision, et de légèreté.

Conclusion : Un Jour Sans Fin, illustration brillante de la résilience au cinéma

Le film est une illustration brillante de la résilience oscillant entre malédiction et super pouvoir. Le film montre que la résilience peut d’abord enfermer, comme une répétition vide de sens, avant de devenir une force transformatrice, capable de redonner sens et direction à une vie. À travers l’humour et l’absurde, Phil Connors nous enseigne que la véritable résilience ne consiste pas simplement à survivre aux épreuves, mais à évoluer en apprenant de chaque expérience, aussi répétitive et insignifiante qu’elle puisse paraître.

Le film nous amène à voir la résilience active, celle qui se révèle à mesure que Phil apprend à utiliser cette répétition comme une opportunité de changement. Cela symbolise un basculement vers une résilience positive, où l’individu cesse de subir pour reprendre le contrôle. C’est à travers des actes apparemment anodins que Phil redécouvre une nouvelle façon d’aborder les mêmes défis, renversant la malédiction en un super pouvoir.

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le commenter et à m’indiquer les films qu’il me faut absolument voir également 🙂

Ma première interview… ou comment surmonté ses biais cognitifs !

Ma première interview… ou comment surmonté ses biais cognitifs !

Une nouvelle vie, de nouvelles opportunités de surmonter ses biais cognitifs

Interview Isabelle Mante_Sophie Morth :les biais cognitifs et la sérénité

Bon, soyons honnêtes, si on m’avait dit il y a trois mois que je serais interviewée par la fabuleuse Isabelle Mante, autrice du blog « En route vers la sérénité« , j’aurais probablement éclaté de rire… de ce rire un peu nerveux, celui qui vient quand ton cerveau te souffle des pensées du style : « Quoi, moi, experte des biais cognitifs ? Vraiment ? ». Je suis tellement fière de pouvoir prouver qu’on peut surmonter ses biais cognitifs !

Mais voilà, c’est bien arrivé ! Et après avoir survécu à l’interview, je me suis dit qu’il fallait que je partage ça avec vous car c’est le parfait exemple de ce que mes biais naturels m’auraient empêché de concevoir il y a quelques mois encore 🙂

Partie 1 – Le plaisir ou la sensation d’avoir fait un grand pas

Tout d’abord, le plaisir. On ne va pas se mentir, parler de biais cognitifs, de préjugés et de comment ils nous empoisonnent subtilement la vie, c’est mon dada. Si vous me lisez déjà vous le savez. Si vous me lisez pour la première fois, Tadaaa 😆 : c’est mon dada !!!

Je vous l’expliquais en détail dans mon premier article : Femmes au travail : percer les secrets et le plafond de verre

Alors, quand Isabelle m’a proposé de discuter de tout ça, c’était un peu comme si j’avais gagné une place pour un concert de rock : excitation totale ! 

Enfin, presque 1… sauf que là, on remplace les guitares électriques par des concepts comme le biais de confirmation et le biais d’ancrage (rock’n’roll, je vous dis ! 😂)

Enfin presque 2… sauf que j’ai d’abord pensé, pourquoi moi ? Est-ce qu’elle sait que je suis l’imposteur par excellence ? Car même si j’ai consacré une série d’articles au syndrome de l’imposteur, j’en suis victime comme tout un chacun et peut-être même 3ème dan 😇 

Bien sûr que les cordonniers sont les plus mal chaussés ! Vous en doutiez ?!

Une fois passée la surprise, la peur et le doute, j’étais dans mon élément dans ce mode conversation entre bonnes copines. Parler de schémas mentaux qui nous font procrastiner (oh, cette bonne vieille amie !), de ce fichu biais du perfectionnisme qui nous fait douter de nous-même, c’était comme déballer une boîte de chocolats : un pur plaisir. 😊 

Partie 2 – Le stress ou comment éviter de boire 3 litres de café avant un podcast

Alors oui, tout n’était pas rose. J’ai été angoissé pendant toute une semaine. 

J’ai connu mille fois, ce moment où tu te dis : « Et si je disais un truc complètement à côté de la plaque ? » Vous savez, cette petite voix insidieuse qui adore débarquer pile au moment où vous êtes censée paraître sûre de vous. « Et si je me mets à bafouiller ? Et si je me rends compte en pleine phrase que j’ai complètement perdu le fil ? »

Spoiler alerte : tout ça ne s’est pas produit. Enfin, pas exactement… J’ai peut-être bien oublié une ou deux choses que je voulais dire, mais Isabelle, avec son sourire bienveillant, a su me rattraper au vol. Ouf. Bref, gros moment de stress avant, mais une fois lancée, c’était comme discuter avec une amie autour d’un thé… (ou d’un café, sans la dose de stress supplémentaire !).

Partie 3 – L’émotion ou le moment où tu réalises que tu as peut-être transmis quelque chose d’important

Puis est venu ce moment magique, celui où tu réalises que tu pourrais vraiment toucher les gens. Vous savez, quand on parle de biais cognitifs, ça peut paraître un peu technique, mais en réalité, ça touche à l’essence même de ce qu’on vit tous au quotidien. Se rendre compte qu’on est nos propres saboteurs, qu’on se freine par peur du jugement ou de l’échec, c’est un vrai déclic. 

