Catégorie : Biais au travail

Démasquer, comprendre, identifier les biais, le meilleur moyen de les déjouer

Leadership au féminin : entre falaise et plafond de verre

Leadership au féminin : entre falaise et plafond de verre

Quand le talent ne suffit pas et se heurte aux biais cognitifs et aux préjugés de genre

Leadership au féminin : entre plafond et falaise de verre

Leadership au féminin, Plafond de verre, Falaise de verre… Oh, arrêtez ! Il n’y a pas de préjugés de genre ! Il n’y a pas de discrimination systémique ! Les inégalités salariales sont un mythe ! Les femmes ont les mêmes opportunités que les hommes, elles n’ont qu’à mieux négocier leur salaire, mieux réseauter, mieux s’imposer. C’est une question de volonté, non ?

Ah, si seulement c’était aussi simple.

L’égalité « théorique »

Sur le papier, tout va bien. Les femmes peuvent travailler, diriger, innover. Elles peuvent grimper les échelons, décider, influencer. Légalement, rien ne les empêche d’accéder aux postes de pouvoir. Pourtant, dans les faits, c’est une autre histoire.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • À l’entrée sur le marché du travail, les femmes représentent environ 50 % de la main-d’œuvre.
  • Au niveau managérial intermédiaire, elles ne sont plus que 37 %.
  • seules 12 % dirigent une PME ou une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire).

Et ce n’est pas une question de compétences ou d’ambition, mais bien d’un système qui freine leur ascension.

Parallèlement, le partage des responsabilités domestiques reste inégal :

  • 68 % des femmes réalisent la cuisine ou le ménage quotidiennement, contre 43 % des hommes.
  • En cas d’enfant malade, ce sont majoritairement les femmes qui s’absentent du travail, ce qui impacte leur carrière et renforce leur assignation aux responsabilités familiales.

Le plafond de verre ? Une illusion ! C’est juste qu’elles ne veulent pas trop de responsabilités, préfèrent leur équilibre de vie, ne prennent pas assez de risques. C’est d’ailleurs pour ça que pullulent les formations de leadership au féminin ! Le biais de confirmation nous souffle que, si elles ne sont pas là-haut, c’est qu’elles n’en ont pas vraiment envie.

Le double standard, ce grand classique

Un homme ambitieux est un leader. Une femme ambitieuse est une carriériste froide. Un homme direct est un stratège efficace. Une femme directe est autoritaire, voire hystérique. Un homme qui plaisante est charismatique. Une femme qui plaisante, surtout avec un brin d’humour salace ? Inappropriée.

D’ailleurs, parlons-en, de cette « hystérie« . Le mot vient du grec « hystera », qui signifie « utérus ». Pendant des siècles, on a expliqué que les femmes étaient instables à cause de leur biologie. Hippocrate décrivait l’hystérie comme une maladie liée à l’errance de l’utérus dans le corps. Plus tard, Freud associait cette soi-disant pathologie à des frustrations sexuelles. Autrement dit, depuis des millénaires, le moindre signe d’émotion féminine a été pathologisé. Pas étonnant que le mot « hystérique » soit encore jeté à la figure des femmes qui osent s’affirmer.

Et ce contrôle des femmes qui dérangent ne date pas d’hier. Les femmes indépendantes, trop libres, trop influentes, ont souvent été perçues comme une menace. On les a traitées de sorcières, poursuivies, brûlées. La chasse aux sorcières n’était pas seulement une vague de superstition, mais une manière de réprimer celles qui échappaient aux normes patriarcales. Une femme qui vivait seule, gérait ses affaires sans homme, soignait avec des remèdes naturels ? Dangereuse. Il fallait l’éliminer. Aujourd’hui, les bûchers ne flambent plus, mais les mécanismes d’exclusion et de marginalisation persistent.

« Il faut plus de modèles féminins »

Mileva Marić-Einstein, Physicienne (1875-1948)

On entend souvent qu’il faudrait « plus de rôles modèles » pour inciter les femmes à aspirer à des postes de leadership. Comme si le problème du leadership au féminin venait d’un manque d’inspiration et non d’un système structurellement inégalitaire.

L’effet Matilda démontre que les contributions des femmes sont historiquement minimisées, voire attribuées à leurs collègues masculins. Nombre de femmes scientifiques, penseuses ou inventrices ont vu leur travail passé sous silence ou volé. Rosalind Franklin a été éclipsée dans la découverte de l’ADN au profit de Watson et Crick. Lise Meitner, qui a contribué à la découverte de la fission nucléaire, a été oubliée au profit d’Otto Hahn. De fait, les hommes primés étaient souvent accompagnés de femmes brillantes. C’était le cas d’Albert Einstein, dont l’épouse Mileva a contribué bien plus à la théorie de la relativité qu’à la vie du ménage…

Alors non, ce n’est pas un manque de modèles, c’est un effacement quasi systématique de leurs contributions qui s’est répercuté dans les manuels scolaires. 

« Elles n’ont qu’à s’imposer ! »

Certaines le font. Elles prennent la parole, osent, dépassent les freins. Elles se forcent à « penser comme des hommes », à adopter leurs codes. Mais à quel prix ? Celui du syndrome de l’imposteur qui les ronge, du stress de l’hyper-performance, de l’usure d’une lutte permanente ?

D’ailleurs, ce fameux syndrome de l’imposteur, qui touche particulièrement les femmes, est fortement nourri par des biais cognitifs et des stéréotypes intériorisés. Comme je l’explique dans ces articles :

Il ne s’agit pas d’un simple manque de confiance, mais d’un phénomène renforcé par des attentes sociales différenciées.

Et même avant d’en arriver là, elles doivent passer les filtres du recrutement. Une enquête de l’Observatoire des discriminations a révélé qu’une femme de 32 ans mariée et ayant trois enfants a 37 % de chances en moins d’être convoquée à un entretien d’embauche (1). De plus, 20 % des femmes rapportent avoir déjà fait l’objet d’une discrimination lors d’un entretien d’embauche, contre 15 % des hommes (2).

Gare à la falaise de verre !

Et si elles finissent par accéder à un poste de leadership, elles se retrouvent souvent en haut… d’une falaise de verre. Theresa May et Liz Truss, anciennes première ministre du Royaume-Uni, ou Marissa Mayer, ex-PDG de Yahoo ou plus récemment Kamala Harris. Ces noms de femmes vous disent quelque chose ? Ces femmes ont pour point commun d’avoir été nommées à la tête de leur pays ou de leur entreprise en pleine période de crise. 

Ce phénomène de “Falaise de verre” décrit comment les femmes sont plus souvent promues à des postes de direction lorsque une entreprise ou un pays est en crise ou en difficulté. On leur confie la barre d’un navire en train de couler, puis on leur reproche de ne pas avoir su le sauver. Et lorsqu’elles échouent ? C’est la preuve, bien sûr, qu’elles n’étaient pas faites pour ces responsabilités…

Et pourquoi ce serait à elles seules de faire cet effort ? Pourquoi la norme serait-elle encore et toujours définie par un modèle masculin ?

Modèle Féminin_leadership
Millicent fawcett, Femme politique, Écrivaine et Militante féministe britannique (1847-1929)

La solution : bouger les lignes, ensemble

Connaître l’existence des biais ne doit pas simplement servir à constater une injustice. Cela doit nous permettre à la fois de déculpabiliser (ce n’est pas un problème individuel mais systémique) et d’agir concrètement. L’idée n’est pas d’opposer les genres, mais de neutraliser les effets des biais à toutes les étapes de la vie en entreprise : du recrutement aux promotions, en passant par les relations quotidiennes et les opportunités de carrière. Parce que, oui, le leadership au féminin est entravé par le plafond de verre et mis en péril par la falaise de verre !

Parmi les biais qui influencent ces processus, on retrouve :

  • L’effet de halo, qui nous pousse à juger une personne sur un seul critère (exemple : une femme perçue comme « sympathique » pourra être considérée comme moins compétente).
  • Le biais de conformité, qui favorise les candidats et candidates correspondant au modèle dominant, souvent masculin.
  • Le biais de double contrainte, où les femmes doivent être à la fois compétentes et chaleureuses sous peine d’être perçues comme trop dures ou trop effacées.

Ces biais sont inconscients, mais leurs effets sont bien réels. Mettre en place des processus objectifs et transparents (grilles d’évaluation en recrutement, critères de promotion standardisés, feedbacks réguliers) permet de réduire leur impact.

Mais au fond, n’est-il pas idiot de lutter contre les inégalité alors qu’on peut chercher à accroître la performance ?

Finalement, bouger les lignes, c’est comprendre que les inégalités ne sont pas une fatalité, mais le résultat de mécanismes sur lesquels nous avons un pouvoir d’action.

Attention, aussi à ne pas vous fier à toutes les études qui disent que les entreprises sont plus plus performantes à la seule condition qu’elles ont plus de femmes à leur tête. Pleines de bonnes intentions, de nombreuses études ont fini par confondre militantisme et éthique… Ce sont bien les différences, toutes les différences, qui sont source de richesse. 

Dans son ouvrage de référence “Intelligence relationnelle et inclusion”, Laurent Depont citait une étude de Cloverpop. L’analyse a posteriori de la pertinence d’un très gros volume de décisions sur la base de big data a montré que 66% des décisions prises s’avéraient judicieuses et que ce taux dépendait de la constitution des équipes. Une équipe 100% masculine ne prenait que 59% de bonnes décisions, une équipe mixte 73%, une équipe mixte avec diversité d’âge 80% et une équipe mixte diversifiée en âge et origine géographique 87%. Mais attention, plus l’équipe est diversifiée et plus la décision est difficile à mettre en pratique. L’enfer est pavé de bonnes intentions ! 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Avez-vous déjà vécu ou observé ces situations ? Partagez vos expériences en commentaires !

En savoir plus : 

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle : prenez le contrôle

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle : prenez le contrôle

Identifier ses biais cognitifs et développer son intelligence émotionnelle pour un management plus apaisé.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle

Introduction : Managers, pourquoi certains conflits dégénèrent-ils ?

Les conflits font partie de la vie professionnelle. Pourtant, certains s’enlisent, s’intensifient et laissent des traces durables, là où d’autres se désamorcent rapidement. Pourquoi ? Parce que notre manière d’y réagir est souvent biaisée par nos émotions et nos filtres cognitifs.

  • « Je suis objectif(ve), c’est l’autre qui exagère. »
  • « Si je lâche du terrain, je vais perdre en crédibilité. »
  • « Il ou elle a toujours été comme ça, ça ne changera pas. »

Ces pensées, influencées par nos biais cognitifs et émotionnels, rigidifient notre posture et nous enferment dans des schémas de confrontation. Mais en prenant conscience de ces mécanismes, il est possible d’adopter un management plus apaisé et constructif.

L’intelligence émotionnelle joue un rôle clé dans la gestion des tensions. Capacité à percevoir, comprendre et réguler ses émotions ainsi que celles des autres, elle permet de mieux communiquer, de prévenir les conflits et d’instaurer un climat de travail plus harmonieux. Pourtant, de nombreuses femmes managers peuvent se sentir piégées entre deux extrêmes :

  • D’un côté, la peur d’être perçue comme trop émotive.
  • De l’autre, la volonté de s’affirmer sans paraître autoritaire.

Objection courante : « Je préfère éviter les conflits pour maintenir une ambiance sereine. »

À titre personnel, j’ai toujours préféré faire face directement aux problèmes. J’ai d’ailleurs observé que mes collègues femmes avaient généralement plus cette tendance à accepter la confrontation saine et directe des avis plutôt qu’à les éviter. 

Pour autant, cette posture n’est pas facile à tenir tant l’image de la femme “hystérique” n’est jamais très loin… Je reste pourtant convaincue qu’un conflit non exprimé se transforme souvent en frustration latente et en tensions sourdes. Plutôt que d’éviter les désaccords, nous devons apprendre à les gérer avec intelligence émotionnelle.

Partie 1 : comment les biais cognitifs impactent notre intelligence émotionnelle ?

Nos réactions face aux conflits sont rarement purement rationnelles. Plusieurs biais cognitifs viennent fausser notre perception et alimenter les tensions en portant atteinte à notre intelligence émotionnelle. Voici les principaux à identifier pour mieux les neutraliser :

1. Le biais d’attribution hostile

Nous avons tendance à interpréter les actions des autres comme intentionnellement hostiles, même lorsque leurs intentions sont neutres ou bienveillantes. Par exemple, si un collaborateur ne répond pas immédiatement à un e-mail, nous pourrions penser qu’il nous ignore ou manque d’engagement, alors qu’il est peut-être simplement débordé.

« Si je ne suis pas vigilante, on risque de profiter de ma bienveillance. »

J’ai souvent mal interprété les actions des autres, les interprétant comme étant faites sciemment contre moi. Mais j’ai réalisé que présumer des intentions négatives pouvait me faire adopter une posture de défiance inutile. Poser des questions plutôt que d’interpréter est souvent une meilleure approche

2. Le biais de confirmation

Nous avons tendance à rechercher et à retenir les informations qui confirment nos croyances préexistantes. Dans un conflit, cela peut nous amener à voir l’autre à travers le prisme de nos jugements passés : « Il ne m’a jamais écoutée, donc il ne m’écoute pas aujourd’hui. »

« Je sais déjà comment cette personne réagit, inutile d’espérer un changement. »

 J’ai longtemps étiqueté certaines personnes comme « immuables ». Pourtant, en changeant ma manière d’aborder la conversation, j’ai souvent constaté des réactions inattendues et plus constructives.

3. Le biais égocentrique

Nous avons tendance à nous attribuer le mérite des succès et à rejeter la faute des échecs sur les autres. Dans un conflit, cela nous empêche d’assumer notre part de responsabilité et de comprendre ce que nous pouvons améliorer dans notre propre posture.

« Si les choses tournent mal, ce n’est pas de ma faute. »

J’ai souvent cru que ma position était la plus légitime. Pourtant, accepter ma part de responsabilité a changé la donne : en montrant l’exemple, j’ai incité mes interlocuteurs à faire de même.

Aller plus loin :

Pour approfondir la compréhension des biais cognitifs et de leur impact sur notre comportement, je vous invite à consulter l’article Biais cognitifs et scénarios intérieurs : comment s’en libérer ? sur notre site. Cet article explore en détail comment nos biais influencent nos interactions et propose des stratégies pour s’en affranchir.

En identifiant et en comprenant ces biais cognitifs émotionnels, nous pouvons désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent et améliorer notre intelligence émotionnelle. La clé ? Observer nos réactions, questionner nos premières interprétations et adopter une posture plus ouverte.

Dans la prochaine partie, nous verrons comment transformer cette prise de conscience en actions concrètes pour gérer les conflits avec plus de sérénité et d’assurance.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle - ego

Partie 2 : Transformer la prise de conscience de ces biais cognitifs en actions concrètes au service de notre intelligence émotionnelle. 

Une fois ces biais cognitifs identifiés, comment faire pour éviter qu’ils ne prennent le dessus dans la gestion des conflits et ainsi accroître notre intelligence émotionnelle ? Voici quelques stratégies pratiques pour développer une approche plus apaisée et constructive.

1. Remettre en question ses automatismes

  • Se poser la question : “Est-ce que ma perception de la situation est factuelle ou biaisée par mes émotions ?”
  • Prendre du recul avant de réagir, notamment en différant sa réponse.
  • Reformuler la situation avec des faits objectifs plutôt qu’avec des interprétations.

2. Pratiquer l’écoute active

  • Adopter une posture d’écoute sans interrompre.
  • Reformuler les propos de l’autre pour s’assurer de bien comprendre son point de vue.
  • Poser des questions ouvertes pour encourager le dialogue et éviter les malentendus.

3. Dépersonnaliser le conflit

  • Remplacer “Tu es toujours en retard” par “J’ai remarqué que les délais ne sont pas toujours respectés, comment pouvons-nous améliorer cela ?”
  • Dissocier la personne de son comportement pour éviter d’attaquer son identité.
  • Chercher un terrain d’entente en mettant l’accent sur la résolution plutôt que sur le reproche.

