Catégorie : Biais au travail

Démasquer, comprendre, identifier les biais, le meilleur moyen de les déjouer

Biais cognitifs : Êtes-vous maître ou apprenti de votre cerveau ?

Biais cognitifs : Êtes-vous maître ou apprenti de votre cerveau ?

Biais cognitifs êtes-vous maître ou apprenti de votre cerveau

Que nous connaissions ou pas les biais cognitifs : Êtes-vous maître ou apprenti de votre cerveau ? C’est une question que nous ne nous posons finalement peu ou pas ! Et pourtant… Je vous propose ce quiz pour vous permettre de reconnaître les biais cognitifs qui ponctuent nos réactions quotidiennement.

Votre cerveau est un outil puissant, mais il aime les raccourcis. Chaque jour, sans même que vous le réalisiez, il simplifie, interprète et prend des décisions à votre place pour vous faire gagner du temps. Parfois, ces raccourcis nous aident… mais régulièrement, ils nous piègent.

Les biais cognitifs sont tellement nombreux qu’ils peuvent nous surprendre dans de nombreuses situations. Ce quiz n’est pas là pour vous indiquer la « bonne réponse » – je n’ai pas cette prétention. 😉 Il est là pour vous aider à observer vos réflexes et à découvrir comment, dans la plupart des situations, vous réagissez instinctivement.

L’objectif n’est pas de juger mais d’apprendre : apprenez à reconnaître ces moments où, sans même vous en rendre compte, vous appliquez un schéma de pensée biaisé. Que ce soit en situation de stress, de fatigue, ou même lorsque tout va bien, prendre conscience de ces automatismes vous permettra de retrouver le contrôle et d’affiner votre capacité à prendre du recul.

Quiz : Êtes-vous le maître ou l'apprenti de votre cerveau ?

Prêt(e) à explorer votre esprit ?

Recherchez l'option qui ressemble le plus à votre réaction instinctive, celle que vous auriez probablement eue dans la vraie vie 😉

Ce quiz est un exercice d’observation de vous-même, pour que vous puissiez, petit à petit, affiner votre maîtrise de votre propre cerveau. 

 

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1. Vous avez une tâche complexe à réaliser, et votre cerveau cherche instinctivement à prendre un raccourci. Que faites-vous ?

Indice : Ici, le biais de simplification cognitive est à l'œuvre, et simplifier trop peut compromettre la qualité. Suivre les étapes peut vous éviter bien des erreurs !

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2. En réunion, un collègue vous présente des données impressionnantes sur un sujet que vous connaissez peu. Comment réagissez-vous ?

indice : Le biais d’ancrage rend facile d’accepter la première information reçue. Examiner la source vous aide à vous faire un jugement plus éclairé.

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3. Vous avez deux options de présentation de données, l’une étant bien plus détaillée. Que faites-vous ?

Indice : Le biais de cadrage peut faire paraître une option plus fiable grâce à la quantité d’informations. Ne confondez pas quantité et qualité !

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4. Une publicité promet des résultats rapides sans effort. Quelle est votre réaction ?

Indice : Le biais d’optimisme nous pousse à croire aux solutions simples, mais sans preuves solides, ces promesses peuvent être trompeuses.

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5. Une idée géniale vous vient dès le début d'une réunion. Que faites-vous ?

Indice : Le biais de confirmation rend difficile de questionner nos intuitions premières. Être ouvert aux critiques vous permet d’améliorer vos idées !

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6. Vous recevez des retours élogieux pour un projet. Quelle est votre réaction ?

Indice : Le biais d’auto-complaisance pousse à voir les succès comme personnels sans analyser le contexte. Comprendre toutes les contributions permet une meilleure évaluation.

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7. On vous demande une décision rapide, et votre première idée vous paraît la bonne. Que faites-vous ?

Indice : Le biais de disponibilité nous pousse à utiliser les informations récentes sans vérifier leur pertinence. En explorant plusieurs options, vous pouvez éviter ce piège.

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8. Un collègue exprime un avis très pessimiste sur un projet. Que pensez-vous ?

Indice : Le biais de négativité donne plus de poids aux avis défavorables. Chercher des faits concrets permet de maintenir une perspective équilibrée.

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9. Lors d’une discussion en groupe, quelqu’un vous fait remarquer que vous êtes peut-être influencé par un biais dans votre jugement. Comment réagissez-vous ?

Indice : Cette question explore le biais de l’angle mort, où l'on pense être moins vulnérable aux biais que les autres. Reconnaître ses propres biais est un premier pas vers un jugement plus objectif.

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10. Vous évaluez un projet, mais vous êtes influencé par le succès d’une initiative similaire dans un contexte complètement différent. Que faites-vous ?

Indice : Cette question porte sur le biais de transfert illicite : on croit que les stratégies qui ont réussi ailleurs peuvent s’appliquer sans adaptation. Pour éviter ce biais, il est important de toujours évaluer les spécificités du contexte avant d’appliquer une solution.

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Voici un paragraphe supplémentaire pour enrichir votre article sur les biais cognitifs :

Déjouer les biais cognitifs : un voyage vers la maîtrise de soi

Reconnaître l’existence des biais cognitifs est une première étape essentielle, mais comment les déjouer ? La clé réside dans la pratique de l’introspection et l’adoption d’habitudes mentales qui permettent de ralentir le processus automatique de prise de décision. Par exemple, lorsque vous sentez une émotion forte émerger face à une situation, prenez une pause et posez-vous cette question : « Est-ce mon intuition ou un biais qui guide ma réaction ? » De même, la confrontation de vos idées avec des perspectives opposées est un excellent exercice pour contrer le biais de confirmation, qui pousse à ne rechercher que des informations alignées avec vos croyances.

Au-delà de ces réflexes, cultivez un état d’esprit ouvert et curieux, prêt à questionner vos propres jugements. Imaginez votre cerveau comme un laboratoire : chaque décision est une hypothèse que vous testez, et chaque réflexion critique un moyen d’affiner vos conclusions. Cela demande un effort conscient, mais les bénéfices sont immenses : moins d’erreurs dans vos jugements, des relations interpersonnelles enrichies et une prise de décision plus éclairée, tant dans votre vie personnelle que professionnelle. Rappelez-vous : être le maître de son cerveau ne signifie pas éliminer les biais, mais apprendre à naviguer avec eux de manière plus consciente.

Alors si vous aussi, cette question « Biais cognitifs : Êtes-vous maître ou apprenti de votre cerveau ? » vous taraude.

Je vous propose d’en savoir plus :

Cerveau, biais cognitifs et manipulation : effets explosifs garantis

Cerveau, biais cognitifs et manipulation : effets explosifs garantis

Notre cerveau : un allié...imparfait

Introduction : les biais cognitifs de notre cerveau en font un proie facile des manipulations

Comme je l’ai déjà partagé dans mon article sur l’effet Barnum, notre cerveau aime être flatté et conforté. Une vraie aubaine pour ceux qui savent comment s’y prendre ! Plus qu’un simple “préféré”, être influencé peut même sembler naturel à notre cerveau, tant il est structuré pour rechercher des indices, des validations  et des raccourcis. Voilà pourquoi nos biais cognitifs facilitent souvent la manipulation des perceptions et décisions. Ils exploitent ces failles subtiles de notre esprit.

À partir d’aujourd’hui, il vous faudra toujours vous poser cette question : “Puis-je faire confiance à mon cerveau ?”  Pour la question : “Puis-je faire confiance aux autres ?” Je vous laisse juge 😂 Personnellement, j’ai ma petite idée mais je me soigne 😉

La manipulation, qu’elle soit douce ou insidieuse, tire parti de failles naturelles de notre cerveau et de nos biais cognitifs. Pourquoi certaines informations paraissent plus vraies, juste parce que quelqu’un les répète ? Ou pourquoi nous prêtons facilement attention à certains discours ? La réponse réside souvent dans nos biais et le conditionnement subtil auquel notre cerveau est sensible.

Avec une question bonus : Et si votre cerveau, au-delà d’être influençable, aimait ça ?

Partie 1 : La toute puissance des mots

Les mots que nous recevons au quotidien façonnent notre perception du monde, influençant nos croyances et nos comportements. La manière dont des figures d’autorité formulent, répètent et présentent peut orienter nos jugements sans que nous en soyons conscients. Explorons comment ces biais peuvent devenir des outils de manipulation et comment les surmonter.

1.1. Comment sont-ils employés ?

Rappelons-nous que l’humain, par nature, préfère réfléchir le moins possible pour économiser son énergie. Cette économie mentale rend notre cerveau particulièrement vulnérable aux biais cognitifs qui facilitent la manipulation des informations. 

Biais de cadrage

  • Définition : Le biais de cadrage signifie que la manière de présenter une information change notre perception, même si le contenu reste identique. Le cadrage offre un moyen simple et rapide de traiter de l’information.
  • Exemple : Présenter un risque médical en disant “10 % des patients décèdent” suscite plus de crainte que “90 % des patients survivent”.
  • Astuce : Questionnez les formulations, reformulez l’information différemment pour voir si la perception change, et recherchez des données complètes pour avoir une vue plus globale.

Effet Boomerang

“Certains humains feraient n’importe quoi juste pour voir s’il est possible de le faire. Si vous placiez un gros bouton dans une grotte quelque part avec un panneau “FIN DU MONDE – VEUILLEZ NE PAS TOUCHER”, la peinture n’aurait pas le temps de sécher.” Terry Pratchet

  • Définition : L’effet Boomerang nous pousse à renforcer nos convictions quand on nous présente une information contraire à nos croyances comme menaçante ou rigide. Utiliser la technique de la psychologie inversée pour faire agir selon votre souhait les personnes qui présentent un fort esprit de contraction ! 
  • Exemple : Face à des arguments radicaux sur la réduction de viande, certains consommateurs augmentent même leur consommation.
  • Astuce : Adoptez une approche d’ouverture en vous demandant : “Quelles preuves me feraient changer d’avis ?” Cela aide à tempérer le renforcement de vos convictions.

Effet de choix par défaut

  • Définition : Nous avons tendance à accepter les options présélectionnées sans les remettre en question, car elles apparaissent comme les plus pratiques.
  • Exemple : Lors de l’inscription en ligne, laisser la case cochée pour une newsletter par défaut incite de nombreuses personnes à s’abonner sans vraiment le vouloir. C’est d’ailleurs pour ça que des lois existent, pour que la case soit décochée par défaut et non l’inverse.
  • Astuce : Avant de suivre une option par défaut, demandez-vous quel choix vous feriez sans la présélection. Cela vous encourage à prendre des décisions plus réfléchies.
BONUS MACHINE À CAFÉ 😂
La théorie Nudge (ceci n’est pas un jeu !)

Nous avons vu fleurir dans les lieux publics ces dernières années des initiatives ludiques – empreintes de pas au sol, marches musicales dans les escaliers ou mouche dans les urinoirs. Et bien, c’est l’application de la théorie du NUDGE.
Incroyable mais vrai ! La mouche dans les urinoirs c’est 80% d’économie sur le ménage des sanitaires de l’aéroport d’Amsterdam ! 

1.2. Combien de fois vous sont-ils répétés ?

La mémoire est une machinerie complexe. Il y a un stock de surface et un stock en profondeur 😉 Les techniques de répétition s’appuient directement sur les biais cognitifs de notre cerveau, créant une illusion de vérité et renforçant ainsi le potentiel de manipulation

La vérité illusoire

  • Définition : Ce biais consiste à croire qu’une information est vraie simplement parce qu’on vous la répète. La familiarité peut l’emporter sur la rationalité. 
  • Exemple : Un slogan publicitaire, répété fréquemment, peut « devenir » vrai, même sans fondement solide. 

“Renforce les défenses immunitaires grâce à notre formule enrichie en vitamines et minéraux.”

C’est aussi le cas de nombreuses idées reçues, comme

  • “On utilise que 10% de notre cerveau” 

Faux ! On utilise toutes les zones de notre cerveau mais chaque zone pour des fonctions différentes ! 

  • “Le rouge énerve les taureaux.”

Faux ! Ils voient en noir et blanc. C’est le mouvement de la cape qui les excite. Si la cape du torero est rouge, c’est pour cacher le sang.

  • Astuce : Diversifiez vos sources d’information et vérifiez les faits. Si une affirmation vous paraît “trop belle pour être vraie”, creusez davantage avant d’y adhérer.

L’effet d’influence continue

  • Définition : L’effet d’influence continue, c’est la tendance à croire une information même après que la démonstration de sa fausseté. 
  • Exemple : Olivier Besancenot, plusieurs fois candidat à la présidence de la république française, se faisait passer pour un facteur. Il était certes facteur mais occupé à 100% sur des activités syndicales et pas sur un vélo. On l’a vu à plusieurs reprises et de campagne en campagne, faisant des tournées. À chaque campagne son marketing, à chaque campagne son mea-culpa et ça recommençait….
  • Astuce : Cherchez la source initiale d’une information. Si elle provient d’une source douteuse ou difficile à confirmer, la crédibilité de l’information est probablement surévaluée.

1.3. Et surtout, … par qui ?

Je l’ai déjà abordé dans l’article “Comprendre les biais inconscients dans le monde du travail”, Stanley Milgram a mis au jour l’importance du donneur d’ordre sur la puissance de la demande à laquelle nous obtempérons. L’influence d’une figure d’autorité utilise à plein les failles de notre cerveau et ses biais cognitifs, facilitant une manipulation parfois inconsciente.

Biais d’autorité

  • Définition : Les figures d’autorité inspirent davantage confiance même si leur expertise dans le domaine est limitée.
  • Exemple : Une personnalité médiatique sans formation scientifique qui parle de nutrition peut convaincre des foules. Elle véhicule une image de fiabilité. Et votre chef bien sûr ! 😉
  • Astuce : Évaluez l’expertise spécifique de la source en vous demandant : “Cette autorité a-t-elle la légitimité nécessaire pour parler de ce sujet particulier ?”

Mais le biais d’autorité s’étend aux vêtements de votre interlocuteur. Des études le prouvent, vous obéirez plus spontanément à une personne qui porte un uniforme.  Nous en arrivons même à nous soumettre à l’autorité des machines ! J’en vois déjà certains qui s’offusquent 😁 N’avez-vous jamais suivi votre GPS alors qu’il vous semblait évident qu’il vous proposait une option “idiote” ?!