Et ce déclic, c’est ce que j’espère apporter aux auditeurs. Quand j’ai vu les réactions positives du post d’Isabelle sur LinkedIn, c’était le bouquet final. La cerise sur le gâteau, la crème brûlée parfaite où tu réussis enfin à casser le caramel d’un coup sec 😁

Conclusion : la première d’une longue série (oups, je m’emballe ?)

En résumé, cette expérience d’interview était à la fois une montée d’adrénaline, une bouffée de plaisir et une bonne dose d’émotion. Si je peux faire passer un seul message, c’est celui-ci : on a tous nos biais cognitifs, mais on peut apprendre à les identifier, à les contourner, et surtout, à ne pas les laisser nous emprisonner dans nos peurs.

Et maintenant, soyons fous, peut-être que la prochaine étape, c’est mon propre podcast ? On ne sait jamais… En tout cas, j’ai pris goût à ce petit frisson de l’interview ! Et puis, si je me plante, ce n’est qu’un biais qui me pousse à douter… Ça tombe bien, j’ai appris à le repérer.

Allez, on se retrouve très vite pour la suite de l’aventure cognitive ! 

J’attends vos commentaires et sur l’article et sur l’interview bien sûr – Je compte sur vous 😊 

Retrouvez le podcast d’Isabelle ici

L’effet Barnum : le biais cognitif qui vous rend spécial !

L’effet Barnum : le biais cognitif qui vous rend spécial !

Il n’y a rien de plus prévisible que le cerveau humain et nous sommes tous sensibles à l’effet Barnum, le biais cognitif qui flatte notre ego.

PRÉAMBULE : Qui êtes-vous ? 

Vous qui lisez cet article, je vous connais bien. J’en veux pour preuve ce que je vais vous révéler ci-dessous : 

Vous avez besoin d’être aimé et apprécié, et pourtant vous savez être critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas encore utilisé à votre avantage. À l’extérieur vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur vous tendez à être préoccupé et pas très sûr de vous-même. Parfois vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu’il fallait.

Vous préférez une certaine dose de changement ou de variété, et vous devenez insatisfait si on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. Vous avez trouvé qu’il était maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moment vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis qu’à d’autres moments vous êtes introverti, circonspect et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être irréalistes…”

À combien estimez-vous pertinente cette évaluation de vous-même ? 

INTRODUCTION : Tous victimes de l’effet Barnum

Effet Barnum_principale

Si vous vous y retrouver complètement ou en grande partie, c’est que vous être victime de l’effet Barnum 🙂 Pas de panique, c’est normal ! 

Également connu sous le nom d’effet Forer, l’effet Barnum est un biais cognitif qui conduit les gens à croire que des descriptions vagues et générales s’appliquent spécifiquement à eux, alors qu’elles sont en réalité suffisamment floues pour s’appliquer à tout le monde. Les horoscopes, les lectures de voyance, les tests de personnalité, et même certains discours de motivation exploitent souvent ce phénomène. Il porte le nom de P.T. Barnum, célèbre pour son approche du spectacle qui incluait l’idée que « chaque minute, un imbécile naît », en référence à la crédulité des gens.

Partie 1 : Tout savoir sur l’effet Barnum, ce biais cognitif qui nous rend unique :

1.1. Les origines de l’effet Barnum

Le psychologue Bertram Forer a mené une expérience en 1948 pour démontrer cet effet. Ses étudiants ont reçu un test de personnalité et le même résultat. C’était une description générale qu’il avait concoctée en utilisant des phrases provenant de livres d’astrologie. La majorité des participants ont trouvé que le test les décrivait avec une grande précision.

1.2. De nos jours, l’effet Barnum est exploité dans des domaines comme :

  • Les horoscopes : « Personne créative, mais parfois vous manquez de confiance en vous. »
  • Les tests de personnalité gratuits en ligne : « Vous aimez être entouré de personnes, mais appréciez aussi vos moments de solitude. »
  • Les coachings motivationnels : « Vous avez un potentiel immense mais pas encore complètement découvert. »
Effet Barnum_voyance

1.3. Le mécanisme derrière l’effet : 

Les déclarations qui semblent personnalisées fonctionnent souvent car elles contiennent :

  • Des affirmations vagues,
  • Des phrases qui pourraient s’appliquer à n’importe qui, par exemple : « Vous voulez vous sentir aimé et admiré par ceux qui vous entourent »,
  • Un mélange d’affirmations positives et d’éléments que les gens ont tendance à accepter comme vrais parce qu’ils aiment entendre des compliments ou des points d’amélioration crédibles.

Les 3 facteurs qui garantissent un effet imparable :

  • une description qui met l’accent sur des traits positifs,
  • proposée comme personnalisée,
  • par une personne que l’on se représente comme qualifiée.

Ajoutez-y le mot magique “parfois” comme dans “parfois vous vous sentez très sûr de vous, tandis qu’à d’autres moments, vous n’êtes pas aussi confiant”. Aucun être humain ne peut pas ne pas sentir concerné par cette description 😉

Partie 2 : Les grandes expérimentations de l’effet Barnum, un biais cognitif ordinaire.

Pour briller à la machine à café vous pourrez citer les grandes expériences qui ont permis de démontrer la puissance de l’effet Barnum et son extraordinaire champ d’actions. 

2.1. L’expérience de Bertram Forer (1948)

Je l’évoquais plus haut, l’expérience la plus célèbre concernant l’effet Barnum a été menée par Bertram Forer, un psychologue américain. Il a réalisé l’une des premières démonstrations de ce biais cognitif :

Forer a soumis ses étudiants à un test de personnalité et, après l’avoir analysé, leur a fourni un retour personnalisé. 