4. Réguler ses propres émotions

  • Pratiquer des techniques de respiration et de recentrage pour éviter une réaction impulsive.
  • Exprimer son ressenti sans agressivité, en utilisant la communication non violente (“Je me sens frustrée lorsque…” plutôt que “Tu me mets en colère”).
  • Ne pas hésiter à prendre une pause si la tension devient trop forte.

5. Instaurer une culture de gestion saine des conflits

  • Encourager les discussions ouvertes plutôt que les non-dits.
  • Créer un cadre clair sur la manière dont les désaccords doivent être abordés.
  • Montrer l’exemple en adoptant une posture constructive et bienveillante.

En mettant en pratique ces stratégies, nous passons d’un mode réactif à une gestion proactive des conflits. Nous agissons en matîtrise de nos biais cognitifs naturels pour développer notre intelligence émotionnelle. Dans la prochaine partie, nous verrons comment faire des situations de conflits des opportunités et ancrer une approche durable pour un management plus serein et efficace.

Biais cognitifs et intelligence émotionnelle - management des conflits

Partie 3 : Stratégies pour un management plus apaisé en situation de conflit

1. Prévenir plutôt que guérir

  • Instaurer un climat de confiance où chacun peut exprimer ses désaccords sans peur de représailles.
  • Définir des règles claires de communication dans l’équipe.

Aller plus loin :

Mon épisode de podcast Biais cognitifs et management défaillant en réunion illustre comment des malentendus nourris par des biais cognitifs peuvent miner la dynamique d’équipe.

2. Structurer la gestion du conflit

  • Distinguer le fond du problème de la forme (éviter de s’arrêter aux attaques personnelles).
  • Poser des faits plutôt que des jugements (« Il y a eu un retard sur ce projet », plutôt que « Tu es toujours en retard ! »).
  • Encourager des techniques de médiation pour recentrer la discussion sur des objectifs communs.

3. Transformer un conflit en opportunité

  • Voir le désaccord comme une source de progression et non comme une menace.
  • Impliquer les parties prenantes dans la recherche de solutions plutôt que d’imposer un arbitrage.
  • Adopter une approche inspirée de Difficult Conversations de Douglas Stone, qui propose des stratégies concrètes pour aborder les conflits en se concentrant sur la compréhension mutuelle et l’intention plutôt que sur la confrontation.

En adoptant ces stratégies, nous faisons des conflits une opportunité de croissance et d’amélioration, plutôt qu’une source de stress et de blocage. Développer son intelligence émotionnelle en acceptant nos biais cognitifs, c’est transformer sa posture en management pour créer un environnement de travail plus serein et productif.

Conclusion : Faire des conflits une opportunité de croissance

Gérer les conflits avec intelligence émotionnelle, ce n’est pas les éviter ou les redouter, mais apprendre à les aborder avec lucidité et bienveillance. En prenant conscience de nos biais cognitifs, en adoptant une posture ouverte et en instaurant un cadre propice à l’expression des désaccords, nous pouvons transformer chaque conflit en opportunité d’amélioration.

L’intelligence émotionnelle n’est pas une simple compétence, c’est une posture qui influence toute notre manière de manager. En cultivant cette approche, nous contribuons à un environnement de travail plus harmonieux, plus efficace et plus respectueux des dynamiques humaines.

Et vous, quels sont les biais qui influencent vos interactions en situation de conflit ? Comment les gérez-vous ? Dites-moi moi en commentaires

Femmes et managers, stop au perfectionnisme paralysant

Femmes et managers, stop au perfectionnisme paralysant

Femmes et managers_stop au perfectionnisme

Lever le biais d’auto-critique pour passer à l’action

Le perfectionnisme passe pour une qualité. Mais, lorsqu’il devient un frein à l’action, il se transforme en véritable piège. Femmes managers vous devez dire stop au perfectionnisme. Ne restez pas paralysées par des exigences excessives envers vous-mêmes, alimentées par des biais d’auto-critique et des croyances limitantes. Résultat ? Elles hésitent, doutent et s’épuisent au lieu d’agir avec confiance.

Voici 5 objections que les femmes managers s’imposent trop souvent… et comment y répondre efficacement !

1. « Je ne suis pas encore prête, je dois être 100% compétente avant de me lancer »

➡️ Le biais déclencheur : Le perfectionnisme et le syndrome de l’imposteur.
Les femmes ont tendance à sous-estimer leurs compétences et à attendre d’avoir une maîtrise totale avant d’agir. Contrairement aux hommes qui eux postulent à un poste avec seulement 60 % des compétences requises. Les stéréotypes de genre qui valorisent prudence et rigueur féminines renforce ce biais. Il rendent l’audace impossible.

Passez en mode apprentissage : Personne ne maîtrise tout dès le départ. Lancez-vous et ajustez en cours de route.
Appliquez la règle des 70 % : Si vous avez 70 % des compétences requises, c’est suffisant pour commencer et progresser en action.
Rappelez-vous que les hommes postulent avec 60 % des compétences : Pourquoi pas vous ?

2. « Je vais échouer, et tout le monde s’en souviendra »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais de négativité et la peur du regard des autres
Nous avons tendance à donner plus de poids aux échecs qu’aux réussites. À croire que les autres feront de même. La culture du jugement amplifie ce phénomène. Elle pèse souvent plus lourd sur les femmes. Elles sont soumises à des attentes de perfection plus strictes.

Transformez vos erreurs en apprentissages : Chaque échec est une occasion d’apprendre et de progresser.
Relativisez l’impact : Dans 6 mois, cet échec aura-t-il encore de l’importance ? Probablement pas.
Inspirez-vous des parcours résilients : Oprah Winfrey, J.K. Rowling, Sheryl Sandberg… toutes ont surmonté des échecs avant de réussir.

3. « Si je demande de l’aide, on va penser que je ne suis pas à la hauteur »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais de conformité et l’injonction à la perfection.
Les femmes managers peuvent hésiter à demander de l’aide. Elles craignent d’être perçues comme incompétentes. Or, la croyance qu’un leader doit tout maîtriser seul est un mythe. Les hommes osent davantage s’appuyer sur leur réseau et demander des conseils. Tandis que les femmes managers peuvent avoir du mal à dire stop au perfectionnisme. Elles ont l’impression qu’elles doivent prouver leur valeur par elles-mêmes.

Voyez la demande d’aide comme une force : Les meilleurs leaders savent s’entourer et s’appuyer sur les autres.
Inversez la perspective : Si une collègue vous demandait de l’aide, la jugeriez-vous incompétente ? Non, alors appliquez ce raisonnement à vous-même.
Trouvez un mentor ou un réseau de soutien : S’entourer, c’est progresser plus vite et éviter l’isolement.

4. « Je dois tout gérer moi-même, sinon ça va mal tourner »

➡️ Le biais déclencheur : Le rôle de « protectrice » et la charge mentale.
Les femmes sont souvent socialisées dès l’enfance à prendre soin des autres et à gérer simultanément plusieurs responsabilités. Ce conditionnement se traduit en entreprise par une charge mentale accrue. Elles développent un sentiment d’obligation à tout gérer pour éviter que les choses ne s’effondrent.

Apprenez à faire confiance : Vous n’êtes pas seule, et votre équipe est capable de prendre des initiatives.
Déléguez de manière stratégique : Choisissez les tâches à fort impact. Laissez les autres gérer les responsabilités dont ils sont capable.
Ne confondez pas responsabilité et sur-engagement : Votre rôle est d’accompagner, pas de tout porter sur vos épaules.

5. « Mes réussites ne sont pas si impressionnantes, je ne mérite pas cette reconnaissance »

➡️ Le biais déclencheur : Le biais d’auto-sabotage et la comparaison sociale.
Les femmes managers ont tendance à

minimiser leurs succès en les comparant aux accomplissements des autres. Elles attribuent leurs réussites à des facteurs externes (chance, circonstances favorables) plutôt qu’à leurs compétences et leurs efforts.

Notez vos accomplissements : Gardez une trace de vos succès, même les plus petits, pour prendre conscience de votre progression.
Accordez-vous du crédit : Prenez le temps de reconnaître et d’apprécier vos réussites sans les minimiser.
Focalisez-vous sur votre progression : Mesurez vos avancées par rapport à votre propre parcours, plutôt que de vous comparer aux autres.

🚀 Conclusion : Osez agir, même imparfaitement ! Femmes et managers vous devez dire stop au perfectionnisme. Chaque fois que le doute s’installe, revenez à cette checklist et choisissez l’action plutôt que l’auto-critique. Vous n’avez pas besoin d’être parfaite pour être une excellente manager. Vous avez déjà tout ce qu’il faut pour avancer et réussir !

📚 Pour aller plus loin :

Managers débordés : Les clés du lâcher prise en management

Managers débordés : Les clés du lâcher prise en management

lâcher prise en management

Retrouvez cet article dans mon podcast : Épisode 19 sur Spotify, Amazon Prime, Deezer.

Introduction : Le mythe du manager infaillible

« Si je ne le fais pas, personne ne le fera. » « Je suis responsable du bon fonctionnement de mon équipe, alors je dois tout vérifier. » « Lâcher prise ? Facile à dire, mais si quelque chose tourne mal, ce sera sur moi. »

Ces pensées, de nombreux managers les connaissent. Porté(e) par la volonté de bien faire, par l’envie d’assurer la performance de son équipe et de répondre aux attentes de l’entreprise, on en vient à tout prendre en charge. Trop. Jusqu’à l’épuisement. Cette sur-responsabilité, souvent vue comme une preuve de professionnalisme et d’engagement, finit par se retourner contre soi et contre l’équipe.

Mais pourquoi avons-nous tant de mal à lâcher prise en management ? Quelles croyances et quels biais nous enferment dans ce rôle du « manager super-héros » ? Et surtout, comment retrouver un équilibre entre engagement et sérénité, sans culpabiliser ?

Cet article explore :

  • Les biais cognitifs qui alimentent la sur-responsabilité et minent la confiance,
  • Les limites du « tout porter » et l’impact sur soi et son équipe,
  • Des stratégies concrètes pour redéfinir son rôle, déléguer intelligemment et lâcher prise sans culpabiliser.

Car un bon manager n’est pas celui qui fait tout, mais celui qui sait mobiliser les bonnes ressources au bon moment.

1. Comprendre la sur-responsabilité : Pourquoi avons-nous du mal à lâcher prise en management ?

1.1. Les biais cognitifs qui entretiennent la sur-responsabilité

Nos décisions et nos comportements sont largement influencés par des biais cognitifs, des raccourcis mentaux qui, bien que parfois utiles, peuvent aussi nous enfermer dans des schémas inefficaces. En matière de management, certains biais entretiennent un sentiment de sur-responsabilité, empêchant de lâcher prise et de faire confiance à son équipe.

1.1.1. Le syndrome de l’imposteur : « Si je délègue, on verra que je ne suis pas à la hauteur »

Ce biais touche de nombreux managers, qui doutent de leur propre légitimité malgré leurs compétences et leurs réussites. Plus ils gravissent les échelons, plus ils ressentent le besoin de prouver leur valeur en s’investissant excessivement. Résultat : ils hésitent à déléguer, par peur d’être perçus comme incompétents ou inutiles.

1.1.2. Le biais égocentrique : « Si ça marche, c’est grâce à moi »

Nous avons naturellement tendance à attribuer les succès à nos propres actions et à minimiser l’impact des autres. Un manager surchargé peut penser que la réussite d’un projet repose uniquement sur ses épaules, ce qui l’empêche de faire confiance à son équipe et de répartir la charge de travail.

1.1.3. Le biais d’autorité : « Un vrai leader doit toujours tout maîtriser »

L’influence des modèles de leadership traditionnels peut enfermer les managers dans une vision rigide du rôle de leader. Si leurs référents ou mentors valorisaient le contrôle absolu et l’implication totale, ils auront du mal à concevoir un management plus collaboratif et à accepter l’idée de lâcher prise.

1.1.4. Le biais de confirmation : « Chaque erreur des autres prouve que je dois tout gérer moi-même »

Lorsque l’on croit que les autres ne sont pas capables de bien faire sans notre intervention, on finit par ne voir que les erreurs qui confirment cette croyance. Ce biais pousse les managers à reprendre systématiquement la main sur les projets, renforçant ainsi leur propre surcharge de travail et limitant le développement de leurs collaborateurs.

Comprendre ces biais est une première étape essentielle pour sortir du piège de la sur-responsabilité. L’étape suivante consiste à analyser les conséquences concrètes de cette surcharge, tant pour le manager que pour son équipe. Pour aller plus loin sur cette réflexion, découvrez l’article Le leadership présent : une méthode simple pour les managers qui explore comment nos biais influencent notre posture de leader et comment adopter une approche plus équilibrée.

1.2. L’impact de la sur-responsabilité sur le manager et son équipe

Prendre trop de responsabilités ne nuit pas seulement au manager, mais impacte également toute l’équipe et l’environnement de travail. Cette charge excessive entraîne plusieurs conséquences négatives :

1.2.1. L’épuisement mental et physique du manager

  • Stress chronique et fatigue accumulée : Selon une étude de l’APEC (2022), 65 % des managers estiment avoir une charge de travail insurmontable, et 62 % ressentent une forme d’épuisement professionnel.
  • Difficulté à prendre du recul : Le stress chronique altère la capacité à penser stratégiquement et à prendre des décisions éclairées.
  • Moins de temps pour des tâches stratégiques et créatives : Les tâches opérationnelles prennent le dessus sur la réflexion à long terme, réduisant l’innovation managériale.

1.2.2. Une équipe sous-exploitée et dépendante

  • Diminution de l’autonomie et de l’initiative : Un management trop centralisé entraîne une démotivation et une baisse de la collaboration.
  • Frein au développement des compétences : Les collaborateurs ayant peu d’opportunités de prise de décision stagnent professionnellement.
  • Risque d’infantilisation : Une surcharge du manager empêche les équipes de gagner en autonomie, renforçant une dépendance à l’encadrement.

1.2.3. Une dynamique de travail déséquilibrée

  • Climat de tension et surcharge des validations : Une centralisation excessive des décisions crée des frictions internes et réduit la fluidité des processus.
  • Démotivation progressive : Un manque d’autonomie et de confiance impacte la satisfaction et la rétention des employés.

Prendre conscience de ces impacts est essentiel pour enclencher un changement de posture. Un management équilibré ne signifie pas un désengagement, mais un meilleur partage des responsabilités afin d’assurer un fonctionnement plus sain et durable pour tous.

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2. Reprendre le contrôle sans tout porter

2.1. Redéfinir son rôle : manager ne signifie pas tout faire soi-même

L’une des principales croyances qui enferment les managers dans la sur-responsabilité est l’idée que leur valeur repose sur leur capacité à tout gérer eux-mêmes. Or, un bon manager ne se mesure pas à la quantité de tâches qu’il exécute, mais à l’impact qu’il génère en mobilisant les ressources adéquates.

2.1.1. Accepter que déléguer, ce n’est pas perdre son utilité

Beaucoup de managers perçoivent la délégation comme une perte de contrôle ou une preuve d’incompétence. Pourtant, les leaders les plus performants sont ceux qui savent s’appuyer sur leur équipe pour atteindre des objectifs ambitieux. Un manager efficace ne doit pas être un exécutant omniprésent, mais un chef d’orchestre qui harmonise les efforts de chacun.

2.1.2. Faire le deuil du manager omniscient

Aucun leader ne peut tout savoir ni tout maîtriser. Les organisations évoluent, les expertises se diversifient et les compétences techniques se renouvellent constamment. Accepter que son rôle est avant tout d’accompagner et d’orienter plutôt que de tout contrôler permet de mieux répartir les responsabilités et d’éviter l’épuisement.