Dans son livre “Intelligence relationnelle et inclusion” que je vous ai résumé dans cet article, Laurent Depond confirmait que la majorité des gens est d’accord avec l’idée que pour maintenir une société fonctionnelle et éviter l’anarchie, un certain degré de choix individuel doit être abandonné à des figures d’autorités. Nous l’avons tous expérimenté pendant la pandémie de 2020. 

1.4. Les effets de groupe et l’influence sociale

La présence des autres et la dynamique de groupe influencent également nos décisions et nos comportements. La présence d’un groupe exerce une forte influence sur notre cerveau, car ses biais cognitifs tendent à accepter la majorité. Cette manipulation collective guide souvent nos décisions sans véritable analyse personnelle. Souvent, nous adoptons des comportements sans même en être conscients, que ce soit pour éviter les responsabilités ou pour maintenir l’harmonie. Ces effets de groupe montrent comment notre cerveau, loin d’être indépendant, est réceptif à la pression sociale.

Biais de groupe

  • Définition : Le biais de groupe, ou effet de dilution de responsabilité, se manifeste lorsqu’on se repose sur les autres pour agir, pensant que quelqu’un d’autre prendra la responsabilité.
  • Exemple : Lors d’une urgence, chacun peut attendre qu’un autre passe à l’action, ce qui ralentit la prise de décision.
  • Astuce : Engagez-vous activement en situation de groupe pour éviter cette dilution de responsabilité et encourager les autres à faire de même.

Pensée de groupe

  • Définition : La pensée de groupe pousse les membres à éviter les désaccords pour préserver la cohésion du groupe, ce qui peut nuire à la qualité des décisions.
  • Exemple : Les membres d’un groupe peuvent accepter une idée sans discuter pour éviter des tensions, même s’ils ont des objections.
  • Astuce : Créez un environnement propice à l’expression des avis divers, en incitant chaque membre à partager des opinions opposées.

Biais de conformité

  • Définition : Ce biais nous pousse à aligner nos opinions ou comportements sur ceux du groupe, souvent pour éviter de se démarquer.
  • Exemple : Lorsqu’une idée obtient l’adhésion dans une réunion, les autres peuvent acquiescer sans partager leur point de vue réel.
  • Astuce : Exercez votre esprit critique et évaluez les idées indépendamment de la majorité.
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Le biais de futilité de Parkinson

Si dans une réunion budgétaire vous passez plus de temps à parler de la ligne café mais très peu sur votre projet le plus complexe et qui nécessitera le plus gros investissement c’est normal ! Votre organisation est, comme beaucoup d’autres, victime du biais de futilité de Parkinson, ou « loi de la trivialité ». Il est tellement plus simple d’accorder plus d’attention aux détails simples ou moins importants qu’à des sujets complexes ou essentiels. Pourquoi ? parce qu’une majorité de personnes aura un avis sur les sujets simples et qu’une minorité pourra s’exprimer sur les sujets techniques ! 

Effet de faux consensus

  • Définition : Ce biais nous fait croire que nos opinions sont partagées par la majorité, ce qui nous pousse à les renforcer.
  • Exemple : Une personne convaincue que “tout le monde pense pareil” est souvent surprise par des avis différents dans un groupe plus large.
  • Astuce : Variez vos interactions et soyez ouvert aux perspectives différentes pour éviter cet effet de consensus erroné.

Ces biais de groupe influencent nos choix en nous poussant vers des décisions collectives sans réelle évaluation individuelle. En prenant conscience de ces mécanismes, vous pouvez renforcer votre capacité de jugement en restant vigilant face à l’influence sociale.

Partie 2 : Le conditionnement par les biais

Nos biais cognitifs ne façonnent pas seulement notre perception de la réalité, ils conditionnent également nos réactions et interprétations de manière quasi-automatique. Cette activation peut être exploitée, pour le meilleur comme pour le pire. D’un côté, nos biais peuvent fausser notre jugement et nous pousser vers des erreurs d’interprétation. De l’autre, certains biais peuvent être des leviers puissants qui, bien utilisés, nous aident à nous dépasser et à tirer le meilleur de nous-mêmes. Explorons ensemble ce double potentiel.

2.1. Pour le pire

Biais de croyance

  • Définition : Ce biais consiste à privilégier les informations qui confirment nos croyances et à ignorer celles qui les contredisent.
  • Exemple : Une personne croyant fermement en une théorie va filtrer les données pour ne retenir que celles qui la renforcent.
  • Astuce : Exercez votre esprit critique en recherchant des informations contradictoires et posez-vous la question : “Qu’est-ce qui pourrait prouver que j’ai tort ?”

L’effet expérimentateur

  • Définition : L’effet expérimentateur survient lorsqu’un chercheur ou expérimentateur influence involontairement les résultats d’une étude ou interprète les données en fonction de ses attentes. Cela peut fausser les conclusions en orientant subtilement l’expérience ou la collecte de données.
  • Exemple : Dans une étude sur l’efficacité d’un médicament, un expérimentateur qui croit fortement en son efficacité pourrait inconsciemment encourager certains comportements chez les participants, modifiant ainsi les résultats.
  • Astuce : Adopter des méthodes d’objectivation rigoureuses, comme le double aveugle, pour réduire l’influence des attentes de l’expérimentateur.

Biais de disponibilité et Fake News

  • Définition : Ce biais nous pousse à juger la fréquence ou la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle nous nous en souvenons. Les biais cognitifs influencent notre cerveau en le rendant plus réceptif à la désinformation. Cette manipulation subtile par les fake news et les informations alarmantes affecte nos croyances et décisions
  • Exemple : Puisque les attaques de requins sont plus médiatisées que les attaques de chiens, les requins sont devenus dans l’imaginaire collectif nos plus redoutables prédateurs.  

Les fake news sur des sujets alarmants semblent crédibles et marquent davantage notre mémoire, influençant notre jugement.

  • Astuce : (Je sais je l’ai déjà écrite plus haut mais celle-là est importante 😀) Rappelez-vous que la visibilité d’une information ne prouve pas sa véracité. Diversifiez vos sources d’information pour éviter les pièges de la désinformation.

2.2. Pour le meilleur

Utilisés de façon positive, les biais cognitifs de notre cerveau peuvent devenir des outils pour renforcer notre confiance et développer notre potentiel, prouvant que la manipulation mentale n’est pas toujours négative.

Effet Pygmalion

  • Définition : Les attentes que l’on a vis-à-vis de quelqu’un influencent ses performances, de manière positive ou négative.
  • Exemple : Un enseignant qui croit en les capacités d’un élève peut encourager celui-ci à exceller.
  • Astuce : Adoptez des attentes positives vis-à-vis de vous-même et des autres ; cela peut influencer favorablement les résultats.

Biais d’attention

  • Définition : Ce biais nous amène à porter attention aux éléments qui correspondent à nos intérêts, souvent au détriment des autres informations.
  • Exemple : si notre esprit est concentré sur une consigne, il peut passer à côté d’un fait pourtant majeur. Des cobayes devant compter le nombre de passe entre basketteurs n’ont pas vu un clown passé dans le champ de la caméra.
  • Astuce : Nous pouvons donc utiliser ce biais à notre avantage : pensez positif et vous ne verrez plus que le positif !
BONUS MACHINE À CAFÉ 😂 
L’effet Benjamin Franklin

Imaginez un collègue avec qui les relations sont froides. Et si vous lui demandiez un petit service ? L’effet Benjamin Franklin montre que cela pourrait renforcer votre lien ! Étonnamment, nous avons tendance à mieux apprécier une personne après lui avoir rendu un service. Pourquoi ? Parce que notre cerveau cherche à justifier nos actes : « si j’ai aidé cette personne, elle doit finalement me plaire ». En demandant un petit coup de main, vous pourriez voir des relations s’améliorer subtilement.

Pour conclure, nos biais cognitifs sont des moteurs ou des freins selon la manière dont ils sont activés. D’un côté, ils renforcent certaines croyances et nous poussent parfois à mal interpréter la réalité. De l’autre, ils peuvent nous aider à développer notre potentiel. Prendre conscience de ce double rôle est essentiel pour les gérer avec discernement et maximiser leur impact positif au quotidien.

Conclusion : De la manipulation à la maîtrise de soi

Notre cerveau, loin d’être une forteresse de rationalité, est en réalité friand d’influences et de manipulations. Il peut être influencé subtilement à chaque instant, pour le meilleur comme pour le pire. 

Tout au long de cet article, nous avons exploré comment les mots, les influences et nos biais peuvent subtilement orienter nos choix et perceptions. Nos biais cognitifs, parfois des freins, peuvent devenir des moteurs d’amélioration si nous apprenons à les repérer. En appliquant les astuces partagées ici, vous disposez d’outils pour détecter ces influences dans votre quotidien.

Challenge final : Essayez de repérer un biais aujourd’hui, que ce soit au travail, dans vos lectures ou interactions. Qui sait ? Vous pourriez découvrir combien votre cerveau aime être manipulé ! 😉 J’attends vos résultats en commentaire ! 

Pourquoi votre cerveau ne sait pas compter ?

Pourquoi votre cerveau ne sait pas compter ?

Introduction : notre cerveau « buggé » par ses biais cognitifs ne sait pas gérer les probabilités

Notre cerveau nous trompe par manque de capacité

Nous pensons souvent que notre cerveau est une machine bien huilée. Il peut analyser des données complexes et de prendre des décisions éclairées. Pourtant, lorsque nous nous retrouvons confrontés à des situations qui impliquent des chiffres notre cerveau montre rapidement ses limites. Nos biais cognitifs embarqués rendent les probabilités peu lisibles pour notre cerveau. Que ce soit pour évaluer les chances de gagner à la loterie ou prendre une décision d’investissement, nous sommes sujets à des erreurs récurrentes.

Ces erreurs ne sont pas seulement le fruit d’une mauvaise compréhension des chiffres. Elles sont profondément ancrées dans la manière dont notre cerveau est câblé. Conçu pour survivre dans des environnements simples, il est mal adapté à la complexité des probabilités. C’est ainsi que des biais cognitifs s’immiscent dans nos jugements et nous poussent à faire des erreurs de calcul.

Il est important de comprendre que c’est un phénomène en deux temps auquel nous devons faire face :

  1. Notre cerveau ne sait pas “vraiment” compter
  2. mais, en plus, il cherche constamment des axes de rationalisation quitte à nous tromper malgré nous. 

Dans cet article, je vous propose d’explorer plusieurs de ces biais. Ils illustrent à quel point notre cerveau « ne sait pas compter ». Comprenez ces mécanismes. Vous serez mieux armés pour identifier les pièges que ces biais tendent dans vos prises de décisions, personnelles ou professionnelles.

Partie 1. Les biais d’analyse des probabilités

1. Le biais d’évaluation des probabilités

Biais d'évaluation des probabilités

Notre cerveau, contrôlé par ses biais cognitifs, ne sait pas bien évaluer les probabilités des événements. C’est encore plus vrai pour ceux qui déclenchent des émotions fortes comme les accidents ou les événements rares. Ce biais est renforcé par les médias et notre perception intuitive des risques.

1.1. Le meilleur exemple : la probabilité d’un accident d’avion

La probabilité d’être impliqué dans un accident mortel en avion est d’environ 1 sur 12 millions de vols. Cependant, de nombreuses personnes surestiment ce risque. Cela s’explique en partie par la couverture médiatique disproportionnée des accidents d’avion. Celle-ci renforce l’impression que ces événements sont plus fréquents qu’ils ne le sont réellement.

Cette distorsion est un exemple classique de biais d’évaluation des probabilités, où l’émotion prend le pas sur la rationalité.

1.2. La loi de Weber-Fechner et la perception des risques

Notre difficulté à estimer correctement les risques est aussi due à la loi de Weber-Fechner. Celle-ci décrit comment la perception humaine des variations d’intensité n’est pas linéaire. Nous ne percevons pas une augmentation de probabilité de manière proportionnelle.

Par exemple, si vous augmentez le risque de 1 sur 10 à 1 sur 5, cela semble énorme pour notre cerveau. Mais si on passe de 1 sur 10 millions à 1 sur 5 millions, bien que la différence soit proportionnellement identique, notre cerveau ne perçoit pas une telle augmentation comme étant aussi significative. Cette loi psychophysique explique pourquoi nous avons tendance à sous-estimer des événements très improbables (comme une panne d’avion) tout en surestimant des risques émotionnellement marquants (comme les accidents d’avion après un crash médiatisé).

1.3. Biais connexes : Effet d’ancrage et probabilité conditionnelle

L’effet d’ancrage influence également nos jugements probabilistes. Si nous sommes exposés à un premier chiffre erroné, cela influence nos futures estimations. Par exemple, si on vous dit d’abord que le risque d’un crash aérien est de 1 sur 1 000 (ce qui est incorrect), votre évaluation future sera biaisée même après avoir reçu les vraies statistiques.

Nous avons aussi des difficultés à comprendre les probabilités conditionnelles. Par exemple, imaginons un test pour une maladie qui touche 1 % de la population, avec une précision de 90 %. Si le test est positif, la plupart des gens pensent qu’ils ont 90 % de chances d’être malades. La probabilité réelle est bien plus faible car il faut combiner la rareté de la maladie avec la fiabilité du test.

2. La négligence de la taille de l’échantillon

Nous avons tendance à tirer des conclusions hâtives à partir de petits échantillons. Il faudrait pourtant tenir compte de l’importance de la taille « nécessaire » pour obtenir des résultats statistiquement fiables. Ce biais se produit lorsque nous extrapolons des résultats d’un petit groupe à une population plus large. Il conduit à des erreurs de jugement significatives.

Biais de la taille de l'échantillon

2.1. Un exemple significatif : Interpréter les résultats de petites études

Prenons un exemple dans le domaine de la santé publique. Imaginons qu’une petite étude de 30 patients montre qu’un nouveau médicament semble avoir un effet positif. Les médias et le public pourraient sauter à la conclusion que le médicament est efficace. En réalité, un échantillon aussi réduit ne permet pas de tirer des conclusions solides. 

La fiabilité des résultats dépend de la taille de l’échantillon. Une petite taille accroît le risque que les résultats soient dus à la chance plutôt qu’à une véritable corrélation.

De manière similaire, les performances d’une équipe de football sur trois matchs ne suffisent pas à prédire leur performance sur une saison complète. Ce biais est particulièrement dangereux lorsqu’il est appliqué dans des contextes professionnels où des décisions importantes sont prises sur la base de peu de données.