En vérité, tous ont reçu la description que je vous ai proposée en préambule de cet article.  

“Vous avez besoin d’être aimé et apprécié, et pourtant vous savez être critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas encore utilisé à votre avantage. À l’extérieur vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur vous tendez à être préoccupé et pas très sûr de vous-même. Parfois vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu’il fallait.

Vous préférez une certaine dose de changement ou de variété, et vous devenez insatisfait si on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. Vous avez trouvé qu’il était maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moment vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis qu’à d’autres moments vous êtes introverti, circonspect et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être irréalistes…”

Si vous relisez ce paragraphe attentivement. Vous noterez qu’il s’agit bien d’une succession de phrases très génériques

Lorsque Forer a ensuite demandé à ses étudiants d’évaluer dans quelle mesure cette description reflétait leur personnalité sur une échelle de 0 à 5. En moyenne, ils ont donné une note de 4,26 sur 5, estimant que la description correspondait précisément à leur personnalité.

Cet exercice a prouvé que des descriptions vagues peuvent donner l’illusion d’être spécifiquement adaptées à un individu.

2.2. L’expérience de Snyder et Shenkel (1975)

Effet Barnum_astrologie

Dans cette expérience, Mark Snyder et Richard Shenkel ont étudié l’effet Barnum à travers des lectures astrologiques :

  • Ils ont demandé aux participants de fournir des informations personnelles sur eux-mêmes, puis leur ont donné une analyse astrologique en retour. Cette analyse était en fait une description Barnum générique.
  • La majorité des participants ont trouvé les descriptions extrêmement précises et pertinentes, même si elles étaient totalement standardisées et non basées sur leurs informations réelles.

2.3. L’expérience de Rogers et Soule (2009)

Rogers et Soule ont exploré l’effet Barnum dans le domaine du marketing. Leur expérience portait sur la manière dont les consommateurs réagissent à des descriptions de produits :

  • Ils ont constaté que lorsque des publicités ou des descriptions de produits utilisaient des descriptions vagues mais flatteuses (« ce produit est parfait pour les personnes dynamiques et ambitieuses comme vous »), les consommateurs avaient tendance à acheter davantage ces produits.
  • Cela a montré que l’effet Barnum impacte également les pratiques commerciales.

Conclusion des expériences sur l’effet Barnum, le biais cognitif qui nous rend spécial.

Ces expériences montrent que les gens ont tendance à accepter des descriptions vagues et générales comme étant spécifiquement adaptées à eux. Que ce soit dans des contextes psychologiques, astrologiques, ou commerciaux, l’effet Barnum prouve que nous avons tous un biais cognitif qui nous pousse à croire que des énoncés génériques sont « personnalisés », particulièrement lorsqu’ils sont positifs ou flatteurs.

Ces recherches permettent de comprendre pourquoi des systèmes comme l’astrologie, la voyance, ou les tests de personnalité non scientifiques ont un tel attrait auprès du grand public.

Partie 3 : les pièges de l’effet Barnum :

Les situations que vous ne regardez plus comme avant en ayant pris conscience de l’effet Barnum 😁

3.1. « Je suis spécial… comme tout le monde » : 

Si après avoir lu votre horoscope ou un test de personnalité, vous vous êtes dit : « Wow, c’est exactement moi », c’est que vous êtes tombé dans le piège classique de l’effet Barnum. Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul… littéralement, tout le monde tombe dedans !

3.2. La voyante infaillible : 

Vous connaissez cette voyante qui vous annonce que « vous allez bientôt vivre un changement important dans votre vie » ? Ah oui, ça peut être parce que la vie change tout le temps. D’un jour à l’autre, vos chaussettes préférées peuvent disparaître dans le lave-linge, et hop, voilà un changement majeur !

3.3. L’effet « astrologie de bureau » : 

Si vous avez déjà vu votre collègue lever les yeux au ciel après que quelqu’un lui ait dit : « C’est tellement typique des Capricornes », sachez que c’est probablement l’effet Barnum qui parle ici. En réalité, peu importe si vous êtes Balance ou Bélier, on pourrait vous dire la même chose, et ça marcherait tout aussi bien.

3.4. Les « astuces Barnum » au quotidien :

Avez-vous remarqué que votre ami vendeur peut toujours trouver une solution à tout ? Il vous dira des phrases comme « Je pense que cette voiture est faite pour vous, elle correspond exactement à votre personnalité unique : dynamique, mais parfois calme et réfléchie. »

Ou encore les coachs en développement personnel : « Vous avez toujours senti que vous êtes différent, que vous n’êtes pas fait pour le train-train quotidien. Vous êtes un entrepreneur dans l’âme, même si vous ne le réalisez pas encore ! »

Conclusion : L’effet Barnum, une illusion universelle… mais pas sans charme !

En fin de compte, l’effet Barnum nous montre à quel point nous avons tous besoin de sentir que nous sommes uniques. Même si les descriptions qui nous flattent pourraient aussi bien correspondre à notre voisin. Ce biais cognitif fonctionne parce qu’il tire sur des ficelles psychologiques bien ancrées. Nous aimons les compliments, les déclarations positives et cette douce sensation d’être « compris ».

Mais pas de panique ! Être victime de l’effet Barnum n’est ni un défaut ni une faiblesse. Après tout, si des millions de personnes lisent encore leur horoscope chaque jour ou se laissent séduire par un test de personnalité en ligne, c’est que quelque part, cela nous rassure et nous divertit. 