2.1.3. Se recentrer sur ses missions essentielles

Plutôt que d’être accaparé par l’opérationnel, un manager doit définir les tâches à forte valeur ajoutée qui relèvent réellement de son rôle :

  • Fixer une vision et des objectifs clairs, plutôt que de se perdre dans les détails quotidiens.
  • Créer un environnement propice à l’autonomie et à la performance, en donnant aux collaborateurs les moyens de réussir par eux-mêmes.
  • Prendre du recul pour anticiper et innover, au lieu d’être constamment absorbé par l’urgence.

Se redéfinir en tant que facilitateur plutôt qu’exécutant permet non seulement de réduire la charge mentale, mais aussi de renforcer l’efficacité et la motivation de l’équipe.

En ancrant cette approche, le manager transmet à son équipe une vision plus réaliste et actionnable du travail collectif, tout en favorisant l’engagement et l’efficacité opérationnelle.

2.2. Identifier ce qui dépend vraiment de soi

Une fois le rôle du manager clarifié, il devient essentiel d’identifier ce qui relève réellement de son champ d’action. Se focaliser sur ce que l’on peut influencer permet d’optimiser son efficacité sans s’épuiser inutilement.

2.2.1. Appliquer la matrice d’Eisenhower au management

La matrice d’Eisenhower, utilisée pour prioriser les tâches, peut être adaptée à la gestion d’équipe :

  • Ce qui dépend de moi : Vision, décisions stratégiques, accompagnement des équipes.
  • Ce que je peux influencer : Développement des compétences, amélioration des processus, dynamique d’équipe.
  • Ce que je dois lâcher : Perfectionnisme, reconnaissance externe, validation de chaque détail opérationnel.
Matrice D'einsehower

En répartissant ainsi ses responsabilités, le manager concentre son énergie sur ce qui a un réel impact.

2.2.2. Se détacher des facteurs incontrôlables

Nombre de sources de stress proviennent d’éléments hors de notre contrôle (décisions de la direction, réactions des clients, changements de marché). Apprendre à accepter ces variables et à se concentrer sur des actions concrètes permet de réduire la surcharge mentale et d’adopter une posture plus sereine.

2.2.3. Définir les objectifs de l’équipe selon son propre cercle d’influence

Cercle d'influence, cercle de préoccupation de Steven COVEY
Cercle d’influence, cercle de préoccupation de Steven COVEY

Un manager qui comprend qu’il ne peut agir efficacement que sur son cercle d’influence doit appliquer le même principe à son équipe. En clarifiant ce qui est réellement sous leur contrôle, il évite une dispersion d’énergie sur des facteurs externes et encourage une approche plus pragmatique.

  • Cartographier les zones d’influence de l’équipe : Identifier ce que l’équipe peut directement décider, ce qu’elle peut influencer et ce qui échappe totalement à son contrôle.
  • Adapter les objectifs en conséquence : Fixer des objectifs atteignables en fonction des ressources et des marges de manœuvre réelles.
  • Responsabiliser chaque membre : Clarifier les rôles et donner à chacun une autonomie cohérente avec son périmètre d’action.
  • Favoriser une posture proactive : Encourager l’équipe à se concentrer sur ce qu’elle peut réellement améliorer plutôt que de subir les contraintes extérieures.

En savoir plus, Femmes et Managers : 3 clés pour sortir de la spirale du jugement

3. Passer à l’action : Lâcher prise en management intelligemment

Comprendre l’origine de la sur-responsabilité et identifier ce qui relève réellement du rôle du manager ne suffisent pas. La dernière étape est d’adopter des actions concrètes pour un lâcher prise en management efficace et durable, sans culpabiliser.

3.1. Apprendre à déléguer avec confiance

Déléguer ne signifie pas abandonner, mais redistribuer la charge de manière efficace pour libérer du temps et de l’énergie sur ce qui compte réellement.

  • Identifier les tâches déléguables : Toutes les responsabilités ne nécessitent pas l’intervention directe du manager. Certaines tâches opérationnelles ou répétitives peuvent être confiées aux membres de l’équipe.
  • Clarifier les attentes : Une délégation réussie repose sur des consignes précises et des objectifs clairs. Définir le niveau d’autonomie attendu et fournir les ressources nécessaires est essentiel.
  • Faire confiance et accepter l’imperfection : Déléguer implique de laisser place à des approches différentes. Accepter que les collaborateurs puissent faire différemment – et parfois moins bien au départ – permet de les responsabiliser et de favoriser leur montée en compétences.

3.2. Modifier son rapport à la performance et au contrôle

Un bon manager n’est pas celui qui contrôle chaque détail, mais celui qui permet à son équipe de fonctionner de manière autonome et performante.

  • Passer du contrôle au suivi : Remplacer la micro-gestion par des points d’étape réguliers où l’équipe partage ses avancées et ses besoins.
  • Valoriser les progrès, pas seulement les résultats : Encourager les initiatives et reconnaître les efforts aide à instaurer une dynamique de responsabilisation.
  • Accepter l’échec comme un levier d’apprentissage : Un management bienveillant permet aux collaborateurs d’expérimenter, d’apprendre et de s’améliorer sans crainte excessive des erreurs.

3.3. Instaurer des routines de lâcher-prise en management

Lâcher prise en management ne se fait pas du jour au lendemain. Mettre en place des habitudes qui favorisent cette transition permet d’éviter de retomber dans le piège de la sur-responsabilité.

  • Pratiquer la revue hebdomadaire des responsabilités : Analyser chaque semaine ce qui relève réellement du rôle du manager et ce qui pourrait être confié à l’équipe.
  • Se ménager des temps de recul : Intégrer des plages horaires sans réunion ni sollicitation immédiate pour réfléchir, planifier et prendre de la hauteur.
  • Encourager une culture de l’autonomie : Créer un environnement où chaque membre se sent légitime pour prendre des initiatives et résoudre des problèmes sans validation systématique.

Conclusion : Manager, vivez mieux en adoptant un lâcher prise en management efficace.

Enfin, au-delà des actions concrètes, lâcher prise nécessite une évolution profonde de la posture managériale :

  • Prendre conscience que l’on ne peut pas tout maîtriser : Accepter l’incertitude et se concentrer sur l’essentiel.
  • S’autoriser à ne pas être parfait : Le manager n’a pas à tout savoir ni à tout gérer, et reconnaître ses propres limites est une force.
  • S’entourer de soutiens et de mentors : Partager ses défis avec d’autres managers ou bénéficier de conseils externes aide à relativiser et à progresser.

Lâcher prise en management, ce n’est pas se désengager, mais réapprendre à manager autrement. C’est créer un cadre dans lequel l’équipe fonctionne avec plus d’autonomie, tout en conservant un équilibre entre performance et bien-être.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article Passer à l’action sans procrastiner : le guide ultime, qui propose des outils concrets pour agir plus efficacement tout en réduisant la charge mentale.

Autres sources :

  1. APEC (2022). Santé mentale des managers. verbateam-services.fr
  2. Crestcom (2024). Stress au travail et leadership. crestcom.com
  3. Talkspirit. Performance et management. talkspirit.com
  4. Devop.pro. Impact des styles de management. devop.pro
  5. CrossKnowledge. Culture de responsabilisation. crossknowledge.com
  6. The Times. Stress et motivation en entreprise. thetimes.co.uk

Femmes et Managers : 3 clés pour sortir de la spirale du jugement

Femmes et Managers : 3 clés pour sortir de la spirale du jugement

Femmes et Mangers surmontant la spirale du jugement

Vous êtes une femme ou un manager, et vous vous sentez parfois prise dans la spirale du jugement ? Cet article est pour vous.

Introduction : Et si vous osiez sortir de la spirale du jugement ?

Dans une salle de réunion, devant un écran ou même au cœur d’un dîner en famille, cette petite voix vous accompagne. Vous la connaissez bien : « Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi ? Est-ce que j’ai bien fait ? Ai-je été assez convaincante, ou au contraire trop… ? » Cette petite voix, c’est celle de la peur du jugement. Une peur discrète mais persistante, nourrie par un mélange de biais cognitifs, d’injonctions culturelles et de responsabilités accumulées.

Pourtant, rester piégée dans cette spirale du jugement a un coût. La peur d’être mal perçue peut freiner vos actions, limiter votre créativité et, au final, vous empêcher d’exploiter tout votre potentiel. En tant que femme, manager ou les deux, cette peur est souvent décuplée par des attentes contradictoires : être performante mais humble, audacieuse mais prudente, disponible mais jamais débordée.

Dans cet article, nous allons explorer trois leviers essentiels pour sortir de cette spirale :

  1. Dépasser la peur du regard des autres, en comprenant comment les biais cognitifs comme la conformité et la désirabilité sociale façonnent nos comportements.
  2. Alléger la charge mentale et la sur-responsabilité, en reprenant le contrôle sur les attentes que nous nous imposons ou que nous croyons devoir satisfaire.
  3. Assumer et maîtriser ses émotions, non pas en les réprimant, mais en les transformant en alliées puissantes pour bâtir un leadership authentique et humain.

Cet article est une invitation à réfléchir, mais surtout à agir. Car en osant reconnaître et déconstruire ces mécanismes, vous ouvrez la porte à une plus grande liberté personnelle et professionnelle. Comme je l’évoquais dans mon article sur le leadership présent : chaque pas vers la conscience de soi est aussi un pas vers une collaboration plus riche et plus authentique.

Et si nous faisions ensemble le premier pas pour sortir de la spirale du jugement ?

1. La peur du regard des autres : pourquoi il est temps de s’en libérer

Les biais de conformité et de désirabilité sociale : deux pièges invisibles

Vous êtes en réunion, une idée germe dans votre esprit. Vous la trouvez brillante, mais une petite hésitation s’installe. « Est-ce que ça va plaire ? Et si on me trouvait incompétente ? » Alors, vous choisissez de rester silencieuse. Ce scénario, si banal, est en réalité un exemple concret de l’influence des biais cognitifs.

Le biais de conformité, par exemple, nous pousse à éviter les divergences pour ne pas être perçue comme « hors norme ». Nous nous adaptons au groupe, parfois au détriment de nos propres idées. Le biais de désirabilité sociale, quant à lui, nous incite à rechercher l’approbation d’autrui, même si cela nous éloigne de nos valeurs. Ces mécanismes sont puissants, car ils jouent sur des peurs profondément ancrées : celle de l’exclusion et du rejet.

Les femmes sont particulièrement exposées à ces biais, en raison d’injonctions sociétales qui valorisent la perfection, la douceur et l’harmonie. Pour les managers, la situation n’est guère plus simple. Ils doivent jongler entre autorité et accessibilité, vision stratégique et écoute active. Résultat : un sentiment constant de devoir en faire plus pour répondre à des attentes souvent irréalistes.

Pour aller plus loin : Dans mon article sur le mythe du multitâche féminin j’explique comment ces mécanismes influencent nos performances et notre bien-être.

Comment dépasser la peur du regard des autres ?

Se libérer de cette peur ne signifie pas devenir insensible aux opinions d’autrui, mais apprendre à en réduire l’impact pour agir en alignement avec soi-même. Voici trois clés pour y parvenir :

  1. Créer un climat de confiance autour de vous
    Dans un environnement où les idées sont jugées plutôt que les personnes, la peur du jugement perd de son emprise. En tant que manager, vous pouvez encourager des discussions ouvertes et constructives en valorisant la diversité des opinions. Par exemple, introduisez régulièrement des moments de feedback anonymes ou posez cette question simple en réunion : « Quelle idée n’avons-nous pas encore osé explorer ? »
  2. Apprivoiser vos pensées automatiques
    Face à une situation où le jugement vous paralyse, prenez un moment pour analyser vos pensées :
    • « Qu’est-ce qui me freine ? »
    • « Quelle est la pire chose qui pourrait arriver ? »
    • « Si je ne fais rien, qu’est-ce que je perds ? »
      Ces questions vous aideront à relativiser vos craintes et à concentrer votre énergie sur ce qui compte vraiment.
  3. Réaffirmer vos valeurs
    Vos valeurs sont votre boussole intérieure, elles vous rappellent pourquoi vous agissez. Prenez l’habitude de vous poser cette question : « Est-ce que cette action est alignée avec ce qui m’importe profondément ? » Si la réponse est oui, foncez, même si cela signifie prendre un risque.

Les bénéfices d’oser être soi-même

Lorsque vous dépassez la peur du regard des autres, vous gagnez bien plus que de la sérénité. Vous ouvrez la porte à des opportunités d’expression, de collaboration et de croissance. En osant affirmer vos idées, vous inspirez votre entourage et montrez qu’il est possible d’être authentique, même dans des environnements exigeants.

Et surtout, vous développez une qualité clé pour les femmes et les managers : la capacité à transformer la peur en action. Cette posture, à la fois audacieuse et ancrée, vous rend non seulement plus efficace, mais également plus humaine.

Mythe du multitâche féminin _ 1

2. La charge mentale et la sur-responsabilité : comment alléger le poids invisible

La charge mentale : tout voir, tout prévoir, tout gérer

Vous connaissez peut-être cette métaphore : être responsable de tout, c’est comme jongler avec des dizaines de balles. Sauf que certaines de ces balles sont en verre et d’autres en caoutchouc. Si une tombe, il faudra faire le tri entre ce qui peut rebondir et ce qui risque de se briser.

Pour les femmes, cette charge mentale est souvent liée à des attentes implicites : anticiper, organiser, planifier pour tout le monde. Que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, elles deviennent les « cheffes d’orchestre invisibles ». Chez les managers, cette responsabilité prend une autre forme, avec une pression constante pour veiller au bon fonctionnement de l’équipe, maintenir la productivité et répondre aux exigences de la hiérarchie.

Ce poids est amplifié par des biais cognitifs comme :

  • Le biais de surcharge d’information : vous avez tellement de données à traiter que chaque décision devient un casse-tête.
  • Le biais d’illusion de contrôle : vous pensez que tout dépend de vous, ce qui vous pousse à vouloir superviser chaque détail.
  • Le biais de disponibilité : vous donnez une importance excessive aux problèmes immédiats, au détriment des priorités à long terme.

Pour aller plus loin : retrouvez mon épisode de podcast sur l’illusion de contrôle sur Spotify, Amazon Music et Deezer. 

Sortir du piège de la sur-responsabilité

Prendre conscience de la charge mentale est un premier pas essentiel, mais il faut ensuite agir pour alléger ce fardeau. Voici trois stratégies pragmatiques pour reprendre le contrôle :

  1. Distinguer l’essentiel du superflu
    Toutes les tâches ne méritent pas votre énergie. Inspirez-vous de la matrice d’Eisenhower : classez vos actions en quatre catégories (urgent/important, non urgent/important, urgent/pas important, non urgent/pas important) et concentrez-vous sur l’essentiel. Demandez-vous : « Quelle est la tâche qui aura le plus d’impact si je la réalise aujourd’hui ? »
  2. Oser déléguer avec clarté
    La délégation n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte de leadership. Pour que cela fonctionne :
    • Identifiez les tâches qui ne nécessitent pas votre expertise directe.
    • Clarifiez vos attentes : « Voici ce que j’attends comme résultat, et pourquoi cela est important. »
    • Restez disponible pour des questions, mais laissez votre équipe prendre des initiatives.
  3. Repenser les réunions et interactions
    Réduisez la charge mentale liée aux échanges professionnels en limitant le nombre et la durée des réunions. Privilégiez des formats plus dynamiques, comme les stand-ups de 15 minutes pour faire un point rapide. Et surtout, préparez les discussions avec des objectifs clairs : « Quelles décisions devons-nous prendre à la fin de cette réunion ? »

Pour aller plus loin : Dans mon article sur le mythe du multitâche féminin, j’explique comment des pratiques comme le recentrage et l’écoute active peuvent vous aider à prioriser vos énergies.

S’accorder du temps pour soi : une nécessité, pas un luxe

Une erreur fréquente, surtout chez les femmes et les managers, est de sacrifier leur propre bien-être au nom des responsabilités. Mais rappelez-vous : vous ne pouvez pas être efficace si vous êtes constamment épuisée.