2.2. Les principaux biais connexes à la négligence de la taille de l’échantillon :

  • Le biais de conjonction est l’idée fausse selon laquelle la combinaison de deux événements est plus probable que l’un des deux événements pris séparément. Un exemple classique est de penser qu’une personne est plus susceptible d’être une « banquière féministe » qu’une « banquière ». Or, statistiquement, la probabilité d’un seul événement est toujours plus élevée que celle de la combinaison des deux.
  • L’erreur de la main chaude, souvent observée dans le sport, est la croyance que si une personne réussit plusieurs fois de suite, elle a plus de chances de continuer à réussir. Par exemple, si un joueur de basket marque plusieurs paniers d’affilée, on croit souvent qu’il a plus de chances de réussir son prochain tir, alors que statistiquement, chaque tir est un événement indépendant. Des études ont montré que cette perception est fausse et que les séries sont souvent dues au hasard.
  • L’erreur du parieur (ou illusion des séries) est une autre manifestation du biais de négligence de la taille de l’échantillon. Ce biais se produit lorsque nous croyons que des événements indépendants influencent les résultats futurs. Par exemple, après plusieurs pertes successives au casino, un joueur pourrait croire qu’il est « dû pour gagner », alors qu’en réalité, chaque tour de roulette est indépendant et la probabilité de gagner reste la même à chaque tour.

2.3. Impact du biais de négligence de l’échantillon sur la prise de décision

Dans un cadre professionnel, ce biais peut se manifester de plusieurs façons. Par exemple, une entreprise pourrait décider d’investir dans une stratégie basée sur quelques succès anecdotiques, sans prendre en compte un échantillon plus large et représentatif. Cela peut conduire à des décisions fondées sur des données insuffisantes et à des investissements mal orientés.

Il est essentiel de comprendre que les petits échantillons sont intrinsèquement plus sujets aux variations dues au hasard. En d’autres termes, les petites séries peuvent donner l’impression de tendances significatives alors qu’il ne s’agit que de bruit statistique.

Ces biais montrent combien il est difficile pour notre cerveau de traiter des échantillons de petite taille de manière correcte. D’autant plus lorsque des événements aléatoires ou indépendants entrent en jeu. Une meilleure compréhension de ces phénomènes peut nous aider à éviter les erreurs de jugement dans nos décisions.

Partie 2 : L’impact des biais dans la construction de fausses probabilité 

Pousser par un besoin irrépressible d’aller vite et d’économiser de l’énergie, notre cerveau ne sert souvent que ces intérêts. Pour cela il peut nous imposer des conclusions simplistes et trompeuses. 

1. Illustration de biais “probabilistes”

On recense un certain nombre de biais qui visent à donner à notre cerveau un sentiment de sécurité. Il lui propose des raccourcis mentaux qui lui permettent de ne pas “trop” se poser de question. Dans ces cas, le cerveau cherche à établir une probabilité sans prendre en considération l’ensemble. Je me permets d’appeler ces biais cognitifs « probabilistes » par extension de leur conséquence.

1.1. Le biais du survivant

survivant

Le biais du survivant est un biais cognitif qui consiste à se concentrer uniquement sur les exemples qui ont « survécu » à un processus quelconque. On néglige les autres cas : disparus ou échoués. Cela entraîne une distorsion dans la compréhension des probabilités de succès. Seules les réussites sont prises en compte, alors que les échecs, souvent plus nombreux, sont ignorés.

Exemple : Les startups et le mythe du succès

Prenons l’exemple des startups technologiques. Il est facile de penser que les entreprises qui réussissent, comme Google ou Facebook, sont des modèles que tout le monde peut suivre. Ce que nous oublions souvent, c’est que pour chaque startup qui atteint un succès phénoménal, des milliers d’autres échouent. Se concentrer uniquement sur les startups qui ont « survécu » fausse notre vision de la réalité. Cela nous conduit à surestimer les chances de succès. Ce biais se manifeste souvent lorsque les histoires de réussite sont sur-représentées dans les médias, tandis que les échecs passent sous silence.

Impact du biais du survivant

Le biais du survivant est particulièrement dangereux dans les décisions d’investissement, en stratégie d’entreprise ou en évaluation de performance. Par exemple, se concentrer uniquement sur les employés « survivants » peut conduire à des erreurs dans la gestion des talents. Si les entreprises sous-estiment les facteurs qui mènent à l’échec ou à la démission de certains employés, elles ne progresseront pas.

1.2. L’effet Baader-Meinhof (ou biais de fréquence)

L’effet Baader-Meinhof, également appelé illusion de fréquence, est un biais cognitif qui se manifeste lorsqu’un nouvel élément (idée, mot, concept) que vous venez de découvrir semble soudain apparaître partout autour de vous. Cette illusion résulte d’un mécanisme de sélection cognitive. Votre cerveau accorde plus d’attention à cet élément simplement parce que vous venez de le rencontrer.

Exemple : L’achat d’une nouvelle voiture

Un exemple classique de cet effet est lorsque vous achetez une nouvelle voiture. Immédiatement après l’achat, vous remarquez soudainement le même modèle de voiture partout sur la route. Bien sûr, ces voitures étaient déjà présentes avant. Mais, maintenant que vous y prêtez attention, elles semblent avoir « surgi » de nulle part. Cet effet repose sur la tendance de notre cerveau à repérer des schémas ou des répétitions, même lorsqu’ils ne sont que des coïncidences.

Impact de l’effet Baader-Meinhof

Cet effet peut influencer la prise de décision dans de nombreux domaines, notamment en marketing, en politique ou dans la vie professionnelle. Par exemple, lorsqu’une entreprise introduit une nouvelle marque ou un nouveau produit, les consommateurs qui en entendent parler pour la première fois peuvent avoir l’impression que ce produit est soudainement omniprésent, influençant ainsi leur perception de son succès ou de sa popularité. En politique, un candidat ou un sujet peut sembler dominer les médias après avoir attiré votre attention une première fois, créant une impression biaisée de son importance.

1.3. Le biais régressif (ou biais de régression vers la moyenne)

Le biais régressif ou biais de régression vers la moyenne est un phénomène statistique qui se produit lorsque des événements extrêmes (très positifs ou très négatifs) sont naturellement suivis par des événements plus proches de la moyenne, même si aucune autre variable n’a changé. Cependant, notre cerveau tend à attribuer ces variations naturelles à des facteurs extérieurs ou à nos propres actions, plutôt qu’à la simple fluctuation statistique.

Exemple : Performances sportives et fluctuations naturelles

Un exemple classique du biais régressif se produit dans le domaine du sport. Imaginons un joueur de football qui a marqué de façon exceptionnelle durant plusieurs matchs d’affilée, dépassant largement sa performance habituelle. Les supporters, les analystes ou même le joueur peuvent attribuer cette série de succès à des changements dans son entraînement ou dans sa stratégie. Toutefois, il est fort probable que ces performances exceptionnelles soient suivies par une série de matchs plus proches de sa moyenne habituelle. Cette régression vers la moyenne est un phénomène naturel dans tout système soumis à des variations aléatoires.

Le biais régressif pousse les observateurs à expliquer cette « chute » de performance par des facteurs comme la fatigue, le stress ou une baisse de motivation, alors qu’il s’agit simplement d’un retour vers la normale.

Impact du biais régressif

Ce biais est particulièrement dangereux dans les évaluations de performance, en gestion de crise ou en investissement. Par exemple, dans le monde des affaires, une entreprise qui connaît un succès exceptionnel peut s’attendre à une baisse de régime dans les périodes suivantes. Toutefois, les dirigeants peuvent attribuer ce ralentissement à des erreurs stratégiques, plutôt qu’à la simple régression vers la moyenne.

De même, dans le domaine médical, un traitement qui semble avoir des résultats spectaculaires pour un patient très malade peut être perçu comme un remède miracle, alors qu’il est simplement suivi d’une amélioration naturelle due à la régression vers la moyenne.

2. Les biais servis par les biais “probabilistes” :

Chacun des phénomènes ci-dessus peut être expliqués pour tout ou pour partie par notre besoin de traiter le plus vite et le mieux possible un maximum d’informations. Nos principaux biais sont les gardiens du temps. 

2.1. Le biais de confirmation

Ce biais pousse les individus à rechercher, interpréter et se souvenir des informations qui confirment leurs croyances préexistantes. Par exemple, une entreprise pourrait interpréter des événements récents comme un signe de réussite imminente simplement parce que cela correspond à ses attentes, en ignorant les signaux d’échec potentiels.

2.2. L’effet de récence 

Notre cerveau accorde plus de poids aux informations récentes, ce qui fait que nous remarquons plus facilement un concept que nous venons de rencontrer. C’est plus simple pour lui. C’est pourquoi, par exemple, un fait appris récemment semble réapparaître souvent, alors qu’il s’agit simplement de notre capacité à mieux nous souvenir des événements récents.

2.3. L’heuristique de disponibilité 

Il se réfère à notre tendance à estimer la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples nous viennent à l’esprit. Dans le contexte de l’effet Baader-Meinhof, le fait que nous venions de rencontrer un mot ou un concept rend cet exemple facilement disponible en mémoire, nous donnant l’illusion qu’il est plus commun qu’il ne l’est réellement.

2.4. L’illusion de contrôle 

Ce biais est nécessaire à notre besoin de sécurité. Il se produit lorsque les individus surestiment leur capacité à influencer des événements aléatoires ou des fluctuations naturelles. Par exemple, dans un contexte professionnel, un manager pourrait penser que ses décisions ont directement causé l’amélioration ou la baisse des performances d’une équipe, alors que celles-ci résultent en réalité de variations normales autour de la moyenne.

Conclusion : Reprendre le contrôle de vos décisions

Comprendre et maitriser son cerveau

Nous venons de voir comment notre cerveau, bien qu’extraordinaire, n’est pas toujours le meilleur allié lorsqu’il s’agit de comprendre et manipuler les chiffres. Entre la difficulté d’évaluer les probabilités, l’oubli de la taille de l’échantillon, ou encore la tendance à ne voir que les succès, nous tombons dans de nombreux pièges cognitifs qui influencent nos décisions au quotidien.

Mais comprendre ces biais, c’est déjà commencer à les maîtriser. En étant conscient de la manière dont notre cerveau fonctionne, nous pouvons prendre du recul et réagir de façon plus rationnelle dans nos choix personnels et professionnels.

Je vous invite maintenant à appliquer ce que vous venez de découvrir ! La prochaine fois que vous prenez une décision importante – que ce soit au travail, dans vos finances ou même dans votre vie quotidienne – posez-vous ces questions :

  • Est-ce que je suis influencé par un biais de probabilité ?
  • Ai-je pris en compte suffisamment de données ?
  • Suis-je seulement concentré sur les « survivants » ?

Apprenez à maîtriser les mécanismes de votre cerveau pour ne plus subir ses erreurs, et devenez maître de vos décisions dès aujourd’hui !

J’attends vos commentaires avec impatience pour savoir si cet article vous a aidé. 

En savoir plus :

  • Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow (2011)
  • Amos Tversky – Daniel Kahneman, Judgment under Uncertainty: Heuristics and Biases, 1974
  • The Statistical Research Group Report, 1943
  • The Discovery of the Baader-Meinhof Phenomenon, 1994
  • Langer, E. J. (1975). The Illusion of Control

La résilience : super pouvoir ou malédiction ? mais biais cognitifs ?

La résilience : super pouvoir ou malédiction ? mais biais cognitifs ?

Image principale pour illustrer le lien entre biais cognitifs et résilience

Introduction : Quels sont les liens entre nos biais de pensée et l’émergence des concepts de développement personnel ? 

Je souhaite ici vous faire part d’une réflexion plus personnelle. 

Dans le cadre d’un exercice de collecte des retours de mes collègues et amis sur moi, j’ai été qualifiée de “résiliente”. Je cherche depuis à savoir ce qui peut se cacher derrière ce qualificatif et en quoi il peut me formater ? 😉

Interpellée par ce concept de résilience qui, me semble-t-il, a particulièrement émergé avec la crise COVID, je m’interroge donc. Résilience : atout ou piège ? Quels sont les impact des biais cognitifs sur le développement personnel ? Quels sont les liens entre nos biais de pensée et l’émergence de ces concepts de développement personnel ? 

J’ai d’ailleurs déjà ouvert la question dans ma sélection des vidéos les plus instructives : Épisode #1 : De résilience” et renoncement, il n’y a qu’un pas !

Ah, la résilience ! Cette capacité miraculeuse qu’on vous vend comme la clé pour naviguer à travers les tempêtes de la vie. Imaginez un peu : vous êtes comme un roseau, vous pliez mais ne rompez jamais. Plutôt pratique, non ? Mais attendez, regardons ensemble les dessous de cette vertu soi-disant salvatrice.

La résilience est la capacité d’une personne ou d’un système à s’adapter et à se remettre rapidement des difficultés, des traumatismes ou des changements. Elle permet de faire face aux défis et de revenir à un état de fonctionnement normal, voire d’atteindre un état de fonctionnement amélioré après avoir surmonté des obstacles.

Partie 1: Effets bénéfiques et néfastes de la résilience – ChatGPT m’a diagnostiquée “résiliente” !

Je vais vous faire une confidence : j’utilise ChatGPT pour accélérer ma productivité sur ce site 🙂 

[Nota : Et je vous révélerai bientôt comment bien le faire car nous devons tous nous adapter à ce puissant pouvoir pour le maîtriser progressivement et le rendre plus intelligent 😇]

Bref, en cherchant de l’inspiration il y a quelques semaines, j’ai posé la question à ChatGPT des effets bénéfiques et néfastes de la résilience. Le retour qu’il me fait spontanément m’a terrifié tant il me ressemble et je vous le livre ici en substance. 

1. Effets bénéfiques de la résilience

Vue schématiques des effets bénéfiques de la résilience

Adaptation au changement :

  • Les individus résilients peuvent mieux s’adapter aux changements dans leur environnement personnel ou professionnel, ce qui les aide à naviguer dans des situations imprévues sans trop de stress.

    Vous et moi, individus résilients, sommes comme des caméléons. Nous nous adaptons si bien que, quand notre patron nous annonce que l’entreprise déménage en Antarctique, nous enfilons immédiatement une doudoune. Pas de stress pour nous, juste de la réadaptation !