Il faut simplement en être conscient, et surtout s’en amuser ! Alors, la prochaine fois que quelqu’un vous dira que « vous avez un potentiel incroyable, mais que vous doutez parfois de vous », souriez, et rappelez-vous que l’effet Barnum est à l’œuvre. 

Et finalement, que vous soyez Balance, Scorpion, ou que vous préfériez ignorer l’astrologie, vous pourrez continuer à apprécier ces petites descriptions flatteuses… sans vous prendre trop au sérieux. Comme dirait P.T. Barnum lui-même, « Tout le monde aime un bon spectacle », et l’effet Barnum en est sans doute l’un des plus vieux tours de magie cognitive !

En résumé, il n’y a rien de mal à se reconnaître dans une description Barnum – cela fait partie de notre humanité. Ce qui compte, c’est de garder un œil critique et d’en rire. Alors, continuez à être « spécial »… tout en sachant que tout le monde l’est aussi !

En savoir plus sur les biais originaux :

La résilience : super pouvoir ou malédiction ? mais biais cognitifs ?

La résilience : super pouvoir ou malédiction ? mais biais cognitifs ?

Image principale pour illustrer le lien entre biais cognitifs et résilience

Introduction : Quels sont les liens entre nos biais de pensée et l’émergence des concepts de développement personnel ? 

Je souhaite ici vous faire part d’une réflexion plus personnelle. 

Dans le cadre d’un exercice de collecte des retours de mes collègues et amis sur moi, j’ai été qualifiée de “résiliente”. Je cherche depuis à savoir ce qui peut se cacher derrière ce qualificatif et en quoi il peut me formater ? 😉

Interpellée par ce concept de résilience qui, me semble-t-il, a particulièrement émergé avec la crise COVID, je m’interroge donc. Résilience : atout ou piège ? Quels sont les impact des biais cognitifs sur le développement personnel ? Quels sont les liens entre nos biais de pensée et l’émergence de ces concepts de développement personnel ? 

J’ai d’ailleurs déjà ouvert la question dans ma sélection des vidéos les plus instructives : Épisode #1 : De résilience” et renoncement, il n’y a qu’un pas !

Ah, la résilience ! Cette capacité miraculeuse qu’on vous vend comme la clé pour naviguer à travers les tempêtes de la vie. Imaginez un peu : vous êtes comme un roseau, vous pliez mais ne rompez jamais. Plutôt pratique, non ? Mais attendez, regardons ensemble les dessous de cette vertu soi-disant salvatrice.

La résilience est la capacité d’une personne ou d’un système à s’adapter et à se remettre rapidement des difficultés, des traumatismes ou des changements. Elle permet de faire face aux défis et de revenir à un état de fonctionnement normal, voire d’atteindre un état de fonctionnement amélioré après avoir surmonté des obstacles.

Partie 1: Effets bénéfiques et néfastes de la résilience – ChatGPT m’a diagnostiquée “résiliente” !

Je vais vous faire une confidence : j’utilise ChatGPT pour accélérer ma productivité sur ce site 🙂 

[Nota : Et je vous révélerai bientôt comment bien le faire car nous devons tous nous adapter à ce puissant pouvoir pour le maîtriser progressivement et le rendre plus intelligent 😇]

Bref, en cherchant de l’inspiration il y a quelques semaines, j’ai posé la question à ChatGPT des effets bénéfiques et néfastes de la résilience. Le retour qu’il me fait spontanément m’a terrifié tant il me ressemble et je vous le livre ici en substance. 

1. Effets bénéfiques de la résilience

Vue schématiques des effets bénéfiques de la résilience

Adaptation au changement :

  • Les individus résilients peuvent mieux s’adapter aux changements dans leur environnement personnel ou professionnel, ce qui les aide à naviguer dans des situations imprévues sans trop de stress.

    Vous et moi, individus résilients, sommes comme des caméléons. Nous nous adaptons si bien que, quand notre patron nous annonce que l’entreprise déménage en Antarctique, nous enfilons immédiatement une doudoune. Pas de stress pour nous, juste de la réadaptation !

    Réduction du stress :

    • La résilience aide à gérer le stress de manière plus efficace, ce qui peut mener à une meilleure santé mentale et physique.

      La résilience est notre Xanax naturel. Nous pourrions perdre notre maison, notre emploi et même notre chien, mais grâce à cette vertu magique, nous continuons à sourire comme si nous venions de gagner à la loterie.

      Amélioration de la santé mentale

      • Les personnes résilientes ont tendance à avoir des niveaux plus élevés de bien-être émotionnel, réduisant les risques de dépression et d’anxiété.

        En tant que personne résiliente, nous nageons dans un océan de bien-être émotionnel. Dépression, anxiété ? nous ne connaissons pas ! nous avons une armure invisible qui repousse les mauvaises vibes.

        Renforcement des relations sociales :

        • La résilience peut améliorer les relations interpersonnelles en aidant les individus à communiquer de manière plus efficace et à résoudre les conflits de manière constructive.

          Avec la résilience, même une dispute se transforme en un échange constructif. Nous communiquons efficacement, résolvons les conflits et sortons de là bras dessus bras dessous, prêts à conquérir le monde.

          Capacité à rebondir après un échec

          • Les individus résilients sont plus capables de tirer des leçons de leurs échecs et de continuer à avancer avec une perspective positive.