  1. Prenez des micro-pauses stratégiques : Quelques minutes de recul après une réunion, une courte marche, ou simplement respirer profondément peut suffire pour clarifier vos idées.
  2. Fixez des limites : Apprenez à dire non sans culpabilité. Par exemple : « Je ne peux pas m’occuper de cela aujourd’hui, mais voici une alternative. »
  3. Planifiez du temps pour vous : Ce n’est pas égoïste, c’est essentiel. Bloquez des créneaux dans votre agenda pour vous consacrer à une activité qui vous ressource.

Transformer la charge mentale en opportunité de mieux collaborer

Alléger votre charge mentale ne signifie pas fuir vos responsabilités, mais les partager intelligemment. En délégant, en priorisant et en favorisant des interactions claires, vous créez non seulement un espace pour mieux respirer, mais vous renforcez également la confiance et l’autonomie de ceux qui vous entourent.

EXERCICE PRATIQUE : 
Et si vous faisiez un premier pas dès aujourd’hui ? Prenez cinq minutes pour lister vos tâches actuelles et identifiez celle qui mérite vraiment votre attention. Vous serez surprise de constater que beaucoup d’entre elles peuvent être simplifiées, déléguées ou repoussées.

3. Assumer et maîtriser ses émotions : une force sous-estimée

Vos émotions : ennemies ou alliées ?

Au travail comme dans la vie, les émotions sont parfois perçues comme un frein. Colère, frustration, peur ou même enthousiasme trop marqué : on nous apprend souvent à les réprimer, à les masquer pour donner une image « professionnelle ». Pourtant, nier ses émotions, c’est ignorer des signaux précieux qui influencent nos décisions et nos interactions.

Chez les femmes, le défi est encore plus complexe : exprimer ses émotions est parfois jugé comme un signe de faiblesse, alors que ne pas les montrer peut être perçu comme un manque d’empathie. Les managers, eux, doivent jongler avec des émotions multiples – les leurs et celles de leur équipe – tout en maintenant un climat propice à la collaboration et à la performance.

Et si, plutôt que de les combattre, nous apprenions à les écouter et à les utiliser comme un levier pour mieux agir et mieux interagir ?

Pour aller plus loin : Cette idée de transformer les biais en opportunités est abordée dans mon article sur Se libérer des biais cognitifs : comment vivre l’instant présent.

Le saviez-vous ? 
L’hystérie, aussi appelée “maladie de l’utérus”, a longtemps été diagnostiquée comme une névrose chez des femmes dont les comportements ne correspondaient pas à ce que la société patriarcale attendait d’elles. Il a fallu attendre 1952 pour qu’elle soit officiellement retirée de la classification internationale des maladies en 1952. 

Comprendre vos émotions pour mieux les maîtriser

La maîtrise émotionnelle ne signifie pas ignorer ou réprimer ce que l’on ressent, mais au contraire reconnaître, analyser et canaliser ces ressentis. Voici trois étapes essentielles :

  1. Identifier vos émotions
    Prenez le temps de nommer ce que vous ressentez. Est-ce de la colère ? De l’anxiété ? De l’excitation ? Mettre un mot sur vos émotions vous aide à mieux les comprendre et à éviter qu’elles ne prennent le contrôle.
  2. Analyser leur origine
    Demandez-vous : « Pourquoi est-ce que je ressens cela ? » Par exemple, une frustration lors d’une réunion peut venir d’un sentiment d’être ignoré·e ou de la peur de ne pas être légitime. Comprendre la source de l’émotion permet de mieux y répondre.
  3. Canaliser vos émotions de manière constructive
    Au lieu de réagir impulsivement, prenez quelques secondes pour réfléchir : « Quelle est la meilleure manière d’exprimer ce que je ressens tout en restant aligné·e avec mes valeurs et mes objectifs ? »

Pour aller plus loin : Cette réflexion rejoint celle sur le recentrage évoquée dans mon article sur le leadership présent.

Leadership présent - intelligence émotionnelle

3 exercices pour renforcer la maîtrise émotionnelle

Voici des exercices pratiques, inspirés de tes précédents contenus, mais enrichis pour les adapter au contexte des femmes et des managers, et centrés sur la collaboration et la confiance :

  1. Le cercle de régulation émotionnelle
    Créez un moment dédié avec votre équipe ou vos proches pour partager vos ressentis sans jugement. Par exemple, en réunion, débutez par une question simple : « Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? ». Cette pratique développe l’empathie collective et libère les tensions.
  2. La reformulation émotionnelle
    Face à une émotion forte, reformulez ce que vous ressentez sous un angle constructif. Exemple : au lieu de dire « Je suis stressé·e parce que je dois tout gérer », exprimez : « Je ressens une pression importante, mais cela montre aussi que je tiens à ce projet. Voici comment nous pouvons nous organiser pour mieux avancer. »
  3. L’observation collaborative
    Lorsque vous sentez qu’une situation émotionnelle impacte une décision, impliquez votre équipe pour prendre du recul. Posez des questions ouvertes : « Quelles émotions cette situation suscite-t-elle chez vous ? » ou « Quels biais pourraient influencer notre perception ici ? » Cela crée un dialogue productif et renforce la confiance.

Les bénéfices d’un leadership émotionnellement intelligent

En assumant vos émotions, vous envoyez un message fort : celui que l’authenticité et l’humanité ne sont pas des faiblesses, mais des atouts. Cela ne signifie pas tout partager sans filtre, mais choisir ce que vous exprimez pour renforcer la collaboration et la compréhension mutuelle.

Ce type de leadership a des bénéfices directs :

  • Pour vous : Moins de frustration accumulée et une meilleure clarté dans vos décisions.
  • Pour votre équipe : Un climat de confiance où chacun se sent entendu et valorisé.
  • Pour vos relations professionnelles et personnelles : Une communication plus fluide et authentique, qui renforce vos liens avec les autres.

Devenir un meilleur soi-même pour être un meilleur manager

Assumer et maîtriser ses émotions n’est pas une finalité, mais un moyen. Un moyen de mieux comprendre vos propres besoins, de clarifier vos priorités et de bâtir un leadership aligné sur vos valeurs.

Il ne s’agit pas d’être parfaite, mais de s’autoriser à être humaine. En transformant vos émotions en leviers d’action, vous devenez une source d’inspiration pour ceux qui vous entourent.

Conclusion : Vers une liberté d’agir, de penser et de ressentir

Sortir de la spirale du jugement, c’est bien plus qu’un simple exercice de réflexion. C’est un processus qui exige de la prise de conscience, de la lucidité et une réelle volonté de transformation. Dépasser la peur du regard des autres, alléger la charge mentale et assumer ses émotions sont trois leviers puissants pour retrouver une plus grande présenliberté d’action et d’être.

En tant que femme et manager, vous êtes confrontée à des attentes complexes, parfois contradictoires. Mais rappelez-vous : ces injonctions ne définissent pas qui vous êtes. Ce qui compte, c’est la manière dont vous choisissez de naviguer au milieu de ces pressions. En vous reconnectant à vos valeurs, en créant des espaces de confiance et en assumant pleinement vos ressentis, vous devenez non seulement un leader, mais aussi une personne plus alignée et inspirante pour les autres.

Et si nous redéfinissions le succès ?

Nous vivons dans une société où la performance est souvent mesurée par des chiffres, des promotions ou des résultats immédiats. Et si nous redéfinissions ce que signifie vraiment réussir ? Si le succès ne se mesurait pas à ce que les autres pensent de vous, mais à votre capacité à rester fidèle à vous-même tout en atteignant vos objectifs ?

Cette perspective ouvre une voie nouvelle, celle d’un leadership authentique et humain, où chaque pas compte, même les plus petits. Comme je le soulignais dans mon article sur le leadership présent, vivre et agir pleinement dans l’instant est un cadeau que vous vous faites, mais aussi à ceux qui vous entourent.

Faites un premier pas dès aujourd’hui

Voici trois actions concrètes que vous pouvez entreprendre dès maintenant pour amorcer ce changement :

  1. Identifiez une peur qui vous freine. Demandez-vous : « Quel regard des autres m’inquiète et pourquoi ? » Puis, réfléchissez à une petite action qui pourrait vous aider à dépasser cette peur.
  2. Simplifiez votre quotidien. Listez vos tâches et déléguez-en au moins une aujourd’hui, même si cela vous semble inconfortable au départ.
  3. Accueillez vos émotions. Lors d’une prochaine situation tendue, prenez un moment pour nommer ce que vous ressentez et exprimez-le avec clarté et bienveillance.

Quelles sont les situations où le jugement vous bloque ? Quelle action aimeriez-vous tester pour alléger votre charge mentale ou mieux maîtriser vos émotions ? Échangeons dans les commentaires ou sur LinkedIn pour continuer à construire ensemble des outils pratiques et adaptés à vos défis.

Et souvenez-vous : ce n’est pas le regard des autres qui définit votre valeur, mais les choix que vous faites chaque jour pour avancer en accord avec vous-même. Alors, qu’attendez-vous pour faire ce premier pas ?

Le leadership présent : une méthode simple pour les managers

Le leadership présent : une méthode simple pour les managers

Leadership présent : méthode simple pour les nouveaux managers

Introduction : Le Leadership présent, une réponse à l’overthinking et à la surcharge émotionnelle

Dans un contexte professionnel exigeant, les managers doivent sans cesse jongler entre des prises de décisions rapides et une gestion émotionnelle complexe. Ces défis les plongent souvent dans deux pièges classiques : l’overthinking, où l’on s’épuise à analyser au-delà du nécessaire, et la surcharge émotionnelle, qui peut affecter involontairement leurs équipes.

Le leader sera d’autant plus présent qu’il sera passé par une double prise de conscience :

  1. Connaître les biais cognitifs et avoir compris leur caractère égocentré. Ces biais ne jouent ni contre nous, ni contre les autres. Ils reflètent avant tout nos propres peurs et incertitudes.
  2. Intégrer que, pour avancer, clarifier nos intentions et attentes est essentiel. Personne ne peut deviner ce que nous pensons ou que l’autre pense si nous ne l’explicitons pas.

Cet article propose une méthode simple pour les nouveaux managers, axée sur deux piliers essentiels du leadership présent :

  1. Réduire l’overthinking, en comprenant comment lutter contre son propre overthinking et contre les biais qui alourdissent nos décisions. 
  2. Gérer ses émotions, pour éviter les projections inutiles et cultiver des relations authentiques avec ses équipes.

Le leadership présent, c’est l’art d’un alignement personnel et en temps que manager. Un point d’équilibre a trouvé entre clarté, prise de recul et ancrage dans l’instant. C’est cet alignement qui permettra d’agir sereinement face aux défis et d’amener les autres avec soi. En comprenant l’impact des biais cognitifs et en réduisant l’overthinking, cette méthode simple aide les nouveaux managers à naviguer efficacement dans leurs responsabilités.

1. Réduire l’overthinking : une méthode simple pour les nouveaux managers

1.1. Accepter l’incertitude et reconnaître nos biais cognitifs

Les organisations font peser sur les nouveaux managers un poids considérable, rendant indispensable l’adoption d’une méthode simple et efficace pour alléger les prises de décisions. Elles les forcent à penser qu’ils doivent anticiper toutes les éventualités puisqu’ils doivent avoir réponse à tout pour être légitimes. Cette quête de maîtrise totale est alimentée par des biais cognitifs qui amplifient la complexité des décisions :

  • L’illusion de contrôle : Ce biais nous fait croire que plus nous analysons ou anticipons, plus nous maîtrisons les résultats. Pourtant, cette surestimation de notre capacité à influencer des événements génère une analyse excessive et paralyse l’action.
  • Le biais égocentrique : Il nous pousse à croire que nos actions, ou hésitations, ont plus de poids que celles des autres sur les événements. Par ricochet on peut rapidement penser qu’on est au centre des préoccupations des autres. En réalité, chacun agit pour soi et non contre nous, et nos craintes sont souvent des projections inutiles.

Pour adopter un leadership clair et présent, les nouveaux managers doivent apprendre à reconnaître les biais cognitifs qui influencent leurs décisions.

Clé adaptée : Clarifier les formulations implicites

L’article 7 clés pour maîtriser votre communication contre biais et marées met en lumière l’importance de rendre explicites nos intentions et attentes. L’illusion de transparence renforce l’overthinking. En cas d’échec ou de crise, en supposant que nos intentions sont évidentes, nous avons tendance à ressasser les événements pour leur trouver une explication. Nous nous épuisons à chercher une réponse évidente à une situation qui était loin d’être aussi claire qu’on ne le croit pour les autres. 

  • Action : Adoptez une communication explicite. Au lieu de dire « Comme vous le savez », préférez : « Voici les éléments à retenir pour avancer ensemble ».
  • Exemple : Lors du lancement d’un projet, exposez clairement vos priorités, attentes et objectifs. Cela réduit les incertitudes et simplifie les décisions collectives.

1.2. Biais cognitifs : leur impact sur les décisions managériales

Les biais cognitifs liés aux décisions managériales agissent souvent comme des freins invisibles :

  1. L’aversion à la perte : Ce biais nous rend réticents au changement, car nous surestimons la douleur d’une perte par rapport au bénéfice d’un gain potentiel.
    • Exemple : Vous hésitez à adopter une nouvelle méthode de travail, par crainte de perdre l’efficacité perçue de l’actuelle, même si elle est perfectible.
  2. Le biais de statu quo : Ce biais favorise le maintien des habitudes actuelles, par confort ou par peur de l’inconnu.
    • Exemple : Un manager préfère maintenir un outil obsolète plutôt que de gérer le stress d’un changement auprès de son équipe.
  3. Le biais d’attribution fondamentale : Cet autre biais, décrit dans L’article 7 clés pour maîtriser votre communication contre biais et marées, nous amène à interpréter les comportements des autres comme le reflet de leur personnalité, plutôt que d’y voir des facteurs contextuels.
    • Exemple : Vous concluez qu’un collaborateur est désengagé, alors qu’il fait face à une surcharge de travail non identifiée.

Nota : Je cite ces 3 biais mais il y en aurait bien d’autres : biais d’autorité, pensée et effet de groupe. Encore une fois la conscience de leur existence est un levier en soi pour mieux anticiper les besoins et mieux interpréter les conséquences en gardant un maximum de neutralité.

Leader aligné - comprendre les biais cognitifs

Clé adaptée : Cultiver une neutralité constructive face aux biais cognitifs

Reconnaître que les biais cognitifs influencent nos décisions est une première étape. Mais pour véritablement réduire leur impact, il est essentiel d’adopter une posture de neutralité constructive. C’est la clé de cette méthode simple pour les nouveaux managers.

  • Action : Lorsque vous vous sentez freiné dans une décision, demandez-vous :
    • Mes craintes sont-elles basées sur des faits ou des hypothèses ?
    • Est-ce que je privilégie le statu quo pour éviter un inconfort temporaire ?
    • Ai-je clarifié le contexte avant de juger une situation ou une personne ?
  • Exemple : Au lieu de conclure qu’un collaborateur est désengagé parce qu’il n’a pas respecté une échéance, examinez les circonstances :
    • Avait-il toutes les informations nécessaires pour agir ?
    • La charge de travail ou d’autres facteurs externes ont-ils pu jouer un rôle ?

1.3. Techniques pour alléger la prise de décision

1. Recentrer sur les faits présents : Qu’est-ce qui est réellement sous mon contrôle ?

    • Action : Posez-vous trois questions essentielles :
      • Quels sont les faits objectifs disponibles ?
      • Qu’est-ce que je contrôle dans cette situation ?
      • Quelle est la prochaine étape concrète que je peux entreprendre ?
    • Exemple : Lors d’un conflit d’équipe, recentrez la discussion sur les faits observés plutôt que sur les ressentis ou interprétations.

    Cette méthode simple pour les nouveaux managers aide à trancher en se concentrant sur ce qui est réellement sous contrôle.

    2. Limiter les options pour éviter la paralysie décisionnelle

    • Action : Réduisez le choix à deux ou trois alternatives réellement pertinentes. Et écrivez-les pour ne pas les ressasser. Trop d’options, trop longtemps sous-pesées, amplifient l’overthinking.
    • Exemple : Lorsque vous devez choisir un fournisseur, ne conservez que les trois mieux alignés avec vos critères, pour simplifier le processus.