    Réduction du stress :

    • La résilience aide à gérer le stress de manière plus efficace, ce qui peut mener à une meilleure santé mentale et physique.

      La résilience est notre Xanax naturel. Nous pourrions perdre notre maison, notre emploi et même notre chien, mais grâce à cette vertu magique, nous continuons à sourire comme si nous venions de gagner à la loterie.

      Amélioration de la santé mentale

      • Les personnes résilientes ont tendance à avoir des niveaux plus élevés de bien-être émotionnel, réduisant les risques de dépression et d’anxiété.

        En tant que personne résiliente, nous nageons dans un océan de bien-être émotionnel. Dépression, anxiété ? nous ne connaissons pas ! nous avons une armure invisible qui repousse les mauvaises vibes.

        Renforcement des relations sociales :

        • La résilience peut améliorer les relations interpersonnelles en aidant les individus à communiquer de manière plus efficace et à résoudre les conflits de manière constructive.

          Avec la résilience, même une dispute se transforme en un échange constructif. Nous communiquons efficacement, résolvons les conflits et sortons de là bras dessus bras dessous, prêts à conquérir le monde.

          Capacité à rebondir après un échec

          • Les individus résilients sont plus capables de tirer des leçons de leurs échecs et de continuer à avancer avec une perspective positive.

            Amis résilients, échouer n’est qu’une simple formalité. Nous trébuchons, mais hop ! Nous nous relevons avec un sourire éclatant, prêt à transformer chaque pierre d’achoppement en marchepied vers le succès.

            2. Effets néfastes potentiels de la résilience

            Vue schématique des effets néfastes de la résilience

            Détachement émotionnel

            • Parfois, une forte résilience peut mener à un détachement émotionnel où une personne peut sembler insensible ou indifférente aux difficultés des autres.

              Mais attention, trop de résilience peut vous transformer en robot sans cœur. Les autres pleurent, se lamentent, et vous, vous restez de marbre, un véritable roc indifférent aux vagues d’émotion humaine.

              Sous-estimation des risques

              • Une confiance excessive en sa capacité à surmonter les difficultés peut entraîner une sous-estimation des risques et des comportements imprudents.

                La résilience donne des ailes, mais aussi des illusions. Vous vous croyez invincible, prêt à sauter du haut de la falaise parce que, pourquoi pas ? Rien ne peut vous atteindre !

                Épuisement

                • Être constamment résilient et toujours essayer de surmonter les obstacles sans prendre le temps de se reposer peut mener à l’épuisement ou au burn-out.

                  Être constamment résilient, c’est comme être sous perfusion de caféine. Pas de pause, pas de répit. Vous finissez par vous effondrer comme une marionnette dont on a coupé les fils, à bout de forces et de nerfs.

                  isolement social

                  • Une résilience excessive peut parfois amener les individus à penser qu’ils doivent tout affronter seuls, ce qui peut mener à l’isolement social et à un manque de soutien.

                    Les super-héros résilients finissent souvent seuls. Pourquoi demander de l’aide quand on peut tout gérer soi-même ? Résultat : vous êtes seul sur votre île de bravoure, sans personne pour partager la vue.

                    Négation des problèmes

                    • Certaines personnes très résilientes peuvent éviter de traiter les problèmes profondément enracinés, en se concentrant plutôt sur les solutions à court terme sans aborder les causes sous-jacentes des difficultés.

                      Et puis, il y a ceux qui sont tellement résilients qu’ils préfèrent ignorer les problèmes. Plutôt que d’affronter les vrais enjeux, ils se contentent de mettre des pansements sur des plaies béantes, en espérant que tout finira par passer.

                      Une fois ces bases posées, je pense que, comme moi, un certain nombre d’entre vous se sentent “résilients”. Alors, comment tenir la ligne entre les effets positifs et les effets néfastes de vôtre côté résilient ? Est-ce que le concept même de résilience n’a pas été imaginé pour nous aider à faire passer certaines difficultés comme des opportunités ? 

                      Mon scepticisme naturel m’a conduit à la question suivante 😁 : 

                      Partie 2 : La résilience n’est-elle pas un moyen de faire accepter le renoncement aux individus ? 

                      Ah, le grand débat de la résilience ! Faut-il accepter son sort avec un sourire stoïque ou lever les poings en signe de révolte ? Voici une petite exploration toute personnelle de cette question épineuse 😉

                      1. La résilience : L’art de s’adapter sans faire trop de vagues

                      Qu’il est intéressant de pousser les femmes à adopter la résilience dans le monde professionnel :

                      Illustration résilience sage pour ne pas faire de vague
                      • “Salaire inégal ?” : “Pas de problème”

                      Une femme résiliente sait comment gérer son budget serré, même si elle doit renoncer à quelques luxes comme les vacances ou les soins de santé de qualité.

                      •  Être perçue comme faible ?” : “Bien sûr, pourquoi pas ?” 

                      Être sous-estimée peut être une stratégie brillante pour mieux surprendre ses collègues quand elle finit par sauver le projet de l’année en silence.

                      2. Résilience, acceptation ou renoncement ? 

                        Renoncer et accepter l’injustice

                        Si la résilience, c’est acceptation. Le risque est important 

                        • Accepter un salaire inégal, c’est accepter de jouer le rôle de la victime et renoncer à se battre pour ses droits
                        • Accepter de se conformer aux stéréotypes de faiblesse, c’est confirmer sa faiblesse intrinsèque, et valider les perceptions sociétales sans faire de vague. 

                        Si l’on n’y prend pas garde, la société peut nous récompenser pour cette acceptation, la rendant de fait positive. Il est tellement plus facile de chercher du positif et de la tranquillité d’esprit. 

                        Et d’acceptation au renoncement il n’y a qu’un pas

                        Si la résilience, c’est une forme d’adaptation permanente pour réduire le stress et renforcer les relations sociales, il peut être plus facile de renoncer à s’imposer pour ne pas faire de vague. 

                        Le renoncement consisterait à accepter docilement l’inacceptable. Ne pas élever la voix. Ne pas prendre d’actions concrètes et encore moins chercher à inspirer les autres à faire de même. Comme c’est pratique 🙂

                        Attention donc à ne pas laisser les autres vous convaincre des bienfaits de la résilience silencieuse. Parfois la rébellion bruyante est bien fondée et heureusement que, dans le passé ou aujourd’hui, certains osent prendre la parole. La résilience efficiente s’est peut être aussi influencer pacifiquement mais efficacement sur les situations et pas uniquement s’y adapter !

                        Illustration résilience active et déterminée

                        Et d’ailleurs, si j’en reviens au cœur de mon propos habituel, en quoi la résilience se nourrit-elle de nos biais cognitifs ? Ou les nourrirait-elle ? N’y a-t-il pas un risque ou un remède pour comprendre leurs interactions ? 

                        Partie 3 : Interaction entre résilience et biais cognitifs – attention danger ?

                        Je vous rappelle les postulats 🙂

                        • La résilience est la capacité d’un individu à surmonter les difficultés, à s’adapter positivement face à l’adversité, au stress ou aux traumatismes.
                        • Les biais cognitifs, quant à eux, sont des distorsions de la pensée qui affectent les jugements et les décisions.

                        1. Pour comprendre : exemple de 4 biais cognitifs boostés par la résilience

                        La résilience peut interagir avec les biais cognitifs de plusieurs manières, influençant à la fois la perception des défis et les stratégies adoptées pour les surmonter. Voici comment certains biais cognitifs peuvent interférer ou moduler la résilience :

                        Biais de positivité :

                        C’est la tendance à se concentrer sur les aspects positifs tout en minimisant les négatifs.

                        Ce biais peut renforcer la résilience en aidant les individus à maintenir une attitude optimiste face aux difficultés. Cependant, s’il est excessif, il peut conduire à une sous-estimation des risques ou des problèmes réels, empêchant une préparation adéquate.

                        Biais de confirmation :

                        Cette tendance à rechercher, interpréter et se souvenir des informations qui confirment ses croyances préexistantes.

                        Ce biais peut soit soutenir, soit entraver la résilience. Par exemple, si une personne croit fermement en sa capacité à surmonter les obstacles, elle peut ignorer les signes de détresse, ce qui peut retarder la recherche d’aide nécessaire.

                        Biais d’ancrage :

                        Tendance à s’appuyer trop fortement sur la première information rencontrée (l’ancre) lors de la prise de décision.

                        Si l’ancre est une expérience passée de succès, cela peut renforcer la confiance en sa résilience. À l’inverse, une première expérience négative peut affaiblir cette confiance, même si les circonstances actuelles sont différentes.

                        Effet Dunning-Kruger :

                        Tendance des individus moins compétents à surestimer leurs capacités.

                        Une personne peut croire à tort qu’elle est plus résiliente qu’elle ne l’est réellement, ce qui peut l’empêcher de chercher le soutien nécessaire lors de situations difficiles.

                        2. Pour agir et bien vivre sa résilience

                        Vous l’aurez compris, il est important de maîtriser  les interactions possibles entre la résilience et les biais cognitifs. C’est même la clé pour : 

                        • Développer une résilience équilibrée : Encourager une attitude positive tout en restant conscient des défis réels.
                        • Améliorer la prise de décision : En reconnaissant et en atténuant les biais cognitifs, les individus peuvent mieux évaluer leurs capacités et les ressources nécessaires pour faire face aux adversités.
                        • Promouvoir la santé mentale : Une résilience soutenue par une perception réaliste réduit le risque de surmenage et de burn-out.

                         

                        Conclusion : les différentes pistes pour une bonne “résilience”

                        Illustration de liberté et de puissance de la femme

                        Piste 1 : la résilience éclairée

                        La résilience n’est pas isolée des biais cognitifs ; au contraire, elle est constamment influencée par la manière dont nous percevons et interprétons les événements. En reconnaissant et en comprenant ces biais, il est possible de renforcer la résilience de manière plus efficace et adaptée aux réalités individuelles.

                        Piste 2 : la résilience efficiente 

                        La résilience efficiente, c’est aussi accepter les réalités du monde tout en travaillant dur pour les changer de l’intérieur. Donc, même si le plafond de verre est bien en place, une femme résiliente y apposera des autocollants motivants tout en grignotant lentement ce verre (en espérant que ce soit du sucre).

                        Pourquoi ne pas faire en sorte que votre résilience ne soit pas synonyme d’acceptation passive, mais une stratégie sophistiquée de long terme. On joue le jeu, on encaisse les coups, mais on prépare son ascension en coulisse.

                        Dire non aux injustices et ne pas se contenter du statu quo est une forme de résilience. C’est reconnaître ses limites, mais aussi ses potentiels. C’est se battre pour l’équité, non seulement pour soi mais pour toutes les générations futures.

                        La résilience en puissant stratagème

                        Accepter d’être moins bien payée et perçue comme faible n’est ni une preuve de résilience ni de renoncement. C’est plutôt un reflet ironique d’une société qui a encore du chemin à parcourir. La vraie résilience féminine pourrait bien être cette force tranquille qui, sous couvert d’acceptation, prépare une révolution douce mais implacable. 

                        Quant au renoncement, il pourrait être la voie royale vers une véritable égalité, refusant d’accepter quoi que ce soit de moins qu’un traitement juste et équitable. Alors continuons à défier les attentes avec panache et détermination. Nous sommes bien plus que les stéréotypes ne pourront jamais définir ! 😃

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                        Si vous voulez creuser ce sujet, je vous propose de suivre ces liens

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                        À bientôt sur Les Biais dans le Plat. 

                        J’ai hâte de lire vos commentaires à cet article et surtout n’oubliez pas de vous enregistrer pour recevoir automatiquement toutes les nouvelles publications !

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise (#1)

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise (#1)

                        Sur le chemin du savoir que je souhaite partager avec vous sur ce site, j’ai dévoré le livre : « Intelligence relationnelle et inclusion », de Laurent Depond. Dans son ouvrage, l’auteur montre finalement que les biais cognitifs sont de véritables obstacles à la diversité en entreprise.

                        Les biais cognitifs et la diversité en entreprise

                        Introduction : Un résumé en deux parties pour un ouvrage riche et éclairant

                        Le livre « Intelligence relationnelle et inclusion » de Laurent Depond explore les mécanismes qui freinent l’inclusion en entreprise. Il propose des solutions fondées sur les neurosciences. Ce résumé en deux parties vous offre une vision complète des enseignements clés de cet ouvrage.

                        Dans cette première partie, nous allons découvrir les enjeux de la diversité, ses paradoxes. Puis comment nos fonctionnements cérébraux influencent nos comportements et décisions. Dit autrement, comment nos biais cognitifs influent directement sur la diversité en entreprise.

                        Si vous deviez ne retenir que ça : les biais cognitifs sont l’artefact ultime de notre cerveau pour servir ses objectifs.

                        Cet ouvrage vise à repenser la culture organisationnelle pour rendre l’inclusion plus concrète. Il se fonde sur des outils scientifiques pour comprendre les obstacles à un environnement de travail inclusif. 

                        Ancien consultant, ancien VP Diversity & Inclusion chez Orange, Laurent Depond y explore comment les neurosciences et les sciences cognitives. Comment elles peuvent contribuer à développer la diversité et l’inclusion dans les organisations. 

                        Il propose des pistes pour dépasser ces obstacles. Mieux comprendre les mécanismes relationnels humains et la sécurité psychologique est clé pour une inclusion efficace et durable.

                        En s’appuyant sur les récents apports des neurosciences et des sciences cognitives, ce livre propose une réflexion non stigmatisante. Il nous éclaire sur les fonctionnements humains, souvent mal compris ou simplement ignorés. En quoi ils freinent la mise en place d’un environnement de travail inclusif et égalitaire. Il propose de revoir la formation et la place du manager dans les organisations. Comment faire passer le thème d’inclusion dans une vision de performance durable. 

                        Ouvrage de 208 pages – Collection “Les carnets Soft Skills” chez Dunod.

                        Résumé détaillé de l’ouvrage 

                        Introduction : 

                        En prenant acte que le monde du travail rencontre une crise sans précédent d’engagement depuis la crise sanitaire de 2021, l’auteur est convaincu que l’intelligence relationnelle est une piste sérieuse pour l’optimisation des relations entre individus. 