            Amis résilients, échouer n’est qu’une simple formalité. Nous trébuchons, mais hop ! Nous nous relevons avec un sourire éclatant, prêt à transformer chaque pierre d’achoppement en marchepied vers le succès.

            2. Effets néfastes potentiels de la résilience

            Vue schématique des effets néfastes de la résilience

            Détachement émotionnel

            • Parfois, une forte résilience peut mener à un détachement émotionnel où une personne peut sembler insensible ou indifférente aux difficultés des autres.

              Mais attention, trop de résilience peut vous transformer en robot sans cœur. Les autres pleurent, se lamentent, et vous, vous restez de marbre, un véritable roc indifférent aux vagues d’émotion humaine.

              Sous-estimation des risques

              • Une confiance excessive en sa capacité à surmonter les difficultés peut entraîner une sous-estimation des risques et des comportements imprudents.

                La résilience donne des ailes, mais aussi des illusions. Vous vous croyez invincible, prêt à sauter du haut de la falaise parce que, pourquoi pas ? Rien ne peut vous atteindre !

                Épuisement

                • Être constamment résilient et toujours essayer de surmonter les obstacles sans prendre le temps de se reposer peut mener à l’épuisement ou au burn-out.

                  Être constamment résilient, c’est comme être sous perfusion de caféine. Pas de pause, pas de répit. Vous finissez par vous effondrer comme une marionnette dont on a coupé les fils, à bout de forces et de nerfs.

                  isolement social

                  • Une résilience excessive peut parfois amener les individus à penser qu’ils doivent tout affronter seuls, ce qui peut mener à l’isolement social et à un manque de soutien.

                    Les super-héros résilients finissent souvent seuls. Pourquoi demander de l’aide quand on peut tout gérer soi-même ? Résultat : vous êtes seul sur votre île de bravoure, sans personne pour partager la vue.

                    Négation des problèmes

                    • Certaines personnes très résilientes peuvent éviter de traiter les problèmes profondément enracinés, en se concentrant plutôt sur les solutions à court terme sans aborder les causes sous-jacentes des difficultés.

                      Et puis, il y a ceux qui sont tellement résilients qu’ils préfèrent ignorer les problèmes. Plutôt que d’affronter les vrais enjeux, ils se contentent de mettre des pansements sur des plaies béantes, en espérant que tout finira par passer.

                      Une fois ces bases posées, je pense que, comme moi, un certain nombre d’entre vous se sentent “résilients”. Alors, comment tenir la ligne entre les effets positifs et les effets néfastes de vôtre côté résilient ? Est-ce que le concept même de résilience n’a pas été imaginé pour nous aider à faire passer certaines difficultés comme des opportunités ? 

                      Mon scepticisme naturel m’a conduit à la question suivante 😁 : 

                      Partie 2 : La résilience n’est-elle pas un moyen de faire accepter le renoncement aux individus ? 

                      Ah, le grand débat de la résilience ! Faut-il accepter son sort avec un sourire stoïque ou lever les poings en signe de révolte ? Voici une petite exploration toute personnelle de cette question épineuse 😉

                      1. La résilience : L’art de s’adapter sans faire trop de vagues

                      Qu’il est intéressant de pousser les femmes à adopter la résilience dans le monde professionnel :

                      Illustration résilience sage pour ne pas faire de vague
                      • “Salaire inégal ?” : “Pas de problème”

                      Une femme résiliente sait comment gérer son budget serré, même si elle doit renoncer à quelques luxes comme les vacances ou les soins de santé de qualité.

                      •  Être perçue comme faible ?” : “Bien sûr, pourquoi pas ?” 

                      Être sous-estimée peut être une stratégie brillante pour mieux surprendre ses collègues quand elle finit par sauver le projet de l’année en silence.

                      2. Résilience, acceptation ou renoncement ? 

                        Renoncer et accepter l’injustice

                        Si la résilience, c’est acceptation. Le risque est important 

                        • Accepter un salaire inégal, c’est accepter de jouer le rôle de la victime et renoncer à se battre pour ses droits
                        • Accepter de se conformer aux stéréotypes de faiblesse, c’est confirmer sa faiblesse intrinsèque, et valider les perceptions sociétales sans faire de vague. 

                        Si l’on n’y prend pas garde, la société peut nous récompenser pour cette acceptation, la rendant de fait positive. Il est tellement plus facile de chercher du positif et de la tranquillité d’esprit. 

                        Et d’acceptation au renoncement il n’y a qu’un pas

                        Si la résilience, c’est une forme d’adaptation permanente pour réduire le stress et renforcer les relations sociales, il peut être plus facile de renoncer à s’imposer pour ne pas faire de vague. 

                        Le renoncement consisterait à accepter docilement l’inacceptable. Ne pas élever la voix. Ne pas prendre d’actions concrètes et encore moins chercher à inspirer les autres à faire de même. Comme c’est pratique 🙂

                        Attention donc à ne pas laisser les autres vous convaincre des bienfaits de la résilience silencieuse. Parfois la rébellion bruyante est bien fondée et heureusement que, dans le passé ou aujourd’hui, certains osent prendre la parole. La résilience efficiente s’est peut être aussi influencer pacifiquement mais efficacement sur les situations et pas uniquement s’y adapter !