    3. Visualiser les scénarios pour relativiser les peurs

    • Action : Imaginez trois scénarios possibles : le pire, le moyen, et le meilleur. Cette approche aide à atténuer la peur irrationnelle des pertes.
    • Exemple : Avant de lancer une réorganisation, visualisez :
      • Le pire : Quelques résistances initiales.
      • Le moyen : Une adaptation progressive avec des ajustements.
      • Le meilleur : Une amélioration claire des performances et du climat d’équipe.

    4. Fixer des délais pour trancher

    • Action : Établissez un délai clair pour analyser et décider. Cela empêche l’analyse interminable.
    • Exemple : « Je me laisse jusqu’à vendredi pour collecter les informations nécessaires et je trancherai avec ce que j’ai. »

      Autant que possible, intégrer votre équipe dans ces processus de décisions simplifiées ou au moins expliquez leur votre objectif. Plus vous éclairez votre vision et plus vous avez une chance d’être suivi. Oui, il faut expliquer. Oui, il faut presque “vendre” votre action et non pas simplement l’imposer. C’est à ce prix que vous créerez de la confiance à moyen et long terme. C’est la méthode simple que je propose aux nouveaux managers.

      1.4. Adopter une posture alignée : expliciter et simplifier

      Un manager aligné accepte que :

      1. Il n’a pas toutes les réponses et n’a pas besoin de les avoir. Cela permet de lâcher prise sur l’illusion de contrôle et de libérer l’esprit des suppositions inutiles.
      2. La clarté naît de l’explicitation. En exprimant vos intentions et attentes, vous réduisez les malentendus et simplifiez la collaboration.

      Exemple concret :
      Lors d’une réunion stratégique, plutôt que de supposer que chacun comprend vos priorités, dites explicitement : « Voici nos trois objectifs clés. Concentrons nos décisions sur ces priorités pour avancer efficacement. »

      Pour approfondir ces principes, l’article « 7 clés pour maîtriser votre communication fournit des outils utiles pour transformer votre manière de communiquer et clarifier vos intentions.

      Réduire l’overthinking est une première étape pour clarifier votre vision et celle de votre équipe. Mais pour réellement incarner un leadership présent, il est essentiel de gérer vos émotions et d’éviter qu’elles ne se projettent sur vos collaborateurs. Dans la prochaine partie, nous explorerons comment cultiver une intelligence émotionnelle qui favorise des relations authentiques et constructives.

      2. Mieux gérer ses émotions pour un leadership inspirant

      2.1. Reconnaître que vos émotions façonnent votre leadership

      Les émotions, qu’elles soient liées à des tensions personnelles ou à des dynamiques d’équipe, influencent profondément la manière dont vous prenez des décisions et interagissez avec vos collaborateurs. Mal gérées, elles peuvent exacerber nos biais cognitifs et affecter la qualité de vos relations. 

      Non seulement le négatif génère le négatif et le positif génère le positif mais notre cerveau s’appuie aussi sur nos émotions pour savoir quoi mémoriser. L’influence de nos émotions est donc immédiate et à moyen, long terme.

      Parmi les biais émotionnels qui entravent le leadership, deux sont particulièrement pertinents :

      1. L’effet de faux consensus : Ce biais nous pousse à croire que les autres partagent nos opinions, nos perceptions ou nos émotions, même lorsque ce n’est pas le cas.
        • Exemple : « Si ce projet me stresse, il doit aussi stresser mon équipe. Je vais éviter d’en parler davantage. »
        • En réalité, chaque individu perçoit une situation différemment, en fonction de son propre contexte et de ses priorités.
      2. Le biais de complaisance : Ce biais nous amène à attribuer nos succès à nos qualités personnelles, tandis que nos échecs sont imputés à des facteurs externes.
        • Exemple : « Si l’équipe atteint ses objectifs, c’est grâce à ma gestion, mais si elle échoue, c’est dû au manque d’implication des collaborateurs. »
        • Cette posture peut nuire à l’introspection nécessaire pour ajuster ses émotions et comportements.

      Clé adaptée : Reconnaître la diversité des ressentis

      Acceptez que vos collaborateurs n’interprètent pas les situations comme vous. L’effet de faux consensus peut créer des malentendus émotionnels et relationnels.

      • Action : Posez des questions ouvertes pour comprendre les ressentis et points de vue de votre équipe, plutôt que de supposer qu’ils sont alignés sur les vôtres.
      • Exemple : « Comment percevez-vous les changements récents ? Quels sont vos principaux défis à ce stade ? »
      Leadership présent - intelligence émotionnelle

      2.2. Pourquoi chacun a des émotions uniques : un enjeu de construction sociale

      Les émotions ne sont pas universelles. Elles sont façonnées par des expériences individuelles, des valeurs personnelles et des apprentissages sociaux. Ce qui est évident ou problématique pour vous peut ne pas l’être pour vos collaborateurs, et inversement.

      Clé adaptée : Comprendre les constructions émotionnelles

      • Vos collaborateurs réagissent en fonction de leur propre cadre de référence, influencé par leur éducation, leurs expériences et leur environnement professionnel.
      • Action : Reformulez votre perception de leurs émotions ou points de vue pour valider votre compréhension.
      • Exemple : Plutôt que d’interpréter une hésitation comme un désengagement, dites : « J’ai remarqué que vous semblez réservé à propos de cette initiative. Quelles sont vos préoccupations ? »

      2.3. Méthode pour cultiver un leadership émotionnellement intelligent pour les nouveaux managers.

      1. Identifier et nommer vos émotions
        • Action : Prenez quelques instants pour reconnaître ce que vous ressentez et pourquoi. Cela vous aide à ne pas projeter vos émotions sur votre équipe.
        • Exemple : « Je me sens frustré par le retard de ce projet. Est-ce lié à un manque de communication ou à mes propres attentes ? »
      2. Créer un espace sécurisé pour votre équipe
        • Action : Encouragez les membres de votre équipe à exprimer leurs ressentis sans crainte de jugement.
        • Exemple : « Dans notre prochaine réunion, je souhaite que chacun partage les obstacles qu’il rencontre. Cela nous permettra d’identifier ensemble des solutions. »
      3. Adopter une écoute active et reformuler
        • Action : Soyez pleinement présent lorsque quelqu’un partage une émotion ou un ressenti. Reformulez ses propos pour montrer que vous l’avez compris.
        • Exemple : « Si je comprends bien, ce qui vous inquiète, c’est le manque de ressources pour gérer cette tâche. Est-ce exact ? »
      4. Appliquer la règle des trois R : Recul, Réflexion, Réponse
        • Action : Avant de réagir à une situation tendue, appliquez cette méthode :
          • Prenez du recul pour ne pas réagir à chaud.
          • Faites une réflexion rapide sur ce qui influence votre ressenti.
          • Formulez une réponse adaptée et mesurée.
        • Exemple : Lorsqu’un collaborateur critique une décision, évitez de vous sentir attaqué immédiatement. Prenez une pause pour comprendre si cette critique reflète un besoin légitime.

      2.4. Intelligence émotionnelle et alignement dans le leadership présent

      Un leadership émotionnellement intelligent consiste à :

      1. Comprendre vos propres émotions, pour éviter qu’elles ne biaisent vos interactions.
      2. Reconnaître et valider celles des autres, sans jugement ni projection.
      3. Construire des ponts émotionnels, en adaptant votre communication pour répondre aux besoins de votre équipe.

      Exemple concret :
      Lors d’un projet complexe, certains membres de votre équipe peuvent exprimer de l’enthousiasme tandis que d’autres affichent de l’inquiétude. En identifiant et en reformulant ces émotions, vous pouvez ajuster votre accompagnement :

      • « Je comprends que ce projet peut sembler ambitieux. Explorons ensemble comment nous pouvons vous donner plus de visibilité pour avancer en confiance. »

      Gérer vos émotions ne consiste pas à les ignorer ou à les réprimer, mais à les utiliser comme un levier pour cultiver une relation plus équilibrée et constructive avec vos collaborateurs. En développant une intelligence émotionnelle alignée, vous devenez un leader qui inspire confiance, réduit les tensions, et favorise la cohésion.

      Conclusion : adopter un leadership présent : une méthode simple pour les nouveaux managers

      Dans un monde où l’incertitude et la pression sont devenues la norme, le leadership présent n’est pas une simple stratégie : c’est une nécessité. Être un leader aligné signifie cultiver une clarté intérieure et une posture ancrée dans l’instant, pour mieux guider et inspirer ceux qui nous entourent.

      Cette démarche repose sur deux piliers essentiels :

      1. Réduire l’overthinking, en reconnaissant et en désamorçant les biais cognitifs qui alourdissent nos décisions, et en nous concentrant sur ce que nous contrôlons ici et maintenant.
      2. Gérer ses émotions, en acceptant leur influence sur nos actions, en comprenant celles des autres, et en construisant une communication authentique et explicite.

      Un enjeu de don de soi

      Être aligné et présent ne signifie pas être parfait ou tout maîtriser. Cela signifie, au contraire, lâcher prise sur l’illusion de contrôle, pour se recentrer sur l’essentiel et libérer son esprit des suppositions inutiles. Ce n’est qu’en étant véritablement disponible pour soi-même que l’on peut se consacrer pleinement aux autres.

      Un leader présent n’agit pas pour lui-même, mais pour son équipe. En clarifiant ses intentions, en posant les bases d’une relation de confiance et en s’ouvrant aux perspectives de chacun, il incarne un leadership accessible, humain et efficient.

      Le leadership aligné, c’est :

      • La capacité à simplifier les situations complexes et à prendre des décisions éclairées.
      • L’art de construire des relations sincères où chacun se sent compris et soutenu.
      • La force d’avancer avec sérénité, tout en inspirant les autres à avancer avec vous.

      En adoptant ce modèle, vous devenez plus qu’un leader. Vous devenez un guide capable d’amener votre équipe à surmonter les défis avec clarté et confiance. Et n’est-ce pas là l’essence même d’un leadership véritablement efficient ?

      Autre source utile :

      Intelligence relationnelle et management inclusif

      Intelligence relationnelle et management inclusif

      Les biais cognitifs, obstacle à la diversité en entreprise (#2)

      Dans la première partie du résumé du livre de Laurent Depond, on peut observer en quoi les biais cognitifs nuisent directement à la diversité en entreprise. Dans cette seconde partie, nous approfondirons les concepts abordés dans le livre de Laurent Depond.

      Nous verrons comment nos fonctionnements cérébraux peuvent freiner l’inclusion et la diversité, mais aussi comment les organisations peuvent mettre en place des solutions adaptées grâce à l’intelligence relationnelle et au management inclusif.

      Partie 2 : Prendre conscience de nos “fonctionnements humains” (suite)

      Chapitre 4 : L’approche neurocognitive et comportementale 

      La compréhension de nos comportements au travers de la construction de notre cerveau permet de mieux comprendre nos comportements naturels. 

      Notre cerveau fonctionnent selon deux modalités : 

      • un système rapide qui utilise des routines de pensée préétablie : le mode mental automatique,
      • un système lent, analytique : le mode mental adaptatif.

      Le mode par défaut, adapté à la gestion des situations simples, apparaît fiable, rapide. Il est économe en énergie. Ce sont des processus inconscients (la conduite) ou conscients ( le calcul mental). 

      Le mode adaptatif c’est comme conduire à l’étranger et devoir être prêt à s’adapter en permanence à l’inconnu. C’est épuisant s’il est mobilisé trop longtemps. 

      Le mode mental automatique est l’ennemi naturel de la diversité. 

      Il fonctionne de manière optimale s’il ne gère que ce qu’il connaît. Il est défini par six caractéristiques : 

      • la routine : un attrait pour les habitudes qui génère la peur de la nouveauté
      • la persévérance : la capacité à poursuivre sans se laisser déstabiliser par l’imprévu quitte à basculer dans la résistance obstinée au changement,
      • la simplification : gestion raccourcie des situations courantes qui empêche la gestion nuancée des situations complexes
      • la certitude : sentiment que notre vision est “toute la vérité” qui peut confiner à l’intolérance ou à des erreurs d’interprétation
      • l’empirisme : reproduction systématique de ses expériences passées 
      • l’image sociale : importance exagérée donnée à son image dans le groupe, pourvoyeuse de manque d’initiative par peur du risque. 

      Le mode mental automatique a largement fait ses preuves. Il nous économise énormément d’énergie et a contribué à la survie de l’humanité avec une faible probabilité d’erreur mais mis bout à bout ses 6 caractéristiques peuvent avoir des conséquences importantes sur l’inclusion en entreprise. L’intelligence relationnelle et le management inclusif offrent des outils pratiques pour instaurer un climat de sécurité psychologique et encourager la performance durable.

      Chapitre 5 : Les barrières anti-diversité du mode mental automatique 

      Intelligence relationnelle et inclusion - Les quatre pilotes à l'origine de nos comportements

      Trois des quatre pilotes à l’origine de nos comportements gouvernent notre mode mental automatique : 

      • deux qui servent l’objectif de sécurité
        • la gouvernance instinctive, 
        • la gouvernance grégaire, 
      • une qui sert l’objectif de bien-être 
        • la gouvernance émotionnelle. 

      Ces trois blocs correspondent à des stades d’évolutions successifs. Grâce à une approche basée sur l’intelligence relationnelle et le management inclusif, les entreprises peuvent favoriser une meilleure intégration de la diversité cognitive.

      La gouvernance instinctive relève de nos besoins vitaux : respirer, boire, manger, se reproduire et se mettre en sécurité. 

      Elle prend les commandes lorsqu’on éprouve peur, colère ou abattement. C’est d’elle que dépendent nos réactions instinctives de rejet ou d’attirance. Elle active nos alertes, notre stress et génère nos comportements de fuite, lutte ou inhibition bien au-delà de notre conscience directe. 

      La gouvernance grégaire régule nos interactions également au détriment de l’inclusion. 

      La survie collective s’inscrit dans la logique implacable du “chacun sa place”. Elle est fondée sur un rapport de force instinctif, arme de dissuasion naturelle des conflits mais puissant facteur d’autocensure. On ne parle pas d’une hiérarchie basée sur le mérite ou l’intellect mais bien d’une classification sur la base de la capacité de nuisance potentielle des individus. Elle s’appuie sur des signaux physiques de dominance ET de soumission communs à chaque espèce. Le dominant agit pour sécuriser son pouvoir et il n’est pas remis en question en tant que tel. C’est le biais du chef

      Ce rapport de force de la gouvernance grégaire n’est pas le fait d’un sexe ou d’une origine. Il est le résultat de nombreux facteurs et de la construction personnelle d’un individu. L’éducation y joue un rôle important et il est simple de comprendre à quel point ce rapport de force, toujours embusqué dans nos rapports humains, n’aide pas à créer un climat inclusif.

      Les impacts sur le cerveau humain de la sédentarisation

      Il est intéressant de noter que la sédentarisation des hommes de Néandertal a d’ailleurs contribué fortement à transformer l’étranger en ennemi. La défense collective d’un territoire devenant tout à coup prépondérante. Les sociétés de néandertal ont dû s’organiser autour d’individus dominant : guerriers et prêtres. 

      Les groupes de chasseurs-cueilleurs nomades du paléolithique n’avaient pas eu besoin de mettre en place ces stratégies de domination et que les croisements inter-espèces n’étaient pas un sujet. Néandertal marque l’arrivée des codes et des croyances pour réguler les sociétés. L’enjeu démographique s’imposant, les femmes sont alors contraintes à un rôle de procréation, de soin aux enfants. La ressemblance devient le ciment de la société. 

      Dernière pièce du puzzle, la gouvernance émotionnelle émerge pour s’adapter aux effets normatifs de nos codes sociaux. 