                        Selon lui, les “soft skills” constituent les compétences comportementales. Elles favorisent ces relations à l’origine d’un meilleur engagement et d’une meilleure adaptation au stress des collaborateurs. Pour autant, l’injonction faite aux organisations de développer l’inclusion pour des raisons économiques et morales ne peut aboutir qu’en posant les bases d’un management inclusif intégrant les logiques de l’analyse neuro cognitive comportementale. Les biais cognitifs naturels sont un frein à la diversité en entreprise.

                        Partie 1 : Le paradoxe de la diversité

                        Chapitre 1 : Les vrais enjeux de la diversité en entreprise

                        Laurent Depond explique pourquoi et comment, ni l’impulsion uniquement donnée par un dirigeant convaincu, ni celle donnée par un corpus législatif contraignant, ne pourront aboutir à un succès en matière de diversité. La diversité promue comme en priorité est globalement un échec en entreprise. Elle finit par déformer les véritables opportunités en matière de performance. 

                        À ce stade, ces politiques d’inclusion n’ont généré, selon lui, que frustrations par et contre les personnes promues via ces dispositifs. La source de la performance n’est pas liée à la typologie des profils mais bien à leur variété. “La diversité visible des “décideurs” étudiée en sexe, âge ou origine géographique est moins contributrice de la qualité décisionnelle que leur diversité “fonctionnelle”, celle de leurs modes de raisonnement.” Peu importe le packaging si l’entreprise n’arrive pas à tirer profit de ce qu’il y a à l’intérieur de la boîte crânienne des collaborateurs. C’est la capacité de l’entreprise et de ses managers à bien gérer les diversités qui compte plus que la présence de la diversité elle-même ! 

                        Vers la performance durable :

                        Il invite l’entreprise à viser la performance durable en combinant succès économique et approche éthique, écologique. C’est la qualité de vie au travail (QVT) qui permet aux collaborateurs de livrer cette performance. 

                        À l’heure où l’intelligence artificielle et les conséquences des changements démographiques frappent aux portes des entreprises. Faire aboutir leurs politiques de diversité et d’inclusion n’est plus une option. 

                        Les différences générationnelles sont un faux sujet : 

                        • la science a démontré que la plasticité cérébrale n’est pas une question d’âge, 
                        • la construction marketing des fossés générationnelles n’est plus à démontrée

                        Les différences culturelles sont une réalité que l’entreprise doit / peut apprendre à gérer. Mais le monde change vite et le cerveau humain a naturellement peur du changement ! L’entreprise doit se réinventer vite et donc dans la douleur. Éliminer les biais d’analyse pour faire émerger les profils auxquels personne n’aurait penser devient essentiel. 

                        Accepter de recruter différemment, accepter de travailler différemment, seront les grands challenges des prochaines années et même les grandes start-up s’y confrontent. C’est l’exemple d’Elon Musk qui interdit le télétravail pour ses équipes. 

                        Chapitre 2 : Un écosystème peu favorable.

                        Les injonctions pour la diversité ont rendu la cause inaudible 
                        • pour les jeunes, 
                        • pour les femmes, 
                        • pour les seniors, 
                        • pour les personnes issues de milieux défavorisés
                        • etc.

                        “Nous sommes chacun une combinatoire de ces éléments, sans parler de la diversité la plus structurante, celle des profils cognitifs qui fait de nous des individus uniques.”

                        Plus l’approche est fragmentée et plus elle s’affaiblit. 

                        Alors que la dictature de l’image, ouvre chaque jour la voie à des nouveaux lynchages médiatiques, les entreprises doivent apprendre à tout contrôler. 

                        Si la discrimination fait l’objet de contraintes réglementaire forte, il ne faut pas pour autant occulter que l’origine des différences s’ancre dans des cultures et pratiques traditionnelles qui se révèlent sexistes sans conscientisation du sujet. Elles sont le fruit de stéréotypes puissants tel que “le salaire des femmes ne peut pas être au niveau de celui des hommes car (…) ce n’est qu’un salaire d’appoint dans le couple”. 

                        Il est difficile de mettre au jour des pratiques discriminatoires alors que ce sont plus des biais humains et organisationnels qui expliquent ces résultats. Attaquer ces sujets sous un prisme uniquement légal peut se révéler contre-productif. Il faut s’attaquer non pas aux discriminations mais aux biais discriminatoires sinon dès qu’il y aura plusieurs femmes dans un comité de direction, l’illusion de fréquence permettra à notre cerveau, de bonne foi, d’être persuadé que le sujet est clos ! 

                        Il ne faut pas aborder le sujet par le prisme diversité donc mais bien par le prisme “performance durable”. La diversité viendra naturellement si elle prouve qu’elle contribue à la performance et la révision des politiques de recrutement et de formation des managers en sont les clés. 

                        Partie 2 : Prendre conscience de nos “fonctionnements humains”

                        Chapitre 3 : Notre cerveau nous raconte des histoires

                        C’est dans la nature même de notre cerveau que de bloquer l’inclusion et c’est à ce problème que l’entreprise de demain doit s’attaquer. C’est en ça que nos biais cognitifs sont des freins à la diversité en entreprise.

                        Le cerveau a pour objectifs

                        • notre sécurité
                        • notre bien-être

                        Le tout en économisant de l’énergie. L’éthique et l’objectivité n’ont pas été sélectionnées comme des finalités à atteindre au cours des milliers d’années qui l’ont façonnées. 

                        Notre cerveau censure, sélectionne, fait des paris statistiques en utilisant biais et préjugés. 

                        Pour lutter contre l’inconfort, le cerveau se comporte comme une machine d’anticipation. Créer l’avenir est probablement la chose la plus importante qu’il fasse. 

                        L’inquiétude et la peur sont consommatrices d’énergie et potentiellement dangereuses. Cela réduit nos capacités d’action en cas de danger avéré. Nous avons donc besoin d’explications pour avoir le sentiment d’avoir le contrôle sur notre environnement. Les rumeurs et complots naissent naturellement de ce besoin impérieux d’explications quitte à générer quantité de biais d’analyse dont la plus impactante est la croyance rassurante d’un “monde juste”. Ce monde juste permet à tout un chacun de se rassurer : toute victime porte une part de responsabilité dans ce qui lui arrive. Le danger est alors lointain pour soi…

                        “En 2015, une étude IPSOS a mis en évidence que 37% des françaises pensaient qu’une femme victime de viol avait une part de responsabilité dans ce qui lui était arrivé. Soit du fait de sa tenue ou de son comportement ou encore des lieux qu’elle fréquentait.” Notre cerveau, dans sa recherche désespérée d’homéostasie, éloigne de nous le risque de cette façon terrible… Facile donc de tomber dans le biais d’auto-complaisance qui attribue nos succès à nos actions et nos échecs à des facteurs extérieurs. Notre cerveau nous raconte les histoires qui lui permettent de servir ses objectifs primaires. 

                        Pour notre sécurité émerge le biais d’affinité ou tribal. 

                        Nous ne sommes en sécurité qu’entre nous puisque l’étranger représente le danger et le pair est un allié naturel de notre survie. Mais si la recherche de l’entre soi est un conditionnement naturel qu’on peut expliquer et qu’il convient de dédramatiser, l’important c’est de le conscientiser et d’agir. Il n’est pas difficile de créer des groupes affinitaires. C’est un puissant levier d’inclusion. 

                        Il en va de même pour l’effet de halo et l’impact fort du paraître. Si pour la femme, la beauté est un désavantage puisque le préjugé l’associe à la bêtise, pour les hommes, elle est elle associée à la compétence. Encore une fois, la conscientisation de ce biais est le prérequis. Il n’est pas question de juger, juste de l’identifier mais cela touche aussi les “légumes moches” 🙂

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                        Ce résumé montre que notre cerveau, bien que formidable, s’appuie sur des mécanismes automatiques et biaisés qui influencent nos comportements, souvent au détriment de la diversité. Comment nos biais cognitifs rendent difficile la diversité en entreprise.

                        Dans la seconde partie de cet article, nous explorerons comment une meilleure compréhension de ces mécanismes peut nous permettre de dépasser ces obstacles et instaurer un management inclusif fondé sur l’intelligence relationnelle.

                        📢 Rendez-vous dans la deuxième partie pour continuer cette réflexion essentielle sur les biais cognitifs et leur impact sur nos interactions.

                         Pour aller plus loin :

                        Quiz : Reconnaître les biais inconscients au travail

                        Quiz : Reconnaître les biais inconscients au travail

                        Biais inconscients, biais cognitifs innovation et risque

                        Bienvenue sur Les Biais dans le Plat, votre ressource pour comprendre et surmonter les biais cognitifs et inconscients. Aujourd’hui, je vous propose un quiz biais inconscients au travail, conçu pour révéler ces mécanismes subtils qui influencent vos décisions et vos interactions professionnelles. Ce quiz interactif vous permettra d’identifier vos propres biais et de mieux comprendre comment ils fonctionnent.

                         

                        Pourquoi un quiz sur les biais inconscients au travail ?

                        Les biais inconscients peuvent affecter nos jugements et nos comportements, souvent de manière insidieuse. Que vous soyez en train de préparer un entretien d’embauche, de collaborer avec des collègues ou de prendre des décisions importantes, ces biais peuvent jouer un rôle crucial. Ce quiz a été conçu pour vous aider à identifier ces biais et à mieux comprendre comment ils fonctionnent.

                        Comment fonctionne le quiz biais inconscients au travail ?

                        C’est simple ! Répondez à chaque question en choisissant parmi les trois propositions – sérieuse, humoristique, ou mélangée – et découvrez comment votre cerveau fonctionne vraiment. À la fin du quiz, vous aurez une meilleure compréhension de vos propres biais et des outils pour les surmonter.

                        Le quiz biais inconscients au travail est un outil ludique pour explorer vos propres schémas mentaux et identifier les préjugés qui influencent vos décisions professionnelles. En reconnaissant ces biais, vous pourrez mieux collaborer, prendre des décisions plus éclairées et contribuer à un environnement de travail inclusif. Essayez le quiz dès maintenant et partagez vos résultats pour enrichir la discussion. Chaque pas vers la compréhension est un pas vers une meilleure communication professionnelle !

                        Apprendre pour mieux contribuer

                        Saurez-vous reconnaître les biais inconscients au travail ?

                        Ce quiz a été conçu pour vous aider à identifier ces biais et à mieux comprendre comment ils fonctionnent. Préparez-vous à découvrir des faits intrigants et à sourire avec ses réponses décalées tout en apprenant à reconnaître et à gérer vos propres biais.

                        C'est un mélange de sérieux et de légèreté ! Alors, êtes-vous prêt à plonger dans l'univers des biais inconscients et à affiner votre perception ?

                        Allez, c'est parti ! Testez vos connaissances et amusez-vous tout en apprenant.

                        Cliquez sur le bouton ci-dessous pour commencer :

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                        1 : Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?

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                        2 : Qu’est-ce qu’un biais inconscient ?

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                        3 : Qu’est-ce qu’un biais de similarité ou de similitude ?

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                        4 : Qu’est-ce qu’un biais de confirmation ?

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                         5 : Qu’est-ce qu’un biais de genre ?

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                        6 : Qu’est-ce qu’un biais hiérarchique ?

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                        7 : Qu’est-ce qu’un biais d’accès ?

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                        8 : Qu’est-ce qu’un biais de contenus ?

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                        9 : Qu’est-ce qu’un biais d’innovation ?

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                        10 : Qu’est-ce qu’un biais de risque ?

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                        Pour plus d’informations, visitez ce site web et lisez ces articles détaillés :

                        J’attends vos commentaires avec impatience !

                        Les biais inconscients au travail s’invitent au cinéma

                        Les biais inconscients au travail s’invitent au cinéma

                        Avez-vous vu le film “Le Nouveau Stagiaire” ? 

                        Cette comédie légère, sortie en 2015, traite directement du sujet des biais inconscients et des préjugés au travail. Il balaye ainsi quasiment tous les biais que j’évoquais dans mon article introductif de cette série : Comprendre les biais inconscients dans votre vie professionnelle.

                        Tous y passent ou presque : biais de similarité, de confirmation, de genre, hiérarchique ou d’innovation. Cette comédie est pourtant un bonbon de positivité 🙂 qu’il vous faut impérativement découvrir si ça n’est pas déjà fait ! 

                        Biais inconscients au cinéma

                         

                        Le Nouveau Stagiaire : kaléidoscope des biais inconscients au travail.

                        « The Intern » en version originale est une comédie dramatique réalisée par Nancy Meyers. On lui doit aussi “Ce que veulent les hommes” en 2000 et “The Holiday” en 2006. 

                        Le film met en scène Robert De Niro dans le rôle de Ben Whittaker, un septuagénaire veuf qui devient stagiaire senior dans une start-up de mode en ligne dirigée par Jules Ostin, jouée par Anne Hathaway.

                        Ben, récemment veuf, ne peut pas imaginer une retraite inactive. Il postule donc au programme de stagiaire expérimenté mis en place par la start-up de Jules. 

                        Tous les ingrédients sont jetés pèle-mêle :

                        • le septuagénaire sympathique, charismatique et capable de nombreux conseils,
                        • la trentenaire, cheffe d’entreprise géniale mais inexpérimentée. Également, épouse et maman dépassée…,
                        • les autres stagiaires, adolescents attardés, geeks et célibataires,
                        • le mari, homme au foyer délaissé, qui a sacrifié sa carrière pour sa femme,
                        • le numéro 2 de la boîte qui œuvre pour mettre en place un vrai directeur général : un homme expérimenté.

                        Le Nouveau Stagiaire : la chasse aux biais inconscients au travail est ouverte 🙂

                        Le film aborde les grandes problématiques de nos sociétés et de nos entreprises avec légèreté. Il faut tout de même avoir en tête que ça n’est pas totalement une fiction car les entreprises américaines déploient réellement des programmes pour réintégrer dans leurs effectifs des profils plus “expérimentés”. 

                        Le nouveau stagiaire biais inconscients au travail

                         

                        Le biais de similarité au travers de l’âge du antihéros :

                        • Biais de présomption d’incompétence :

                        Certains personnages, comme Jules au début du film, ont tendance à présumer que Ben, en raison de son âge, n’a pas les compétences ou les connaissances nécessaires pour réussir dans l’entreprise.

                        • Biais de présomption de lenteur : 

                        Ben est parfois perçu comme étant plus lent ou moins efficace que ses jeunes collègues, simplement à cause de son âge.