                        Illustration résilience active et déterminée

                        Et d’ailleurs, si j’en reviens au cœur de mon propos habituel, en quoi la résilience se nourrit-elle de nos biais cognitifs ? Ou les nourrirait-elle ? N’y a-t-il pas un risque ou un remède pour comprendre leurs interactions ? 

                        Partie 3 : Interaction entre résilience et biais cognitifs – attention danger ?

                        Je vous rappelle les postulats 🙂

                        • La résilience est la capacité d’un individu à surmonter les difficultés, à s’adapter positivement face à l’adversité, au stress ou aux traumatismes.
                        • Les biais cognitifs, quant à eux, sont des distorsions de la pensée qui affectent les jugements et les décisions.

                        1. Pour comprendre : exemple de 4 biais cognitifs boostés par la résilience

                        La résilience peut interagir avec les biais cognitifs de plusieurs manières, influençant à la fois la perception des défis et les stratégies adoptées pour les surmonter. Voici comment certains biais cognitifs peuvent interférer ou moduler la résilience :

                        Biais de positivité :

                        C’est la tendance à se concentrer sur les aspects positifs tout en minimisant les négatifs.

                        Ce biais peut renforcer la résilience en aidant les individus à maintenir une attitude optimiste face aux difficultés. Cependant, s’il est excessif, il peut conduire à une sous-estimation des risques ou des problèmes réels, empêchant une préparation adéquate.

                        Biais de confirmation :

                        Cette tendance à rechercher, interpréter et se souvenir des informations qui confirment ses croyances préexistantes.

                        Ce biais peut soit soutenir, soit entraver la résilience. Par exemple, si une personne croit fermement en sa capacité à surmonter les obstacles, elle peut ignorer les signes de détresse, ce qui peut retarder la recherche d’aide nécessaire.

                        Biais d’ancrage :

                        Tendance à s’appuyer trop fortement sur la première information rencontrée (l’ancre) lors de la prise de décision.

                        Si l’ancre est une expérience passée de succès, cela peut renforcer la confiance en sa résilience. À l’inverse, une première expérience négative peut affaiblir cette confiance, même si les circonstances actuelles sont différentes.

                        Effet Dunning-Kruger :

                        Tendance des individus moins compétents à surestimer leurs capacités.

                        Une personne peut croire à tort qu’elle est plus résiliente qu’elle ne l’est réellement, ce qui peut l’empêcher de chercher le soutien nécessaire lors de situations difficiles.

                        2. Pour agir et bien vivre sa résilience

                        Vous l’aurez compris, il est important de maîtriser  les interactions possibles entre la résilience et les biais cognitifs. C’est même la clé pour : 

                        • Développer une résilience équilibrée : Encourager une attitude positive tout en restant conscient des défis réels.
                        • Améliorer la prise de décision : En reconnaissant et en atténuant les biais cognitifs, les individus peuvent mieux évaluer leurs capacités et les ressources nécessaires pour faire face aux adversités.
                        • Promouvoir la santé mentale : Une résilience soutenue par une perception réaliste réduit le risque de surmenage et de burn-out.

                         

                        Conclusion : les différentes pistes pour une bonne “résilience”

                        Illustration de liberté et de puissance de la femme

                        Piste 1 : la résilience éclairée

                        La résilience n’est pas isolée des biais cognitifs ; au contraire, elle est constamment influencée par la manière dont nous percevons et interprétons les événements. En reconnaissant et en comprenant ces biais, il est possible de renforcer la résilience de manière plus efficace et adaptée aux réalités individuelles.

                        Piste 2 : la résilience efficiente 

                        La résilience efficiente, c’est aussi accepter les réalités du monde tout en travaillant dur pour les changer de l’intérieur. Donc, même si le plafond de verre est bien en place, une femme résiliente y apposera des autocollants motivants tout en grignotant lentement ce verre (en espérant que ce soit du sucre).

                        Pourquoi ne pas faire en sorte que votre résilience ne soit pas synonyme d’acceptation passive, mais une stratégie sophistiquée de long terme. On joue le jeu, on encaisse les coups, mais on prépare son ascension en coulisse.

                        Dire non aux injustices et ne pas se contenter du statu quo est une forme de résilience. C’est reconnaître ses limites, mais aussi ses potentiels. C’est se battre pour l’équité, non seulement pour soi mais pour toutes les générations futures.

                        La résilience en puissant stratagème

                        Accepter d’être moins bien payée et perçue comme faible n’est ni une preuve de résilience ni de renoncement. C’est plutôt un reflet ironique d’une société qui a encore du chemin à parcourir. La vraie résilience féminine pourrait bien être cette force tranquille qui, sous couvert d’acceptation, prépare une révolution douce mais implacable. 

                        Quant au renoncement, il pourrait être la voie royale vers une véritable égalité, refusant d’accepter quoi que ce soit de moins qu’un traitement juste et équitable. Alors continuons à défier les attentes avec panache et détermination. Nous sommes bien plus que les stéréotypes ne pourront jamais définir ! 😃

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                        Si vous voulez creuser ce sujet, je vous propose de suivre ces liens

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                        À bientôt sur Les Biais dans le Plat. 

                        J’ai hâte de lire vos commentaires à cet article et surtout n’oubliez pas de vous enregistrer pour recevoir automatiquement toutes les nouvelles publications !

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise (#1)

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise (#1)

                        Sur le chemin du savoir que je souhaite partager avec vous sur ce site, j’ai dévoré le livre : « Intelligence relationnelle et inclusion », de Laurent Depond. Dans son ouvrage, l’auteur montre finalement que les biais cognitifs sont de véritables obstacles à la diversité en entreprise.