      Elle a une mission de régulation, d’acceptation de la situation. Elle porte en elle les fondements d’un monde juste souvent lié au niveau de religiosité des cultures. “Ne pas respecter l’ordre social c’est rompre l’équilibre.” L’exclusion sociale provoque de la souffrance et pour éviter cette exclusion il faut absolument rentrer dans le moule. 

      La puissance de cette injonction de notre cerveau est à double tranchant

      • la société est organisée pour freiner l’expression de la diversité
      • les impacts de la discrimination sur les individus sont dévastateurs
      Les préjugés pour renforcer la prédominance des groupes. 

      C’est la femme “modeste” – l’invisibilité pour ne pas devenir tentatrice. L’homme “fort”, capable de défendre son territoire. C’est le besoin impérieux de réseaux : affinitaires, communautaristes, sociaux. La gouvernance émotionnelle, c’est deux types de cadrage “ce que je dois faire de bien pour agir au sein de mon collectif de vie” ET “ce qui me procure du plaisir”. Autrement dit, un savant mélange d’individuel et de collectif qui ne favorise pas la diversité spontanément. 

      L’évolution a fait que les expériences négatives ont beaucoup plus de poids que les expériences positives. Cela explique largement notre biais de négativité naturel. Nos codes et nos motivations constituent un socle de valeurs, un référentiel du bien et du mal. Notre construction personnelle a donc un impact direct sur notre capacité à bien vivre les mélanges. L’entreprise – et son manager – devra apprendre à “pacifier” les tensions pour fédérer les énergies si les référentiels des coéquipiers sont particulièrement opposés. Il est très difficile pour tout un chacun de remettre en question les “bases de données” de son cerveau. Le biais de confirmation peut être interprété comme une stratégie du cerveau pour protéger ses convictions. 

      Chapitre 6 : Stéréotypes, attention danger

      Le stéréotype est un pari statistique que fait notre cerveau pour savoir plus rapidement comment se comporter. “Les biais inconscients sont des stéréotypes sociaux sur certains groupes de personnes que les individus forment en dehors de leur propre conscience.” Ces stéréotypes ont des impacts évidents sur l’égalité des chances. Pour autant, quand on pense stéréotypes et discrimination, on pense plus sexe, âge, religion mais parfois l’impact est plus insidieux. 

      En France, votre diplôme initial est communément considéré comme prédictif de votre succès futur. On peut donc inconsciemment vous reprocher de ne pas avoir choisi telle ou telle voie ou encore d’avoir changé de voie. Ce qui n’est pas compris fait peur au cerveau de l’autre… 

      L’anonymisation pourrait être une voie mais elle présuppose une intention discriminatoire. 

      On ne peut pour autant pas lui opposer l’objectivité. Nous sommes tous influencés par des stéréotypes profondément ancrés en nous. Pire, les individus portent eux-mêmes sur eux des jugements teintés d’auto-stéréotypes négatifs. Des expériences ont prouvé qu’activer un de vos auto-stéréotypes négatifs diminue vos performances cognitives lors d’une évaluation. Cela crée des pensées parasitent qui vous scotchent dans votre mode mental automatique et génèrent du stress qui vous empêche d’activer votre intelligence adaptative. 

      L’omniprésence des stéréotypes contribue donc insidieusement à la perte d’opportunités. 

      Chapitre 7 : Appréhender efficacement la diversité

      Les initiatives coercitives ont montré leurs limites. Les lois sont difficiles à appliquer. Elles n’ont pas les effets de cascade attendus. Les personnes issues de leur application ne peuvent pas toujours exprimer leur plein potentiel. Elles s’auto-censurent du fait d’auto-stéréotypes négatifs et d’un complexe d’imposture. 

      Les injonctions trop fortes conduisent à une réaction de rejet qui se traduit par deux niveaux de blocages :

      • blocages conscients et volontaires de la population qui se sent menacée par la diversité
      • une manifestation de la préférence naturelle pour son groupe social lorsqu’il est attaqué
      L’application d’une règle ou d’une loi nous repousse dans notre mécanique de gouvernance grégaire où la force s’impose. 

      Cela nous pousse à nous repositionner spontanément et inconsciemment sur une échelle d’affirmation de soi. Les dirigeants des entreprises ont vite fait de s’appuyer plus sur une capacité à imposer ses idées que sur une capacité à y faire adhérer par l’explication. Ces mécanismes expliquent empiriquement les modèles traditionnels des organisations. C’est une vision normative et naturellement anti-diversité

      La piste : passer de la diversité quantifiable à une diversité cognitive.

      Il faut donc, pour les entreprises, trouver les moyens de s’extraire durablement de cette gouvernance grégaire. Revenir à la qualité du “capital humain” des organisations sera la clé du management inclusif et de la performance durable. Il faut apprendre à raisonner diversité fonctionnelle et dynamique comportementale. 

      La diversité pour la diversité est devenue clivante. Pour éviter les blocages, il faut bannir l’approche militante. Il faut comprendre les mécanismes naturels de nos cerveaux et s’en servir pour avancer. En provoquant un électrochoc, en se faisant l’avocat du diable, on peut faire sortir l’autre de ces mécanismes automatiques sans pour autant se retrouver bloquer par le biais de l’action unique. Ce biais qui dédouane de l’action et permet de s’autoriser la transgression. Si l’on se dit qu’on a une femme dans l’équipe et que c’est déjà bien comme ça… 

      Notre cerveau a vite fait également de nous attirer vers le biais de statu quo. Le conformisme constitue un frein si puissant puisqu’il a contribué longtemps à la survie de l’espèce humaine. 

      Maîtriser les biais pour challenger le processus décisionnel.

      Mais la compréhension des biais de toute nature et de leurs mécanismes s’est développée depuis quelques années aussi bien pour en limiter les impacts dans nos décisions que pour les influencer. 

      Ainsi, le biais de désirabilité peut devenir un levier de l’inclusion. Faire comme les autres mais aussi “être quelqu’un de bien” est inscrit dans notre ADN.  Mais attention, la manipulation de nos mécanismes inconscients, aussi vertueuse soit-elle, peut vite s’avérer dangereuse. L’apparition des nudges tel que la mouche dans l’urinoir de l’aéroport d’Amsterdam qui a significativement réduit les coûts de nettoyage des toilettes pour hommes (🙂) démontre combien ils peuvent être des coups de pouce à l’action. La tentative d’écriture inclusive s’est, elle, révélée totalement contre-productive. Nos biais individuels peuvent ainsi bloquer le mouvement vers l’inclusion ou l’accompagner quand les nudges qui les utilisent sont bien “pensés”. 

      Il est essentiel de challenger les processus décisionnels qui ont un impact sur l’inclusion. Puisque notre mental automatique, aussi puissant soit-il, est un obstacle naturel à la diversité, il faut apprendre à le déconnecter pour passer en mode adaptatif. 

      Partie 3 : Faire émerger le management inclusif 

      Chapitre 8 : La sécurité psychologique et l’intelligence relationnelle

      Pour que les collaborateurs puissent exprimer leur plein potentiel en mobilisant les ressources de leur construction personnelle, leurs compétences techniques (hard skills), mais aussi leurs compétences comportementales (soft-skills), il faut mettre en œuvre un management inclusif. Ce type de management doit créer les conditions de sécurité psychologique nécessaires à la pleine expression des collaborateurs. 

      Le sentiment de se sentir protéger si on prend des risques, de pouvoir s’exprimer librement est la clé de voûte de la performance inclusive et durable. 

      Le manager inclusif doit savoir construire des rapports de confiance. 

      Il doit être en mesure de cartographier les personnalités de ses coéquipiers, d’identifier les positionnements grégaires spontanés pour mieux les neutraliser. Il doit faire preuve d’intelligence relationnelle pour individualiser son management en fonction du positionnement grégaire de chacun des membres de l’équipe. 

      Ce constat impose deux règles pour l’entreprise : 

      • la taille des équipes doit être limitée
      • tout le monde ne peut pas devenir un manager inclusif ou tout simplement un manager. 
      Un manager doit être assertif. 

      Il doit savoir naturellement s’exprimer et défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Il doit aussi exprimer une envie claire de devenir manager. 

      Un manager inclusif sait reconnaître et gérer les émotions. Il doit savoir détecter les signaux de stress chez ses coéquipiers pour les résoudre. Adopter l’intelligence relationnelle et le management inclusif, c’est permettre aux collaborateurs de mobiliser pleinement leurs compétences techniques et comportementales.

      Rappelons que le stress est un signal d’alarme qui nous avertit que le mode mental que nous utilisons n’est pas adapté à la situation rencontrée. Nous sommes en face d’une situation dangereuse, inconnue ou complexe qui requiert notre mode mental adaptatif. Pourtant nous sommes restés bloqués dans notre mode mental automatique. C’est le même principe que la douleur qui nous oblige à réagir pour notre propre bien. 

      Un coéquipier confronté à une situation inconfortable pourra réagir de trois façons : la fuite, la lutte ou l’inhibition. Le manager devra détecter les signaux et les traiter d’autant que chaque individu aura sa propre échelle de “stressabilité”. 

      Un manager inclusif sait capitaliser sur les motivations intrinsèques des individus. 

      Il doit donc être en capacité d’identifier ces motivations qui donnent de l’énergie et sont inconditionnelles puisque succès ou échec n’ont pas de prises sur elles. Elles sont les leviers de l’engagement des individus. 

      Un manager qui veut stimuler l’engagement au sein de son équipe doit s’assurer que chacun accomplit des missions et des tâches qu’il aime, du moins, les faits d’une façon qui lui correspond. Mais il lui faut aussi anticiper les signes d’un surinvestissement émotionnel, principale cause des RPS (risques psychosociaux). Il lui faut pouvoir s’appuyer sur des qualités de communication particulièrement neutres et ouvertes. Il faut aider l’autre à faire la bascule naturellement entre son mode mental automatique et son mode mental adaptatif. La reformulation est au cœur du dispositif. On doit éduquer les managers de sorte qu’ils développent une intelligence relationnelle forte au service de l’amplification du potentiel des individus. 

      Chapitre 9 : Le puissant levier de l’intelligence adaptative

      Sur la base des 6 dimensions du mode mental automatique, la réponse du mode mental adaptatif serait : 

      • la curiosité : “qu’est-ce qui nous fait vraiment atteindre nos objectifs ?”
      • la souplesse : “et si nous tentions une autre approche ?”
      • la nuance : “il y a des avantages et des inconvénients dans chaque situation ?”
      • la relativité : “ si l’on tient compte du contexte, lequel est le plus adapté ?”
      • l’opinion personnelle : “ quels sont les facteurs explicatifs et rationnels pour convaincre ?”
      Intelligence relationnelle et inclusion - mobiliser son intelligence adaptative
      L’intelligence adaptative : anti-virus au service d’une vision positive de la diversité

      En empruntant un chemin logique qui n’a pas besoin de rester dans ce qu’il connaît, notre mode mental adaptatif peut s’extraire de toutes les programmations anti-diversité qui se nichent dans notre mode mental automatique. 

      L’entraînement mental pour modifier les schémas d’activité du cerveau pour renforcer empathie, compassion, optimisme et sensation de bien-être. 

      Bascule mentale et intelligence collective

      De management inclusif à intelligence collective il n’y a donc plus qu’un pas à franchir. Le manager inclusif permettra le développement de l’intelligence adaptative de ses coéquipiers. Il rassurera face à la transformation, stimulera l’apprenance tout en augmentant l’’engagement durable et performant. 

      L’intelligence relationnelle n’est rien si elle ne parvient pas à créer de l’intelligence collective. C’est la force des regards croisés qui crée la performance durablement. C’est ce que prône l’IME avec le “talent matching” 

      Faire émerger la divergence constructive pour éviter les angles morts et la pensée de groupe. L’intelligence collective d’une équipe repose sur la mobilisation du mode mental adaptatif de ses membres. Il faut toutefois savoir économiser son cerveau autant que faire se peut. Le mode adaptatif est surconsommateur d’énergie et il faut admettre que, même musclé, nous avons le droit de repasser en mode automatique de temps en temps. Il faut juste le conscientiser. 

      Conclusion : L’apport des neurosciences dans la chasse aux biais 

      Ce livre invite les organisations à prendre conscience des ressorts qui font obstacles au développement de l’inclusion et à s’outiller pour repenser leur culture et leurs processus grâce à l’apport des neurosciences cognitives. Développer une intelligence relationnelle et un management inclusif au cœur des organisations modernes est essentiel pour surmonter les obstacles liés aux biais cognitifs.

      Pour aller plus loin :

      • Retrouvez le livre sur Amazon pour consulter ses critiques.
      • Découvrez cette interview de l’auteur également.

      Si vous êtes arrivés au bout de cet article et de ce résumé, c’est que, comme moi, le sujet vous passionne 🙂

      N’hésitez pas à me laisser un commentaire et pourquoi pas, si vous ne l’avez pas encore fait, à répondre à ce quiz pour vous détendre : Quiz : Reconnaître les biais inconscients au travail 😉

      Tout savoir sur les biais cognitifs aux noms insolites

      Tout savoir sur les biais cognitifs aux noms insolites

      Introduction : Découvrez les biais cognitifs aux noms insolites qui défient la logique

      Biais cognitifs aux noms insolites

      Les biais cognitifs aux noms insolites sont aussi fascinants qu’amusants : ils dévoilent les subtilités de notre cerveau, parfois à nos dépens. 

      Nous aimerions croire que nos choix et jugements sont toujours le fruit d’une logique impeccable. Et pourtant, nos cerveaux se révèlent parfois être de véritables illusionnistes, influencés par des biais cognitifs plus étranges les uns que les autres. Aujourd’hui, attardons-nous sur ces biais aux noms intrigants qui, en plus de nous manipuler discrètement, méritent qu’on s’y intéresse… avec un sourire en coin.

      1. L’effet pom-pom girl : Quand l’union fait la séduction

      Biais insolites - Effet Pom-Pom Girl

      Qu’est-ce que c’est ?

      Ce biais cognitif au nom insolite nous pousse à trouver des individus plus attrayants lorsqu’ils se présentent en groupe. Pourquoi ? Notre cerveau tend à « lisser » les différences en créant une moyenne visuelle des visages, ce qui leur donne une allure globalement plus plaisante.

      Illustration du quotidien :

      Lors d’une soirée, vous repérez un groupe qui semble particulièrement rayonnant. Quelques jours plus tard, vous croisez l’un des membres seul et constatez, à votre grande surprise, qu’il ne correspond pas tout à fait à vos souvenirs. Non, il n’a pas changé ; votre perception, elle, l’a fait.

      Moralité :

      L’effet pom-pom girl, ou l’art de prouver que l’habit ne fait pas le moine… mais qu’une bande d’amis bien entourée peut séduire plus facilement qu’un solitaire.

      Question pour vous :

      Vous est-il déjà arrivé de surestimer l’aura d’un groupe, pour être ensuite légèrement déçu ? Si oui, comment l’avez-vous vécu ?

      Ma réponse : 

      Je me suis re-penchée récemment sur des photos de classe. J’ai retrouvé la trace d’une petite bande de “belles gueules branchées”. Si je vous dis que les années passées n’ont pas laissé grand-chose ni du branché, ni du “belles gueules” ! Vous me croyez ? 😉

      2. L’effet Woozle : Répéter, c’est convaincre (à tort)

      Biais insolites Effet Woozle

      Qu’est-ce que c’est ?

      L’effet Woozle est un parfait exemple de ces biais cognitifs aux noms insolites qui intriguent autant qu’ils amusent. Ce biais montre que lorsqu’une information est répétée plusieurs fois, elle finit par sembler vraie, même si elle est fausse. Le nom provient de Winnie l’Ourson, où les personnages, en suivant leurs propres traces, se persuadent qu’un personnage imaginaire nommé Woozle les pourchasse. À force de tourner en rond en laissant de traces, ils sont convaincus que de nombreuses personnes sont aussi pourchassées par Woozle ! 

      Illustration du quotidien :

      Prenons un exemple simple : « Les carottes rendent aimable. » Tout le monde a entendu cette phrase au moins une fois dans sa vie. Pourtant, rien de scientifique ne le prouve. Mais à force d’entendre cette maxime, vous l’avez peut-être répétée vous-même… comme si elle était vraie.