                        Le biais de genre au travers de la femme cheffe d’entreprise :

                        • Biais de genre : 

                        Jules, en tant que femme dirigeante, est confrontée à des stéréotypes et à des attentes différentes de celles que subiraient ses homologues masculins. Elle doit notamment prouver sa légitimité et sa capacité à gérer l’entreprise qu’elle a pourtant créé de toute pièce.

                        • Biais de maternité :

                         Jules est également confrontée à des préjugés liés à sa maternité. On la considère parfois comme étant moins disponible ou moins investie dans son travail en raison de ses responsabilités familiales. La présence de son mari, père au foyer délaissé et qui la trompe, pose aussi les bases d’une inversion “bizarre” des rôles… mais je n’ai même pas envie de relever ce sujet tant il me semble anachronique ! 

                        Le biais de confirmation mais par le prisme de l’origine sociale :

                        • Biais de classe sociale : 

                        Ben, venant d’un milieu social plus traditionnel, peut avoir des difficultés à comprendre les codes et les valeurs de la start-up, qui est un environnement plus informel et entrepreneurial.

                        • Biais d’éducation : 

                        On peut également observer des biais liés au niveau d’éducation des personnages. Certains employés, ayant un niveau d’études plus élevé que d’autres, peuvent avoir tendance à se sentir supérieurs ou à minimiser les contributions de leurs collègues moins diplômés.

                        Le nouveau stagiaire : source d’inspiration pour la résolution des problèmes liés aux biais inconscients au travail

                        Finalement, et c’est aussi ce qu’il y a de particulièrement rassurant, c’est avec une grande simplicité que tous les biais se dissipent tout au long du film.

                        De biais d’âge à performance de la diversité, il n’y a qu’un pas

                        Le film montre comment les jeunes employés, initialement sceptiques ou condescendants envers Ben, découvrent progressivement ses compétences, son expérience et sa valeur ajoutée. Ce retournement met en lumière le biais inconscient lié à l’âge, souvent perçu comme un obstacle à la performance et à l’adaptabilité.

                        En démontrant ses compétences en gestion, en relations interpersonnelles et en résolution de problèmes, Ben défie les préjugés des employés plus jeunes qui associent compétence et jeunesse. Cela souligne l’importance de juger les employés sur leurs mérites et non sur des préjugés.

                        Résolution : À travers ses actions et ses conseils judicieux, Ben gagne progressivement le respect et la confiance des employés, démontrant la richesse de l’expérience et de la sagesse indépendamment de l’âge.

                        Femme – cheffe d’entreprise – mère épanouie, stop au biais de genre 

                        Jules doit constamment prouver sa légitimité et sa compétence dans un rôle traditionnellement dominé par les hommes. Le film illustre les défis supplémentaires qu’elle rencontre, notamment le scepticisme et les critiques des investisseurs et de certains employés, dus aux stéréotypes de genre.

                        Résolution : Jules en apprenant à déléguer davantage et à faire confiance à son équipe, renforce son leadership. Elle trouve aussi des moyens de concilier ses rôles de PDG et de mère. 

                        La preuve, le puissant ennemi du biais de confirmation

                        Ben par son approche profondément humaine et éthique démontre rapidement qu’il ne peut pas être associé uniquement à ses différences. Le film montre bien comment il peut facilement s’adapter en ne considérant pas la situation comme problématique. En agissant simplement, il s’impose comme faisant partie de la solution. 

                        Résolution : Les employés reconsidèrent leurs préjugés lorsque Ben prouve qu’il est non seulement compétent mais aussi innovant.

                        Alors, vous allez me dire qu’on ne vit pas dans une comédie américaine ! Mais parfois la résolution des problèmes est aussi simple que ça 😀 

                        Ne pas considérer les situations comme fatales. Ne pas penser problème mais penser solution est la clé la plus simple à activer. 

                        Dans cette série d’articles sur les biais inconscients dans votre vie professionnelle, j’ai abordé plusieurs types de biais qui peuvent affecter le recrutement, l’évaluation des performances, et la dynamique d’équipe. « The Intern » illustre parfaitement ces concepts à travers ses personnages et leurs interactions. Le film montrent montrant comment la reconnaissance des compétences et des contributions individuelles, indépendamment de l’âge ou du genre, peut combattre les préjugés.

                        Tout comme les personnages du film, ne laissez personne vous faire taire ou vous priver du job de vos rêves !

                        J’espère que ce moment de détente – mais pas que 😉 – vous aura plus. Si oui, n’hésitez pas à me laisser un commentaire et pourquoi pas à m’indiquer un film qui vous aura aussi fait penser à ce thème et que je pourrais voir aussi. 

                        Biais inconscients en réunion : démarquez-vous !

                        Biais inconscients en réunion : démarquez-vous !

                        Introduction : la réunion, carrefour des biais inconscients en entreprise

                        Les biais inconscients en réunion, notamment les biais de genre et d’autorité, sont des préjugés subtils et souvent involontaires qui influencent nos comportements et nos décisions. Ces biais inconscients se manifestent particulièrement en milieu professionnel, où ils peuvent perturber la dynamique des réunions. Ces points je les ai abordés dans le premier article de cette série : Comprendre les biais inconscients dans votre vie professionnelle.

                        Biais inconscients en réunion

                         

                        Imaginez une réunion où vos idées sont constamment coupées, vos contributions ignorées et vos opinions dévaluées. Il m’a fallu du temps pour admettre que c’était et c’est encore ma réalité quasi-quotidienne. Mais surtout, il m’a fallu du temps pour l’admettre : je suis “victime” des biais de genre et d’autorité

                        Alors, comme tout le monde, j’ai horreur d’être une victime mais il faut affronter le sujet. Car, loin d’être de simples perceptions, ces biais ont des impacts concrets et néfastes, tant sur les individus que sur les organisations.

                        Pour rappel: les définitions éclairées d’exemples des principaux biais inconscients en réunion

                        • Biais de genre : Jugement préconçu ou stéréotype basé sur le genre qui influence la manière dont nous percevons et interagissons avec les autres.

                        Exemples : Une femme est interrompue par un homme alors qu’elle présente une idée. L’étude de Kieran Snyder sur le manterrupting que j’ai déjà cité, montre que si les mauvaises habitudes de s’interrompre sont malheureusement trop présentes en réunion. Dans 70% des cas, les hommes qui interrompent, coupent la parole à des femmes. Et cette pratique contamine aussi les femmes qui s’interrompent entre elles à 87% alors qu’elles n’interrompent que très rarement des hommes 🙁

                        • Biais d’autorité : Tendance à accorder une importance démesurée aux opinions ou décisions des personnes perçues comme ayant un statut ou un pouvoir supérieur.

                        Exemples : Les idées d’un manager expérimenté sont automatiquement considérées comme meilleures, même si elles manquent de fondement. Un junior n’ose pas contredire un senior, même s’il détient une expertise plus fine sur le sujet. Combiner ces phénomènes au “rapport de force instinctif” évoqué dans le livre de Laurent Depond (« Intelligence relationnelle et inclusion » – page 96) et vous obtiendrez le biais du chef. Des collaborateurs sujets à la peur et qui préfèrent proposer ce qu’ils pensent ne moins contrarié leur hiérarchie. 

                        Et les impacts psychologiques et organisationnels de ces situations sont aussi nombreux que logiques : 

                        • Frustration, démotivation et sentiment d’injustice pour les victimes de biais.
                        • Moins de prise de parole des femmes et des minorités en réunion, limitant la diversité des points de vue.
                        • Décisions moins pertinentes et moins inclusives, pénalisant la performance collective.
                        • Mauvaise ambiance de travail et climat de défiance, nuisant à la cohésion d’équipe.

                        Cet article vous propose des outils et des stratégies concrètes pour comprendre les mécanismes des biais de genre et d’autorité, ces biais inconscients en réunion. C’est notre éveil collectif qui pourra transformer en profondeur ces situations pour lesquelles j’insiste il faut surtout admettre qu’elles sont, dans leur immense majorité, inconscientes. 

                        Partie 1 : Apprendre pour comprendre, expliquer et illustrer ces biais inconscients en réunion

                        Apprendre pour mieux contribuer

                        Comprendre les mécanismes des biais inconscients en réunion est la première étape pour les démasquer et les contrecarrer. Il existe bien un arsenal d’exercices pratiques pour identifier les biais et aider à les déconstruire que vous pourrez suggérer à vos organisations quand elles seront mûres. Donc peut-être pas tout de suite 😉

                        Mais déjà, pour vous, et pour vous aider à vous projeter voici ce qui pourrait permettre d’avancer : 

                        1.1. Exercices pratiques pour identifier et déconstruire les biais

                        • Analyse de situations :
                          • Objectif : Identifier les biais présents dans des situations de réunion concrètes.
                          • Déroulement : Distribuer aux participants des descriptions de situations de réunion fictives ou réelles. Demander aux participants d’identifier les biais de genre et d’autorité présents, d’analyser leurs impacts et de proposer des solutions alternatives.
                          • Outils : Grille d’analyse des biais, tableau de brainstorming.
                        • Jeux de rôle :
                          • Objectif : Expérimenter les effets des biais et s’entraîner à réagir de manière assertive.
                          • Déroulement : Organiser des mises en situation où les participants jouent le rôle de personnes victimes de biais et de personnes qui les observent. Inciter les participants à identifier les biais présents, à exprimer leurs ressentis et à tester différentes stratégies de communication assertive.
                          • Outils : Scénarios de jeux de rôle, fiches de conseils pour une communication assertive.
                        • Questionnaires :
                          • Objectif : Évaluer son propre niveau de sensibilité aux biais.
                          • Déroulement : Proposer aux participants de remplir des questionnaires d’auto-évaluation sur les biais de genre et d’autorité. Discuter des résultats en groupe et identifier des pistes d’amélioration individuelles.
                          • Outils : Questionnaires en ligne, tests d’auto-évaluation.

                        1.2. Cas d’étude pour illustrer la mise en pratique des concepts clés

                        Rien de tel que des cas concrets pour se projeter et être capable de sensibiliser et d’expliquer. Et comme ce travail, je le fais ici pour vous, je me permets de vous présenter quelques unes des situations auxquelles j’ai été confrontées 

                        Cas 1 : Quand vous heurtez votre chef par mégarde !

                        • Situation : 

                        Lors d’une réunion de brainstorming, la consigne : proposer des idées sur des post-it puis les placer dans le cadre dans lequel il s’appliquait le plus puis déplacer les post-its des autres que nous considérions comme n’étant pas dans le bon cadre. 

                        Ma cliente, et donc la cheffe d’une équipe composée d’internes et de consultant(e)s, pose son post-it dans l’un des cadres. 

                        Vous l’avez vu venir ? J’ai bougé son post-it 🙂

                        • Analyse : 

                        Biais de genre et d’autorité. L’idée de la “consultante” (pas de le femme dans ce cas précis) a été dévaluée car elle provenait d’une personne extérieure à l’équipe et d’une personne de moindre importance dans la hiérarchie établie.

                        • Solution : 

                        Garder son calme et questionner l’autre pour dédramatiser la situation. 

                        Cas 2: Quand votre manager vous interrompt systématique !

                        • Situation: 

                        Lors d’un séminaire, on me demande de produire des éléments pour expliquer le périmètre d’un projet complexe. Lors de ma présentation orale, je suis constamment interrompue par le manager qui organise la réunion pour paraphraser mes propos avec ses mots prétextant de leur complexité. 

                        • Analyse: 

                        Biais d’autorité. Le manager a tendance à imposer ses idées et à ne pas prendre en compte les points de vue des autres. Plutôt que d’avoir exprimé ses doutes avant la réunion, il s’improvise “sous-titreur” pendant la présentation. 

                        • Solutions: 

                        Dans le cas présent, j’ai pris la situation avec humour et j’ai fini par m’excuser auprès de la salle puisque je n’étais apparemment pas “claire”.

                        • Effet n°1 : Les rires m’ont encouragée et ont limité les envies du manager de poursuivre dans ce sens.
                        • Effet n°2 : J’ai obtenu des excuses le lendemain. 

                        Comprendre les biais de genre et d’autorité est donc la première étape pour les combattre. Je suis convaincue que le fait d’approfondir nos connaissances et de développer des approches concrètes peut permettre de créer un environnement de réunion plus inclusif et performant. Tout ça ne pourra évoluer que par petites touches. 

                        Partie 2 : Soyons irréprochables pour ne plus être frustrés !

                        2.1. Mieux se préparer et mieux préparer les autres pour faire des réunions des espaces de discussion constructifs et ouverts

                        Pour contrer ces biais, la préparation est cruciale. Une préparation ponctuelle adéquate qu’est-ce que ça peut vouloir dire ?

                        • Soit vous vous préparez pour vous fabriquer la confiance nécessaire pour oser prendre la parole
                        • Soit vous préparer soigneusement la réunion et vous la structurer de manière à donner à chacun l’opportunité de s’exprimer. 

                        Par exemple, avant une réunion, distribuez un ordre du jour détaillé et demandez à tous les participants de préparer leurs interventions à l’avance. Cela permet à chacun de venir préparé et de s’exprimer plus facilement.

                        On peut aussi prendre les choses en main pour s’améliorer de manière durable. 

                        Les enjeux pour vous sont de deux natures : 

                        • Oser s’imposer pour une communication égalitaire
                        • Prendre la parole avec assurance et impact

                        Vous devez vous fixez deux objectifs :

                        • Objectif n°1 : Adopter un langage assertif et impactant :
                          • Affirmer ses opinions et ses idées : « Je pense que… », « Je suis d’accord avec… », « Je propose que… ».
                          • Utiliser des phrases positives et affirmatives : « Je peux… », « Je suis capable de… », « Je suis convaincue que… ».
                          • Ne pas hésiter à reformuler ses propos : « Pour clarifier, je voulais dire que… »
                        • Objectif n°2 : Formuler des interventions claires et concises :
                          • Structurer son propos : Introduction, arguments clés, conclusion.
                          • Utiliser un langage simple et direct : Éviter le jargon et les termes techniques.

                        Une fois intégrés ces deux objectifs et les habitudes qui en découlent vous vous exprimerez avec confiance. La voix claire et assurée, la posture droite et le regard direct, autant de gages qui limiteront les tentatives de vous interrompre 😉

                        2.2. Posez des règles ou demandez à ce qu’elles soient posées

                        Établir des règles de conduite claires pour les réunions peut aider à réduire l’impact des biais. Par exemple, instaurer des tours de parole peut s’assurer que chacun ait la chance de s’exprimer, et demander explicitement aux participants de ne pas interrompre permet de maintenir un dialogue respectueux. En outre, désigner ou demander la désignation d’un facilitateur de réunion peut aider à modérer les discussions et à veiller à ce que toutes les voix soient entendues. Ce facilitateur peut également intervenir pour rappeler les règles de conduite si nécessaire.