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise

                        Introduction : Un résumé en deux parties pour un ouvrage riche et éclairant

                        Le livre « Intelligence relationnelle et inclusion » de Laurent Depond explore les mécanismes qui freinent l’inclusion en entreprise. Il propose des solutions fondées sur les neurosciences. Ce résumé en deux parties vous offre une vision complète des enseignements clés de cet ouvrage.

                        Dans cette première partie, nous allons découvrir les enjeux de la diversité, ses paradoxes. Puis comment nos fonctionnements cérébraux influencent nos comportements et décisions. Dit autrement, comment nos biais cognitifs influent directement sur la diversité en entreprise.

                        Si vous deviez ne retenir que ça : les biais cognitifs sont l’artefact ultime de notre cerveau pour servir ses objectifs.

                        Cet ouvrage vise à repenser la culture organisationnelle pour rendre l’inclusion plus concrète. Il se fonde sur des outils scientifiques pour comprendre les obstacles à un environnement de travail inclusif. 

                        Ancien consultant, ancien VP Diversity & Inclusion chez Orange, Laurent Depond y explore comment les neurosciences et les sciences cognitives. Comment elles peuvent contribuer à développer la diversité et l’inclusion dans les organisations. 

                        Il propose des pistes pour dépasser ces obstacles. Mieux comprendre les mécanismes relationnels humains et la sécurité psychologique est clé pour une inclusion efficace et durable.

                        En s’appuyant sur les récents apports des neurosciences et des sciences cognitives, ce livre propose une réflexion non stigmatisante. Il nous éclaire sur les fonctionnements humains, souvent mal compris ou simplement ignorés. En quoi ils freinent la mise en place d’un environnement de travail inclusif et égalitaire. Il propose de revoir la formation et la place du manager dans les organisations. Comment faire passer le thème d’inclusion dans une vision de performance durable. 

                        Ouvrage de 208 pages – Collection “Les carnets Soft Skills” chez Dunod.

                        Résumé détaillé de l’ouvrage 

                        Introduction : 

                        En prenant acte que le monde du travail rencontre une crise sans précédent d’engagement depuis la crise sanitaire de 2021, l’auteur est convaincu que l’intelligence relationnelle est une piste sérieuse pour l’optimisation des relations entre individus. 

                        Selon lui, les “soft skills” constituent les compétences comportementales. Elles favorisent ces relations à l’origine d’un meilleur engagement et d’une meilleure adaptation au stress des collaborateurs. Pour autant, l’injonction faite aux organisations de développer l’inclusion pour des raisons économiques et morales ne peut aboutir qu’en posant les bases d’un management inclusif intégrant les logiques de l’analyse neuro cognitive comportementale. Les biais cognitifs naturels sont un frein à la diversité en entreprise.

                        Partie 1 : Le paradoxe de la diversité

                        Chapitre 1 : Les vrais enjeux de la diversité en entreprise

                        Laurent Depond explique pourquoi et comment, ni l’impulsion uniquement donnée par un dirigeant convaincu, ni celle donnée par un corpus législatif contraignant, ne pourront aboutir à un succès en matière de diversité. La diversité promue comme en priorité est globalement un échec en entreprise. Elle finit par déformer les véritables opportunités en matière de performance. 

                        À ce stade, ces politiques d’inclusion n’ont généré, selon lui, que frustrations par et contre les personnes promues via ces dispositifs. La source de la performance n’est pas liée à la typologie des profils mais bien à leur variété. “La diversité visible des “décideurs” étudiée en sexe, âge ou origine géographique est moins contributrice de la qualité décisionnelle que leur diversité “fonctionnelle”, celle de leurs modes de raisonnement.” Peu importe le packaging si l’entreprise n’arrive pas à tirer profit de ce qu’il y a à l’intérieur de la boîte crânienne des collaborateurs. C’est la capacité de l’entreprise et de ses managers à bien gérer les diversités qui compte plus que la présence de la diversité elle-même ! 

                        Vers la performance durable :

                        Il invite l’entreprise à viser la performance durable en combinant succès économique et approche éthique, écologique. C’est la qualité de vie au travail (QVT) qui permet aux collaborateurs de livrer cette performance. 

                        À l’heure où l’intelligence artificielle et les conséquences des changements démographiques frappent aux portes des entreprises. Faire aboutir leurs politiques de diversité et d’inclusion n’est plus une option. 

                        Les différences générationnelles sont un faux sujet : 

                        • la science a démontré que la plasticité cérébrale n’est pas une question d’âge, 
                        • la construction marketing des fossés générationnelles n’est plus à démontrée

                        Les différences culturelles sont une réalité que l’entreprise doit / peut apprendre à gérer. Mais le monde change vite et le cerveau humain a naturellement peur du changement ! L’entreprise doit se réinventer vite et donc dans la douleur. Éliminer les biais d’analyse pour faire émerger les profils auxquels personne n’aurait penser devient essentiel. 

                        Accepter de recruter différemment, accepter de travailler différemment, seront les grands challenges des prochaines années et même les grandes start-up s’y confrontent. C’est l’exemple d’Elon Musk qui interdit le télétravail pour ses équipes. 

                        Chapitre 2 : Un écosystème peu favorable.