      Moralité :

      L’effet Woozle nous rappelle que tout ce qui est souvent dit n’est pas forcément vrai. Alors, avant de devenir le relai d’une idée douteuse, posez-vous cette question : est-ce moi, ou le Woozle qui parle ?

      Question pour vous :

      Quelle « vérité » répétée mille fois avez-vous découverte être fausse ? Partagez votre anecdote, on a tous croisé un Woozle.

      Ma réponse : 

      J’ai récemment remarqué dans mon environnement professionnel la répétition par de multiples personnes d’un terme que je ne comprenais pas et surtout qui n’avait aucun sens. J’ai remonté la piste et trouvé la source 😉 Cela m’a aussi permis de résoudre le mystère de cette théorie qui m’agaçait ! Mais, oui, j’ai aussi trouvé mon Woozle !

      3. L’effet Bouba-kiki : Des formes et des sons

      Biais cognitifs aux noms insolites Effet Bouba-Kiki

      Qu’est-ce que c’est ?

      Cet autre biais cognitif au nom insolite nous montre notre tendance naturelle à associer certains sons à des formes spécifiques. Dans une expérience, des participants associent spontanément « Bouba » à une forme arrondie et « Kiki » à une forme anguleuse. Une association universelle, semble-t-il.

      Illustration du quotidien :

      Pourquoi certaines marques de produits de soin choisissent-elles des noms doux et arrondis, comme « Dove » ou « Oasis » ? Parce que votre cerveau relie instinctivement ces sons à des sensations agréables et fluides. En revanche, un produit nommé « Krash » ou « Zork » serait plus adapté à un concept technologique.

      Moralité :

      Avec l’effet Bouba-kiki, on comprend pourquoi « Calinéa » vend mieux des oreillers qu’un produit nommé « Tranchinox ». Le cerveau décide avant vous.

      Question pour vous :

      Essayez : si vous deviez nommer une marque de chocolat ou de perceuses, quel son choisiriez-vous ? Faites-nous rêver… ou trembler.

      Ma réponse : 

      Si vous pensez meuble vous pensez IKEA mais si vous pensez bibliothèque, à part la Billy (j’avoue c’est mon contre-exemple 😉) , vous pouvez citer la Skruvby, la Oxberg ou la Kallax ?! Pas sûre qu’aucun client au monde de la marque – en dehors peut-être des suèdois… – puisse citer plus de 2 à 3 marques de meubles chez eux 😉

      4. L’effet Zeigarnik : Les tâches inachevées qui nous obsèdent

      Biais cognitifs aux noms insolites Effet Zeigarnik

      Qu’est-ce que c’est ?

      Ce biais, découvert par la psychologue Bluma Zeigarnik, explique pourquoi une tâche non terminée reste ancrée dans notre esprit, nous hantant jusqu’à son achèvement. Les actions achevées, elles, disparaissent beaucoup plus facilement de notre mémoire.

      Illustration du quotidien :

      Vous commencez une liste de tâches, mais une seule reste incomplète. Résultat : malgré tout ce que vous avez accompli, cette omission vous trotte dans la tête jusqu’à ce que vous la résolviez. Ou bien cet email que vous n’avez pas encore envoyé et auquel vous pensez même en pleine nuit.

      Moralité :

      L’effet Zeigarnik, ou pourquoi nos cerveaux préfèrent ruminer plutôt que de lâcher prise. Solution ? Mieux vaut finir vite, ou apprendre à oublier.

      Question pour vous :

      Quel projet non terminé vous hante en ce moment ? Promis, on ne vous jugera pas (même si votre cerveau le fait déjà).

      Ma réponse (ou plutôt mon astuce !) : 

      Je suis sûre que des biais cognitifs c’est celui-là qui me fait le plus de mal au fond. Et, même si je n’arrive pas à me l’appliquer tous les jours, je vous suggère de supprimer de votre todo liste tout ce qui ne peut pas être VRAIMENT fait dans des temps raisonnable mais de les noter quelque part pour tranquilliser votre cerveau. Vous aurez ainsi une liste à court-terme propre et une liste à moyen terme explicite. Cela tranquillisera votre inconscient et vous permettra d’être plus efficace au quotidien !

      Conclusion : Le biais cognitif au nom insolite, cet intrus familier

      Ces biais cognitifs aux noms insolites prouvent que comprendre notre cerveau peut être aussi instructif qu’amusant. Les biais cognitifs, bien que parfois agaçants, nous offrent un fascinant miroir de nos mécanismes mentaux. Ils influencent notre façon de voir le monde, mais aussi nos choix, souvent sans que nous nous en rendions compte. La prochaine fois que vous vous surprenez à être victime de l’un de ces biais, prenez un instant pour en rire… ou pour en parler ici.

      Question finale :

      Parmi ces biais cognitifs aux noms insolites, lequel vous a le plus surpris ? Partagez votre expérience en commentaire


      Dans notre prochaine exploration, nous verrons comment certains biais nous piègent dans des raisonnements absurdes, malgré notre volonté de bien faire. Préparez-vous à rencontrer l’effet Semmelweis et d’autres surprises…

      En savoir plus :

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans la communication

      Introduction : Comment vos biais cognitifs influencent votre communication ?

      Cet article vous propose 7 clés pour identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication, afin de surmonter les malentendus et améliorer vos échanges.

      Je l’avais abordé dans cet article, chaque jour, dans vos échanges professionnels ou personnels, vos intentions semblent claires, vos messages précis. Vous vous attendez donc à ce qu’ils soient compris comme tels. Pourtant, la réalité est souvent bien différente. Les biais cognitifs, ces mécanismes inconscients du cerveau, influencent subtilement vos propos et la façon dont vous percevez ceux des autres. Ils peuvent transformer une communication en un terrain fertile pour les malentendus et les frustrations.

      Ces biais, s’ils ne peuvent être éliminés, peuvent néanmoins être identifiés et atténués. Les 7 clés que je vous propose dans cet article vous aideront à les repérer, dans vos messages comme dans ceux de vos interlocuteurs. De la déconstruction des attentes implicites à l’évaluation des émotions dans un échange, en passant par l’analyse des premières impressions, ces méthodes vous permettront d’apporter clarté et justesse à vos interactions.

      identifier et gérer ses biais cognitifs, c’est retrouver une communication plus authentique et efficace, tout en respectant les perspectives des autres. Alors, prêt à affiner votre regard et vos échanges ? Découvrons ensemble ces outils pour reprendre le contrôle de votre communication.

      1. Clarifiez les formulations implicites, la clé pour éviter l’illusion de transparence et ses biais cognitifs.

      Les biais cognitifs dans la communication L'illusion de transparence

      Dans une communication, il est tentant de supposer que nos pensées et intentions sont évidentes pour nos interlocuteurs. Pourtant, ce n’est souvent pas le cas. Une phrase aussi simple que « Comme vous le savez », fréquemment utilisée dans les emails ou réunions, illustre bien ce problème. Elle repose sur l’illusion de transparence. Ce biais cognitif nous pousse à croire que nos idées ou connaissances sont partagées et comprises de manière évidente par les autres.

      En réalité, nos interlocuteurs ne disposent pas des mêmes informations ou contextes que nous. Cette supposée transparence crée des attentes implicites : 

      • Un collaborateur peut se sentir jugé pour ne pas savoir ce qu’il était censé « déjà savoir »
      • Un manager risque de penser à tort que ses instructions ont été parfaitement comprises

      Comment identifier et gérer ce biais cognitif dans sa communication ? Portez attention à vos formulations. Les phrases qui supposent un savoir partagé, comme « Évidemment », « Comme nous l’avons vu » ou « C’est logique », sont des indices. Elles traduisent une projection de votre propre compréhension sur celle des autres.

      Comment le gérer ? Prenez le temps de clarifier vos propos. Reformulez pour expliciter les points importants, même si cela vous semble redondant. Par exemple, remplacez « Comme vous le savez » par « Pour rappel, voici les éléments clés ». Posez des questions ouvertes pour vérifier la compréhension : « Cela fait-il sens pour vous ? » ou « Y a-t-il des précisions nécessaires ? »

      Ce travail de clarification réduit les malentendus et crée un cadre d’échange où chacun peut s’exprimer sans crainte de jugement. En dépassant l’illusion de transparence, vous encouragez des échanges plus fluides et une meilleure compréhension mutuelle.

      2. Maîtriser ses émotions, la clé pour déjouer le biais de négativité

      Lors d’un échange, les émotions jouent un rôle crucial, souvent bien plus que les mots eux-mêmes. Une critique constructive, par exemple, peut être perçue comme une attaque personnelle, déclenchant une réponse défensive ou une fermeture au dialogue. Ce phénomène est amplifié par le biais de négativité, qui nous pousse à accorder plus de poids aux éléments perçus comme négatifs qu’aux aspects positifs d’une situation ou d’un message.

      Ce biais agit comme une loupe déformante : une formulation maladroite ou une intonation involontaire peut prendre des proportions démesurées, occultant le reste de l’échange. Résultat ? Les émotions dominent la communication, et le contenu essentiel passe au second plan.

      Les biais cognitifs dans la communication Le biais de négativité

      Comment identifier ce biais cognitif dans sa communication ? Soyez attentif à vos réactions émotionnelles et à celles de vos interlocuteurs. Vous sentez-vous agacé, blessé ou sur la défensive face à un message ? Remarquez si votre attention se focalise uniquement sur un détail négatif, comme un mot précis ou un ton particulier, au détriment du reste du propos.

      Comment le gérer ?

      1. Prenez du recul. En cas de réaction émotionnelle, respirez et reformulez mentalement ce que vous avez entendu : est-ce réellement une attaque, ou est-ce votre interprétation ?
      2. Posez des questions. Clarifiez les intentions derrière le message : « Pouvez-vous préciser ce que vous voulez dire par là ? » ou « Comment puis-je améliorer cet aspect ? »
      3. Reconnaissez vos émotions. Plutôt que de les ignorer, identifiez-les : « Je ressens de la frustration, est-ce lié à ce que j’ai compris, ou à la manière dont cela a été dit ? »

      En prenant conscience du biais de négativité, vous pourrez dépasser les premières réactions émotionnelles pour vous concentrer sur le message réel. Cette démarche favorise une communication plus apaisée et centrée sur les faits, où les émotions ne viennent plus parasiter les échanges.

      3. Prendre en compte les perspectives des autres, la clé pour contrer le biais égocentrique

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans la communication Le biais égocentrique

      Quand nous communiquons, il est naturel de partir de notre propre point de vue. Cependant, cette tendance peut devenir un piège si elle nous empêche de considérer les besoins, les attentes ou les connaissances de nos interlocuteurs. Ce phénomène est connu sous le nom de biais égocentrique, qui nous pousse à projeter nos priorités ou notre compréhension sur les autres, en supposant qu’ils partagent notre cadre de référence.

      Par exemple, lors d’une présentation, un intervenant peut insister sur des détails techniques qui lui paraissent essentiels, sans vérifier si son audience dispose des mêmes bases ou s’intéresse réellement à ces éléments. Résultat : une perte d’attention ou une incompréhension qui freine l’impact de la communication.

      Comment identifier ce biais cognitif dans sa communication ? Observez si vos messages partent systématiquement de ce qui vous paraît évident ou important, sans vous demander ce que votre interlocuteur attend ou connaît. Posez-vous des questions : « Est-ce que j’explique suffisamment ? » ou « Est-ce que cela répond à leurs besoins, et pas seulement aux miens ? »

      Comment le gérer ?

      1. Adoptez une posture d’écoute active. Avant de formuler vos idées, prenez le temps de comprendre le point de vue de votre interlocuteur. Posez des questions comme : « Quels sont vos objectifs ? » ou « Que savez-vous déjà sur ce sujet ? »
      2. Clarifiez votre message. Évitez le jargon ou les raccourcis qui pourraient ne pas être compris. Reformulez si nécessaire pour vous assurer que votre propos est adapté à leur niveau de compréhension.
      3. Cherchez des retours. Sollicitez des réactions pendant l’échange : « Est-ce que cela vous semble clair ? » ou « Souhaitez-vous que je développe un point précis ? »

      En dépassant le biais égocentrique, vous adaptez votre communication à vos interlocuteurs, ce qui renforce la compréhension et l’impact de vos messages. Vous construisez ainsi des échanges réellement interactifs et équilibrés, où chaque point de vue est pris en compte.

      4. Maîtriser chaque mot, la clé pour éviter le biais de cadrage

      La manière dont une information est présentée influence directement la perception qu’en ont vos interlocuteurs. Ce phénomène, connu sous le nom de biais de cadrage, joue un rôle majeur dans la communication : il oriente les décisions et interprétations en fonction des mots ou des contextes utilisés, plutôt que du contenu lui-même. Ce biais est particulièrement fréquent dans les discussions stratégiques ou commerciales.

      Par exemple, un manager pourrait dire : « Ce projet a 70 % de chances de réussir », ce qui donne une impression optimiste. Mais reformulé comme « Ce projet a 30 % de chances d’échouer », le message, bien que factuellement identique, paraît soudain plus risqué. Ce biais agit comme un prisme, influençant la perception et la prise de décision.

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans la communication Le biais de cadrage

      Comment identifier ce biais cognitif dans sa communication ?

      • Repérez les formulations qui mettent en avant certains aspects tout en en minimisant d’autres.
      • Soyez attentif aux réactions disproportionnées des interlocuteurs face à des données identiques présentées différemment.

      Comment le gérer ?

      1. Présentez une vision équilibrée. Lorsque vous exposez une idée ou des chiffres, montrez les deux faces de la médaille. Par exemple : « Ce projet a 70 % de chances de réussir, mais cela signifie aussi 30 % de risques d’échec. »
      2. Posez des questions ouvertes. Interrogez vos interlocuteurs sur leur perception pour identifier si le cadrage influence leurs réactions : « Comment interprétez-vous ces résultats ? »
      3. Recadrez si nécessaire. Si vous sentez que l’attention se concentre sur un aspect biaisé, reformulez pour recentrer : « Cela peut paraître risqué, mais voici pourquoi cela reste une opportunité. »

      En prenant conscience de l’effet de cadrage, vous permettez des échanges plus objectifs et évitez les décisions prises sous l’influence d’une présentation biaisée. Plus qu’identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication, vous favorisez ainsi une communication transparente et une meilleure évaluation des informations échangées.

      5. Identifier les jugements hâtifs, la clé pour limiter le biais d’attribution fondamentale

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication Le biais d'attribution fondamentale

      Dans une conversation, il est facile de tirer des conclusions rapides sur les intentions ou les comportements des autres. Le biais d’attribution fondamentale nous pousse à attribuer les actions des autres à leur personnalité ou à leurs traits intrinsèques, tout en ignorant les facteurs contextuels qui pourraient expliquer leur comportement. Ce biais peut nuire à la communication en créant des jugements erronés et des malentendus.

      Par exemple, si un collègue arrive en retard à une réunion, on peut immédiatement penser : « Il est négligent », plutôt que de considérer des circonstances extérieures comme un imprévu ou un problème de transport. Ce type de jugement hâtif peut générer des tensions inutiles et biaiser la suite des échanges.

      Comment identifier ce biais cognitif dans sa communication ?

      • Faites attention à vos réflexions immédiates face au comportement de quelqu’un. Si vous vous surprenez à émettre un jugement global (ex. : « Elle est toujours comme ça »), il pourrait s’agir d’un biais d’attribution.
      • Observez si vous appliquez un traitement différent pour vous-même : êtes-vous plus indulgent avec vos propres erreurs, en les justifiant par des circonstances extérieures ?

      Comment le gérer ?

      1. Prenez le temps d’explorer le contexte. Avant de conclure, demandez-vous : « Quelles raisons extérieures pourraient expliquer ce comportement ? »
      2. Posez des questions plutôt que d’assumer. Par exemple : « Est-ce que tout va bien ? Y avait-il un empêchement ? »
      3. Développez l’empathie. Imaginez-vous à la place de l’autre pour mieux comprendre ses contraintes ou priorités.