                        Nous pouvons tous créer un cadre propice à des échanges constructifs et ouverts à tous

                        Vous en avez entendu parlé ou vécu, les techniques d’animation participatives  pour des réunions dynamiques et inclusives. Les plus simples à mettre en place, suggérez  : 

                        • un tour de parole : Assurer que chacun ait l’opportunité de s’exprimer et d’être entendu.
                          • Avantages : Évite les monologues, favorise l’écoute mutuelle et garantit une participation équitable.
                          • Exemples : Tours de parole chronométrés, tours de parole aléatoires, tours de parole thématiques.
                        • un vote : Prendre des décisions collectives en tenant compte de l’avis de tous.
                          • Avantages : Permet de trancher rapidement et efficacement, favorise le consensus et renforce l’implication des participants.
                          • Exemples : Vote par points, vote par main levée, vote électronique.

                        Il peut être intéressant de doter le facilitateur d’outils pour favoriser une écoute active : entendre et comprendre pour mieux interagir

                        • Grilles d’observation : Évaluer sa propre capacité d’écoute et identifier les points d’amélioration.
                          • Exemples : Grille d’observation du langage corporel, grille d’observation de la reformulation, grille d’observation de l’attention.
                        • Techniques de reformulation : Vérifier la compréhension et reformuler les propos des autres pour faciliter le dialogue.
                          • Exemples : Reformulation simple, reformulation par clarification, reformulation par synthèse.

                        L’homme comme l’organisation pense être juste tant qu’il / elle n’a pas été confronté(e) à un retour chiffré et factuel. Il peut-être intéressant de suggérer le test pour favoriser la prise de conscience individuelle et collective. 

                        Alors, je peux imaginer votre scepticisme en lisant ces lignes mais encore une fois qui dit “biais inconscients”, dit qu’il n’y a pas d’objectif caché et malveillant mais bien une grande maladresse liée à la méconnaissance. Ne pas culpabiliser est la clé. La machine à café et la cantine doivent devenir les moments clés de l’éveil auquel vous allez contribuer activement ! 

                        Biais inconscients : se démarquer en réunion

                         

                        Partie 3 : Posez des mots pour contribuer à éclairer vos collègues

                        3.1. Ne culpabilisez personne mais éclairez les situations ambiguës

                        Lorsque vous observez des biais en action, il est important d’en parler de manière constructive. Plutôt que de blâmer, décrivez les situations de manière factuelle et proposez des alternatives. Par exemple, si vous remarquez qu’une idée exprimée par une collègue a été ignorée puis répétée par un homme et valorisée, faites remarquer cette dynamique.

                        Dites quelque chose comme : « Je pense que Marie avait déjà proposé cette idée. Peut-être pourrions-nous l’écouter plus en détail ? ». Cela permet de mettre en lumière le biais sans accuser directement les individus.

                        3.2. Imposez-vous : attendez le bon moment pour intervenir mais ne vous taisez plus !

                        Il est essentiel de ne pas se taire face aux biais. Attendez le bon moment pour intervenir, mais faites entendre votre voix. Cela peut signifier soutenir un collègue qui est interrompu ou souligner l’importance de considérer toutes les idées de manière équitable.

                        Si vous êtes témoin d’une interruption fréquente, vous pouvez dire : « Pardon, mais je crois que Claire n’avait pas fini son point. Pourrions-nous lui permettre de continuer ? ». De même, si vous avez une idée à partager, assurez-vous de prendre la parole avec assurance, en vous appuyant sur des faits et des arguments solides pour renforcer votre crédibilité.

                        Apprenez à vous affirmer avec bienveillance cela amènera les autres à le faire aussi !

                        Le secret est bien d’intégrer deux éléments clés – et pardonnez-moi si vous trouvez que je radote :

                        1. La situation ne se joue pas contre nous mais elle se joue dans les mécanismes de pensée de nos cerveaux entre survie individuelle ou collective, adaptation ou émotion.
                        2. Commencez toujours vos phrases par “je” et non pas par “tu” ou “vous”. Votre message sera toujours accepté puisqu’il n’impliquera pas une forme d’accusation. 

                        Et maintenez le cap sur vos objectifs : 

                        • Gérer ses émotions: Prendre le temps de réfléchir avant de parler, respirer profondément, rester calme.
                        • Désamorcer les situations conflictuelles: Reformuler les propos agressifs, utiliser l’humour, faire preuve d’empathie.
                        • Communiquer avec respect: Écouter attentivement les autres, éviter les interruptions, utiliser un ton neutre et bienveillant.

                        Conclusion : tous acteurs pour déjouer les biais inconscients

                        En résumé, en comprenant et en reconnaissant les biais inconscients, nous pouvons mieux nous préparer, poser des règles claires et intervenir de manière constructive pour créer des environnements de travail plus inclusifs et efficaces. En tant qu’individus et entreprises, nous avons tous un rôle à jouer pour démasquer les biais et promouvoir une culture d’inclusion.

                        Chacun d’entre nous peut agir à son échelle pour faire avancer la cause de l’inclusion.

                        Quelles sont vos missions désormais 🙂 :

                        • Prenez conscience de vos propres biais.
                        • Servez-vous des conseils présentés ici pour encourager une communication inclusive dans vos réunions.
                        • Sensibilisez vos collègues et votre manager aux enjeux des biais.

                        Ensemble, nous pouvons créer un monde professionnel plus juste, plus inclusif et plus performant, où chacun peut s’exprimer librement et contribuer pleinement à la réussite collective.

                        N’hésitez pas à partager cet article et à en discuter avec vos proches et vos collègues. Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus vite le changement se produira !

                        Merci pour votre lecture.

                        Biais inconscients : Que faire pour décrocher le job de vos rêves ?

                        Biais inconscients : Que faire pour décrocher le job de vos rêves ?

                        Biais inconscients de recrutement : biais de similarité, biais de confirmation, vos plus grands ennemis.

                        Biais inconscients décrochez le job de vos rêves

                         

                        Comme je vous les présentais dans l’article “Comprendre les biais inconscients dans votre vie professionnelle”, votre carrière se joue aussi en dehors de votre champ de compétences. Dans le cadre des parcours de recrutement, les deux plus grands obstacles sont clairement les suivants : 

                        • Le biais de similarité ou de similitude se manifeste lorsque les recruteurs préfèrent inconsciemment les candidats qui leur ressemblent, que ce soit en termes de race, de genre, de catégorie sociale, d’école fréquentée, ou de lieu de naissance. Cette tendance est liée à un besoin de se rassurer, en anticipant que les comportements des personnes similaires seront plus prévisibles et maîtrisables.
                        • Le biais de confirmation est notre tendance à sélectionner et privilégier les informations qui confirment nos croyances ou idées préexistantes. Dans le cadre du recrutement, cela signifie que les recruteurs cherchent des indices qui corroborent les principaux stéréotypes, tels que “les hommes sont de meilleurs managers” ou “les femmes sont plus sensibles”.

                        Il est donc important de noter que vous n’êtes en aucun cas la cause ou l’objet d’un éventuel rejet. C’est bien uniquement la perception de l’autre et le besoin inconscient de son cerveau de décider vite et d’éliminer arbitrairement le risque de l’inconnu. 

                        Alors, comme moi pendant longtemps, vous pouvez vous dire que c’est la fatalité. Que vous serez toujours le vilain petit canard ! Ou vous pouvez chercher à contrecarrer les pièges tendus par les biais inconscients de ces recruteurs. 

                        3 actions aussi simples que complexes mais tellement efficaces pour décrocher le job de vos rêves : 

                        Biais inconscients se préparer pour décrocher le job de ses rêves

                        1. Développer des compétences en gestion des biais

                        1.1. Éducation sur les biais : 

                        Informez-vous sur les biais cognitifs et inconscients pour mieux comprendre les dynamiques du recrutement. C’est la première action !

                        Bonne nouvelle, vous avez déjà commencé en parcourant ce site internet. 🙂 Pour mieux les gérer, il faut comprendre les facteurs externes qui peuvent nous empêcher d’atteindre notre but. 

                        Notre chance, votre chance, internet a mis le savoir à portée de clic.

                        Si vous voulez aller plus loin pour comprendre, je peux vous conseiller de lire ces deux documents pour commencer : 

                        J’ai bien l’intention de vous proposez également une liste d’ouvrages plus complète. J’y travaille 😉

                        1.2. Techniques de contournement : 

                        Une fois que vous avez pris conscience qu’ils sont là ! Il ne reste plus qu’à appliquer des techniques pour contrer ces biais. Il est possible de mettre en place des actions mesurables. Vous devez adapter votre présentation en fonction d’une part rationnelle des attentes des recruteurs.

                        Mais d’abord, il est primordial d’inverser notre schéma de pensée autocentré et souvent auto-critique. Vous devez comprendre pourquoi et comment chaque individu est naturellement contraint par ses propres schémas de pensée. Cela peut paraître idiot mais s’il n’y avait qu’une chose à retenir de cet article ce serait cette idée ! 

                        Vous ne devez donc plus penser : “Est-ce que je corresponds au profil ?

                        Vous devez penser : “Qu’est-ce qui ferait que je pourrais correspondre à l’image qu’on se fait du profil idéal ?

                        Une fois posée cette hypothèse, ne vous inventez jamais la vie et l’expérience idéale ! Faites juste en sort que certains des éléments qui rassurent vos interlocuteurs soient particulièrement visibles et mis en avant 😉

                        2. Préparer un CV et une lettre de motivation stratégiques

                        “Faites un CV et une lettre de motivation adaptée au poste.” 

                        Je suis sûre que vous l’avez entendu 100 fois et peut-être que, comme moi, vous n’avez jamais écouté ce conseil. ☹️ Et bien, c’est crucial ! Mais il faut d’abord comprendre pourquoi vous le faites ? 

                        Il faut préparer un CV et une lettre de motivation suffisamment revisités pour passer la barrière des biais de similarité ou de confirmation. 

                        2.1. Adapter le contenu au poste visé :

                        Mots-clés et compétences spécifiques :

                        Utilisez des mots-clés pertinents et des compétences spécifiques mentionnées dans l’offre d’emploi. Cela augmente vos chances de passer les filtres automatisés et de capter l’attention des recruteurs.

                        Quantification des réussites : 

                        Quantifiez vos réussites pour donner une image précise de votre impact (ex. « Augmentation des ventes de 20% »).

                        2.2. Structurer le CV :

                        Clarté et concision: 

                        Un CV clair et concis facilite la lecture et met en valeur les informations essentielles en peu de temps.

                        Mise en page professionnelle: 

                        Utilisez une mise en page professionnelle et aérée pour une lecture agréable.

                        D’autant que vous n’avez plus aucune excuse avec l’avènement des outils d’intelligence artificielle (IA : ChatGPT ou Gemini) ou des outils d’assistance graphique (de type canva.com) . Vous pouvez vous aider des IA en leur demandant d’analyser la fiche de poste et votre CV et de vous proposer des idées d’amélioration contextualisées. Et mettre en forme un CV professionnel en quelques clics n’a jamais été aussi simple.

                        Nota : J’y reviendrai mais le support de l’IA doit être considéré comme une aide essentielle. Si on vous propose un deuxième cerveau, pourquoi dire non ?! Alors oui, il faut l’utiliser avec prudence et intelligence. Ces outils véhiculent malheureusement une partie des biais de leurs concepteurs et des contenus qu’ils ont utilisés comme base de connaissances. Pour autant, leur puissance n’est pas discutable.

                        3. Se préparer aux entretiens

                        3.1. Préparer vos entretiens en fonction de vos interlocuteurs : 

                        Je ne vous ferai pas l’affront de vous dire qu’il faut savoir vous présenter de manière claire, concise et efficace. Mais, je parie que peu d’entre vous se sont posés pour préparer une présentation d’eux même chronométrée et qui varie qu’ils s’agissent d’un RH ou d’une personne du métier ! 

                        C’est mieux en le disant. Il n’est pas possible d’employer les mêmes mots en fonction du métier de votre interlocuteur. Si le jargon métier fera mouche avec votre futur chef ou un futur collègue, il pourra perdre un RH. Pas toujours mais parfois au moins et vous ne pourrez pas vraiment le mesurer dans les premières minutes de l’entretien… 

                        3.2. Faire une recherche approfondie sur l’entreprise :

                        – Culture et valeurs d’entreprise :

                        Comprendre la culture d’entreprise et ses valeurs vous permettra d’adapter votre discours. Grâce à sa compréhension,; vous montrerez que vous êtes un bon fit culturel. 

                        C’est parfois difficile à faire. On pense ne connaître personne dans l’organisation. N’oubliez jamais : la force du réseau est bien plus étendue que vous ne vous le figurez sans doute. La théorie qui dit qu’on est tous à 6 poignées de main de Barack Obama est vraie ! 😉 Vous devez trouver quelqu’un pour vous renseigner. Si c’est le boulot de vos rêves, vous devez vous en donner les moyens.

                        Mais, je plaide coupable devant vous, je fais partie de la frange d’individus qui se fichait de la “culture d’entreprise et de ses valeurs”. J’étais persuadée que seule la valeur que j’apportais devait être mise dans la balance. Mais, attention, on ne parle pas uniquement des valeurs mises en avant sur leur site internet. On parle des valeurs “tacites”, des valeurs de caste. Alors, si vous ne voulez pas vous retrouvez comme moi, en guerre stérile avec votre organisation, vous devez comprendre ses règles et ses valeurs. 

                        Préparation des réponses : 

                        Vous allez préparer votre entretien pour qu’il se déroule en deux temps. Ne vous faites pas piéger dans une description longue et ennuyeuse de votre parcours. 

                        D’abord, vous faites une courte présentation qui s’adresse à votre interlocuteur du jour (voir plus haut) et qui intègre des éléments clés de l’offre et de la culture d’entreprise. 

                        Puis, vous préparez des réponses aux questions courantes en mettant en avant vos compétences et expériences en lien avec le poste.