                        Les injonctions pour la diversité ont rendu la cause inaudible 
                        • pour les jeunes, 
                        • pour les femmes, 
                        • pour les seniors, 
                        • pour les personnes issues de milieux défavorisés
                        • etc.

                        “Nous sommes chacun une combinatoire de ces éléments, sans parler de la diversité la plus structurante, celle des profils cognitifs qui fait de nous des individus uniques.”

                        Plus l’approche est fragmentée et plus elle s’affaiblit. 

                        Alors que la dictature de l’image, ouvre chaque jour la voie à des nouveaux lynchages médiatiques, les entreprises doivent apprendre à tout contrôler. 

                        Si la discrimination fait l’objet de contraintes réglementaire forte, il ne faut pas pour autant occulter que l’origine des différences s’ancre dans des cultures et pratiques traditionnelles qui se révèlent sexistes sans conscientisation du sujet. Elles sont le fruit de stéréotypes puissants tel que “le salaire des femmes ne peut pas être au niveau de celui des hommes car (…) ce n’est qu’un salaire d’appoint dans le couple”. 

                        Il est difficile de mettre au jour des pratiques discriminatoires alors que ce sont plus des biais humains et organisationnels qui expliquent ces résultats. Attaquer ces sujets sous un prisme uniquement légal peut se révéler contre-productif. Il faut s’attaquer non pas aux discriminations mais aux biais discriminatoires sinon dès qu’il y aura plusieurs femmes dans un comité de direction, l’illusion de fréquence permettra à notre cerveau, de bonne foi, d’être persuadé que le sujet est clos ! 

                        Il ne faut pas aborder le sujet par le prisme diversité donc mais bien par le prisme “performance durable”. La diversité viendra naturellement si elle prouve qu’elle contribue à la performance et la révision des politiques de recrutement et de formation des managers en sont les clés. 

                        Partie 2 : Prendre conscience de nos “fonctionnements humains”

                        Chapitre 3 : Notre cerveau nous raconte des histoires

                        C’est dans la nature même de notre cerveau que de bloquer l’inclusion et c’est à ce problème que l’entreprise de demain doit s’attaquer. C’est en ça que nos biais cognitifs sont des freins à la diversité en entreprise.

                        Le cerveau a pour objectifs

                        • notre sécurité
                        • notre bien-être

                        Le tout en économisant de l’énergie. L’éthique et l’objectivité n’ont pas été sélectionnées comme des finalités à atteindre au cours des milliers d’années qui l’ont façonnées. 

                        Notre cerveau censure, sélectionne, fait des paris statistiques en utilisant biais et préjugés. 

                        Pour lutter contre l’inconfort, le cerveau se comporte comme une machine d’anticipation. Créer l’avenir est probablement la chose la plus importante qu’il fasse. 

                        L’inquiétude et la peur sont consommatrices d’énergie et potentiellement dangereuses. Cela réduit nos capacités d’action en cas de danger avéré. Nous avons donc besoin d’explications pour avoir le sentiment d’avoir le contrôle sur notre environnement. Les rumeurs et complots naissent naturellement de ce besoin impérieux d’explications quitte à générer quantité de biais d’analyse dont la plus impactante est la croyance rassurante d’un “monde juste”. Ce monde juste permet à tout un chacun de se rassurer : toute victime porte une part de responsabilité dans ce qui lui arrive. Le danger est alors lointain pour soi…

                        “En 2015, une étude IPSOS a mis en évidence que 37% des françaises pensaient qu’une femme victime de viol avait une part de responsabilité dans ce qui lui était arrivé. Soit du fait de sa tenue ou de son comportement ou encore des lieux qu’elle fréquentait.” Notre cerveau, dans sa recherche désespérée d’homéostasie, éloigne de nous le risque de cette façon terrible… Facile donc de tomber dans le biais d’auto-complaisance qui attribue nos succès à nos actions et nos échecs à des facteurs extérieurs. Notre cerveau nous raconte les histoires qui lui permettent de servir ses objectifs primaires. 

                        Pour notre sécurité émerge le biais d’affinité ou tribal. 

                        Nous ne sommes en sécurité qu’entre nous puisque l’étranger représente le danger et le pair est un allié naturel de notre survie. Mais si la recherche de l’entre soi est un conditionnement naturel qu’on peut expliquer et qu’il convient de dédramatiser, l’important c’est de le conscientiser et d’agir. Il n’est pas difficile de créer des groupes affinitaires. C’est un puissant levier d’inclusion. 

                        Il en va de même pour l’effet de halo et l’impact fort du paraître. Si pour la femme, la beauté est un désavantage puisque le préjugé l’associe à la bêtise, pour les hommes, elle est elle associée à la compétence. Encore une fois, la conscientisation de ce biais est le prérequis. Il n’est pas question de juger, juste de l’identifier mais cela touche aussi les “légumes moches” 🙂

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                        Ce résumé montre que notre cerveau, bien que formidable, s’appuie sur des mécanismes automatiques et biaisés qui influencent nos comportements, souvent au détriment de la diversité. Comment nos biais cognitifs rendent difficile la diversité en entreprise.

                        Dans la seconde partie de cet article, nous explorerons comment une meilleure compréhension de ces mécanismes peut nous permettre de dépasser ces obstacles et instaurer un management inclusif fondé sur l’intelligence relationnelle.

                        📢 Rendez-vous dans la deuxième partie pour continuer cette réflexion essentielle sur les biais cognitifs et leur impact sur nos interactions.

                         Pour aller plus loin :