      En limitant le biais d’attribution fondamentale, vous développez une communication plus bienveillante et nuancée. Vous évitez de projeter des jugements négatifs qui pourraient compromettre la qualité de vos échanges et favorisez un climat de compréhension mutuelle.

      6. Identifier les influences sociales, la clé pour contrer le biais de conformisme

      Dans un groupe, il est souvent plus facile de suivre l’avis dominant que de défendre un point de vue différent. Ce phénomène, appelé biais de conformisme, pousse les individus à aligner leurs opinions sur celles de la majorité, même lorsqu’ils ne sont pas totalement convaincus. Ce biais peut limiter la diversité des idées et freiner les discussions constructives.

      Par exemple, lors d’un brainstorming, si une idée est rapidement validée par plusieurs personnes influentes, d’autres participants peuvent hésiter à exprimer des opinions contraires, de peur d’être perçus comme conflictuels. Cela donne l’illusion d’un consensus, mais masque en réalité une diversité d’opinions non exprimées.

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication Le biais de conformisme

      Comment identifier ce biais cognitif dans sa communication ?

      • Soyez attentif aux silences ou aux non-dits dans un groupe. Les participants qui évitent de s’exprimer ou qui acquiescent systématiquement pourraient être influencés par ce biais.
      • Repérez les situations où une décision semble acceptée trop rapidement, sans débat ou analyse approfondie.

      Comment le gérer ?

      1. Encouragez l’expression individuelle. Demandez à chaque participant de partager son point de vue avant qu’un consensus ne soit formé. Par exemple : « Que pensez-vous de cette proposition avant de décider ? »
      2. Donnez de la légitimité aux avis divergents. Insistez sur l’importance des opinions minoritaires pour enrichir le débat : « Des perspectives différentes pourraient nous aider à identifier des risques ou des opportunités. »
      3. Créez un environnement de confiance. Rassurez le groupe en précisant que remettre en question une idée n’est pas un conflit, mais une contribution précieuse.

      En prenant conscience du biais de conformisme, vous favorisez une communication plus ouverte et équilibrée. Plus qu’identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication, vous encouragez ainsi la diversité des points de vue, ce qui enrichit les échanges et améliore la qualité des décisions collectives.

      7. Approfondir l’analyse des faits, la clé pour contrer le biais rétrospectif

      Identifier et gérer les biais cognitifs dans la communication Le biais rétrospectif

      Une fois une situation passée, il est tentant de penser qu’elle était prévisible ou inévitable. Ce biais rétrospectif nous pousse à croire, après coup, que les événements étaient évidents ou que les décisions prises allaient de soi. Ce biais peut limiter notre capacité à apprendre des expériences et à ajuster nos comportements pour l’avenir.

      Par exemple, après une réunion où un désaccord a éclaté, vous pourriez conclure : « C’était évident que cela allait arriver », sans avoir identifié les signaux avant qu’ils ne se manifestent. Cette tendance empêche une véritable réflexion sur ce qui aurait pu être anticipé ou géré différemment.

      Comment identifier et gérer ce biais cognitif dans sa communication ?

      • Faites attention aux phrases comme : « Je le savais » ou « Ça ne pouvait pas se passer autrement », qui minimisent la complexité des événements ou des décisions.
      • Notez si vous avez tendance à simplifier les résultats en ignorant les incertitudes ou informations manquantes avant que l’événement ne se produise.

      Comment le gérer ?

      1. Documentez vos hypothèses. Avant une réunion, une présentation ou une décision importante, notez vos attentes ou prédictions. Cela vous permettra de comparer vos anticipations avec ce qui s’est réellement passé.
      2. Faites une analyse objective. Après un événement, identifiez les éléments concrets qui ont influencé l’issue : « Quelles informations manquaient au moment de la décision ? » ou « Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment ? »
      3. Partagez les retours avec les autres. Une discussion ouverte sur ce qui a bien fonctionné et ce qui pourrait être amélioré aide à limiter l’impact du biais rétrospectif.

      En pratiquant l’analyse rétrospective de manière consciente, vous transformez chaque situation en une opportunité d’apprentissage. Vous développez ainsi une communication et une prise de décision plus éclairées, tout en encourageant un regard lucide et constructif sur vos expériences passées. Avec ces outils, vous pourrez non seulement identifier et gérer les biais cognitifs dans votre communication, mais aussi apprendre à les gérer pour transformer vos interactions.

      Conclusion : De la prise de conscience à l’action, une communication plus lucide

      Nos biais cognitifs sont des compagnons invisibles de chaque interaction. Ils influencent ce que nous disons, ce que nous entendons, et même ce que nous pensons comprendre. Loin d’être des failles, ils sont une conséquence naturelle du fonctionnement de notre cerveau. Pour autant, leurs effets peuvent altérer nos échanges de manière subtile et parfois délétère.

      Les clés présentées ici ne sont pas des solutions magiques. Elles demandent un effort conscient, un entraînement régulier pour passer du réflexe au choix. Cependant, chaque petite prise de conscience est une victoire. En identifiant une illusion de transparence dans vos formulations, en repérant un biais émotionnel ou en questionnant un consensus trop rapide, vous ouvrez la porte à des échanges plus authentiques, plus nuancés, et surtout plus efficaces.

      Alors, la prochaine fois que vous rédigez un email, prenez la parole en réunion, ou écoutez une critique, posez-vous cette question : « Quels biais peuvent influencer cet échange ? » Car mieux identifier vos biais, c’est déjà commencer à les maîtriser. En apprenant à identifier et gérer vos biais cognitifs, vous poserez les bases d’une communication plus fluide, respectueuse et efficace.

      Et si ce travail vous semble ambitieux, souvenez-vous : comme pour un muscle, chaque réflexion consciente renforce votre capacité à mieux communiquer. Avec du temps et de la pratique, ces outils deviendront des alliés naturels dans vos échanges. Et si cela ne change pas le monde, cela peut transformer vos conversations. Ce qui, à bien y réfléchir, est déjà un excellent début !

      J’attends vos commentaires avec impatience ! 

      Et toujours, à lire absolument : 

      Tout pour déjouer l’effet et la pensée de groupe

      Tout pour déjouer l’effet et la pensée de groupe

      Illustration Déjouer l'effet de groupe et la pensée de groupe

      Introduction : Le collectif, cet allié parfois trompeur

      « Penser contre son temps, c’est de l’héroïsme. Mais le dire, c’est de la folie. » – Eugène Ionesco

      Dans un groupe, nous avons souvent l’impression que les décisions seront meilleures, plus rationnelles et équilibrées. Pourtant, certaines dynamiques collectives, comme l’effet de groupe et la pensée de groupe, peuvent biaiser nos choix. Ces mécanismes inhibent l’action ou favorisent une conformité irrationnelle. Savoir reconnaître et déjouer ces pièges est essentiel pour préserver notre lucidité. Cet article vous propose des outils concrets pour dépasser ces biais et reprendre le contrôle.


      1. Effet de groupe : comprendre pourquoi la responsabilité se dilue en groupe

      Cas d’école : Kitty Genovese et l’effet du témoin

      En 1964, Kitty Genovese est agressée à New York. Plus de 30 témoins auraient assisté à la scène sans intervenir, un comportement qui choque l’opinion publique. Cet événement inspire les psychologues John Darley et Bibb Latané, qui mènent une série d’expériences marquantes en 1968. Ils démontrent que plus il y a de monde pour assister à une situation critique moins chaque individu se sent responsable. Ce phénomène, connu sous le nom d’effet du témoin, est une manifestation typique de l’effet de groupe.

      Les expériences prouvent qu’en cas de situations d’urgence (par exemple, un individu qui s’écroule), une personne seule intervient rapidement. En revanche, lorsque plusieurs témoins sont présents, l’inaction prédomine. 

      Statistiquement, c’est imparable, lorsqu’un individu est seul, il intervient dans 85 % des cas. Mais en présence de trois témoins ou plus, ce chiffre chute à 31 %.

      Les mécanismes de l’effet de groupe

      1. Dilution de la responsabilité :
        La responsabilité d’agir semble partagée entre tous. En réalité, chacun pense que quelqu’un d’autre agira, ce qui aboutit à une paralysie collective.
      2. Désindividualisation :
        Dans une foule, les individus adoptent souvent des comportements conformes à ceux des autres, même lorsqu’ils vont à l’encontre de leurs propres valeurs ou instincts.

      Exemples quotidiens des effets de groupe

      • Dans la vie publique : Lorsqu’une personne est témoin d’un acte d’intimidation dans un espace public, elle peut hésiter à intervenir, croyant que d’autres prendront les devants.
      • Au travail : Lors d’une réunion, les groupes ignorent un problème technique majeur. Chacun pense que les autres, mieux qualifiés, vont le résoudre. Cette passivité peut entraîner des erreurs coûteuses.

      >> Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation où vous avez l’impression de ne pas avoir eu le courage de faire ce qui aurait été juste ou bien de faire  ? Que s’est-il passé ?

      Exercices pratiques pour déjouer l’effet de groupe et agir efficacement

      Illustration pratique pour déjouer l'effet de groupe

      1. Attribuez des responsabilités claires
        Pour briser l’inertie collective, attribuez des rôles précis : “Marie, appelle les secours”, “Ahmed, surveille les alentours.” Cette technique, enseignée dans les formations de premiers secours, est simple et efficace. Elle peut aussi s’appliquer en entreprise lors de réunions d’équipe ou projet. L’attribution de responsabilités rassure les participants. Elle leur donne la vision mais aussi le cadre de légitimité nécessaire pour agir. 
      2. Posez-vous la question : « Et si j’étais seul(e) ? »
        Imaginez que vous êtes le seul témoin de la situation. Cet exercice mental vous oblige à agir selon vos valeurs, sans vous reposer sur les autres.
      3. Simulez des situations d’urgence
        Participez à des ateliers collaboratifs ou des formations en gestion de crise. Ces exercices renforcent votre capacité à réagir efficacement dans des contextes où l’effet de groupe est présent. Dans certains métiers de l’entreprise, on encadre et on organise la gestion de crise désormais. Encore une fois, dans la grande majorité des cas, elle rassure plus qu’elle n’inhibe les comportements des collaborateurs. 

      2. Pensée de groupe : éviter la pression sociale et stimuler la pensée critique

      « Dès que les bêtes sont en nombre, l’homme d’esprit n’est plus qu’un sot » – Antoine-Pierre Dutramblay, Apologues, V, XX1 (1810)

      Cas d’école : L’expérience des lignes de Solomon Asch

      En 1951, Solomon Asch montre à quel point la pression sociale peut influencer nos choix. Dans son expérience, des participants doivent comparer des lignes de longueurs différentes. La tâche est simple… mais lorsque des complices de l’expérimentateur donnent intentionnellement une réponse incorrecte, 75 % des sujets finissent par se conformer, même s’ils savent que cette réponse est fausse. Ce phénomène, caractéristique de la pensée de groupe, illustre comment la peur d’être isolé ou jugé peut altérer nos décisions.

      Les symptômes de la pensée de groupe

      1. Illusion d’unanimité :
        Le silence est interprété comme un accord, même si certains membres du groupe ont des objections.
      2. Rationalisation collective :
        Les signaux d’alerte sont minimisés ou ignorés pour préserver la cohésion.

      C’est le “Paradoxe d’Abilène” :
      Par peur de se distinguer, les membres d’un groupe peuvent consentir à des décisions qu’ils désapprouvent personnellement, tout en croyant que les autres sont d’accord.

      1. Autocensure :
        Les individus hésitent à exprimer leurs désaccords, de peur de briser l’harmonie ou d’être marginalisés.
      2. Pression sur les dissidents :
        Ceux qui osent critiquer la décision collective sont souvent perçus comme des perturbateurs.

      Exemples quotidiens des effets de la pensée de groupe

      • Dans un groupe d’amis : Une activité collective est organisée (un voyage, un restaurant), mais personne n’en est réellement satisfait. Par crainte de déranger, tous se taisent.
      • En entreprise : Une équipe persiste dans un projet défaillant, malgré des retours négatifs, parce que personne n’ose contredire une décision initiale.

      >> Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation où vous avez suivi une décision collective que vous désapprouviez  ? Que s’est-il passé  ?

      Exercices pratiques pour déjouer la pensée de groupe et agir mieux 

      Illustration pratique pour déjouer la pensée de groupe

      1. Nommer un « avocat du diable »
        Désignez une personne pour contester systématiquement les décisions du groupe. Ce rôle institutionnalisé favorise un débat critique et aide à détecter les failles dans les idées proposées.
      2. Encouragez les votes anonymes
        Lors des prises de décision, proposez un vote à bulletin secret. Cela permet à chacun d’exprimer son avis sans subir la pression sociale.
      3. Travaillez en sous-groupes
        Divisez le groupe principal en petites équipes qui réfléchissent indépendamment au même problème. Les conclusions divergentes permettent d’identifier des biais ou des angles morts.
      4. Prenez des pauses avant de conclure
        Laissez du temps entre les discussions et les décisions finales. Cela donne à chacun la possibilité de réfléchir individuellement et d’apporter des arguments supplémentaires.

      3. Stratégies concrètes pour éviter ces biais au quotidien

      3 stratégies pour contrer l’effet de groupe

      1. Responsabilisez vos équipes :
        Lors de projets collaboratifs, attribuez des rôles précis et définissez clairement les attentes. Cela réduit la dilution de la responsabilité et favorise l’action.
      2. Valorisez l’initiative individuelle :
        En milieu professionnel, encouragez les employés à proposer des solutions ou à prendre des initiatives, même si elles ne sont pas toujours parfaites.
      3. Favorisez les retours d’expérience :
        Intégrez des débriefings réguliers après des projets ou des situations critiques pour discuter de ce qui a fonctionné ou non. Ces retours permettent de prévenir l’inertie future.

      3 stratégies pour contrer la pensée de groupe

      « Les bonnes idées viennent du choc des opinions. » – Steve Jobs

      Faites-en une règle d’or.

      1. Installez une culture de la critique constructive :
        Mettez en place des processus où les idées et les décisions sont systématiquement remises en question, sans crainte de jugement.
      2. Faites appel à des experts extérieurs :
        Sollicitez des points de vue externes pour évaluer des décisions importantes. Ces avis impartiaux peuvent mettre en lumière des biais que le groupe ne perçoit pas.
      3. Élaborez une checklist pour vos réunions :
        Avant toute prise de décision, posez ces questions :
        • « Avons-nous considéré les objections ? »
        • « Quels risques ignorons-nous ? »
        • « Que penserait une personne extérieure ? »

      Exemple inspirant : Pixar et la diversité des idées

      Chez Pixar, chaque idée est soumise à une critique collective rigoureuse avant d’être validée. Ce processus permet d’affiner les concepts tout en valorisant la diversité des perspectives. Les employés sont encouragés à remettre en question les propositions, même celles de leurs supérieurs.


      Conclusion : Pourquoi est-il essentiel de déjouer ces biais ?

      Ces biais ne se limitent pas aux salles de réunion ou aux urgences. Ils façonnent nos décisions au quotidien, dans nos relations personnelles, nos engagements citoyens et nos choix professionnels. En apprenant à déjouer l’effet de groupe et la pensée de groupe, nous devenons plus autonomes, plus réfléchis et mieux armés pour agir en accord avec nos valeurs.

      Comme le disait Émile-Auguste Chartier, dit Alain : « Penser, c’est dire non. »

      Déjouer ces biais demande du courage, mais les résultats en valent la peine : des décisions plus éclairées et une capacité accrue à rester fidèle à soi-même, même au sein d’un groupe.

      Avez-vous déjà été témoin d’un effet de groupe ou d’une pensée de groupe  ? Partagez votre histoire dans les commentaires.

      « Le plus grand des maux et le pire des crimes est la pauvreté de l’esprit. » – Albert Einstein

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