                        Vous maîtrisez vos réalisations sur le bout des doigts puisque vous avez appliqué les astuces évoquées dans mon article : 5 astuces et 1 bonus pour combattre le syndrome de l’imposteur 😁 Vous pouvez donc choisir celle que vous mettrez en avant en fonction de votre interlocuteur et de sa question. 

                        BONUS : Booster votre entretien avec la méthode STAR 

                        Technique de l’entretien comportemental, STAR pour Situation, Task, Action, Result : Utilisez cette technique pour structurer vos réponses et illustrer vos compétences avec des exemples concrets. Vous laisserez une trace indélébile dans l’esprit de vos interlocuteurs.

                        Conclusion : vous pouvez déjouer les biais inconscients pour décrocher le job de vos rêves ! 

                        La lutte contre les biais inconscients et cognitifs dans le recrutement est essentielle pour garantir des processus justes et équitables. En tant que candidats, il est important de comprendre ces biais et de ne pas se décourager face aux rejets. Les entreprises devront également investir dans des formations et des processus plus structurés pour minimiser l’impact de ces biais.

                        Prenez dès maintenant des mesures proactives et adaptées aux défis du recrutement. Vous pouvez augmenter vos chances de succès. Informez-vous, préparez-vous et restez résilient face aux obstacles. 

                        Je sais combien il est difficile de ne pas le prendre pour soi. Pour autant, lors d’un recrutement, le candidat n’est pas toujours le héros de l’histoire. 😉 En revanche, avec les bonnes stratégies, vous pouvez vous démarquer et décrocher le job de vos rêves malgré les obstacles ! 

                        La force est en vous ! N’hésitez pas à me partager vos commentaires et vos idées sur ces conseils. Dites-moi si vous avez pu les tester.

                        Comprendre les biais inconscients dans votre vie professionnelle

                        Comprendre les biais inconscients dans votre vie professionnelle

                        Biais inconscients et biais cognitifs - les comprendre, les combattre, les vaincre

                        Imaginez que, sans le savoir, des biais ou préjugés inconscients influencent votre carrière . C’est le cas pour des millions de professionnels chaque jour. C’est aussi le vôtre. 

                        Mais qu’est-ce qu’un biais inconscient ou un biais cognitifs me direz-vous ? C’est un moyen que notre cerveau à trouver pour gagner du temps – je vous renvoie au codex des biais cognitifs que je vous présentais ici. Ils influencent nos décisions et comportements de manière subtile mais significative.

                        Il m’a fallu 20 ans pour comprendre pourquoi mes seuls résultats n’étaient pas pris en compte. J’étais persuadée de penser comme tout le monde. j’ai d’ailleurs commencé à vous le raconter dans mon premier article : Femmes au travail : percez les secrets et brisez le plafond de verre.

                        La vraie difficulté c’est qu’ils sont partout ! Il n’y a rien de machiavélique derrière tout ça. C’est la vie et la sur-exposition de nos cerveaux aux informations avec internet ne va pas en améliorant les choses. 

                        Comprendre ces mécanismes qui entourent toutes nos décisions, c’est la première étape. La première étape pour vivre plus sereinement les situations frustrantes et la première étape pour ne pas prendre pour vous les événements. La deuxième étape sera de vous réapproprier votre chance ! 

                        Nous avons souvent tendance à nous incriminer pour nos difficultés ou nos échecs. La plupart du temps, pour nos interlocuteurs, nous, la personne que nous sommes, ne rentrons même pas dans l’équation. Il s’agit d’un débat intérieur entre eux et eux… 

                        Je sais, je vous ai sans doute perdu. Je vais essayer de vous illustrer ça ! 🙂

                        Voici les principales typologies de biais en entreprise et les frustrations qu’ils génèrent :

                        1. Les biais dans le processus de recrutement

                        1.1. Le biais de similarité ou de similitude : 

                        On a naturellement tendance à préférer les candidats qui nous ressemblent. Cela peut prendre la forme de la race, du genre ou de la catégorie sociale mais aussi de l’école, du lieu de naissance. Tout est bon pour pouvoir se rassurer.

                        Car oui c’est rassurant d’avoir le sentiment de pouvoir se projeter, de pouvoir se dire que les comportements de l’autre seront davantage prévisibles et donc maîtrisables.

                        Biais inconscients, biais cognitifs, biais de similarité ou de similitude

                        Il y a une dizaine d’années dans le New York Times, les recruteurs assumaient, à 80%, recruter sur un critère de “compatibilité à l’entreprise” !  Et aujourd’hui, la place prépondérante des soft-skills dans le processus de recrutement ouvre une faille béante dans l’objectivité nécessaire du processus. 

                        Quelle frustration pour nous, candidats, d’être disqualifiés sans vraiment jamais arriver à comprendre pourquoi on n’a pas le “profil”. Je ne sais pas vous mais moi je ne compte pas le nombre de fois où cet argument s’est invité dans la conversation alors même que je me sens capable de m’intégrer partout et que j’aspire même ardemment à découvrir de nouveaux horizons.Et la frontière est très fine entre ce biais et les pratiques de discriminations. D’après une étude de 2023 de la Commission Européenne, ils existent cinq critères de discrimination : l’origine du candidat reste le premier cité en 2023 (64%), suivi par l’apparence physique (50%), l’âge (44%), le handicap (34%), le sexe (30%) et les convictions religieuses (27%).

                        1.2. Les biais de confirmation :

                        C’est le biais qui domine tous les biais puisque c’est notre tendance à sélectionner uniquement les informations qui confirment des croyances ou des idées préexistantes.

                        Biais inconscients, biais cognitifs, biais de confirmation
                        illustration trouvée sur le site https://amaninthearena.com

                        Dans le cadre d’un recrutement, il s’agit de confirmer nos croyances préexistantes. “Les hommes sont de meilleurs managers”, “Les femmes sont plus sensibles”, etc. 

                        C’est le point que je soulevais au début de cet article, la frustration de ne jamais se sentir évalué pour ses compétences et ses expériences. 

                        La théorie des 6 secondes prises par les recruteurs pour trier un CV joue malheureusement en notre défaveur si on y ajoute le biais de confirmation. Une étude américaine estime même que certains recruteurs prennent souvent leurs décisions finales dans les 6 premières secondes d’examen d’un CV. Ils ne se basent que des informations qui confirment leurs attentes initiales.

                        Attention, les biais de similarité et les biais de confirmation sont également très présents lorsqu’il s’agit de parcours de carrière ou des plans de promotions. 

                        2. Les biais au quotidien : la réunion

                        2.1. Les biais de genre :

                        Pardon de le nommer en premier mais c’est clairement le plus présent dans ma vie. J’aimerais tant vous dire que ce sujet est derrière nous mais non ! De nombreuses organisations ont une furieuse tendance à accorder plus de poids aux contributions des hommes par rapport à celles des femmes.

                        Comme je vous l’exposais dans ma série d’articles sur le syndrome de l’imposteur, les femmes doutent tout particulièrement d’elles-mêmes. Les causes et les conséquences de ce manque de confiance sont de nature multiples. Arrivées à l’âge adulte et en entreprise, il nous faut un long moment avant de comprendre la force de ce mécanisme de dévalorisation. Alors, nous commençons par nous taire, puis nous acceptons de nous faire couper la parole. 

                        Notre frustration grandit progressivement et plus nous écoutons des hommes oser prendre la parole malgré leur incompétence manifeste du sujet qu’ils s’approprient pour occuper l’espace. Nous reviendrons sur le principe de Peter ou le syndrome Dunning Kruger plus longuement dans un prochain article. J’ai déjà évoqué le Manterrupting

                        Ce qu’il faut retenir à ce stade, compétence et sentiment de confiance sont des notions radicalement différentes selon les individus pour ne pas dire entre les femmes et les hommes 😉

                        Une étude de Kieran Snyder a démontré qu’en réunion, les hommes captent  jusqu’à  75% du temps de parole et qu’un homme interrompt 23% de fois plus une femme qu’un autre collègue masculin. 

                        2.2. Le biais hiérarchique ou biais d’autorité :

                        Moins polémique mais tout aussi discutable, ce biais consiste à préférer les idées venant de personnes de statut plus élevé. Nous l’avons tous vécu : “le chef a toujours raison”. 

                        Même si j’ai connu de multiples organisations, je ne peux témoigner que pour des entreprises françaises. Cet adage y est tellement puissant. J’ai même pu observer les risques de cette dérive. Des structures où le management était une compétence qui s’imposait même à la technicité du métier managé. À partir de certains grades hiérarchiques, le métier de l’équipe managée n’était plus un critère de sélection. Les individus pouvaient donc diriger des équipes dont ils ne comprenaient rien au métier. Pour autant, leur avis en réunion prévalait tout de même – y compris pour des arbitrages 100% techniques. 

                        Les employés de rang inférieur se sentent naturellement dévalorisés et démotivés face à aussi peu de considération de leur expérience ou de leurs compétences.

                        Zoom sur l’étude de Milgram 
                        La célèbre expérience sur l’obéissance à l’autorité réalisée en 1961 par le psychologue Stanley Milgram illustre tristement bien le biais d’autorité. Dans cette expérience, il demande à des volontaires d’envoyer à une personne assise derrière une vitre des décharges électriques de plus en plus fortes de 15 volts jusqu’à 450 volts, quasiment mortelles. Lorsque les volontaires voulaient arrêter l’expérience devant les hurlements de douleur de la « victime », qui était un comédien et qui ne recevait aucune décharge, le professeur Milgram répondait calmement « Continuez, l’expérience l’exige« . La plupart des volontaires, poussés par le respect de l’autorité, ont poursuivi l’expérience et la moitié sont allés jusqu’au maximum.

                        3. Les biais dans le cadre de la formation et du développement professionnel

                        3.1. Les biais d’accès :

                        Il existe une tendance à offrir plus de possibilités de développement aux employés perçus comme plus prometteurs. Selon une étude de Deloitte, 60 % des opportunités de formation sont offertes à des employés déjà identifiés comme « hauts potentiels », laissant les autres sans accès équitable au développement.

                        Je suis, d’une certaine façon, le fruit de ce biais et j’ai détesté ça ! C’est d’ailleurs une approche que je considère très paternaliste. Elle impose directement au formé, d’être redevable auprès de l’organisation qui lui a fait un cadeau.

                        Biais inconscients, biais cognitifs, biais accès, une récompense discutable

                        Ce biais je l’ai d’ailleurs vécu :

                        • en tant que “haut potentiel” à qui l’on faisait l’aumône d’une formation pour la faire grandir
                        • en tant que manager qui devait accompagner un “élu”.

                        Je crois que c’est dans le deuxième cas que cela m’a choqué le plus. Il s’agissait d’un processus de passage cadre dans une grande organisation. Un processus archaïque où des “sachants” jugeaient du parcours d’une personne admirable, la sommant de justifier de son professionnalisme et de prouver son allégeance à l’organisation.

                        Alors, oui, il y a du positif dans ces processus. Pour moi, ça a été de commencer à comprendre pourquoi je voulais changer de vie 🙂 (voir ici). Pour ma collaboratrice, une respiration et des formations de qualité. La frustration des autres employés, qui ont beau exprimer des envies de progression et en sont exclus, grandit donc. Ils se sentent tout bonnement négligés et stagnants dans leur carrière.

                        3.2. Les biais de contenus

                        Ce thème touche autant à la formation initiale de nos enfants qu’à la formation professionnelle. Il met en abîme un matériel de formation qui renforce des stéréotypes existants.

                        Une étude de l’Université de Washington a montré que 55 % des matériels de formation en leadership incluent des exemples et des scénarios qui perpétuent des stéréotypes de genre et de race.

                        Le manque d’adaptation des contenus des formations à leurs publics ne peut que générer de la frustration. Les participants peuvent se sentir aliénés ou mal compris.

                        Biais inconscients, biais cognitifs, contenus non spécialisés

                        La lecture des contenus de programmes académiques enseignés à mes fils m’inquiète. Je frémis de constater que j’ai appris la même chose il y a plus de 30 ans. À titre professionnel, j’ai fait ma vie dans la gestion de projet. J’ai expérimenté toutes ces tendances non adaptées aux grandes organisations et auxquelles elles tentent d’adhérer…

                        4. Les biais appliqués à l’évaluation des projets et des idées innovantes

                        4.1. Les biais d’innovation :

                        Une étude de l’Université de Californie révèle que les idées provenant des départements R&D ont 40 % plus de chances d’être financées que celles provenant d’autres départements, même si leur potentiel est similaire.

                        Derrière ce concept d’innovation se cachent en fait une multitude des biais que nous avons déjà balayés dans cet article. Biais d’affinité, biais de confirmation, biais d’autorité… Ou comment donner naturellement la préférence pour les idées venant de certaines équipes ou personnes.

                        Là aussi, l’adhésion, apparemment spontanée aux idées innovantes des autres, frustre les membres moins visibles qui peuvent se sentir ignorés.

                        4.2. Les biais de risque :

                        Les biais inconscients touchent jusqu’à l’activité même des organisations. Le biais de risque s’exprime par la surestimation des risques associés aux projets provenant de sources moins traditionnelles.

                        Selon une étude de PwC, 45 % des projets proposés par des équipes diversifiées sont jugés plus risqués. Ils sont donc moins souvent financés, malgré des analyses de rentabilité similaires à celles des projets traditionnels.

                        Entre les “on a toujours fait comme ça” et les “on n’a jamais fait ça”, les projets prometteurs peuvent ne jamais voir le jour. Les collaborateurs à l’origine de ces propositions de changement peuvent se démotiver sans avoir réussi à se faire entendre.

                        Conclusion : les biais inconscients, les incontournables de notre vie professionnelle

                        Vous l’aurez compris les biais inconscients se manifestent à chaque étape clé de la vie en entreprise. Ils créent frustrations et iniquités.

                        Il est crucial de  les reconnaître pour mieux les combattre et créer un environnement de travail plus juste et inclusif. La bonne nouvelle c’est qu’une fois mis au jour, il est finalement assez simple de les contrecarrer. Aucune méthode miracle mais beaucoup de bon sens 🙂

                        Biais inconscients, biais cognitifs innovation et risque

                        Pour aller plus loin, explorez mes prochains articles détaillant chaque point évoqué. Vous découvrirez des stratégies concrètes pour lutter contre les biais en entreprise. D’ici là, n’hésitez pas à commenter cet article. Vos expériences me permettront d’enrichir ce contenu qui est d’abord le vôtre.